lundi 24 juin 2013

Only God Forgives


Only God Forgives (Nicolas Winding Refn, usa/france/suède, 2013)

Ce film est un des plus prétentieux qu'il m'ait été donné de voir. Nicolas Winding Refn, qui s'était déjà gargarisé de ses images à l'esthétique poussive dans Drive, monte d'un cran dans la vacuité avec ce thriller. L'histoire : deux frères vivent en Thaïlande et tiennent un club de boxe. L'un des deux viole et tue une gamine. Le père de la gamine tue le frère, grâce à l'aide d'un policier genre grand justicier. La mère des deux frères arrive en ville. Son deuxième fils ne tuant pas l'assassin de son premier fils, elle décide de le faire. Le grand justicier (le God du titre ?) tue tout le monde. Voilà.


Le problème c'est que c'est une histoire digne d'une série Z, et qu'elle est filmée par un réalisateur d'une prétention incroyable, il pastiche Malick, Soderbergh, Lynch et Tarantino, sans jamais réussir à s'en approcher d'aucune sorte, on a juste pitié pour lui à chaque cadre "hommage".

Oh du noir, du blanc, serait-ce un combat entre le Bien et le Mal ?
l'image "Malick" (il la fait 4 fois dans le film pour être sûr qu'on l'ait bien repérée)
 "attention chéri, ça va couper"

La mise en images est remplie de symbolisme à deux bahts, la plupart des images ont une dominante rouge (attention, je crois qu'il va y avoir du sang), bleue ou verte, façon publicité (ou Lynch des grandes années, mais en raté). Elles sont magnifiques ces images d'ailleurs, chaque cadre est construit avec une grande minutie, et ces lumières, même si caricaturales, sont vraiment belles, comme une longue pub Chan-ior-lain. Sauf que c'est pour du vent. (Le pire reste peut-être la dédicace finale du réalisateur au mythique Alejandro Jodorowsky, comment peut-on être aussi pédant ?)

j'arrive à mettre 3 pièces dans le même plan, du coup je vais le faire très très lent 
pour être sûr que tu aies bien vu combien je suis vraiment trop fort
 champ
 contre-champ
je suis pas sûr que vous ayez bien vu la lumière JAUNE et ROUGE 
alors je vous remets un plan de côté où en plus on voit super bien la perruque blonde

Quant à la direction d'acteur elle est, euh, comment vous expliquer ? Vous voyez les deux expressions possibles de Ryan Gosling, yeux mi-clos et yeux ouverts ? Le réalisateur a (je suppose) demandé à tous les acteurs de jouer de la même manière. Sauf Kristin Scott Thomas, je pense qu'elle est juste incapable d'être inexpressive, mais du coup il l'a attifée d'une abominable perruque blonde et d'un maquillage et d'une garde robe tellement vulgaires qu'on l'observe juste de manière dubitative dès qu'elle est à l'écran.

moi aussi je sais jouer comme Ryan Gosling
j'essaie aussi, ça a l'air de plaire au réal
avec du maquillage tout de suite beaucoup plus expressif

En bref, une très puissante merde. Je ne suis pas prête de revoir un film de ce type.

 la scène finale, don't ask

Si vous me trouvez dure, voici un autre avis.

10 commentaires:

  1. Moi, la dame Kristin ne m'a pas dérangée. Ni les suggestions en matière de papier peint baroque. En revanche, tout le reste du film, si. Bah, au moins ça ne laisse pas indifférent :-D

    RépondreSupprimer
    Réponses
    1. J'étais sûre que tu remarquerais les papiers peints.
      Film pauvre en moquette par contre.

      Supprimer
  2. Je ne pense pas que je vais payer un place de cinéma pour aller le voir, vu toutes les horreurs que j'entends sur ce film...Et sérieux, on lui propose pas autre chose à ce pauvre Ryan que des rôles de bad-boy-ténébreux-pas-très-net-mais quand-même-un-peu-gentil-au-fond ? C'est le moment de lâcher l'affaire, il me semble...

    RépondreSupprimer
    Réponses
    1. Ryan Gosling était excellent dans The Ides of March. Donc il peut l'être.
      Malheureusement il fait des mauvais choix de réalisateurs qui le dirigent très mal. Dommage.

      Supprimer
  3. Quoi tu n'aimes pas Nicolas Winding Refn?

    http://www.youtube.com/watch?v=XH_ZdNmRB6E

    RépondreSupprimer
    Réponses
    1. C'est marrant, sans pognon et dans une langue inconnue, on dirait presque qu'il sait diriger des acteurs.

      Supprimer
  4. Ca c'est de la critique ! J'ai pas vu le film mais j'ai bien rigolé, merci beaucoup. ;-)

    RépondreSupprimer
  5. aaahhhhh enfin qqn qui n'a pas aimé Drive, merci! (oui je sais c'est plus ou moins hors sujet mais comme je risque pas d'aller voir le nouveau vu ce que tu en dis...)

    Vois-tu en termes cinématographique je suis d'une inculture crasse, alors au vu des critiques je me suis dis que mon inculture devait m'empêcher d'apprécier le film à sa juste valeur. Mais mon sentiment après le film c'était:

    - certes c'est esthétique, très esthétique, mais j'appelle ça de la masturbation esthétique, ça dégouline de "je veux faire esthétique"

    - oui le monsieur là mi-gentil / mi-méchant il est vraiment beau, mais comme psychologie de personnage/histoire c'est épuisé jusqu'à la moelle

    - mais qu'est-ce qu'ils font tout le temps dans cet ascenceur!!?

    - Y voudrait pas arrêter de nous coller des symboles toutes les 10 min (cf. symbologie de l'ascenceur ci-dessus les personnages sont métaphoriquement enfermés dans leur histoire...!!!???)? J'ai franchement l'impression d'être prise pour une co**e et d'avoir besoin qu'on me colle des sous-tire métaphoriques pour comprendre.

    - par contre j'ai adoré la BO :-)

    Bon voilà, toute une année de frustration critique libérée ;-), merci & bises Fun et à bientôt

    Sophie202

    RépondreSupprimer
    Réponses
    1. Je suis 100% d'accord avec ta critique :-D

      Supprimer