lundi 22 juillet 2013

World War Z


Dans ma précédente critique, je vous demandais si vous aimiez les monstres, ce qui était un indispensable pour apprécier la qualité visuelle de Pacific Rim. Pour World War Z, je ne vous demande pas si vous aimez les zombies, je n'ai moi-même pas grande affection pour le genre, quoique les genre gores ou post-apocalyptiques m'amusent. Pas fan mais pas dégoutée non plus par les zombies, je manque de références, mais j'ai vraiment apprécié ce film. Si vous êtes un fan de zombies, et en particulier de Max Brooks (l'auteur de Guide de survie en territoire zombie et World War Z), j'ai peur que vous ne soyez pas DU TOUT du même avis que moi et que vous ayez sorti le pied de biche/la batte/la hache (ne rayez aucune mention, tout arme pourrait être utile) pour accabler ce film (ce que fait très bien le Journal du Geek par exemple).

L'histoire du film en quelques mots : une épidémie de zombie se déclare brutalement (logique) et Gerry (Brad Pitt), sa femme (Mireille Enos) et ses deux filles tentent de s'en sortir, heureusement, Gerry reçoit un appel de son ancien chef à l'ONU qui le réquisitionne pour mener l'enquête sur le début de l'infection pour essayer de trouver un traitement. Pour ce faire, il voyagera, tant bien que mal, entre l'Océan Atlantique, la Corée du Sud, Jérusalem et l'Ecosse (la suite est un gros *********spoiler ***********, mais ce n'est pas là-dessus que porte l'intérêt du film) en développant la théorie que ces zombies ne s'attaquent pas aux personnes mourantes, que le "virus" a besoin de porteurs sains. La fin du film marque le début de la résistance humaine contre les zombies (en gros, si j'ai bien compris, c'est ici que débute le livre).

Attention, ce matériel peut être glissant sous la pluie et provoquer des chutes mortelles.

Le livre, que j'ai maintenant très envie de lire, n'est absolument pas construit de cette manière-là. Bien que je n'en sache pas plus que sa page wikipedia, apparemment le film et le livre partagent tout de même certaines choses : la volonté d'être convaincants et réalistes (oui, oui, réalistes n'est pas incompatible avec zombie) et l'ambiance d'effroi face à ce qui arrive à l'humanité plus qu'aux faciès de zombies. Méthode : faire peur avec ce qu'on ne voit pas, plutôt qu'avec ce que l'on voit, façon Jaws. Et ça marche je me suis plusieurs fois rendue compte que je recommençais à respirer après certaines scènes... et que je n'étais pas la seule dans la salle. 

Un pied de biche, une batte et une hache, les codes sont respectés.

Un film qui a par contre décidé de s'éloigner complètement du livre en étant linéaire, son réalisateur le décrit même comme "old school hollywoodien" et il a raison, on nous prend par la main, on nous emmène dans cinq univers très différents, toujours parfaitement rythmés, avec un très bon huis-clos final où l'on voit enfin des zombies de très près. Les créatures sont convaincantes, les images catastrophes pas trop mal, quoique parfois peu crédibles (la pyramide de zombie par exemple), mais elles sont finalement assez peu nombreuses. On reste très près du héros et l'on voit beaucoup de choses à travers ses yeux (aaaaah les yeux de Brad Pitt) (pardon, c'était le point culotte) et c'est extrêmement bien fait au montage. Par exemple le moment où il voit un zombie de près pour la première fois (4e minute de film environ, on ne perd pas de temps), on le voit courir avec sa famille, puis tourner la tête vers la créature qu'il n'a pas encore identifiée. A chaque fois qu'il tourne la tête, un montage rapide de quelques secondes nous montre ce qu'il regarde précisément, une jolie distorsion temporelle qui fonctionne à merveille et nous informe de toutes sortes de détails tout en étant plongés dans l'action palpitante de la course-poursuite initiale, brillant.


Le classicisme hollywoodien impose par contre un gentil héros et c'est un peu lourd parfois ici entre "j'ai arrêté de travaillé pour être avec ma famille", je récolte tous les faibles sous mon aile ou j'appelle ma femme tous les jours, mais c'est les codes. Le happy-end aussi, enfin, relatif happy-end vu que l'humanité s'apprête à commencer sa lutte contre les zombies. Une fin, pas si mal, mais comme déconnectée du reste et expédiée à la va-comme-je-te-pousse d'ailleurs. J'ai compris après la bataille de prod qui a eu lieu, dommage.

Donc non, ce film n'est pas un chef d'oeuvre, mais c'est une excellente facture hollywoodienne classique que nous offre Marc Foster pour l'été. Les vrais connaisseurs de zombies seront probablement déçus, les amateurs de bon rythme et de direction intelligente seront par contre aussi contents que moi. Car Marc Foster arrive à glisser de très nombreuses références et blagues au milieu de ce thriller angoissants. Entre le vélo qui grince, le coup de fil au pire moment et la pause Pepsi, je me suis régalée. Certains critiques grincheux voient un arrière-fond politique puant, à cause des références à Israël et à la Corée du Nord. Mais qui, à part Israël, pourrait avoir un mur tout autour de son territoire ? Et qui, à part la Corée du Nord, pourrait arracher toutes les dents de sa population en 3 jours pour éviter l'épidémie ? J'ai beaucoup ri pour ma part.

Preuve qu'il faut prendre ce film du côté LOL

Pour le test Bechdel par contre, c'est raté. Normal, il y a Brad Pitt dans toutes les scènes. Mais il y a la merveilleuse Mireille Enos que j'ai découverte dans Big Love, où elle incarnait deux jumelles mormones tout à fait flippantes, et évidemment dans la merveilleuse série The Killing (us) où elle est incroyablement rayonnante malgré la glauquitude ambiante et son personnage noir. La carrière de cette actrice ne fait que commencer. En parlant de carrière, je retiens aussi que Marc Foster est capable de tout et de n'importe quoi. Comment le même réalisateur a-t-il pu "signer" Finding Neverland, Quantum of Solance, Stranger than Fiction et World War Z ? Et bien c'est qu'il ne signe pas justement, il fait du classicisme, s'amuse des codes qu'il maitrise à la perfection et n'a apparemment aucun égo qui le pousserait à faire voir un quelconque style personnel. (Je ne sais pas si je trouve ça admirable ou flippant pour l'idée de l'auteur-réalisateur.)

Bref, j'ai passé un excellent moment agrippée à mes accoudoirs, mon cerveau ne s'est pas tant reposé que ça grâce à Marc Foster et j'ai maintenant envie de lire un grand classique de la littérature zombie, ça vallait bien 2h au ciné. (Dernier détail : la 3D n'amène rien.)

3 commentaires:

  1. Le chat zombie qui attaque l’hélicoptère, j'adore.
    Peut-être que j'irai le voir, je suis en pleine période zombie car je joue assidûment au jeu "The last of us"...

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  2. J'ai été le voir également. En effet, la 3D n'apporte rien, si ce n'est pire quand on est arrivé en retard à la séance et qu'il ne reste qu'une place au 1er rang... (mes yeux ont pleuré de fatigue!!);
    Bref, j'ai aimé ce film mais été très déçue qu'on nous dévoile pas le pourquoi du comment de cette maladie. Elle est arrivée, Brad devait trouver son origine mais au final il nous délivre la solution, POINT. C'est dommage non ?

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  3. Pour lire la critique de l'affiche de World War Z, c'est par ici http://www.lecritiquedepub.com/worldwarz/

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