lundi 30 septembre 2013

Breaking Bad, it's so good!

saison 1
saison 5

Le paysage est le même, à un filtre de couleur près. Les protagonistes principaux, Walter White et Jesse Pinkman par contre ne sont plus du tout les mêmes. Mais ont-ils autant changé que ça ? L'essence profonde de Jesse-le-paumée-qui-au-fond-est-un-gentil-garçon n'est-elle pas exactement la même ? Cela veut-il dire que Walter est un psychopathe qui s'est dévoilé à cause d'un traumatisme particulier (son cancer) ? Combien de psychopathe en puissance se cachent autour de nous près à exploser ? Cet épisode 14 de la saison 5, Ozymandias, est un chef d'oeuvre. Et Breaking Bad est enfin reconnue unanimement comme la série exceptionnelle qu'elle est. A tous les niveaux.


Et de Breaking Bad il restera surtout cette capacité à créer des épisodes dont on se souvient comme entité. Contrairement aux séries qui cherchent le cliffhanger à tout prix à chaque fin d'épisode, voire même à chaque pause pub (qui, je le rappelle, ont lieu tous les 1/4 d'heure environ aux USA, c'est insupportable), Breaking Bad se permet le luxe de faire avancer l'histoire comme elle l'entend, pour la beauté du rythme interne de l'épisode. Il y a de nombreux exemples au fil des saison, mais certains en particulier, comme l'épisode 14 de la saison 5 que je vous citais plus haut  ou le sublime Fly (épisode 10 de la saison 3) où une mouche enfermée dans le labo nous tient en haleine pendant 50 minutes dans un huis-clos étouffant grâce aux talents conjugués des comédiens, du montage et du cadrage exceptionnels. Ou encore Dead Freight (épisode 5 de la saison 5) où la séquence du braquage du train se passe pratiquement sans parole pendant 12 minutes.

Cette cinquième et dernière saison de Breaking Bad aura réussi le pari de mettre (presque) tous ses épisodes à ce niveau d'excellence. Chacun d'entre eux est juste époustouflant (à deux exceptions près... il faut bien faire avancer le récit, et même ces deux épisodes-là comportent des scènes absolument mythiques). Si vous n'avez jamais vu cette série, que l'idée d'un prof de chimie qui devient un caïd de la drogue au Nouveau-Mexique vous laisse totalement froid et que regarder quatre saisons précédentes pour arriver à cette apothéose vous rebute, n'hésitez pas à regarder la saison 5 tout de même. Vous allez perdre une grande partie des enjeux interpersonnels, mais vous serez tout de même capables d'apprécier le brio de la réalisation et de la narration.

Si comme moi vous avez suivi cette série depuis ses débuts, je suppose que vous êtes également ravis et tristes à la fois. Je suis ravie qu'elle se termine aussi magistralement, ravie de cette montée en puissance et en excellence à chaque saison. Et triste que cette épopée soit terminée, de ne plus jamais pouvoir voir un épisode inédit de Breaking Bad de ne plus jamais être surprise par la bassesse de Walter et la capacité inouïe à la malchance de Jesse. Ravie que son créateur -Vince Gillian- ait décidé d'en finir, au summum de ce qu'il voulait et pouvait faire avec ses personnages.


La deuxième partie de cette saison 5 est une montée en puissance constante, jusqu'à cette séquence finale où Walt décide de son destin et exerce sa vengeance, sans hésitation. La complexité de son personnage reste intacte, jusqu'au bout. C'est cette complexité qui permet à cette série d'être aussi intelligente narrativement, d'être aussi surprenante au fur et à mesure de son avancée. On connait la lâcheté de White/Heisenberg, mais on connait aussi son courage, sa rage, sa couardise, son manque d'empathie, sa morale biaisée qui contrôle ses actions, sa supériorité intellectuelle, sa cruauté, sa capacité au mensonge, son égocentrisme exacerbé, son incapacité à faire confiance à qui que ce soit, sa volonté et son sens de la survie extraordinaires. Il fascine, et pas uniquement le spectateur mais également tous les personnages qui le côtoient, en particulier Jesse.

Pierre Serisier a écrit une analyse magistrale de ce dernier épisode intitulé "FeLiNa" (comme anagramme de "finale" ou comme la composition chimique Fe = fer, Li = lithium, Na = sodium, comme le sang, la meth et les larmes) que je vous encourage à aller lire. Il va y en avoir des tonnes des analyses, de toutes sortes, des prédictions sur les personnages qui par miracle ne sont pas morts, des gens qui vont se proclamer le plus grand fan, ça risque même de nous soûler, longtemps. Et ce n'est pas à cause de cette deuxième partie de cinquième saison (qui est à prendre dans son entier comme un "finale" et pas seulement le dernier épisode), mais parce que les cinq saisons de cette série en font une des meilleures de tous les temps, tout simplement.

Joli hommage à Easy Rider


SPOILER ALERT : En posant sa montre, cadeau de Jesse, avant les séquences finales, White/Heisenberg abandonne le combat. Le réalisateur nous donne une clé de son personnage si complexe : il va en finir. En finir avec ceux qui, selon lui, l'ont trahi ; en finir avec ses dettes personnelles et les responsabilités qu'il estime avoir envers sa famille, Jesse et même Hank ; en finir avec sa cavale et la justice ; en finir tout court. Le réalisateur nous a offert un épisode de répit avant cette inéluctable fin, qui apparaissait déjà au début de la saison 5 avec la scène où il utilise son bacon pour former ses 52 ans. Scène qui rappelle d'ailleurs le tout début de la série, où Walt fête ses 50 ans. Breaking Bad s'est permis de nombreux répit comme celui de l'avant-dernier épisode où Walt est dans un paysage enneigé, perdu, comme en retraite, pour mieux reprendre des forces (mentales en dépit de physiques) et revenir achever son incroyable histoire. Histoire qui nous a baladé durant 5 saisons pour nous expliquer ces deux folles années pour Walter White et de tout ce qui l'entoure. Et pour nous, spectateurs, mais également pour les acteurs, qui seront marqués par Breaking Bad à jamais.

Je ne serai pas la seule à suivre les carrières des principaux noms de cette séries. On peut déjà parler de Vince Gilligan, qui revient à l'automne 2014 avec une série sur AMC Battle CreekBryan Cranston, dont la carrière au cinéma est bien engagée, Aaron Paul (Jesse) dont la scène de fin se prolonge presque exactement dans ce film qui va sortir au printemps 2014Dean Norris (Hank) qui interprète un des personnages principaux dans Under the DomeGiancarlo Esposito (Gus) que l'on a déjà vu dans les séries CommunityRevolution et bientôt dans Axe CopJonathan Banks (Mike) dont les projets en pré-prod et prod pleuvent, Bob Odenkirk (Saul) que l'on retrouvera dans le spin off Better call Saul, créé par Vince Gilligan himself, Betsy Brandt (Marie) qui a fait sa rentrée dans The Michael J Fox Show. (Non, je ne me demande pas ce que va faire Anna Gunn ou RJ Mitte, ils m'ont hérissé pendant 5 saisons.)

3 commentaires:

  1. Ce qui m'a surpris avec cette fin, c'est que justement je n'ai pas été surpris, je m'attendais à ce que chaque personne termine ainsi et c'est parfait.

    C'est avec l'esprit libre que l'on peut dire au revoir à cette superbe série, en attendant une autre qui passionnera autant les foules.

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  2. Je ne préfère pas lire ton article.. J'ai peur du SPOILER! J'en suis au milieu de la saison 3 et je dois dire que c'est TOP! J'adore Walt et son autorité naturelle, et Jesse et sa connerie éternelle ahaha

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  3. Je peux lire ton bel article, maintenant que j'ai vu la fin ;-)
    Magistrale cette série!

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