jeudi 7 novembre 2013

Les Grandes Ondes (à l'Ouest)


Les Grandes Ondes (à l'Ouest) est une jolie comédie historique de Lionel Baier. Quoi ? Lionel Baier et comédie dans la même phrase ? Impossible. Et pourtant vrai, et c'est carrément réussi de ce côté-là !

Deux journalistes, un vieux grand reporter de terrain machiste et une jeune féministe ambitieuse, et un technicien à l'orée de la retraite sont envoyés au Portugal en avril 1974 par la SSR (Société Suisse Révolutionnaire de Radio, ancêtre de la RTS) pour couvrir les "oeuvres suisses". Sauf qu'en avril 1974, c'est en pleine Révolution des Oeillets où ils vont se retrouver embrigadés malgré eux avec leur jeune traducteur qui a appris le français en regardant des films de Pagnol.


Lionel Baier aime le cinéma et nous fait ici un très joli hommage au cinéma des années 70, on y retrouve évidemment des looks, une manière de jouer (qui pourra surprendre certains), mais aussi des couleurs, du grain, des cadres qui nous plongent dans des ambiances à la Nouvelle Vague, à Buñuel, à Ken Loach ou encore Ettore Scola, c'est aussi l'essor des films de genre comme le road movie, on est en plein dedans. Mais même sans être féru cinéphile, ce film peut être apprécié simplement comme la très jolie comédie qu'il est. Certains dialogues et certaines situation prêtent vraiment au fou-rire et le plaisir visible que prennent les comédiens (et le réalisateur) à se replonger dans cette période est communicatif.


En plus d'être drôle, le film est beau. Bien filmé, rythmé, avec une bande-son passionnante (à voir absolument pour les fétichistes de Nagra) et quelques séquences surréalistes tout à fait délicieuses. 


Quand je pense que je lis encore des gens qui pensent que le cinéma suisse n'existe pas...

2 commentaires:

  1. Je suis bien tentée là ! J'espère qu'il passera à la Chaux-de-Fonds !

    RépondreSupprimer
  2. Le film est le 2e d'une série de 4 consacrée à l'Europe (pris depuis quatre coins géographiques différents). Ici c'est un joyeux bordel plaisant à voir. Au tournage, les manifs du film croisaient les vraies manifs contre l'austérité, le contraste ou l'air de famille étaient saisissants d'après le réalisateur.
    C'est parfois inventif (la scène de danse), souvent drôle, par moments too much ou au contraire un peu cliché, mais on ne voit pas le temps et c'est super plaisant sans pour autant être un chef d'oeuvre. Et la Révolution des Oeillets arrive comme une vague inattendue et salvatrice (y compris pour le reportage, assez mal parti au début...).
    Du rire intelligent, de la réflexion pas prise de tête, je recommande.

    Guest star : Jean-Stéphane Bron en directeur des programmes

    RépondreSupprimer