lundi 18 juin 2012

Dark Shadows


Dark Shadows (Tim Burton, usa, 2012)

J'étais une fan inconditionnelle de Tim Burton. Depuis quelques films, je suis un fan conditionnelle. Oui, je sais, ça ne veut rien dire, mais je vais tenter de vous expliquer. J'aime Tim Burton, sa noirceur comique, son second degré profond, sa légèreté grave, ses décors sublimes, absurdes, parfaits, grandiloquents, sans soucis de réalisme, sa préférence pour les histoires tristes. J'aime Tim Burton. Mais depuis quelques films, je m'ennuie aussi constamment que je m'enthousiasmais lors des premiers films.


J'adore Beatlejuice, Edward Sissorhands, Batman, Ed Wood, Mars Attacks, Sleepy Hollow, j'aime un peu moins Planet of Apes, Big Fish, Charlie and the Chocolate Factory, Sweeney Tod, et je m'ennuie depuis Alice in Wonderland. Dark Shadows suit la logique. Mais comme vous pouvez le constater, Tim Burton est un réalisateur dont je vois tout, de manière systématique, et je compte continuer. Un film de Tim Burton où je m'ennuie vaut mieux qu'un film de n'importe quel autre réalisateur où je m'ennuie. Et puis, même dans les moments où je trouve que le rythme tombe, les décors, lumières, costumes, maquillages, accessoires, bref, tous les éléments visuels, sont tellement sublimes/drôles/intéressants (aucune mention inutile) que j'ai tout de même les yeux écarquillés de plaisir.


Et comme d'habitude, malgré la grandiloquence des jeux d'acteurs, je crois aux personnages les plus improbables (sauf le loup garou, qui amène les 10 minutes les plus WTF du cinéma selon un ami cinéphile chapeauté). J'aime que Burton ne cherche jamais à être réaliste, mais nous rappelle, dans chaque détail, qu'il nous raconte une histoire et que l'on est au cinéma.


Mais malheureusement, Dark Shadows ne me raconte pas une histoire suffisamment passionnante pour m'emballer autrement que visuellement. Même si Johnny Deep, Michelle Pfeiffer, Helena Bonham Carter et Eva Green forment un casting fabuleux, à aucun moment leurs personnages ne m'intéressent. Pourtant j'adore les histoires de vampires et de sorcières. Ici tout disparaît derrière le côté "famille", dommage.

bonjour, je suis une ado chiante et rebelle et probablement la future égérie de Burton 
donc il me met dans toutes sortes de situations improbables qui ne servent à rien dans le scénario juste pour tester mes capacités

Des personnages flamboyants, bien maquillés, bien habillés et bien incarnés ne suffisent pas à construire une histoire. Des blagues sur le contraste entre les époques non plus. Un chateau hanté en haut d'une colline, un arbre crochu, une tempête de pluie, des scènes désaturées et des décors gothiques non plus. (D'ailleurs on tient là le début d'un "Tim Burton Bingo" où j'ajouterais : Johnny Deep, Helena Bonham carter, un maquillage très noir autour des yeux, une blonde crétine, la thématique du bon/mauvais père, un petit garçon avec des grands yeux en t shirt rayé).


Comme cette chambre après ébat, ce film est détruit par trop ou trop peu d'ambition scénaristique. L'histoire a trop d'éléments ou pas assez. Tim Burton, sur son nom, peut produire ce qu'il veut. C'est dommage, celui-là n'était peut-être pas assez travaillé avant d'être filmé.

9 commentaires:

  1. Oui oui oui et mille fois oui!!! Bon j'ai pas vu Dark Shadows mais c'est déjà ce que j'avais ressenti avec Sweeney Tod!
    Au fait j'ai commencé The killing, version US, ça a l'air franchement pas mal!

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    1. Je viens de voir le début de la deuxième saison, je suis toujours fan.

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  2. Meme impression que toi, et ceci depuis Alice, ma première déception burtonesque... dommage... Mais il est à jamais dans mon coeur hhi

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    1. Alice est celui juste avant Dark Shadows...

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    2. Oui, je sais, c'est ma première déception et Dark Shadow la deuxième...

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  3. moi j'ai bien aimé! tellement loufoque, j'adhère complètement à l'univers (costumes,décors, lumières) et j'ai vu l'expo à paris, fort sympathique mais pas renversante... je préfère aussi sa période gothique, mais que veux-tu, il a vieilli aussi un peu, l'éternel ado!

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  4. J'arrive pas à me décider à y aller, moi, j'ai trop peur d'être déçue déçue.

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  5. J'aime aussi beaucoup Burton et j'ai peur de revoir ses vieux films car je pourrais voir la magie s'envoler (surtout si mes souvenirs ont embelli le film). Je me rappelle une nuit Burton il y a 15 ans se finissant sur Beetlejuice que j'ai découvert et adoré.
    J'ai été un peu indisposé par la guimauve visuelle de Charlie, par la guimauve sonore de Sweeney Todd... et ne suis pas allé voir Alice.
    J'y allais un peu à reculons (surtout que le film est un peu sorti en catimini, non ?) et finalement ça m'a bien plu même si je n'ai pas eu un énorme coup de cœur. Je précise que je ne connaissais pas la série (mais ils en parlent un peu dans Mad Men c'est rigolo). En résumé, ce n'est pas désagréable, il y a une "patte" Burton et en effet on peut jouer au "Tim Burton Bingo", j'adore l'idée d'ailleurs :D Pour autant le film n'est pas exceptionnel, il se "laisse voir" sans déplaisir. Ce qui fait un peu mal au cœur tout de même.

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  6. J'ai vu Dark Shadows et je dois dire que je suis aussi mitigée. Franchement, j'ai bien ri et j'ai vraiment aimé la première partie du film. Mais la scène du combat final m'a vraiment laissée dubitative. Elle donnait l'impression que Tim Burton avait utilisé toutes les idées qu'il avait eu pour le final et qu'il s'était dit "Je m'en fous, je ne trie pas, de toute façon, je suis Tim Burton, ils vont tout gobé"...

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