jeudi 22 août 2013

The Lone Ranger


Avant d'être un film navet de Gore Verbinski (à qui l'on doit Pirate des Caraïbes et... c'est à peu près tout, pour situer) The Lone Ranger a été une série radiophonique dans les années 30, inspirée d'un livre de 1915, qui a ensuite inspiré une série de livres, de bds, une série télé dans les années 50 et des films, en 1958, en 1981 et donc, en 2013. Ce personnage est ancré dans l'imaginaire populaire US depuis des décennies, ce qui n'est pas le cas en Europe, épargnée par ce Lone Ranger. Ce film de Disney retrace la "naissance" du Lone Ranger en mettant l'accent sur son compagnon, l'indien Tonto, incarné par Johnny Deep, LE bankable du casting, forcément.



On nous promet : un film d'action, une comédie, un western, un film respectable du point de vue Native Americans (un indispensable pour garantir Johnny Deep au casting) et un film familial (Disney oblige). Gore Verbinski est le réalisateur parfait pour ça : réussir à filmer un scénario sans aucune surprise, en y mettant bien tous les ingrédients dictés par la prod. Pendant deux heures et demi (c'est atrocement long), j'ai mentalement coché les cases. Les images du Far West sont très belles, bien western comme il faut. Check. Les indiens sont respectés, bien mis en image, intelligents et nobles. Check. On court sur des trains, dans des trains, à cheval sur un train, entre deux trains, dans le désert, sur un pont qui explose, dans une mine en feu. Check. Il y a deux personnages féminins, qui sont des femmes fortes, dont l'une est indépendante. Check pense Disney ; moi, le test Bechdel et le cliché de la Manic Pixie Dream Girl ne sommes pas d'accord. Il y a un méchant très méchant, qui a un frère très méchant, qui ne sont que des gros profiteurs qui veulent plein d'argent (littéralement). Check. Les deux gentils s'entraident et oublient leur égoïsme pour le bien commun. Check. Il y a des animaux sympathiques. Check. Et d'autres rigolos. Check. Il y a de la romance. Check. Un enfant aux grands yeux qui aide les héros. Check.

Bref, ce film a TOUT. Sauf de l'intérêt.


Ces deux heures et demi passent extraordinairement lentement pour un film d'action, à cause du rythme sans cesse plombé par les obligations et la volonté d'en faire trop, dans TOUS les domaines, décors, lumières, costumes, maquillages, effets de caméra, montage, cadrage, jeu d'acteur, blagues. Dans ce naufrage, on sort parfois la tête de l'eau grâce à quelques dialogues, où l'art de Deep pour l'absurde fonctionne. Les plus drôles d'entre-eux sont d'ailleurs adressés au cheval, ce qui en dit long sur la performance de Armie Hammer, THE Lone Ranger. Hum. Malheureusement, ils sont presque tous dévoilés dans la bande-annonce.

Bande-annonce que je vous incite donc à regarder. Il y en a même quatre différentes si ça vous amuse. Au pire vous aurez perdu 10 minutes... et donc gagné 2h20. La seule et unique bonne surprise du film dure environ 20 secondes et est un plan sur des lapins. Et je ne déconne pas.




Un petit message personnel pour finir : pitié, Johnny, ne prend pas ta retraite avant d'avoir à nouveau joué dans quelque chose de digne de toi. Et arrête de faire des films avec Disney. Pitié.

4 commentaires:

  1. L'Europe épargnée ? Pas en tout cas en deça des Pyrénées dans les années '60 du xxe siècle ! : El Llanero solitario est en effet un de mes premiers vagues souvenirs télévisuels, en noir et blanc forcément... Ça devait être doublé en espagnol neutre (espagnol d'Amérique sans l'accent particulier d'aucun pays, qui sonnait très bizarre ici), comme toutes les séries USA de l'époque. Je me souviens surtout du masque du héros : en mettre un en carton, qu'on achetait aux marchands de bonbons (et babioles) qui à l'époque mettaient leurs étals dans la rue, signifiait forcément se déguiser en llanero solitario...

    Le film sort demain en Espagne (sous le titre de El Llanero solitario, donc) : je n'avais aucune intention de le voir (il fait chaud mais on a la clim à la maison ! – je lis tes commentaires sur twitter ;-) ) et évidemment la lecture de ton post ne m'a pas fait changer d'avis ;-)

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    1. Merci Pablo, je ne connaissais pas le pendant latino/espagnol !
      J'aurais dû dire en francophonie, plus qu'en Europe, je rectifie :-)

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  2. Ta remarque finale a exactement la même teneur qu'une récente discussion avec mon copain sur les choix de rôles plutôt discutables de Johnny Depp...C'est moche qu'un type aussi talentueux se complaise dans ce genre de film...peut-être qu'il se fait vieux et qu'il n'ambitionne plus que de recevoir son salaire...si c'est le cas, c'est triste...

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    1. La dent dure : il faut lui accorder quelque chose, ce doit être absolument hilarant et très motivant de jouer dans ce genre de film, quel qu'en soit le résultat. Et puis ça doit bien remplir les caisses et payer la nouvelle pension alimentaire, hum.

      Ce que je regrette c'est qu'il ne fasse plus, à côté, de films indépendants plus profonds.

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