vendredi 25 octobre 2013

Au Bonheur des Ogres


Au Bonheur des ogres est d'abord un roman de Daniel Pennac. Le premier d'une série que ses fans appellent la saga Malaussène. Quoi que je dise sur cette saga, ce serait spoiler ce film, alors je vais commencer par parler de ce film à ceux qui n'ont jamais lu une ligne de Pennac. Au Bonheur des ogres, le film, a été réalisé par Nicolas Barry, qui avait fait auparavant le délicieux Les Enfants de Timpelbach (que je vous recommande vivement), une histoire chorale de gamins en folie. On retrouve cette idée de troupe ici avec la famille Malaussène, qui est tout à fait attendrissante et barrée. Le grand frère-soutien de famille, Benjamin Malaussène, va se retrouver mêlé à des attentats à la bombe malgré lui (c'est sa spécialité) dans le grand magasin où il travaille. Pour ne pas effrayer sa famille, chaque soir il va leur raconter sa version des faits qui implique une girafe, une course à vélo et toute une panoplie d'effets imaginaires qui font de lui un héros, qu'il n'est pas. C'est même l'anti-héros parfait.

C'est rythmé, drôle, attachant, les décors sont particulièrement soignés et l'histoire rocambolesque fonctionne.

*SPOILERS* Pour les aficionados de Pennac (dont je suis) par contre, le fait que les Malaussène est une famille de frères et soeurs, dont la mère ne revient que pour pondre et que le frère aîné, Benjamin Malaussène, tente tant bien que mal de gérer, est connu. La "surprise" du métier de Benjamin qui arrive au bout d'une vingtaine de minutes n'en est pas une. Avec un peu de chance ils ont oublié une partie de la trame du roman, mais le scénario ne leur apportera aucune surprise en lui-même. Pourtant, je ne me suis pas ennuyée une seconde. *FIN DES SPOILERS*
Les fantaisies de Pennac ne se retrouvent pas littéralement à l'écran, ce qui est une bonne chose : on n'écrit pas en images comme on écrit en mots. Malheureusement, certains ont du mal à s'y faire et critiquent "un manque de mordant dans les dialogues" par exemple. Sauf qu'un dialogue hilarant écrit dans un roman, n'est pas forcément un dialogue hilarant dans un film. Les rythmes n'ont rien à voir. Et j'ai beaucoup aimé que ce film ne soit pas une adaptation au pied de la lettre. Au contraire, c'est une jolie adaptation pour le cinéma. 


Les personnages prennent corps, mais pas le même corps que celui de mon imagination quand je dévorais Pennac ado, non, leur propre corps de personnages de cinéma. Et ils sont réussis. Coup de coeur total pour Raphaël Personnaz que je découvre grâce à ce rôle et qui incarne à merveille Malaussène l'espiègle, le naïf, celui qui encaisse, le gentil, le touchant bref celui dont on tombe amoureuse. Le reste du casting s'amuse sans détonner et je les retrouverais tous volontiers pour la suite de la saga si elle se fait un jour.

C'est une très jolie comédie, attachante, imaginative et bien foutue. Moins barrée que les romans qui permettent de plus nombreuses digressions absurdes, mais ça tient tout de même très bien la route et j'ai pris un plaisir fou. 


3 commentaires:

  1. Bon, c'est une bonne nouvelle. Parce que j'en ai vu que ça avait été adapté, j'ai eu peur, très peur.

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  2. J'attendais d'avoir un avis éclairer pour me décidé à y aller, car j'hésitais ayant dévorer plusieurs fois la "saga"! Grâce à toi, dès que je peux, j'y vais!

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  3. Raphaël Personnaz faisait un très bon duc d'Anjou dans "La Princesse de Montpensier" de Tavernier (idem pour Gaspard Ulliel mais pas du tout pour Grégoire Leprince-Ringuet)

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