vendredi 12 avril 2013

Amateurs d'art


Cette insulte absurde de Chandler à Ross (Référence à F.R.I.E.N.D.S., parce que TOUT est dans F.R.I.E.N.D.S.) fait un titre parfait pour l'article que j'avais envie de vous faire sur les musées et galeries à voir absolument à New York. Parce que justement, je suis amatrice, mais loin d'être connaisseuse, et je pense qu'au-delà des adresses presque obligatoires de cette capitale culturelle et artistique, il existe des centaines d'adresses moins connues, plus pointues, plus cachées. Ce sont parmi ces dernières que j'ai eu mes plus jolis frissons artistiques à NY. Mais commençons par le commencement : les musées ! Comme je vous le disais dans mon billet d'intro, les entrées des musées les plus connus sont chères, voire exhorbitantes. Mais les musées en question sont gigantesques, incroyablement riches en oeuvres d'une diversité qui ne peut laisser personne de marbre. Mais c'est institutionnel (oui, même le MoMA qui se permet des folies est particulièrement "normé" dans tout ce qu'il expose), la muséographie me fait parfois grincer des dents (je détaillerai) et surtout, c'est GIGANTESQUE. Oui, je me répète, mais quand on passe quelques jours dans une ville, on n'a pas envie d'être "bloqué" une journée entière au même endroit... avec plein d'autres touristes. En tout cas pas moi. Mais il me paraît inconcevable de ne pas voir certains lieux mythiques, dont certains musées new-yorkais font définitivement partie. Bref, à vous d'essayer de trouver un équilibre, financier et temporel, entre ce que vous voulez voir absolument et le reste de la ville.

Commençons par un peu d'insolite : les musées gratuits. Je vous laisse jeter un oeil à la liste et aux liens qu'elle contient, et je précise juste que les lieux suivants ont une excellente réputation : Guggenheim Museum Soho, National Museum of the American Indian, Fashion Intitute of Technology . Sachez que ces lieux sont surtout dédiés aux New-yorkais et qu'il vaut la peine de se renseigner sur les expos temporaires. Sous la liste des musées gratuits, vous trouvez une liste de musées payants mais gratuits à certaines occasions. Un conseil : fuyez ces dates-là, garantie d'enfer surpeuplée, un truc à finir en prison pour meurtre violent et multiple de touristes incultes.

Les musées institutionnels sont très nombreux à New York, parcourez cette liste, pour y découvrir si l'une ou l'autre de votre passion y est représentée. Je ne vais pour ma part que vous détailler les plus connus :


Le MoMA est un mythe. Ce qui pose deux problèmes : TOUT le monde veut le découvrir et on s'attend à être époustouflés. On risque donc d'être déçu. Pour s'y préparer, sachez qu'il y aura trop de monde, quel que soit le jour, quelle que soit l'heure (ouverture à 10AM, queue à l'extérieur, tous les jours). (Une bonne idée est d'y venir avec un casque et de la musique pour s'évader un peu. ) Vous allez devoir faire la queue, d'abord pour entrer (à moins d'avoir le New York City Pass), puis pour poser votre manteau/votre sac au vestiaire (si vous avez un petit sac pas à dos + une veste lègère que vous pouvez mettre dans votre sac, vous évitez cette file-là, par contre), puis devant certaines oeuvres pour tenter de les apercevoir. Je n'aurai finalement jamais vu de près la version du Cri de Munch exposée à ce moment-là, j'ai abandonné au bout de 10 minutes.

Les jeux vidéos sont entrés au MoMA en 2013

Ce qui m'amène à un autre conseil : intéressez-vous aux expos temporaires avant le jour de votre visite, mais méfiez-vous, une expo "James Bond GoldenEye" peut être un tout petit pan de mur avec un générique qui passe en boucle, deux affiches et vaguement un explicatif de l'idée du générique, particulièrement décevant si vous ne veniez voir que ça. Vous pourrez aussi vous trouver face à un énorme tas de pollen, disposé en carré de plusieurs mètres de côté. Oui, c'est tout. Alors certes, c'est la plus grosse exposition de pollen jamais réalisée, mais je ne dois pas être assez intelligente pour comprendre l'intérêt de ce carré jaune. Le MoMA me fait souvent cet effet : me sentir inculte.


Je ne voudrais pas donner une fausse impression, le MoMA est un lieu incroyable où la quantité d'oeuvres mythiques au mètre carré est ahurissant. Mais, encore une fois, cela se combine donc à une quantité de visiteurs tout aussi ahurissante.

On peut y voir des centaines d'artistes que l'on admire, de Van Gogh à Picasso, 
du Douanier Rousseau à Louise Bourgeois, ou Magritte, 
dont je suis une grande fan. 
Et on peut s'approcher tout près des oeuvres. 

Vraiment tout près.

Tellement que j'ai remarqué ce coeur, sur le "i" de Magritte 
pour ce tableau qui est un de mes favoris depuis toujours. Joli non ?

Et je suis un peu fâchée avec la muséographie de ce lieu, autant certaines pièces d'expositions temporaires sont bien pensées, autant la collection permanente est un bordel sans nom. Des toiles n'ayant rien à voir les unes avec les autres sont accrochées côte à côte sans distance suffisante, la lumière est loin d'être toujours bonne (mais bon, ça c'est aussi parce qu'il est autorisé de prendre des photos, sans flash, donc les lumières ne doivent pas permettre à quelqu'un de prendre une photo suffisamment bonne pour être reproduite ensuite de manière commerciale). C'est du show of permanent et ça me tape assez vite sur le système.

Sans voir le fameux Cri, cette expo temporaire aura au moins eu l'avantage
de me faire découvrir d'autres des oeuvres d'Edvard Munch, je ne connaissais pas ce peintre 
et j'ai beaucoup apprécié le reste de son travail.

Le MoMA reste un incontournable, surtout si vous allez à NY pour la première fois, mais il faut être préparé à être bousculé et un peu déçu. Pour ma part, à moins d'une expo temporaire, où je n'irai voir qu'elle et une ou deux oeuvres de manière ciblée (il existe des plans très précis), je ne pense pas y remettre les pieds de sitôt. Mais c'est dommage, parce que le nombre d'oeuvres fascinantes qui y sont mériteraient d'y aller une fois par mois. Mais au MoMA, je préfère le MET, le Guggenheim et les galeries de Chelsea. (Serait-ce le summum du snobisme ?)

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American Museum of Natural History (AMNH)

J'ai commencé ce billet avec une blague de F.R.I.E.N.D.S., je ne pouvais pas ne pas parler de ce musée dont Ross parle sans cesse ce qui en fait le centre principale de moquerie des autres. Certes, il ne s'agit pas d'art ici, mais bel et bien d'un musée, et surtout d'une institution new-yorkaise. A l'AMNH vous trouverez des dinosaures, des baleines, des éléphants, des fossiles, des volcans, l'histoire de l'origine de l'Homme et de notre planète, et même de l'univers. Et ça, uniquement pour l'expo permanente. Il y a toujours plusieurs expositions temporaires (pas loin d'une dizaine) à découvrir également. Attention toutefois, le prix d'entrée ne compte QUE l'expo permanente. Pour chaque expo temporaire ou autre "attraction", il faudra débourser quelques dollars supplémentaires. Ce jour-là j'ai décidé d'ajouter un billet pour le Planetarium et pour l'expo Our Global Kitchen. (Ce qui m'a fait un total de 33$, sympa.)

Avant de faire ma pluie de critiques, je tiens à dire que je suis ravie d'avoir visité ce lieu incroyable. L'exposition temporaire est absolument fascinante, si l'on est un peu patient et que l'on y va un jour qui n'est ni un jour de vacances scolaires, ni un jour d'intempérie (durant lesquels tous les parents New-yorkais viennent clairement parquer émerveiller leurs enfants ici, je les comprends, on arrive directement DANS le musée depuis la station de métro, sans devoir mettre le nez dehors et donc enlever/mettre des couches aux nains, génie). Je n'avais jamais vu de squelettes aussi bien mis en scène, et il y en a des centaines. Tout est très didactique et spectaculaire, on ne peut pas ne pas passer un bon moment.... mais c'est là que ça se gâte. Le didactique et spectaculaire c'est sympa, mais j'attends aussi autre chose d'un musée, en particulier un musée de ce genre-là, je veux apprendre des choses. Et franchement, ça vole souvent au ras des pâquerettes, à moins d'avoir acheter le guide truc-muche, je suppose. Niveau 12 ans je dirais. Après 45 minutes de balade, il était l'heure pour moi d'entrer dans l'expo de la cuisine (oui, il y a un horaire pour vos tickets, ne ratez pas l'entrée, sinon vous avez payé pour rien), je me réjouissais. Erreur fatale : ne jamais trop se réjouir, cette expo est une catastrophe.


Alors oui, j'ai été fascinée par leur sens extraordinaire de la mise en scène, encore une fois. Tout est fait pour partager, s'exprimer, échanger. Mais encore faudrait-il y mettre du fond. J'ai eu l'impression de voir une exposition parodique avec des petits humains citadins à qui on apprenait que les oeufs sortent des culs des poules. Sauf que ce n'était pas parodique. Et là j'ai commencé à prendre peur.


L'interactivité disponible partout est vraiment impressionnante, ici, une table tactile qui permet de réaliser des "recettes du monde" et de découvrir comment utiliser certains ingrédients (en particulier des légumes, qu'il faut tenter de reconnaitre, incompréhension totale des moins de 10 ans). Mais elle ne doit pas dispenser du fond, on est là pour apprendre, pour grandir, pour s'ouvrir à la connaissance. Ici apparemment payer pour les gadgets interactifs ne laisse plus beaucoup de budget pour le reste. (Cette expo pour laquelle j'ai payé un billet supplémentaire est visitable en 30 minutes, si on lit TOUS les panneaux explicatifs.)


Moment fort de l'expo : la séance où l'on va défier notre sens du goût ! Chaque jour, WHOLE FOODS offre une séance de goûtage (je ne peux pas écrire dégustation, ce n'est pas possible) de fromage. Sachez que le mot important dans la phrase précédente c'est Whole Food. J'ai essayé, je me suis dit, ça ne peut que me faire marrer, ou je vais peut-être découvrir un fromage local, on ne sait jamais, youhouhou. Erreur bis : ne JAMAIS se réjouir.


Toute la petite assemblée était réunie dans le local de "dégustation" (NON) et pour patienter, on nous a donné un petit morceau de parmesan (du vrai, de chez Whole Food). Le Chef-Whole-Food pendant ce temps-là préparait son speech. Le même, toutes les demi-heures, le pauvre. Il nous a ensuite posé des questions très bêtes, la dame en rouge avec son bérêt a très bien coupé la parole à tout le monde, même aux enfants, et répondu à toute les questions fièrement, good girl. Puis on nous a distribué des lamelles de papier qu'on nous a demandé de sucer. Ceux qui y découvraient un goût amer avait "gagné", tout le monde a levé la main. Sauf que ce n'était pas possible, le Chef-Whole-Food a dit que seul 10% de la population pouvait déceler ce goût spécifique, c'est pas grave, passons à la suite. On a reçu un Jelly Bean chacun et on a dû le mettre dans notre bouche en se bouchant le nez. Puis se déboucher le nez et découvrir de quelle saveur il s'agissait. Oh incroyable, oui, on sent mieux le goût des Jelly Beans aux fruits rouges grâce à leur odeur. Voilà, fin de la "dégustation". No comment.


Après ce merveilleux moment où j'ai tant appris et après lequel je n'étais pas du tout furieuse, en sortant de la boutique de fin d'expo -oui, il y a une boutique par expo, où on est obligé de passer et où était exposés des horreurs ayant un vague rapport avec la cuisine mais où il y avait surtout des sucreries et des sodas-, je suis passée au snack du musée où j'ai pu hésiter entre un cookie sous vide, un sandwich au pain de mie à 11$ et une mini salade de fruits (pas de saison) à 5$. J'ai pris la salade de fruits, pardon ras-la-fraise. Et j'ai demandé une bouteille d'eau. "No regular water" m'a-t-on répondu. J'ai cru avoir mal compris et on m'a répété "we only have vitamin or flavoured water here, Maam." J'ai donc mangé ma salade de fruit, sans eau et en tentant de ne tuer personne et de réfléchir sur l'exposition que je venais de voir sur l'importance de l'alimentation, avant l'heure de ma séance de planétarium. Heureusement, ça, c'était vraiment chouette. Woopie Goldberg commente en une jolie demi-heure l'histoire de l'univers, pour les nuls certes, mais c'est bien écrit, on est bien assis et les images sont somptueuses, j'ai pris beaucoup de plaisir.


L'AMNH est à faire absolument si vous avez des enfants, à faire absolument si vous être fasciné par les dinosaures ou l'espace, il y a vraiment de jolies choses à voir. Et enfin, à faire absolument si vous avez envie d'une expérience ethnographique sur ce qu'est un musée de l'autre côté de l'Atlantique. Le public n'en attend clairement pas la même chose et tout est pensé très différemment, c'est un peu perturbant, il faut tenter de garder de la distance et de ne pas faire avaler une meule de parmesan à un Chef whole food ou au personnel du snack et s'amuser à faire des photos, permises sans flash, chose normale ici dans les musées. C'est peut-être aussi ça qu'il faut se dire avant d'entrer au MoMA d'ailleurs...


Le bâtiment du AMNH lui-même vaut le détour et mérite qu'on en fasse le tour, avec son énorme salle-planète. Il se situe sur le côté Ouest de Central Park, à peu près au milieu, pour rejoindre le MET, il ne vous reste plus qu'à traverser Central Park dans sa petite longueur. (Juste après une tempête de neige, c'est magique. Et si vous vous posiez la question, au camion à hotdogs, il avait des bouteilles d'eau, plate, sans sucre, pour 1$.)

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Metropolitan Museum of Art (MET)

Si je préfère le MET au MoMA, je crois que c'est d'abord une question d'espace. Ce lieu est gigantesque, majestueux, il invite à l'observation et au respect des oeuvres, il me donne beaucoup moins l'impression d'être dans un lieu de consommation. Mais on reste dans une institution new-yorkaise, et qui dit espace gigantesque, dit foule à l'entrée, et files d'attente, files au vestiaires, aux toilettes, etc. Mais je ne sais pas pourquoi, c'est moins oppressant ici. Le billet d'entrée n'est pas bon marché non plus, mais il donne accès à une telle quantité d'oeuvres différentes qu'il ne paraît finalement pas exagéré.

Durant cette visite, je n'ai pas vraiment visité le MET, on avait choisi plutôt le MoMA... Lors de mon précédent séjour, j'y avais passé une demi-journée, et j'avais eu l'impression d'effleurer à peine un minuscule pourcentage de ce qu'il y a à voir dans ce bâtiment incroyable. Un conseil donc : prenez un plan (ils en distribuent avec les tickets d'entrée) et prenez le temps de le consulter avant de foncer dans les multiples salles d'exposition, sinon, après quelques heures de balade, vous n'aurez peut-être pas vu la partie qui vous intéresse le plus ! Il est impossible d'imaginer tout voir en une visite, je vous recommande pour ma part la galerie de statues grecques et romaines, presque plus pour le lieu lui-même que pour les oeuvres d'ailleurs, c'est foisonnant et l'architecture est exceptionnelle, il y a des bancs et du wifi, c'est un lieu paisible malgré les visiteurs, on a l'impression d'être hors du temps, j'adore ça. J'ai également adoré et beaucoup appris de ma visite à la galerie d'art océanique, la muséographie est particulièrement pertinente et je ne me rendais pas compte à quel point ce type d'oeuvres me touchait avant de découvrir ce lieu (il y en a de très beaux exemples également au Musée du Quai Branly à Paris). Mais ce que je préfère au MET c'est la collection d'art moderne et contemporain. C'est une des raisons qui me fait préférer, et de loin, ce musée au MoMA d'ailleurs. Leur collection n'est pas forcément plus grande, mais la muséographie est intelligente, les oeuvres respirent, il est possible de s'y arrêter, des les voir en entier, avec du recul, du temps, et du silence. Et si le nombre d'oeuvres (modernes et contemporaines) n'est pas plus grand qu'au MoMA, elles sont au moins aussi intéressantes et variées. J'ai été absolument charmée lors de ma première visite, j'y ai passé le plus clair de ma visite, et je me réjouis d'ores et déjà d'y retourner la prochaine fois. La collection de peinture européenne du XIXe et XXe siècles est particulièrement impressionnante également.

Une anecdote encore, avant de passer au musée suivant. Je n'avais donc pas l'intention d'y aller cette fois-ci, mais je voulais juste passer à la boutique du musée, pour acheter un objet particulier pour l'anniversaire d'Armalite. (L'emblème du MET pour les enfants est un hippopotame turquoise nommé William, il fallait que je trouve au moins un William à lui ramener.) Je ne suis pas passée par la majestueuse volée de marche devant le musée, mais, en suivant quelqu'un, par une entrée sur le côté, apparemment destinée aux groupes, ce que j'ai remarqué une fois à l'intérieur. Comme je n'avais pas besoin de vestiaire, je suis passée tout droit et j'ai monté les marches qu'un des secus du lieu venait d'indiquer à quelqu'un d'autre, en pensant arriver dans le hall d'entrée. Puis j'ai cherché un peu, tourné à gauche, à droite... et me suis retrouvée dans la galerie des statues grecques. Sans avoir donc ni payé l'entrée, ni fait la file. Ravie de ma chance (mais un peu flippée de me faire attraper, quand on a un ticket, on a un badge, à accrocher bien en vue sur nos vêtement, avec le logo du MET, je pensais me faire arrêter au premier sécu, et il y en a des tonnes, partout), j'en ai profité pour me réchauffer après ma traversée de Central Park sous 50cm de neige, et récupérer un peu de wifi. Puis j'ai décidé que finalement, puisque j'étais là et que personne n'avait l'air d'avoir envie de me mettre dehors, j'allais en profiter pour faire un petit tour. Je n'ai pas osé aller loin et j'ai juste profité des salles d'exposition alentour, contente de ma bêtise du jour. Puis j'ai généreusement dépensé de l'argent à la boutique du musée, pour faire amende honorable, ne vous inquiétez pas ! Mais je me souviendrai longtemps de mon escapade volée au MET.

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Solomon R. Guggenheim Museum

Le Guggenheim est une merveille architecturale qui n'a pas toujours été vue comme telle par les New-Yorkais. Pour ma part, ce bâtiment me fascine, autant que le flatiron, le Brooklyn Bridge et l'Empire State Bulding, c'est pas peu dire. Je pourrais passer des heures (enfin, au printemps alors) à le photographier.


Mais à part son aspect fascinant, l'histoire de sa conception l'est encore plus. S'il a cette forme c'est parce qu'il a été conçu pour être un musée. Le long de la spirale centrale sont disposées des salles qui chacune devait disposer d'une lumière optimale pour y voir les oeuvres exposées, la spirale elle-même était conçue pour ne pas casser la trajectoire du visiteur entre les oeuvres et permettre ainsi à ses pensées de continuer à s'élever. Je trouve ça réellement passionnant et ce n'est pas juste une excuse pour vous montrer les 450 quelques photos que j'ai pris de sa façade il y a quelques semaines.


Ne vous y trompez pas, l'intérieur est aussi intéressant que l'extérieur. Contrairement aux autres musées cités précédemment, l'intérêt du Guggenheim ne réside que dans expositions temporaires, qui sont très nombreuses, renseignez-vous donc avant d'y aller.


C'est un musée privé, l'entrée est relativement chère, mais elle vaut la peine... si vous aimez l'art contemporain, ou la photographie, ou si vous êtes curieux. Si après Vermeer plus rien n'a de grâce à vos yeux (je ne pourrais vous en vouloir, j'adore Vermeer, pour le voir il faut plutôt aller au MET par contre), vous risquez d'être quelque peu perturbés voire déçus. Par exemple, la dernière fois que j'ai visité le Guggenheim, j'ai été particulièrement marquée par deux expositions : une photographe, Catherine Opie, qui fait un travail passionnant sur le corps en particulier sur le personnes transgenres, et le suicide de Pinocchio dans la fontaine principale. J'adore ce musée.


Ah, un détail, évidemment, comme dans tous les musées, il y a une boutique. Mais vous ne pourrez pas penser voir l'intérieur du bâtiment en allant juste à la boutique, il faut un ticket d'entrée. En parlant de boutique, je vous recommande plus que vivement celle du MoMA (il y en a plusieurs disséminées dans la ville), mais attention au craquage de budget, celle du MET a aussi des choses très intéressantes outre les hippopotames turquoises, celles du Guggenheim et de l'AMNH peuvent par contre être joyeusement ignorées.


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Comme je vous le disais en intro (oui, je sais, c'est loin), il n'y a pas que les musées officiels et institutionnels à New York. Ce que je préfère c'est la multitude de galeries d'art. Il y en a partout dans la ville. Mais il y a deux gros regroupement géographiques notables à Chelsea et à Dumbo (Brooklyn). Pour Dumbo, toutes les informations vous les trouverez ici.

Et jetez un oeil dans les rues alentours, il n'est pas rare d'y voir des expositions temporaires.
Ici, la série Wonderwoman par Suzanne Middelberg

Pour Chelsea c'est un peu plus compliqué, ce n'est pas un centre, mais des dizaines de galeries différentes, très différentes, qui se partagent les rues du même quartier. Il suffit de zigzaguer et d'oser entrer pour découvrir des endroits insolites, des artistes inconnus ou très cotés, des points de vue étonnant. Le plus simple si vous voulez vraiment préparer votre visite c'est de fouiller la Chelsea Art Galleries and Exhibits Map.

Mais vous pouvez aussi simplement vous perdre et être surpris. Toutes les galeries se trouvent dans un carré entre la 18th et la 28th rues et la 10th et la 11th avenues. Il suffit de zigzaguer, de regarder par les vitrines, de ne pas hésiter à essayer des portes et monter dans les étages. Mais même si vous vous perdez, faites-moi plaisir, ne ratez pas deux lieux incontournables : la Gladstone Gallery (515 W, 24th Street) où, par exemple, a exposé Anish Kapoor ; et, ma préférée mais ce n'est pas très original, la Gagosian Gallery (522W 22th Street et 555 W 24th Street), à chaque fois que j'y ai mis les pieds j'ai été extrêmement impressionnée par la qualité muséographique autant que par la qualité des oeuvres. J'ai beaucoup plus apprécié les énormes toiles de Basquiat, bien illuminées, dans un lieu vaste et pas trop plein de monde, à la galerie Gagosian que les toiles du  même artiste, coincées entre d'autres toiles, au MoMA. (Par contre, on ne peut pas prendre de photos, contrairement aux musées.)

Oeuvre de JR sur la High Line, à Chelsea

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PS : la première photo de ce billet est composée des regards de Alberto Giacometti, Henri Moore, Jean Arp, Jean Dubuffet, Louise Nevelson, Georges Braque, Antoni Tàpies et Max Ernst photographiés par Bill Brandt et exposés au MoMA.

2 commentaires:

  1. Super billet, merci pour toutes ces informations très pratiques et détaillées. Je vais le garder précieusement en mémoire, si un jour j'ai la chance de visiter New-York.
    Le photographe des "yeux", ce ne serait pas Bill Brandt?
    Belle semaine à toi!

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    1. Bill Brandt absolument ! Merciiiiii Muriel !

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