mercredi 4 janvier 2012

In time


In Time (Andrew Niccol, 2011, usa)

Will Salas est ouvrier dans la time zone 12, il a 25 ans depuis 3 ans. Sa mère fête ses 25 ans pour la 25e fois, elle est chanceuse, dans leur time zone, peu de gens vivent aussi longtemps, ils arrivent à peine à gagner leurs 24h quotidiennes. Les riches par contre sont pratiquement immortels. Le dicton "le temps c'est de l'argent" est pris au sens premier du terme dans ce scénario qui nous présente un nouveau type de Robin des bois pressé par le temps.

Pour les côtés positifs, j'ai passé un excellent moment, c'est assez jouissif d'y observer la batterie d'acteurs recyclés (copyright Même pas mal! à qui je pique le job pour cette fois) de séries, dans le désordre, Johnny Glalecki de The Big Bang Theory, Vincent Kartheiser de Mad Men et Angel, Amanda Seyfried de Veronica Mars et Big Love, Olivia Wild de House et Newport Beach, Matt Bomer de FBI et Chuck et je vous épargne les rôles secondaires. J'aimerais dire du mal de Justin Timberlake mais je ne peux pas, dans tous les rôles où je l'ai vu, même si les films m'ont moyennement ou pas du tout plu, je l'ai trouvé tout à fait convainquant et ma culotte approuve.


Le rythme nous tient du début à la fin, la trame narrative est cohérente et les interrogations qui pourraient survenir (Comment ont-ils résolu la question des maladies ? Comment en sont-ils arrivés là ? Comment une horloge peut-elle se déclencher à 25 ans ? Comment peut-elle tuer instantanément ? etc.) sont balayées soit par le rythme qui ne nous laisse pas le temps de nous y intéresser, soit par d'astucieux "I don't have time to find the answers, I must earn my time".

Visuellement ça claque suffisamment pour ne pas réfléchir et les décors extérieurs m'ont beaucoup plu. Les costumes, coiffures et maquillages m'ont par contre parus un peu ridicules, m'enfin bon, pas si gênants que ça au final. Comme je le disais, j'ai donc passé un bon moment.


MAIS (vous l'attendiez n'est-ce pas ?) la thématique traitée pourrait être vraiment intéressante mais elle n'est pas suffisamment exploitée à mon goût. L'univers visuel est totalement aseptisé et ce côté "jeu vidéo" ne convient pas, selon moi, à la partie ghetto (la time zone des pauvres). L'histoire d'amour entre le héros pauvre et l'héritière qui finit par épouser ses idées révolutionnaires est particulièrement cliché et au final, le scénario est un genre de remake sci-fi qui mélangerait Robin des bois, Bonnie and Clyde et Bienvenue à Gattaca. Les riches sont des salauds et le pauvre va sauver le monde, mouais, bon. Ce n'est plus du déjà vu (à prononcer à l'américaine, svp), c'est du plagiat de l'hommage trop poussé pour être honnête un peu trop visible. Par contre, j'avoue avoir apprécié le flic incorruptible autant du côté des pauvres que des riches, qui a compris l'absurdité du système dans lequel il vit, mais qui aide à le maintenir parce qu'il a le sentiment que sans ce serait pire.

En bref, si vous avez envie de passer un moment agréable devant un blockbuster, pourquoi pas. Si vous allez au cinéma une fois par saison, il est loin d'être indispensable.



Edit : c'est mon 400e post, bravo moi.

11 commentaires:

  1. 1) Bravo à toi.
    2) je vais le voir avec plaisir.

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  2. Je n'avais jamais entendu parler de ce film, merci de me l'avoir faire découvrir, et pour la promo! :-D

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  3. Je rejoins ton avis. L'idée de base est vraiment intéressante et originale (en fait je n'arrive pas à retrouver une idée similaire ailleurs), mais pas forcément très bien exploitée. Et puis surtout ce film est une métaphore évidente des travers du capitalisme actuel (inégalités sociales, perte de valeur de la vie humaine), mais la solution qu'il propose au final est très gentille-naïve. Elle fait plaisir au spectateur, mais c'est tout.

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  4. Je suis d'accord aussi sur le fait que l'idée de base est sous-exploitée. Par contre, je me suis ennuyée ferme, malgré le rythme assez rapide, rattrapée par des questions existentielles du genre "comment peut-on courir 1h30 sur des talons de 10 cm sans se fatiguer ni verser la moindre goutte de sueur ?" :)

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  5. @ Sophie : merci

    @ gael : you're welcome

    @ s427 : en même temps, je n'attendais rien de révolutionnaire, comme critique du capitalisme, de la part d'un blockbuster US, ce serait se tirer une balle dans le pied...

    @ Nuryko : oui, les costumes et coiffures sont ridicules et tellement figés que c'en est absurde, ça rend de nombreuses scènes très artificielles et ça rejoint une esthétique de jeu vidéo où les personnages sont toujours habillés/coiffés pareil et toujours propres et lisses, c'est dommage, le film aurait mérité d'être un peu "sali".

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  6. Mouais non. La critique est bien présente dans le film; ce sont les solutions qui pêchent. Je ne pense pas que Niccol se soit auto-censuré, et je ne pense pas non plus que quiconque ait eu besoin d'intervenir pour protéger notre cher système économique. La grande force du capitalisme est d'être un système parfaitement amoral, qui se contrefout totalement du contenu de ce qu'il vend. L'important c'est de le vendre.

    Donc plus prosaïquement, je pense que l'on doit cette fin décevante au fait qu'il n'y a tout simplement pas de solution simple à proposer, et que le réalisateur ne voulait pas conclure le film sur un constat trop pessimiste...

    Et au passage, même dans certains jeux vidéos, les personnages se salissent au fur et à mesure que l'histoire progresse. ;-)

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  7. Je pensais plus au système des studios qu'au réalisateur directement... il a bien dû financer son film... bref.
    Et pour les jeux vidéos, oui, tu as évidemment raison, mais ils se "salissent" toujours de la même manière, la même tache de cambouis, le même accro aux vêtements. Idem ici où Justin ressort systématiquement de ses accidents de voitures avec les "tâches et accros parfaits" d'un accident de voiture, la voiture est parfaitement accidentée comme on l'attend, bref, très aseptisé. Tu auras peut-être aussi noté les vêtements féminins ? Parfaitement ajustés (même dans le ghetto) et les sous-vêtements parfaitement opaques (faudrait pas voir un poil ou deviner un téton ce serait malheureux), et évidemment, tout le monde est parfaitement svelte également, etc etc etc

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  8. - Si ça continue comme ça, je vais VRAIMENT être obligé de le faire, ce blogpost pédagogique sur "les jeux vidéo" (sans s, hérétiques) !
    Plus sérieusement, "l'esthétique jeux vidéo" a fait des bonds de géant récemment, et bien des jeux récents à gros budget et bonne à excellente réalisation auraient des leçons de réalisme à donner, par exemple et sans difficulté à In Time.
    L'effet "qui sent le savon" n'est plus une fatalité dans ce secteur artistique, en tout cas en terme de limitations techniques quant à la densité des détails.

    - Le personnage de Timekeeper joué par Cillian Murphy m'a vraiment semblé le plus juste du film, le plus intéressant / développé sans qu'on reste sur sa faim, en tout cas.

    - Mention spéciale au boulot de design effectué sur les voitures : on est dans le "discrètement mais résolument futuriste", cohérent et réaliste dans l'univers proposé ; du beau boulot.

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  9. @ Shalf : héhéhé, oui, tu dois le faire, d'autant que ton dernier billet est obsolète...

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  10. @funambuline:

    Pour le coup du "tout le monde est svelte", j'ai pris ça comme un corollaire du "on arrête le vieillissement à 25 ans" (modification génétique). Un petit "plus" agréable qui a permis aux gens d'avaler la pilule lorsqu'il a fallu instaurer le système.

    Cela dit je suis d'accord avec le fait que le monde des pauvres est globalement trop lisse dans ce film. Niccol semble adepte d'une esthétique minimaliste, qui fonctionnait parfaitement pour Gattaca, mais beaucoup moins ici.

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  11. Merci pour la découverte ! Je n'irai pas le voir au cinéma.. mais pourquoi pas en DVD !

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