lundi 17 juin 2013

The Bling Ring


The Bling Ring est le dernier Sofia Coppola. Le scénario, tiré d'une histoire vraie, nous parle d'un petit groupe d'adolescents aisés qui s'ennuient. Un soir, deux d'entre eux trouvent l'adresse d'une "star" sur google et ils décident d'aller "visiter" sa maison. "Star" = personne dont on parle dans les magazines ; "visiter" = voler, à travers quelques objets voyants et à la mode, un peu de la vie de cette dernière. C'est si facile et l'ennui et le vide sidéral de leurs cerveaux sont si grands qu'ils continuent, en s'en vantant et ils se font donc choper. Voilà. J'ajoute la bande-annonce et tu peux rester chez toi, tu n'as plus besoin de voir ce film.



Quand j'ai vu cette bande-annonce hyper rythmée, je me suis dit que comme d'habitude, Sofia Coppola était allée bien au-delà du sujet et que j'allais prendre une leçon de cadrage et de montage. Sauf que, euh, ben, les vêtements de créateurs sont très bien mis en valeur au niveau de la lumière. Voilà. La vacuité des personnages fait qu'il est absolument impossible de s'y intéresser, ne parlons même pas de s'y attacher. On les suit juste parce qu'on suit une histoire (vraie en plus, non mais tu te rends compte) et on veut voir où ça nous mène. Une prise de conscience ? Une critique de cette société du paraître qui voit émerger des êtres sans âmes ? Une critique de l'utilisation des réseaux sociaux sans retenue ni pudeur chez les adolescents ? (Je ne déconne pas, la thématique est abordée du bout de la caméra en nous montrant des montages indigestes de pages facebook des uns et des autres.)


Sauf que non, aucune critique n'est faite, on contemple, c'est tout. Il y a quelques jolies scènes très bien filmées (celle d'un cambriolage dans une maison vitrée en plan fixe est particulièrement bien foutue) mais elles ne sont qu'observation. On ne juge pas, certes, mais on ne réfléchit pas non plus, on se laisse porter jusqu'à l'écoeurement de name droping de starlettes et de marques de luxe. Du vide bien formaté pendant exactement 90 minutes.


Un coup de coeur néanmoins pour Emma Watson qui respire l'intelligence dans son interprétation du rôle de la dinde nantie, je me réjouis de connaître ses prochains choix de carrière.

5 commentaires:

  1. Perso, j'ai passé un bon moment.... et en plus cela te fait réfléchir sur ces "riches" jeunes filles qui vivent à LA vis à vis de ces jeunes starlettes, le rôle des médias (encore et toujours, l'image, ... et at the end, le rôle du Parent qui est selon moi PRIMORDIAL pour que ton enfant ne tombe pas dans cette dérive. Mais en effet, on ne sent pas assez la signature "sofia". Bonne jounée!!

    RépondreSupprimer
    Réponses
    1. Merci pour ton commentaire Miriam !

      Oui, le rôle (démissionaire) des parents est bien montré... mais pas plus que dans les magazines people. C'est toute une génération qui ne vit qu'autour du vide que leurs parents ont créé. La phrase de Marc à un moment explique bien ceci "who wouldn't want a piece of this way of life?" il est incapable d'imaginer un autre but. C'est triste. Et vide...

      Supprimer
  2. J'avais envie de voir le film, mais clairement pas au ciné pour payer une place qui n'en vaut pas le prix.
    Mais j'ai quand même toujours un souci avec les films de S.Coppola. Ces films sont d'un ennui grave! Je sais déjà qu'il ne faudra pas que je le vois un soir après une dure journée au risque de m'endormir!

    RépondreSupprimer
  3. Disclaimer : je suis allé voir le film, mais avec un a priori. Il m'avait été fortement conseillé de ne pas aller voir ce film, conseil donné par quelqu'un qui m'a dit qu'il fallait aller voir Jappeloup et The Great Gatsby (avec Di Caprio), deux films que j'ai proprement détesté :)

    J'ai vu ce film , un peu après "The spring breakers" au sujet est assez proche.
    J'ai aimé ce film. Parce que les personnages n'ont pas d'intériorité, ils ont à peine une façon d'être mais sans aucune raison. Parce que l'on est dans un univers dont il est difficile de sortir, un univers de miroirs, de photos sur les murs de facebook. On ne juge pas les personnages, on les comprend à peine, ils sont glaçants. Que du glamour, du séducteur et pourtant quasiment pas de sexe (et ce sont des adolescents!)
    J'ai adoré certains plans : quand ils rentrent à reculons dans une des villas ; quand une des filles se met du parfum.

    Pas de jugement mais pas d'échappatoire.

    RépondreSupprimer
  4. J'ai commencé à regarder l'heure 25 mn après le début... c'est la première fois depuis longtemps que je trouve un film "court" aussi long :-D

    RépondreSupprimer