jeudi 10 juillet 2014

Childfree




Depuis plusieurs années maintenant, je sais que je n'aurai pas d'enfant. Ce n'est pas que je ne puisse pas en avoir, biologiquement parlant, c'est que je n'en éprouve pas le désir. Ni hier, ni aujourd'hui, ni demain. De la même manière que certaines personnes ressentent viscéralement le désir de devenir parent, au fond de mes tripes, je ressens ce non-désir.

Il y a quelques décennies, il était pratiquement impossible d'en parler, aujourd'hui de plus en plus de personnes osent exprimer leur non-désir d'enfant. Ce qui a été mon cas, après en avoir discuté sur Internet avec des plus ou moins inconnus, j'ai enfin osé dire que non, je n'avais pas envie d'avoir d'enfant, à mon entourage. Pourquoi en parler ici ? Et bien parce que c'est ensuite que les problèmes commencent.

Quand j'ai enfin libéré ma parole, j'ai eu une période où j'avais besoin de le dire à tout le monde. Et je m'en suis pris plein la gueule. J'ai été insultée par des gens bien-pensant qui pensaient me "sauver", considérée comme une cruche écervelée par certaines personnes que je considérais comme proches, interrogée sur mes choix et convictions les plus intimes par de parfaits inconnus. C'était délicieux.

Petit florilège des remarques qui m'ont été faites


Tu es égoïste !
Pourquoi ? Parce que je ne veux pas surcharger la planète de ma progéniture ? Le fruit de MES entrailles risquerait de sauver le monde et sans lui donner vie je voue la planète entière à la déchéance ? Allons, allons, espérons que Kévin, le petit couvert de morve que je vois accroché à tes pantalons, jouera ce rôle.
La réflexion de l'égoïsme vient souvent de jeunes parents épuisés-mais-heureux-c'est-le-plus-beau-métier-du-monde. L'idée que je ne sacrifie pas mes futures grasses matinées à la mission fondamentale de l'humanité leur paraît abominable. C'est aussi l'argument qui me touche le moins, je le trouve totalement hors sujet.


Mais tu n'aimes pas les enfants ?
Et bien Ginette, détrompes-toi, j'adore certains enfants. D'autres me sont indifférents, d'autres me hérissent le poil. Comme beaucoup de parents d'ailleurs, qui ne supportent que leurs propres enfants et pas ceux des autres. Mes deux neveux et ma nièce sont parmi les gens que je préfère au monde, je tente de les voir dès que possible, je me réjouis de les voir grandir et, d'après leurs parents, je me comporte de manière très adéquate avec eux. D'ailleurs on me trouve plutôt douée avec les enfants en général.
Mais ce n'est pas parce que j'adore les rhinocéros que j'en ai adopté trois. Avoir de l'instinct sur la manière d'interagir avec les enfants n'implique pas d'avoir envie d'être parent.


Tu te rends compte que tu vas vieillir seule ?
Bravo Gaston, tu détiens la palme. Donc toi, tu as fait/vas faire des enfants pour ne pas être seul quand tu seras vieux ? Bel esprit. On revient à l'égoïsme deux secondes ou tout le monde a saisi l'ironie ? Il faudrait aussi poser la question dans les EMS, pour voir si tout leurs habitants sont childfree...
Et non, je ne serai pas seule, mais entourée de ceux que j'aurai choisi et qui auront choisi de m'entourer. Une personne qui ose même imaginer une seconde que ce pourrait être un argument en faveur de faire des enfants devrait avoir son permis pour faire des enfants retiré immédiatement. Ah non, ce permis n'existe pas. Quel dommage !


Tu vas changer d'avis, tu verras !
Oui, tu sais certainement mieux que moi ce que je ressens. Cette affirmation, souvent prononcée par des jeunes mères comblées, ou futures-mères comblées, est une des plus blessante qui soit. D'abord elle est particulièrement infantilisante et elle insulte mon intelligence, ensuite elle pose un jugement de valeur qui implique que FORCEMENT toute femme DOIT être mère et que toute autre possibilité est une aberration. J'ai appris, au fil du temps, que je ne pourrai plus discuter avec ces personnes-là, c'est inutile.
Quand il s'agit de personnes que je suis dans l'obligation de côtoyer régulièrement, pour ne pas ramener le sujet à chaque fois qu'il y a une naissance dans le coin, je mens parfois en disant que je ne peux pas en avoir, ça leur cloue le bec et c'est réglé. (Après la publication de cet article, je ne pourrai plus, damned.)


Tu te rends compte de tout ce que tu vas rater ?
Non. Je ne pense pas que l'on puisse se rendre compte de ce qu'est être parent sans être parent. Tant mieux peut-être. Mais plus j'entends parler les jeunes parents de leur épuisement total, les parents d'adolescents des souffrances que cet âge douloureux peut engendrer, plus je me dis que si on pouvait s'imaginer ce que c'est vraiment, il y aurait peut-être plus de childfree.
Ce que je sais c'est que je ne me sentirai jamais à la hauteur de la responsabilité d'être parent, et je suis très admirative pour ceux qui font du mieux qu'ils peuvent, sans jamais lâcher, bravo à eux. Mais ça continue de ne pas m'attirer du tout comme expérience.
Je n'ai jamais sauté en parachute non plus. Et je ne me rends pas compte non plus de ce que je rate. Et on vit très bien sans.


Pourquoi ?

C'est ça la vraie question. Même si elle est intime, la seule et vraie question que vous pouvez poser légitimement à quelqu'un qui vous dit ne pas vouloir d'enfant est "pourquoi ?".

Dans mon cas, c'est une simple et très viscérale non-envie.

Couplée à des centaines de raisons accessoires qui n'ont que peu d'importance au final, comme pour le choix de faire des enfants j'imagine. Ce n'est pas compatible avec mes multiples vies parallèles, pas compatible avec mon budget, pas compatible avec mon style de vie en général, pas compatible avec mon idéal de vie. Pas compatible avec ma liberté d'être celle que je suis, pour résumer. Et je ne parle pas des raisons éthiques et de mon pessimisme pour l'état de notre petite planète dans quelques décennies.

Et, tout simplement, la maternité n'est pas indispensable à mon épanouissement.

"La non-parentalité n'est pas l'expression d'une névrose ou d'une immaturité ; au contraire, il s'agit d'une décision complexe dont les avantages sont sensés dépasser le coût de la non-conformité sociale." (Campbell E. Becoming voluntarily childless: an exploratory study in a Scottish city. Soc Biol. 1983 Fall;30(3):307-17)

Quand j'ai enfin libéré ma parole et fait mon coming out childfree, le plus intéressant a été de découvrir que nous sommes nombreux (en Suisse, entre 25 et 30% des femmes n'auront pas d'enfants). La parole est plus libérée dans certaines régions que d'autres (ce qui ne pose plus de problème en Allemagne, amène encore des centaines de questions dérangeantes en France ou en Espagne, par exemple). Les mouvements childfree (par opposition à childless = ne peut pas avoir d'enfant) ou no kid sont de plus en plus visibles, à travers cette visibilité l'acceptation de ce choix -fondamentalement intime- par la société en général va s'améliorer. C'est aussi pour cette raison que j'en parle.

J'avoue que c'est aussi parce que c'est souvent un plaisir de parler avec d'autres non-parents par choix, et que j'espère qu'ils vont sortir du bois de plus en plus nombreux. Que vous soyez parent, non parent, curieux ou sympathisant, je me réjouis de lire votre commentaire et je vous offre ce Childfree Bullshit Bingo.





Edit : suite à une conférence organisée le 30 septembre 2014 par l'Association Bloom and Boom intitulée "Etre femme et épanouie sans enfant" avec l'auteure Isabelle Tilmant qui a beaucoup écrit sur le sujet, plusieurs médias m'ont contactée pour parler du sujet. Après une longue réflexion, j'ai refusé.

Pourquoi ? 

Parce qu'après plusieurs années à en parler régulièrement, dès que je pouvais en fait, j'en ai un peu marre, c'est un sujet intime que je n'ai pas envie d'étaler avec mon visage à la télé, par exemple. Alors que je sais que c'est nécessaire, que c'est en entendant des témoignages que j'ai pu libérer ma propre parole, merci à celles et ceux qui ont accepté de le faire.

Mais aussi parce que j'en ai marre que cette problématique soit traitée sous l'angle "les femmes sans enfants", décider de faire un enfant n'est pas une histoire de femme mais une histoire de couple. Ne pas en avoir également. Je ne pourrais être dans un couple où mon compagnon aurait terriblement envie d'avoir des enfants, ce ne serait pas possible. Mon mari a accepté d'ailleurs de répondre à une journaliste.

Enfin, parce que l'angle de traitement me gonfle particulièrement. On cherche à expliquer pourquoi quelqu'un a fait ce CHOIX. Or pour moi ce n'est pas un choix, mais une non-envie. De la même manière que certains ont des enfants parce qu'ils en ont envie, on ne leur demande pas pourquoi ils ont fait ce choix. Qu'on essaie de me caler dans les cases "études supérieures (= carriériste)", "trop peur de perdre sa liberté (= égoïste)", ou "pas prête à assumer ces responsabilités (= immature)" m'insupporte, et on en revient au propos de mon article. Même les spécialistes du sujet finissent par l'aborder sous l'angle du choix rationnel, malgré leurs réticences à le faire, parce que les journalistes les interrogent dans ce sens et uniquement dans ce sens, il faut une raison, une explication, une justification. La non-envie toute simple n'est jamais qu'un prétexte à décortiquer, il ne PEUT PAS être la seule explication. Et pourtant si.

Je n'ai pas envie. 

Et je m'autorise le droit de le dire et de le vivre ainsi. C'est peut-être ça qu'il faudrait plutôt décortiquer : comment la société a évolué jusqu'à ce point où un humain peut décider qu'il n'a pas envie de se reproduire. Ne serait-ce pas le summum de l'évolution ? 
(Ceci est une provocation, merci de ne pas me prendre au sérieux, bisous.)



64 commentaires:

  1. J'ai un avantage sur toi: après m'avoir vu interagir avec des enfants, personne n'a eu l'inconscience de me dire que je ferais une super maman. Pour le reste, depuis que j'ai passé la quarantaine, les "tu changeras d'avis plus tard" se sont enfin tus. Silence béni.

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  2. +++++ (commentaire à haute valeur ajoutée)

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  3. Et bien voilà un article qui fait réfléchir. Moi j'ai fait le chemin inverse. A 25 ans, jeune mariée amoureuse, je n'envisageais pas de ne pas fonder de famille. 10 ans et un divorce plus tard, sans enfant heureusement, j'adore ma vie de célibataire, une vie de liberté et d'indépendance qui m'enrichit chaque jour. Egoïste, ça je l'ai entendu des centaines de fois. Parce que je profite de la vie, que je voyage, et que je fais ce que je veux, sans contrainte.
    Aujourd'hui je ne m'envisage plus en tant que mère. Je ne me projette plus dans le même schéma parce que j'aime la vie que je mène et que je ne ressens pas le besoin de procréer !
    Ce que j'entends le plus souvent quand j'en parle ? Attends de rencontrer le bon et tu verras !
    Sauf que ma vie n'est pas basée sur l'attente. Je vis, point. Je suis seule et heureuse, et ça les gens (proches ou non) ont beaucoup de mal à le comprendre, encore moins à l'accepter.
    Merci Funambuline de partager ça avec nous !

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  4. Ce doit être mon premier commentaire ici... J'ai deux enfants, et je n'imagine pas ma vie sans avoir eu ces enfants (malgré les moments où je les enverrais bien quelque-part hors de ma vue pendant deux ou trois jours, comme quand on est coincés à la maison par un déluge incessant pendant les vacances scolaires...)(Humour, faut-il le préciser ?), mais il y a longtemps que je ne trouve plus inconcevable qu'une femme me dise qu'elle ne veut pas d'enfants...

    Au contraire, je trouve d'une grande sagesse de dire "je ne veux pas d'enfants", si on n'en ressent pas le besoin, et qu'on ne se sent pas l'envie et/ou la capacité de modifier son mode de vie pour une enfant. Car oui, ça change tout. Et j'en ai héla vu qui avaient des enfants "juste pour faire comme les autres", et ces enfants sont bien à plaindre, souvent.

    Par contre, il est d'autant plus important de discuter de ce sujet dès le début d'une vie de couple. Il vaut mieux être sur la même longueur d'onde...

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    1. Oui, c'est aussi une des raisons qui faisait que j'en parlais très rapidement à chaque rencontre.

      Mon mari partage totalement mon choix et je suis ravie que ce soit avec moi qu'il ait choisi de ne pas avoir d'enfant :-)

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    2. I am the mari and I approve this message.

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    3. Indeed, j'ai aussi posé la question au troisième rendez-vous avec mon homme, je sentais bien que ce n'était pas une histoire comme les autres et j'avais déjà vu des couples d'amis se foutre en l'air parce qu'un voulait et l'autre non..

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  5. Bonjour, je crois, mais ce n'est que mon opinion personnelle, que c'est une décision à prendre strictement entre soi et soi mais qu'il faut en informer la personne qui est dans sa vie et que les autres on s'en fiche. Cela fait un peu ampoulé dit comme ça mais ce sont tes ovaires et c'est toi qui décides. Tu as la chance d'être née à un moment et un endroit où tu as le droit et la capacité d'en faire ce que tu veux. Ceci dit c'est un sujet sur lequel tout le monde a un avis et se permet de le donner même à de parfaits étrangers et c'est pareil face à une femme enceinte. Je connais des gens devenus parents par conformisme social et dont les enfants paient cher ce non-choix, je trouve courageux de revendiquer ta décision et de ne pas te contenter de laisser parler les "gens" dans le vide. En tout cas la mère de 3 enfants et grand-mère que je suis t'envoie plein d'affectueuses pensées

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    1. C'est effectivement un choix intime. Mais il est remis en cause de manière public. Comme pour les femmes enceintes comme tu le dis très bien.

      Et la première bd illustrant mon billet le montre bien, chacun y va de son conseil, souvent inapproprié.

      Merci beaucoup pour ton commentaire libelle :-)

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  6. "C'est parce que tu es carriériste."

    Gros LOL.

    C'est fou ce besoin pour les gens de trouver une raison, cette impossibilité de juste accepter que c'est comme ça...

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    1. J'ai oublié le côté carriériste, c'est vrai.

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  7. Et sinon, de mon côté, ça ne s'est pas calmé pas après 40 ans, et même dans mon entourage le plus proche, celui qui devrait avoir compris depuis longtemps. Mais on dira que c'est parce que je fais plus jeune que mon âge, allez... (soupir)
    Il me plait ton papier, tu sais ?

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  8. Nan mais franchement c'est désespérant ce genre de réaction...
    Pour ma part, j'ai toujours voulu avoir des enfants, je crois avoir toujours envie d'en avoir, mais pas maintenant "plus tard". Je suis juste pas prête du tout (mais peut-être ne le serais-je jamais ?).
    Parfois j'ai des sorties un peu "fortes" qui provoquent des remous. Du genre la dernière fois, lorsque j'ai dit: "Je me sens pas du tout prête à partager mon corps, j'aurais un peu l'impression d'avoir un parasite en moi". J'ai cru que l'on allait me tuer sur place.
    Bref, tout ça pour dire que j'aime beaucoup ton billet (et qu'à lire le Childfree Bullshit Bingo, y'a des claques qui se perdent... :)

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    1. On m'a souvent dit "mais tu ne sauras jamais combien c'est magique d'être enceinte", j'ai toujours envie de répondre : beurk, tant mieux, j'aurais l'impression d'être parasitée.

      Donc je comprends très bien ;-)

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    2. Il y a des femmes qui adorent être enceintes, d'autres qui n'aiment pas. Et la même personne peut aimer une grossesse et ne pas en aimer une autre (ma deuxième, même sans aucun problème, j'en ai vite eu marre ;) ).
      Moi sans jamais avoir parlé de parasite avant d'être enceinte, j'ai souvent appelé mon premier bébé "l'alien" (sous entendu les films Alien bien sûr) pour provoquer. Je ne vous dis pas les réactions scandalisées voire hostiles que j'ai pu rencontrer!

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  9. Il n'y a pas si longtemps j'aurais pu servir quelques unes des phrases type du bingo (les moins idiotes, je précise :P). Un peu malgré moi d'ailleurs sûrement, d'autant que je me suis décidée à avoir des enfants relativement tard, ce que je ne regrette pas.

    Maintenant que j'en ai, la perspective a changé. Pas que je regrette, car même si j'ai parfois envie de passer mes enfants par la fenêtre, je crèverais plutôt que de leur voir arriver quelque chose de mal (c'est le paradoxe maternel ;) ), et que ma fois je m'estime chanceuse d'avoir les enfants que j'ai. Mais je me rends également mieux compte des choix et sacrifices à faire. Certains on les fait sans hésiter, d'autres sont plus difficiles et sont fait "parce qu'il faut".

    Je crois qu'il est difficile d'évaluer la parentalité car chacun la vit différemment. Tout n'est pas possible, mais tout n'est pas impossible. Certaines raisons opérationnelles pour ne pas avoir d'enfants sont parfois de faux prétextes, mais d'un autre côté il faut avoir l'honnêteté de comprendre qu'on ne peut pas avoir des enfants et vivre comme si on n'en avait pas (enfin si, c'est possible avec une nounou 24/7, mais dans ce cas quel intérêt?).

    Pour ce qui est la non-envie, c'est la raison la plus valable. Jusqu'à un certain âge, on peut encore considérer ça comme quelque chose qui peut changer (d'où certaines phrase de bingo, et des femmes comme ça j'en connais ;) ), mais au fil du temps on sait ce qu'on se veut et personne n'a le droit de dire le contraire.

    Je pense qu'à quelque part c'est aussi une forme d'honnêteté et un comportement responsable que de se dire "non, j'en veux pas". Un tel comportement éviterait sans doute à pas mal d'enfants de souffrir de parents qui ne veulent ou peuvent pas les assumer.

    Ceci dit, je crois que nous, femmes, avons vraiment une position difficile. On ne veut pas d'enfant, on nous regarde de travers. On se présente pour un poste avant 40 ans, on est automatiquement classée "risque de maternité en puissance" (et si on dit qu'on n'en veut pas, on ne nous croit pas). On a des enfants et on travaille pour son propre accomplissement personnel, on est une mauvaise mère. On a des enfants et on ne travaille pas, on ne soutient pas l'émancipation de le femme (ou on est paresseuse, c'est selon). Et autant te dire qu'en tant que mère on continue de s'en prendre sans arrêt plein la tronche (choix d'éducation, comportement des enfants, etc.).

    Donc enfants, pas enfants, de toute manière il y aura quelqu'un qui aura quelque chose à y redire. Donc au bout d'un moment il n'y a pas d'autres choix que de s'en ficher et assumer fièrement ses choix.

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    1. Et je préciserai que les plus promptes à la critique sont souvent des femmes. Comme quoi on est bien formatées!

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    2. Oui, les femmes sont les plus observées et celles qui jugent et le font savoir à haute voix le plus souvent.

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  10. J'ai deux enfants, et quand j'ai annoncé à mon entourage que j'étais enceinte la première fois, j'ai eu droit à un "Mais je croyais que tu ne voulais pas d'enfants" d'une connaissance. Pourquoi ? Parce que lors d'une conversation où elle était présente, un imbécile avait déclamé que personne n'était complètement accompli s'il n'avait pas d'enfant, et j'avais dit que c'était du bullshit (bon, plus poliment, hein ;-)), qu'on peut ne pas avoir envie d'avoir des enfants et être un humain "entier".
    Et j'ai dans mon entourage un couple qui a eu des enfants alors qu'elle n'en voulait pas à la base, ben le résultat n'est pas folichon (sur les enfants, et sur le couple en l'occurrence).

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  11. J'aime beaucoup la citation sur l'ensemble de raisons complexes qui aboutissent à ce choix. C'est pareil quand on en veut d'ailleurs (en tout cas pour moi, j'en veux pas depuis longtemps, ça n'a jamais été une évidence d'être maman et donc j'ai bien senti passer le passage sur le chemin de toutes les raisons complexes :p). Or, pour en avoir parlé avec une amie qui a reçu ce genre de réflexions parce qu'à 32 ans elle n'envisage "toujours pas" d'enfants, subsiste l'idée que si tu ne veux pas d'enfants, c'est que tu as un blocage passé, un noeud psychologique non résolu... Sa belle-mère lui a dit qu'une fois qu'elle aura fait la paix avec son enfance et des tas de trucs privés, elle se sentira prête. Comparativement, ça veut dire que les gens qui se lancent et deviennent parents sont passés au travers de tous leurs noeuds et sont des exemples d'aboutissement psy? Laisse-moi rire. Si tous les bien-pensants de parents avaient l'honnêteté et l'humilité de regarder au fond d' eux-mêmes, ils verraient bien qu'il ne sont pas plus finis que les autres. Bref, un ensemble de raisons complexes, des reluisantes, des moins reluisantes, des intimes, des publiques. Dans les deux cas. Y'a pas de quoi stigmatiser l'autre.

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    1. J'ai mis du temps à le dire aussi pour ça, j'avais peur de blesser mes parents. Leur magnifique boulot en tant que parent n'a pourtant rien à voir avec mon choix. Quoique : ils m'ont appris à être libre, merci à eux.

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  12. Ce billet est tout ce qu'il y a de plus intéressant et pertinent et je l'ai lu avec d'autant plus d'intérêt que j'aurais pu l'écrire.

    En tant qu'homme, les réactions des proches ne sont sans doute pas aussi viscérales. Il est toutefois fort difficile de faire comprendre ce genre de chose à son entourage et ce sont les mêmes questions auxquelles j'ai été confronté... avec grosso modo les mêmes réponses.

    Je ne peux que me douter à quel point c'est dur pour une femme, vis-à-vis des autres, d'assumer cette vérité profonde qui nous est propre, au-delà du théorique instinct maternel et à la procréation qui est sensé habiter toutes les femmes.

    Bravo

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    1. Merci !
      J'ai essayé de faire le childfree bullshit bingo le moins genré possible pour cette raison...

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  13. Faut laisser dire le monde, malheureusement quels que soient les choix de vie il y aura toujours des imbéciles pour critiquer... Et plus les sujets sont intimes, plus les gens se permettent des réflexions choquantes (ou des gestes, j'ai entendu plusieurs femmes enceintes se plaindre qu'on leur touche le ventre sans leur demander la permission d'abord!). Peut-être une manière de se conforter dans ses choix?

    J'ajoute juste qu'à mon sens certaines phrases du bingo ne sont pas choquantes tant qu'on n'y met pas le futur, parce que oui on peut changer d'avis ou on peut rencontrer une personne qui nous fera changer d'avis.

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    1. Oui, il faut laisser dire... parfois. Et parfois il faut oser expliquer et revendiquer, pour aider d'autres à le faire, et à se sentir moins seuls.

      Et oui, tout le monde a le droit de changer d'avis. Mais ceux qui savent qu'ils n'en changeront pas méritent que leur avis soit respecté comme tel. C'est très infantilisant et parfois blessant que certains assènent leur vérité face à un avis non-conforme à leurs idées.

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  14. Très bon article avec lequel je suis à 100% d'accord et cela depuis des années. Les "meilleurs arguments que j'aie pu avoir sont "Et la maison , alors ? Elle va aller à l'Etat à votre mort !" (euhhhh) et "Et si on avait pensé comme toi ?" (Bah, je ne serais pas là, papa, et je ne regretterais rien).
    Si ce n'est pas déjà fait, je conseille la lecture de l'excellent ouvrage d'Emilie Devienne, "Etre femme sans être mère" qui reprend entre autres la plupart de ces idées. C'est là que j'y appris que "tu es égoïste" est un argument stérile, l'égoïsme étant penser d'abord à soi avant les autres et nn ne pas penser aux autres.
    Je suis toujours étonnée que l'on me demande pourquoi je ne veux pas d'enfant alors qu'on ne demande pas aux gens pourquoi ils en veulent. Pour éviter ces longues discussions, j'évite d'aborder le sujet à mon nouveau taf alors qu'à l'ancien, tout le monde le savait.C'est un peu dommage quand on sait que j'ai déjà témoigné plusieurs fois sur le sujet.
    Enfin, si c'est égoïste de ne pas vouloir mettre au monde un enfant dans ce monde là (guerre, crise économique, chômage, pollution), alors oui je le clame haut et fort : je suis une trentenaire égoïste.
    Courage, tu n'es pas seule ! :)

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    1. L'égoïsme est un argument d'une grande stupidité.
      C'est plutôt faire le choix d'être parent qui pourrait être taxé d'égoïsme si on réfléchit au bout de la chose d'ailleurs...

      Bon courage à ton nouveau job, j'espère que tu pourras ne plus t'en soucier rapidement !

      Et merci pour ton commentaire !

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  15. Merci pour cet article. Tu vois sur mon blog je traite souvent de sujets féministes, mais je n'ai encore jamais osé faire de sujet sur le désir d'enfants. Pourquoi ? Premièrement, parce que j'ai remarqué que ce genre de sujet suscite toujours des réactions très vives (et complètement connes en général) et deuxièmement parce que c'est un sujet auquel je commence à réfléchir de manière très personnelle. J'ai 25 ans et autour de moi, les gens commencent à se marier (bof...) et faire des enfants (double bof...). Mes copines commencent à parler bébé, même si aucune n'est vraiment sur le point d'en faire, elle disent que "si un accident arrivait" elle garderait cet enfant, malgré leur ouverture d'esprit et leur tolérance, je sens que quand je dit que moi je ne le garderais jamais, je dérange. Depuis l'adolescence, j'ai toujours dit que je ne voulais pas d'enfant, je n'ai jamais eu de feeling avec les enfants (je ne me suis jamais occupée de mes cousins plus petits, par ex.), mais à l'époque j'adorais surtout la façon dont ça choquait les gens. Aujourd'hui, je suis moins catégorique, mais toujours pas convaincue. Je n'ai toujours aucune envie d'être enceinte, je trouve que ça à l'air horrible. J'ai beau voir une de mes amies absolument heureuse avec son fils tout mignon, j'adore rentrer dans mon chez-moi sans enfants où je suis libre de faire ce que je veux, quand je veux. Alors, même si je ne suis pas catégorique et en pleine réflexion, je ne supporte pas toutes les conneries qu'on nous débite quand on dit qu'on ne veut pas d'enfants. J'ai juste envie de répondre: "Putain, mais je l'aime ma vie bien rempli avec voyages, resto et autres; ma vie en duo avec mon chéri que j'aime plus que tout au monde; je suis désolé si dans la tienne il manque quelque chose!" Tu remarqueras que cette phrase est également du bullshit car les gens ne font pas forcément des enfants parce qu'ils leur manquent quelque chose. Mais, c'est juste qu'à force d'être tout le temps remise en question et infantilisée, on devient un peu méchant...

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    1. Merci pour ton commentaire.

      En ce qui concerne ta réflexion personnelle, je me permets un commentaire.
      Je pense qu'il n'est pas nécessaire de prendre une décision. Dans un sens ou dans l'autre.

      Cette réflexion n'en a pas vraiment été une pour moi d'ailleurs, plutôt une très forte pulsion viscérale que j'ai réussi à identifier comme une non-envie de maternité et donc à verbaliser. C'est pour ça que j'en parle aussi librement aujourd'hui. Je peux, enfin, dire "je sais".
      Mais je suis également persuadée que la plupart des gens ne passent pas forcément par ces réflexions, "ça vient" ou "ça ne vient pas". "C'est la vie".

      Et je suis persuadée aussi que ce n'est pas (que) la tête qui décide, mais une alchimie complexe de la tête, des tripes, de ton histoire familiale, de tes passions, de tes ambitions, ... et surtout, surtout, de ton équilibre mental et physique.

      Un dernier mot : sens-toi libre.

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  16. Un p'tit commentaire anonyme de la part d'un passant, qui va vous tutoyer en fait, parce que je trouve que ça fait plus sympa, et si c'est pas le cas, excusez moi de mon manque de savoir vivre.

    J'ai toujours su que je voulais un ou des enfants, et figure toi que même si je suis bien conscient que pour ceux qui en veulent c'est bien plus pénible, on est pas non plus à l'abri des commentaires et réflexions pénibles.
    Tant que t'es pas encore parent, on vient te gonfler avec le "C'est pour quand alors ?", avec le petit sourire qui accompagne généralement les questions qui ne méritent qu'une seule réponse : "De quoi je me mêle ?".
    Même quand tu dis "C'est prévu !", qui veut dire "Lâche moi maintenant", ben on vient encore et encore te demander. Quand tu vieillis, et surtout pour les femmes, on te dis "Faut pas trop attendre !". Et quand t'as enfin des photos à montrer de ton petit sur son pot dans ton téléphone, c'est pas terminé, parce que... "Et le deuxième alors, c'est pour quand ?", et ne vas pas répondre "J'en veux qu'un !", parce que tu tomberas sur ceux qui viendront te dire "Mais c'est mieux quand ils ont des frères et soeurs !", etc, etc. On est JAMAIS tranquille.

    En fait, c'est simple, il y a une catégorie de personne qui veut absolument que tu fasses comme elle, et au même moment. Généralement, au fond, elle s'en fout que tu en ai un, de son prénom, de son age, etc. Mais alors pourquoi ? Pour être sûr qu'elle a fait le bon choix en en ayant un ? Des fois, c'est ce que je me dis, mais en fait, j'en sais rien ! Tout ce que je sais, c'est que c'est pénible.

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    1. Oh que oui c'est pénible, je n'en doute pas. Merci pour ton commentaire :-)

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  17. Funambuline, je t'aime, épouse-moi, on ne fera pas de bébés ensemble!

    Premier commentaire sur ce blog que je découvre (j'avoue, j'ai lu que ce billet pour le moment, je suis arrivée dessus tout à fait par hasard depuis chez Sunalee), mais tu résume tellement bien ce que je pense que je ne peux que tomber en amour pour ta vision des choses!

    Ton paragraphe sur "tu vas changer d'avis, tu verra" m'a fait rire jaune, parce que c'est justement ce qui ne hérisse le plus le poil comme commentaire. Et dans ces cas-là, j'ai la réponse parfaite: "sauf que si je changerai d'avis, ben je pourrai quand même pas en avoir, donc ça tombe bien que je n'en veille pas, non?". J'utilise moi aussi "l'excuse" du "je peux pas en avoir", sauf que dans mon cas, c'est sans doute vrai: d'après le gynéco, mes chances de procréer sont minces, ce qui d'un certain point de vue m'arrange. Et à celles qui me rétorquent que "si tu prétends ne pas en vouloir, c'est parce qu'au fond de toi tu sais que tu ne peux pas, et donc c'est plus facile de dire "j'en veux pas" que "je peux pas"..." (là aussi, tu remarques comment on nie ma décision propre), je réponds que ça fait 3 ans que je sais que j'ai des problèmes médicaux, mais 15 ans que je sais que je ne veux pas d'enfants.

    Avec la famille, comme le sujet est un peu sensible, j'ai appris à dire "je n'en veux pas, mais je n'exclue pas de, peut-être, un jour, changer d'avis. La pilule est alors plus facile à avaler pour eux (t'as vu mon super jeux de mot avec la pilule?)

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    1. Zéphine, je crois que mon mari n'est pas polygame, je vais vérifier.

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  18. Merci pour ton article !
    Ainsi que pour tous vos commentaires qui invitent à la réflexion.
    Me revient en mémoire l'une des nombreuses histoires de Nasreddine Hodja que voici...

    Ce que disent les autres:
    Le fils de Nasreddine avait treize ans. Il ne se croyait pas beau. Il était même tellement complexé qu’il refusait de sortir de la maison.
    « Les gens vont se moquer de moi », disait-il sans arrêt. Son père lui répétait toujours qu’il ne faut pas écouter ce que disent les gens parce qu’ils critiquent souvent à tort et à travers, mais le fils ne voulait rien entendre.
    Nasreddine dit alors à son fils : « Demain, tu viendras avec moi au marché. »
    Fort tôt le matin, ils quittèrent la maison. Nasreddine Hodja s’installa sur le dos de l’âne et son fils marcha à côté de lui.
    À l’entrée de la place du marché, des hommes étaient assis à bavarder. A la vue de Nasreddine et de son fils, ils lâchèrent la bride à leurs langues :
    « Regardez cet homme, il n’a aucune pitié ! Il est bien reposé sur le dos de son âne et il laisse son pauvre fils marcher à pied. Pourtant, il a déjà bien profité de la vie, il pourrait laisser la place aux plus jeunes. »
    Nasreddine dit à son fils : « As-tu bien entendu ? Demain, tu viendras avec moi au marché ! »
    Le deuxième jour, Nasreddine et son fils firent le contraire de ce qu’ils avaient fait la veille : le fils monta sur le dos de l’âne et Nasreddine marcha à côté de lui.
    A l’entrée de la place, les mêmes hommes étaient là. Ils s’écrièrent à la vue de Nasreddine et de son fils : « Regardez cet enfant, il n’a aucune éducation, aucune politesse. Il est tranquille sur le dos de l’âne, alors que son père, le pauvre vieux, est obligé de marcher à pied ! »
    Nasreddine dit à son fils : « As-tu bien entendu ? Demain, tu viendras avec moi au marché ! »
    Le troisième jour, Nasreddine Hodja et son fils sortirent de la maison à pied en tirant l’âne derrière eux, et c’est ainsi qu’ils arrivèrent sur la place. Les hommes se moquèrent d’eux : « Regardez ces deux imbéciles, ils ont un âne et ils n’en profitent même pas. Ils marchent à pied sans savoir que l’âne est fait pour porter les hommes. »
    Nasreddine dit à son fils : « As-tu bien entendu ? Demain, tu viendras avec moi au marché ! »
    Le quatrième jour, lorsque Nasreddine et son fils quittèrent la maison, ils étaient tous les deux juchés sur le dos de l’âne. A l’entrée de la place, les hommes laissèrent éclater leur indignation : « Regardez ces deux-là, ils n’ont aucune pitié pour cette pauvre bête ! »
    Nasreddine dit à son fils : « As-tu bien entendu ? Demain, tu viendras avec moi au marché ! »
    Le cinquième jour, Nasreddine et son fils arrivèrent au marché portant l’âne sur leurs épaules. Les hommes éclatèrent de rire: « Regardez ces deux fous ; il faut les enfermer. Ce sont eux qui portent l’âne au lieu de monter sur son dos. »
    Et Nasreddine Hodja dit à son fils : « As-tu bien entendu ? Quoi que tu fasses dans ta vie, les gens trouveront toujours à redire et à critiquer. Il ne faut pas écouter ce que disent les gens. »

    (Extrait de « Sagesses et malices de Nasreddine, le fou qui était sage », de Jihad Darwiche, Albin Michel.)

    Lenore

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  19. Merci pour cet article (et les commentaires, tous plus intéressants les uns que les autres) !
    Je comprends tout à fait ton choix, pour l'avoir eu des années aussi, et ne comprends que l'on en fasse tout un plat. Ce n'est pas forcément un service à rendre que d'enfanter encore et encore sur cette planète, donc si on le fait, il faut que ce soit réfléchi, alors le schéma mariage>enfants>maison>bégonias, non merci. Bref, ne pas avoir d'enfants est le choix le plus sensé à mon avis.

    Mais maintenant que je sais que je veux des enfants (2, pas 15), j'ai un autre combat : l'instinct maternel. Je fais strictement n'importe quoi avec les enfants et n'ai aucun instinct, ce qui ne m'empêchera pas de lire des bouquins, de demander conseil et de raisonner par moi-même sans avoir à faire appel à ce sacro-saint instinct. Et ils ne vont pas en mourir, normalement.

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    1. Juste un petit conseil de mère en passant. Ne te prend pas nécessairement la tête avec la littérature et les conseils des autres sur les enfants. Parce que là aussi ça continue. On entend tout et son opposé et on peut voir des passions se déchaîner quand on ne fait pas comme certains autres.
      Le mieux c'est d'apprendre à faire au mieux avec ses propres convictions. ;)

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  20. Quand j'étais petite fille, vers l'âge de sept, huit ans, je savais déjà, et je le disais, que je ne voudrais pas avoir d'enfants. J'étais incapable d'expliquer pourquoi, je le ressentais ainsi. Je n'ai jamais changé d'avis. Sauf qu'au début des années 80, ne pas vouloir d'enfants, c'était inacceptable pour la société, comme une trahison. J'ai épousé un homme adorable qui ne souhaitait pas d'enfant non plus, nous avons subi plusieurs tentatives de pressions mais nous avons toujours refusé de nous expliquer, de nous justifier, notre seule réponse, comme une sorte de mantra, était "non, nous ne souhaitons pas avoir d'enfants". Nous estimions que les gens, les amis et la famille n'avaient aucun droit à connaître nos raisons, mais surtout nous ne voulions pas rentrer dans des discussions sans fin et la plupart du temps stériles. Le plus drôle, c'est lorsque l'interlocuteur s'aperçoit qu'il n'aura pas d'explication et qu'il commence à en inventer, espérant nous faire avouer quelque chose.
    J'ai conscience que nous avons été assez durs parfois, mais c'est consternant de voir le nombre de personnes incapables de respecter le désir de silence de l'interlocuteur.

    Félicitations, merveilleux article
    Sweet dreamx

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    1. Même âge que Marie G, à 10 ans près, et même commentaire : une certaine dureté s'impose lors des discussions. Il est inutile d'être courtois et coopératif avec les gardiens de l'orthodoxie familiale : je ne veux pas élever d'enfant pas fonder de famille et c'est comme ça, tu n'as pas à savoir pourquoi, point barre. On peut discuter des conséquences, des effets de ce choix individuel et/ou de couple, de ce qui se passera quand nous serons plus nombreux à le faire et que nous deviendrons visibles, mais pas de sa généalogie.

      C'est pour cela que je suis désolé de voir que ne paraissent sur le refus de faire famille que des livres de psychologues (Émilie Devienne, Édith Vallée, Isabelle Tilmant...), et qu'on manque d'un discours politique et philosophique actuel de bon niveau (une exception : L'Amour en plus, d'Élizabeth Badinter; et quelques interventions dont les miennes dans le doc "Childfree et alors ?" publié sur Vimeo).

      Car 68 c'est loin, le papier des tracts et journaux de l'époque a jauni, et l'écologisme n'est qu'un positionnement politique parmi d'autres : il ne peut être à lui tout seul la base d'une réflexion d'un bon niveau, et pour faire 5 % de childfree dans la population française (et bientôt plus on espère, comme en Allemagne, comme au Japon, comme en Russie), il faut recruter sur tout l'échiquier politique non conservateur, pas seulement chez les écolos.

      Il y a certes eu une publication remarquée cet été, le hors-série de Charlie Hebdo "pour en finir avec la famille", mais les auteurs semblent intimidés par les idées qu'ils agitent et laissent trainer un peu partout des phrases donnant l'impression qu'ils s'excusent presque de leur audace d'écrire et publier sur le sujet.

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  21. Super article qui résume ce que je pense :) Pour moi le pire étant d'être accusée d'égoïsme par des gens qui font des enfants pour que ces derniers s'occupent d'eux plus tard!

    Le formatage de "il faut faire des enfants" me fait peur dans le sens où il affecte même des gens de mon entourage pourtant intelligents. Denier exemple en date de mon frère et de ma belle-sœur qui n'ont aucune envie d'enfant (surtout elle d'ailleurs qui passerait bien son temps libre à voyager) mais qui en feront car et je cite "ils apprendront bien à l'aimer et à faire avec quand il sera là". Cette motivation est émouvante non? Mon frère m'a également sorti l'argument que c'est normal de faire des enfants, c'est comma ça. Cette résignation et ce manque d'esprit critique me choquent car ils sont contraire à son caractère...

    Je félicite toutes les personnes qui ne veulent pas d'enfants et qui s'y tiennent malgré la société. Je ne veux pas d'enfants mais les personnes qui font des "gosses" parce que c'est comme ça et qui ne s'en occupent pas et ne leur apportent pas l'amour qu'ils méritent suscitent en moi un profond mépris. J'ai aussi beaucoup de la peine pour leurs enfants.

    Encore merci pour cet article qui mériterait d'être lu et relu par toutes les personnes ne respectant pas le désir de non enfant. Allez, chiche, à chaque remarque je donne le lien de l'article;)

    Audrey


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  22. Merci pour ce billet tout est vrai surtout pour le fameux bingo on me les a toutes dîtes... je subi cette pression surtout de la part de ma famille c'est très désagréable. Quand ils me demandent pourquoi je n'en veux pas je répond : Que ce qui est bon pour vous ne l'es pas pour moi ou que je dispose de mon utérus comme bon me semble...le combat est dur mais je suis contente de lire tout ses commentaires qui réchauffe le coeur

    Mesdames, Messieurs merci d'être ce que vous êtes et de rester vous mêmes

    Lila, childfree power

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  23. Je découvre votre blog et ce billet m'a particulièrement touchée. Depuis toute petite, je n'ai jamais voulu devenir mère et épouse, synonyme pour moi d'aliénation voire d'oppression patriarcale (bon, ça je l'ai su plus tard...) car oui, je suis féministe. Jusqu'à mes 36, j'ai subi toutes sortes de remarques convenues, stéréotypées et le plus souvent très déplacées. A 37 ans, je suis devenue mère, ce fut un long processus, de réflexion, de projection et finalement, je pense pouvoir dire aujourd'hui que je ne regrette pas, je suis très heureuse ainsi. Mais, force est de constater que les remarques ne cessent pas... être mère d'un seul enfant, c'est aussi et encore s'exposer à des critiques.
    Ainsi, oui, il faut être courageuse face aux discours sociaux normatifs, assumer ses choix personnels (mais faut-il le rappeler?) quels qu'ils soient car personne ne vous connaît mieux que vous même.
    Vous semblez très bien y parvenir, tant mieux et bravo!
    Agathe, maman & childfree friendly ;-)

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  24. Je découvre ce billet (un peu grâce à Twitter).

    Vous avez fait votre choix et c'est bien ! N'ayez pas peur de le garder de manière définitive. Ce que vous exposez est un choix, et en ce sens, je dirais que vous n'avez pas à le justifier car c'est une décision personnelle. Pour ma part, je vois dans votre choix le réel droit à l'autodétermination (de la femme) : vous faites des choix qui impactent votre vie à vous. Il est mille fois préférable d'être une femme "childfree" mûre dans ses choix qu'une femme un peu perdue (voire en détresse), pas au clair dans sa tête, qui ne sait pas où elle en est et doit encore cheminer, mais qui prend déjà des décisions avant de se rétracter, qui fait un enfant, mais décide finalement d'avorter... qui finalement joue avec la vie des autres - ne voyez pas dans mon commentaire un quelconque puritanisme à l'américaine (je ne suis ni puritain, ni américain)... Ici vos choix n'impliquent que vous même et ils méritent d'être respecté tel quels.

    Après je ne suis pas une femme, encore moins la trentaine, je ne sais pas ce que ça fait de voir sans arrêt des gens bassiner avec ça. C'est sûrement un poil pénible...

    Jos

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  25. Très bon article. J'ai 35 ans et je ne veux pas d'enfants, du coup j'entre effectivement dans l'une des catégories probables : "carriériste", "égoïste", "cas social" (je ne suis aucune des trois). Il faut absolument donner une explication acceptable à la société. Désolée, je n'en ai pas d'autres à part "Je n'en veux pas". La palme de la réflexion débile revient à l'une de mes anciennes collègues de bureau, maman : "C'est bien que tu aies un chat, ça compense ton manque d'enfant". Voilà, je suis une vieille fille en fait ! J'ai également eu droit à "pense à toutes ces femmes qui ne peuvent pas en avoir". Mais qu'est-ce que ça veut dire exactement ? Que je devrais en avoir pour élever les stats du pays ou faire mère porteuse ? En tout cas, je remercie les femmes qui osent en parler ouvertement aujourd'hui. Quand ils réaliseront que nous ne sommes pas des marginales, ils cesseront peut-être de nous traiter comme telles.

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    1. Huhu, le coup du chat est hilarant, c'est d'une bêtise ^^

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  26. Superbe BS Bingo !

    Je me permets de rajouter un commentaire à la liste qui vient de mon médecin généraliste (une femme d'âge mur).
    "Quoi ? Vous ne voulez pas d'enfant ? Mais vous avez un haut QI !"
    Euh, comment dire....

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  27. Pour une prochaine émission sur SUD RADIO dans « LE MAG DE L’APREM »
    Ce vendredi 31 octobre , de 16h00 à 17h00
    J’aurai souhaité avoir votre témoignage, en direct et PAR TELEPHONE sur le thème:
    Je ne veux pas d’enfants et alors ??…”
    « Si vous manquez de temps, il n’est pas nécessaire que votre intervention dure l’heure complète, mais quelques minutes.
    Si vous en êtes d’accord, je serai heureuse de vous lire ou de vous entendre
    Merci de me contacter à mkrantz@sudradio.fr

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    1. Voici le lien vers ma FAQ en particulier destinées aux journalistes : http://funambuline.blogspot.ch/p/contact.html

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  28. Si je puis me permettre une question personnelle et un sujet qui touche beaucoup de femmes: Avez-vous avorté quand vous étiez plus jeune et si oui, cela a-t-il influencé votre décision de ne jamais avoir d'enfants?

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    1. Alors d'abord : non, vous ne pouvez pas vous permettre, le fait que j'aie ou non avorté dans ma vie ne vous regarde pas.

      Ensuite, vous ramenez ce sujet comme s'il avait un lien quelconque avec le fait de vouloir, ou non, des enfants. Il n'y a aucun rapport. Des femmes qui veulent avoir des enfants avortent, des femmes qui ont des enfants avortent, des femmes qui ne veulent pas d'enfants avortent. C'est totalement déconnecté du fait de vouloir ou non des enfants.

      Et votre réaction va exactement à l'encontre de ce que j'ai écrit ci-dessus : ce n'est pas une "décision", mais une non-envie vicérale. Point. Pas de réflexion intellectuelle là derrière, juste des tripes qui disent non.
      Et quand bien même ce serait une décision intellectuelle, jamais le fait d'avoir ou pas avorté n'entrerait dans ma réflexion.

      Et oui, cette réponse est un peu énervée, cet énervement vient de votre question totalement hors sujet qui me mets hors de moi.

      (EDIT : je découvre ensuite votre blog prolife... bref)

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    2. Désolée, je ne cherchais pas à vous offenser, seulement à dialoguer et à comprendre. Vous vous exprimer publiquement sur des questions de grossesse et de maternité. Garder l'enfant ou pas, ça en fait partie aussi.

      Moi-même, j'ai avorté deux fois, je n’ai pas honte de le dire. Pendant des années j'avais une phobie de grossesse à cause du traumatisme des IVGs. Je ne dis pas que c'est votre cas et je ne vous juge pas. C’est simplement mon experience et j’aimerais savoir si d’autres femmes la partagent.

      Mon blog est féministe et pro-life. Il n’y a pas si longtemps, je defilais dans la rue pour l’IVG à la Journée Internationale de La Femme. Parfois, on peut changer d'avis sur l'avortement et se rendre compte que les femmes ont besoin de solutions moins radicales et traumatisantes à leurs grossesses imprévues. Il faut garder l’esprit ouvert. Merci de votre réponse et bonne chance à vous.

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    3. En ce qui me concerne je n'ai jamais avorté et je n'ai jamais voulu d'enfants jusqu'à maintenant. Je suis une aventurière dans l'âme et je ne souhaite pas me poser dans la routine avec des couches et biberons, cris, pleurs, ingratitude de l'adolescence....etc. Je suis une globe-trotteuse dans l'âme et les enfants: non merci. Pourtant j'adore les animaux et je travaille avec des enfants (eh oui, de tous âge!).

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  29. Bonjour,

    Je suis journaliste pour l'émission Les Maternelles sur France 5 et je prépare actuellement une émission sur les femmes qui ne veulent pas être mères, afin de libérer la parole sur le sujet. Si vous êtes intéressée vous pouvez me contacter à desrame@neria.fr, merci !

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  30. Bonjour :-)

    Je tombe -tardivement !- sur ce blog. Ce qui me frappe encore et toujours est de devoir justifier le fait de ne pas vouloir avoir des enfants. Pourquoi est-on systématiquement obligé-e-s de se justifier ? Pourquoi faut-il faire face à bien souvent des questions au mieux idiotes, au pire indécentes ? Confrontée à ces mêmes questions idiotes et indécentes (le plus souvent) j'ai bien souvent eu envie de répondre à mes interlocuteurs si sûrs de leur fait (homme ou femmes d'ailleurs) que les plus égoïstes ne sont pas forcément ceux que l'on croit. Enfin, j'ai ri en lisant un des "arguments", à savoir "tu vas vieillir toute seule !!" Entendu par une collègue, à qui j'ai d'ailleurs répondu que je serai moins seule que les papys/mamies pourvus d'enfants et abandonné-e-s en maison de retraite par leurs enfants.

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  31. J'adore!

    C'est un peu avec 2 ans de retard que je lis cet article, mais il est tellement vrai!

    Je suis un mec, et je suis childfree depuis environ 7 ans.
    En tant qu'homme j'en souffre certainement moins que vous mesdames, et je suis de tout cœur avec vous.

    Je trouve ton argumentation et tes illustrations très représentatives de la réalité. Notamment la deuxième avec l'histoire du chaton ;)

    J'ai lu il y a quelques temps un livre intitulé "No Kid - 40 raisons de ne pas avoir d'enfant", de Corinne Maier, et je le conseil à tout les childfree.

    J'avoue que l'argument "Tu es trop jeune" (27 ans dans mon cas), ressort encore et encore, et est effectivement fatigant et insultant.

    Par contre, le point "Tu es égoïste", c'est un point que j'aime tout particulièrement.
    Oui, j'aime faire ce que je veux, quand je veux, j'aime ME faire plaisir, et sur un plan purement financier, effectivement, je préfère garder mon argent pour mes plaisirs plutôt que pour de la purée, des couches, et ainsi de suite pendant 20 ans.

    Mais au final, qui est le plus égoïste? Moi? Ou la personne qui décide de faire un enfant?
    L'enfant n'a rien demandé, et si une personne fait un enfant, c'est parce qu'ELLE le veut!
    ("ELLE"="la personne" hein? Pas la femme, qu'on soit bien d'accord)

    Un futur parent, veut un enfant, fait un enfant, et impose une vie à un être qui n'a jamais rien demandé, et ne sera peut être pas heureux de sa vie.
    Alors childfree, égoïste? Pfff... Laissez moi rire!

    Enfin bref, on pourrait en parler pendant des heures, le sujet est tellement vaste et prend tellement aux tripes!

    Je tiens juste à dire que je trouve ton article génial!


    Stan

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  32. Bonjour,
    voici une pétition pour la tolérance envers les childfree.
    https://www.change.org/p/emmanuel-macron-cr%C3%A9er-un-jour-pour-les-childfree-dans-le-calendrier-pour-une-meilleure-tol%C3%A9rance

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  33. Très chouette ton article ! Je me demande si les gens qui poussent au repeuplement sont les mêmes que ceux qui se plaignent de la surpopulation ? ça ne m'étonnerait pas ! C'est peut-être aussi les mêmes que ceux qui attendent avec impatience que leur descendance se casse enfin, pour reprendre une vie de couple (si elle existe toujours) là où ils l'ont laissée. On dit qu'un certain pourcentage de divorce a lieu juste après la naissance du premier enfant... enfin pour ceux, devenus rares, qui se marient encore... perso j'ai adoré être enceinte, allaiter et touti quanti, période suivie de plusieurs années que j'ai qualifiées de "moroses" ou le "dressage" était pénible... l'époque étant ce qu'elle est, j'ai aussi vécu (l'enfer de) la vie de famille recomposée avec 50% de mésentente et toutes les joyeusetés qui vont avec... mais vraiment, vraiment, je m'insurge, je hurle, je trépigne... de quel droit un être humain se permet-t-il de juger les actions d'un autre ? Famille ou pas, on ne met pas un enfant au monde pour lui dicter ses volontés, à une époque ou on prône la liberté du corps et de l'esprit, ou tout est possible, surtout dans notre société, où, comme dit plus haut, on est de toute façons trop nombreux... ceux qui ne souhaitent pas d'enfants devraient recevoir une médaille ! et que le taxateur aille se faire voir !

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