mardi 24 avril 2012

Les adieux à la Reine


Les adieux à la Reine (Benoît Jacquot, France/Belgique, 2012)

Versailles, 14 juillet 1789, la Cour n'a aucune idée de ce qui se trame à Paris. Pendant 3 jours, nous suivons Sidonie, lectrice de la Reine, héroïne de ce film, incarnée par Lea Seydoux (à gauche sur l'image ci-dessus, à droite vous voyez Julie-Marie Parmentier, une de mes actrices françaises favorite à laquelle je ne destine AUCUNE des critiques ci-dessous). Sidonie est omnubilée par ce qu'elle pense être un certaine intimité qu'elle vit avec la Reine (Diane Kruger qui fait ce qu'elle peut), alors que cette dernière est amoureuse de sa favorite (joliement incarnée par Virginie Ledoyen). Je ne vous raconte pas l'histoire, tous les livres d'Histoire le font. Ce qui est montré/conté ici c'est l'ambiance de la Cour.


Le film se focalise uniquement sur les intrigues entre femmes et Benoît Jacquot les filme de manière empesée, manièrée, caricaturale. Chaque humeur est soulignée par des gestes exagérés, des soupirs, des têtes qui tombent (hinhinhin, pardon, pas pû m'empêcher) et se relèvent douloureusement, des yeux rougis qui pleurent. C'est absolument ridicule. Comme je le dis souvent en catégorisant les navets, le réalisateur qui réussi à faire jouer "faux" d'excellents comédiens est un des signe indéniable du côté raté du truc.

Mais Benoît Jacquot n'est pas mauvais qu'en direction d'acteur (on souffre toutefois à voir Léa, Diane et Virginie se démener pour tenter un peu de naturel alors qu'on leur a clairement demandé de déclamer, c'est abominable) (je garde toute ma tendresse à Noémie Lvovsky par contre, dans la robe bordeau ci-dessus, qui a un rôle plus complexe et s'en sort plutôt bien, et qui est une de mes réalisatrices françaises préférées, mais c'est hors sujet), il est également assez pitoyable en choix de musique -certains silences auraient été tellement plus parlants que ces atroces phrases musicales assénées presque façon mickeymousing-, ridicule à insister sur ses "gros plans seins" -pour marquer le côté tendancieux des "amitiés féminines" de la Reine- (c'est bon Benoît, on avait compris au bout de 2 minutes, pas besoin d'en rajouter), et il ne faut pas non plus le faire ni diriger, ni filmer une foule ou des figurants -le traditionnel travelling d'exposition est absolument pitoyable, j'ai compris à la moitié du mouvement de la caméra que ce film allait être mauvais, je plains les monteurs-.


Alors certes, les décors c'est Versailles et les costumes sont somptueux (quoiqu'un peu trop), mais même dans les coiffures et dans les maquillages, il y a non seulement des erreurs historiques, mais en plus des dizaines de fautes de raccords. Et les lumières, pffffff, elles sont plutôt bien exécutées, mais ces fausses ambiances à la chandelle m'ont fait penser  à des reconstitutions télévisuelles fauchées, alors que ces décors/costumes qui puent le fric feraient plutôt penser au sublime Barry Lyndon à la seule différence que Kubrick avait le talent de les utiliser de manière à ajouter du sens aux scènes et pas juste comme esbrouffe visuelle. (Je pense en particulier aux moments "d'attente" dans les couloirs ou chaque bougie dégage la luminosité d'un petit spot...)

Bref, c'est mauvais au niveau de la direction d'acteurs, de la narration, des lumières, des cadres, de la musique, du montage, du rythme et je suis étonnée d'avoir tenu jusqu'à la fin du film dans la salle.


SPOILER ALERT Pour ceux qui voudraient se l'infliger quand même, je vous raconte la fin ça ira plus vite : la reine demande à sa lectrice de s'habiller comme sa favorite pour être guillotinée à sa place. Voilà. Dites-moi merci, vous pouvez sortir avant la fin ou ne pas y aller du tout.


PS : J'ai appris en écrivant cet article que Benoît Jacquot a été Président du Jury d'entrée à la FEMIS en 2003... pauvre cinéma français.

6 commentaires:

  1. ben comme nekkozumi en fait...

    Tu tailles un sacré costard au film (ou une robe à panier en fait) :)

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    1. Oui, ça faisait longtemps que je n'avais pas trouvé un film aussi mauvais et chiant.

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  2. ben je pense tout pareil et autant le Marie Antoinette de Sofia Copolla m'avait plu autant ces adieux m'ont déçue.

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    1. Je n'ai pas aimé non plus Marie-Antoinette de Copolla... http://funambuline.blogspot.com/2010/01/navets-decembre-2009.html

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