lundi 15 mai 2017

Carnivorisme


Il y a quelques semaines, j'ai eu l'énorme plaisir de participer au cours "Avis aux carnivores" organisé par les Laboratoires Culinaires, à l'invitation de leurs fondatrices. Elles organisent aussi des cours dans le cadre de Neuchâtel Ville du Goût 2017 (dont je vous avais présenté le programme). Et plein d'autres cours cette année, je vous recommande un coup d'oeil à leur programme alléchant (j'ai d'ailleurs très envie de participer au cours juste à cause du nom bien crétin comme j'aime parce que j'adore la betterave : "Comme des beet").

Mais revenons à la viande #hashtaglaviande. Si vous êtes végétariens, végétaliens ou végans, pas la peine de lire la suite, il n'y a aucune recette qui ne comporte pas du boeuf.

Ce cours avait plusieurs buts didactiques : nous apprendre à parer une entrecôte entière, à maîtriser les découpes de type tartare et carpaccio, à comprendre les différents types de cuisson possibles, et à nous donner des recettes afin d'oser innover chez nous. J'en suis ressortie satisfaite sur tous ces points.


Inga et Laetitia, fondatrices des Laboratoires Culinaires, et leur chef avait dressé le bar avec tous les ingrédients nécessaires, et pour chaque participant une planche, un couteau, un tablier et un dossier de recettes. Elles nous ont accueillis avec un (excellent) verre de vin, puis nous ont expliqué le déroulement du cours.


Puis le chef est entré dans le vif du sujet en nous expliquant comment parer une entrecôte. 

Cette magnifique entrecôte était fournie par Happy Meat, la première boucherie en ligne de Suisse. J'adore leur concept de crowdbuchering : on peut prendre commande sur leur site, pour du boeuf, de la volaille, du porc, de l'agneau et du cheval et même, en saison, du gibier, dès 4 kg. Lorsqu'une bête est entièrement vendue, ils s'occupent de la faire rassir au mieux, puis elle est envoyée à domicile (ou à retirer à leur petite boutique de Renens). Leurs garanties : une traçabilité du pré à l'assiette, une utilisation complète des animaux (donc moins de perte), des élevages sélectionnés pour leur proximité et leur politique de respect des animaux (parcours extérieur, fourrage bio, etc.). La classe non ?

On a donc appris à parer une entrecôte, puis à la découper. Nous avons commencé par des morceaux à réserver à la cuisson, ce jour-là au four à cuisson lente (100 degrés), avec deux excellentes marinades, en particulier une marinade d'inspiration hongroise à base d'ail, oignon rouge, moutarde en grain, paprika et vin blanc, une tuerie.


En plus de la recette, c'était surtout passionnant d'avoir les conseils du chef sur des détails pratiques qui font passer une recette de bonne à "je vais lécher mon assiette". Sur la cuisson lente et la marinade, voici ce que j'ai appris de très utile :

  • La cuisson parfaite, c'est à dire bleue mais chaude à coeur, est atteinte quand le centre du morceau de boeuf atteint 48 degrés (pour le veau c'est 58 degrés). Il faut donc absolument travailler avec un thermomètre à sonde, à piquer au coeur de la viande de manière latérale.
  • Dans une marinade, il faut toujours ajouter un peu d'eau, et même de l'eau minérale gazeuse si on en a sous la main. L'huile est un exhausteur de saveurs, mais elle les conserve, alors que l'eau aide à les transférer à la viande.



Nous sommes ensuite passés aux recettes de carpaccio. D'abord apprendre le mouvement de découpe, délicat. 


Puis des marinades afin de pouvoir déguster cette texture de plusieurs manières afin de se faire une idée de nos propres goûts. Ma marinade préférée a été la "façon tataki", avec de l'ail, du gingembre, du citron vert, de l'huile de sésame, du saké et de la sauce soja, très très goûtu. 


Mais celle qui mettait peut-être le mieux la qualité du boeuf en valeur, c'était la marinade estivale, dont voici les proportions (pour 4 personnes = environ 600gr de carpaccio) :
  • 1 grenade
  • 2 jus de citron verts
  • 3cs de vinaigre balsamique rouge
  • 3cs de vinaigre balsamique blanc
  • 1cc de moutarde en grain
  • 1/2 orange bien mûre pressée
  • huile olive, sel, poivre
  • copeaux de parmesan
  • roquette
Attention ! Il ne faut pas faire mariner le carpaccio trop longtemps, 5 minutes à peine, après sa sortie du frigo. 


Le jus d'orange, la moutarde et le parmesan sont un mariage fameux avec le boeuf, j'ai vraiment adoré cette recette. Et le principe du cours faisait que chaque petit groupe préparait une recette, mais on les goûtait toutes, c'était vraiment chouette de pouvoir comparer ainsi directement et se faire sa propre idée sur nos préférences avec des inspirations très différentes.

Puis nous sommes passés à la découpe et aux recettes de tartare. Avec le chef toujours très attentif à chacun, tout à fait adorable.


Et je suis ravie de savoir enfin découper un tartare pour qu'il ait la mâche parfaite, ça m'a décomplexée du couteau et je vais définitivement en refaire à la maison !


Là encore, plusieurs recettes, un tartare traditionnel, histoire d'apprendre les bases (anchois, échalote, persil, câpres, cognac, ciboulette, jaune d'oeuf, moutarde, jus de citron), un tartare méditerranéen (tomates séchées, olives noires, basilic, origan, ail, citron), un tartare mexicain (tomates, mangue, avocat, échalote, citron, coriandre), et, mon coup de coeur du jour, un tartare façon larb, une recette laotienne, que voici. (Pour 4 personnes, environ 720gr de boeuf) :
  • 1 racine de galanga
  • 1 bouquet de menthe
  • 1 bouquet de coriandre
  • 4-5 ciboules chinoises
  • 4 citrons verts
  • 2 piments oiseaux
  • 1cs d'huile de sésame
  • 1cs de saké
  • sel, poivre

Le galanga amène une profondeur et une fraîcheur incomparable tout en mettant en valeur le boeuf, on redécouvre le plaisir de cette mâche incomparable, c'est parfait, tout l'inverse de certains tartares qui peuvent être un peu écoeurants parfois.


Là encore, chaque groupe a fait une recette, puis nous les avons toutes goûtées. Passionnant de voir combien les différents styles de recettes changeaient la texture de la viande. Le chef nous a aussi montré un tartare flambé, pour avoir une idée de cette autre texture et goût amené par la chaleur vive #Maillard :-)


L'ambiance était excellente entre les participants, l'excellent vin servi n'y était peut-être pas étranger, il était temps de passer aux viandes cuites.


La fameuse marinade hongroise, superbe non ?


Viandes évidemment cuites à la perfection ! J'ai malheureusement dû filer, pauvre Lausannoise que je suis, afin d'avoir encore un bus à mon arrivée, et je suis repartie avec un superbe "doggy bag" avec ces deux morceaux splendides... que j'ai dégusté en sandwich le lendemain et heureusement, car après 3 carpaccios et 4 tartares... comment vous dire, ah oui, c'était bien un cours pour les carnivores !


J'ai énormément apprécié ce cours, d'abord parce que j'y ai vraiment appris des choses que je vais pouvoir réutiliser : découpes, astuces, savoir-faire et recettes. Ensuite parce que c'était vraiment un super moment, convivial, détendu, complet, avec des passionnés autant dans la fine équipe des Laboratoires Culinaires que chez tous les participants. Et enfin, bien sûr, parce que j'y ai drôlement bien mangé. 


Je vous recommande sans réserve aucune (à part un solide appétit indispensable) les cours des Laboratoires Culinaires, et j'en profite pour remercier chaleureusement Inga et Leatitia pour leur invitation et leur accueil généreux, et Christian, le chef, pour sa gentillesse, sa patience et son humour, et sa passion des cuisines du monde qui m'ont fait découvrir de nouveaux accords passionnants ! Je penserai à toi quand j'associerai boeuf et galanga ou orange et parmesan !

lundi 17 avril 2017

Mastodon 101 - mode d'emploi


C'est quoi Mastodon ?


Mastodon est un nouveau réseau social. Il ressemble à twitter car chacun peut publier des messages courts (500 caractères). Son originalité est qu'il n'a pas de centre, mais une fédération d'instances sur lesquelles chacun peut choisir d'héberger son profil. 

C'est cette originalité-là qui fait toute la différence. Pourquoi ? 

Parce que facebook, twitter et les autres déçoivent régulièrement certains internautes à cause de plusieurs facteurs : les publicités de plus en plus présentes, les problèmes de sécurité des données personnelles, la non-chronologie des contenus/les contenus triés par algorithmes, les problèmes de censure et de harcèlement, etc. 

Mastodon a pour ambition de régler tous ces problèmes avec une même solution : à la place d'une instance centrale qui prend toutes ces décisions et doit générer des revenus très importants afin de pouvoir continuer à exister, Mastodon a un code open source et est construit sur une multitudes d'instances différentes qui, chacune, héberge et régule le "trafic". Il se veut une alternative collective aux plateformes commerciales. (J'explique plus longuement les instances ci-dessous.)

Les grincheux diront que c'est trop simple, ou trop complexe, ou que c'est utopique, ou que ça ne prendra jamais. Ceux qui ont cédé aux défenses du pachyderme (dont moi), s'exclament de bonheur de retrouver l'ambiance de twitter entre 2007 et 2010, de joie de re-faire connaissance avec des inconnus aussi curieux que nous, et d'espoir que cette solution alternative "garantie" sans pub, avec des timelines chronologiques et sans f&+%*ing stories, garde son charme le plus longtemps possible.


Faut-il impérativement s'inscrire sur Mastodon?


Non.

Mastodon n'a pas pour ambition de devenir LE réseau de référence. Par sa construction plurielle, il est un chouïa plus complexe à apprivoiser que twitter. Donc :
  • Si vous ne comprenez pas twitter, vous ne voyez pas l'intérêt de twitter : n'essayez même pas.
  • Si vous aimez ou aimiez beaucoup twitter, mais que les pubs, l'algo qui a modifié votre TL et les scandales de harcèlement vous gonflent : Mastodon est fait pour vous.
  • Si vous êtes journaliste tech ou journaliste politique intéressé par les censures d'état, les médias sociaux, les gamers, etc : faites-vous un compte fissa.
  • Si vous aimez parler à des inconnus, découvrir de nouvelles communautés, explorer de nouveaux usages en train de se créer, si vous êtes curieux, gourmands, et drôles : on se réjouit de lire vos toots. 
(Je reviens sur le vocabulaire de Mastodon, ça va vous plaire.)


    Comment bien commencer sur Mastodon ?


    Ça marche un peu comme twitter, avec des @, des #, des timelines, etc. On garde peu ou prou le même vocabulaire à part pour quelques spécificités que je détaille ci-dessous. Mais pour s'inscrire, c'est un peu plus compliqué. Il faut commencer par choisir une instance.


    Qu'est-ce qu'une instance ?


    C'est un site web, tenu par une personne ou un collectif, qui va te permettre de te créer un compte Mastodon, qui va l'héberger, qui va te prêter son serveur, et qui va gérer cette communauté-là. C'est important car c'est ce qui va déterminer une partie de ton expérience Mastodon (la TL d'instance et la TL fédérale, j'y reviendrai), mais aussi car ce sont les règles de cette instance-là qui seront appliquées pour toi, et les autres usagers de ton instance.

    Il y a plusieurs centaines d'instance, leur nombre global change constamment par le principe même de décentralisation : certaines instances n'ont qu'un seul usager, d'autres en ont plusieurs milliers.

    Comment choisir une instance ?




    Il existe un outil pour choisir moyennement au hasard : tooter.today

    On peut aussi choisir un peu au hasard sur la liste d'instances répertoriées (non-exhaustive).

    On peut aussi choisir par thématique, par exemple : 
    On peut décider que le plus important c'est la géographie (et donc souvent la langue parlée, ou pour les plus pointus les lois nationales régissant Internet) : RomandieBruxellesBonnNortheastern University, etc.

    On peut aussi choisir une instance parce qu'on y connait quelqu'un, soit parmi les usagers, soit parmi les gestionnaires de l'instance. Les arguments de proximité et de confiance sont régulièrement cités comme déterminants.

    Enfin, on peut aussi simplement commencer par une instance, pour apprivoiser l'univers, puis migrer sur une autre instance par la suite, quand on a réussi à déterminer celle qui nous conviendrait le mieux.
    (C'est mon cas, j'ai commencé par me créer un compte sur mastodon.cx après avoir lu l'article de quelqu'un qui y était, j'ai un deuxième compte de veille sur mastodon.social, et pour ambition de co-créer une instance thématique où je ferai probablement ma transition finale.)

    Bref, il y a une instance pour chacun.



    Ensuite, il s'agit de vérifier que cette instance a une politique anti-harcèlement et concernant les contenus problématiques que vous cautionnez. Ces terms et guidelines sont détaillés sur la page d'accueil des différentes instances. C'est important de les lire, car elles vont déterminer l'ambiance de votre instance.

    Et si là vous vous dites : ouhlala, c'est beaucoup trop compliqué pour moi, je vais rester bien tranquillement sur facebook, c'est que vous faites le choix de l'autruche, car ces "terms & conditions", vous les avez accepté sur twitter, facebook et compagnie ; souvent sans les lire, et ils sont beaucoup plus problématiques ! (Et je ne parle même pas des questions de privacy...) En fait, mastodon c'est MOINS compliqué, et Mastodon permet d'opérer un choix conscient, parmi plusieurs acteurs.

    Un exemple avec mastodon.social, l'instance la plus peuplée pour l'instant.


    Comme vous pouvez le constater, ses règles anti-harcèlement sont très complètes et strictes. Les règles concernant les propos racistes, sexistes, violents et sexuels sont également très détaillés. C'est important, c'est ce qui va faire de votre instance un lieu agréable à fréquenter.

    D'autres instances ont choisi d'autres postures avec des textes plus résumés. D'autres instances (très minoritaires, c'est pour l'instant plutôt anecdotique) au contraire ont des attitudes nauséabondes, comme cette instance où les utilisateurs partageaient du contenu pédophile (plus d'infos). Mais sachez que les instances peuvent non seulement bloquer des usagers, mais également bloquer des instances entières. Ce qui est au final garant d'une bien meilleure stabilité et de plus de sécurité pour les usagers que sur une plateforme où des nuées de bots/trolls peuvent se mobiliser n'importe quand contre n'importe qui.

    On trouve ces informations sur toutes les instances et c'est à vous d'aller les lire pour faire votre choix !

    Ici mastodon.cx (celle où je me suis inscrite en arrivant), vous voyez en dessous de la plage d'inscription la mention "about this instance", qui résume les guidelines de l'instance (ici en français et en anglais) . C'est cette description qu'il vous faut lire AVANT de vous engager avec une instance.


    Tout en bas de la page, les mentions "terms", "apps", "source code" et "other instances". Ces quatre notions sont identiques pour toutes les instances : "terms" regroupe les politiques de sécurité des données personnelles, "apps" les différentes applications mobiles répertoriées pour utiliser Mastodon, "source code" est l'endroit sur Github où sont hébergées toutes les discussions en cours sur ceux et celles qui ont les mains de le cambouis pour construire et améliorer Mastodon, "other instances" c'est la liste non-exhaustive des instances répertoriées.


    Vous avez choisi une instance ? Parfait, plus qu'à vous inscrire, et là, ça redevient aussi facile que twitter : pseudo, mail, mot de passe, bim, vous êtes un mastonaute.

    Certaines instances vous prennent par la main avec un petit mode d'emploi. Encore un bon exemple de mastodon.social :





    Profil



    Comme on est entre gens de bon goût, ou cool kids comme dirait Mashable, on commence par se faire un profil pour dire aux autres mastonautes qui on est. Pour modifier le profil, c'est en haut à gauche, sous votre pseudo. On peut aussi modifier le profil depuis les apps.


    Vous pouvez y mettre votre nom (identique ou non à votre pseudo, j'y reviens), votre bio (160 caractères qui accepte les liens et d'autres pseudos mastodon), une image de profil (photo ou gif, qui finira en format carré aux coins arrondis sur les toots et en rond sur votre profil global), et une image de bannière (format 16:9).


    Après avoir créé un compte et personnalisé votre profil, je vous recommande également d'aller faire un tour sur les settings et dans les preferences. On peut y modifier la langue de l'interface, le choix de privacy par défaut, les types d'alertes par mail, etc.


    Comment ça marche ?


    Commençons par une petite leçon de vocabulaire :

    • Instance : site web qui héberge des "mastonautes", construit en (au moins) deux mots séparés d'un point.
      Exemple : mastondon.social, mastodon.cx, oulipo.social, indigo.zone, etc.
    • Toot : message envoyé sur Mastodon.
      Un grand nombre de francophones utilisent plutôt "pouet", mais je trouve ça affreux et ridicule, donc je garde "toot", comme nous utilisons "tweeter" et non "cui-cui-ter" pour l'autre oiseau bleu.
    • Boost : relayer un toot, c'est le RT de Mastodon. (Les flèches qui forment un rectangle sous les toots permettent de booster un toot. L'étoile c'est le favori de mastodon, même usage que twitter, sauf que l'étoile tourne sur elle-même c'est hyper mignon au moins les deux premières heures :-D )
    • Mastonaute : usager de Mastodon.
      Ce mot n'est pas encore totalement intégré dans l'usage, mais c'est celui que j'ai vu passer le plus souvent, d'autres mots existent en parallèle dans divers langues, j'ai vu passer : tootbadour, tootsie, poeteur (no way), masto, etc.


    Maintenant que vous parlez Mastodon, plongeons-y. 

    Ceux qui sont familiers avec l'interface TweetDeck vont rapidement trouver leurs marques avec l'interface web, pour les autres, visite guidée de l'interface web.
    (Il existe aussi des applications mobiles, elles sont très faciles d'utilisation et détaillées ici, les plus utilisées en ce moment sont Tusky sur android et Amaroq sur iOs. Elles ont sensiblement le même fonctionnement que l'interface web, c'est donc celle-ci que je vous détaille.)


    Les colonnes, vont de gauche à droite, chacune à son utilité, son rythme, son usage.

    La colonne tout à gauche comporte deux éléments importants : 
    1. Tout en haut, les symboles détaillent différentes action, de gauche à droite, qui vont s'afficher dans la colonne tout à droite : 
      • "getting started", qui permet d'atteindre différentes fonctions (les timelines, les préférences, la liste des favoris, etc.)
      • "local timeline" : c'est la timeline de votre instance, tous les messages envoyés par les usagers de votre instance, classés chronologiquement, les plus récents arrivent en haut
      • "federated timeline" : c'est la timeline de tous les usagers et les instances fédérées à la vôtre, ce qui ne veut pas dire que c'est une timeline globale. 
    2. L'espace pour écrire un message. (J'y reviens)
    La deuxième colonne est la timeline de vos abonnements. La troisième colonne est la "timeline" des interactions avec vous (réponses, abonnements, favoris, boost, citations, etc.). La quatrième colonne est modifiable grâce aux boutons cités ci-dessus, un seul contenu peut y être affiché à la fois, il s'agit donc de choisir lequel.


    Pourquoi plusieurs timelines ?


    Le côté non-centralisé de Mastodon provoque un très grand nombre d'interactions possibles. Commençons par la timeline qui n'existe pas, la timeline "globale", qui regrouperait TOUS les toots envoyés par tous les mastonautes.

    Home

    Votre timeline personnalisée avec tous les messages des mastonautes auxquels vous êtes abonnés, c'est le même principe que sur twitter, c'est vous qui gérez selon vos intérêts et affinités.


    Local timeline

    Repensons au joli gif ci-dessus et filons la métaphore Harry Potter. Vous arrivez sur Mastodon comme si vous arriviez à Hogwarts. Le Choixpeau magique décide de votre maison (= instance) : mettons que vous êtes devenu un membre de Gryffondor. Les discussions qui ont lieu dans le foyer de la tour de Gryffondor, où seuls sont acceptés des membres de cette maison, c'est votre timeline locale.


    Federated timeline

    Imaginez cette fois-ci que vous êtes attablé dans la Grande Salle, celle où ont lieu les cérémonies, les banquets, mais aussi tous les repas de Hogwarts, vous pouvez y entendre les conversations de tous les membres à portée d'oreille, quelle que soit leur maison. Mais la salle est immense, selon où vous avez décidé de vous asseoir, vous ne pouvez entendre qu'une partie des conversations. C'est la même chose ici : les instances fédérées avec la vôtre sont "à portée d'oreille", les messages des membres des instances plus lointaines n'y apparaitront pas.

    Tout l'intérêt de la popularité d'une instance réside ici : si votre instance est très reconnue, sa timeline fédérale sera d'une grande richesse, diversité et rapidité. (Je l'appelle timeline fédérale en français, parce que je suis Suisse et que ça m'amuse, mais on devrait plutôt dire "fédérée"). Ce sera peut-être bientôt trop rapide pour y suivre quoi que ce soit, ce sera peut-être bientôt trop plein de langues différentes pour que l'on y comprenne quoi que ce soit. Mais si votre instance est composée de trop peu de membres, qui sont peu actifs, abonnés à peu de mastonautes en dehors de votre instance, votre instance sera probablement liées à très peu d'autres et cette timeline fédérée sera comme un grand désert au fin fond d'une galaxie, remarquez, c'est parfois l'occasion de tomber sur le Dernier Bar Avant La Fin du monde, mais c'est une autre histoire.

    Mon instance par exemple, est connectée à des membres de 601 autres instances, ce qui crée une timeline fédérée très diversifiée et passionnante. 


    Comment écrire un toot ?




    C'est très similaire à twitter, on peut y ajouter une image ou un gif, des liens, héler des personnes par leur pseudo, etc.

    Les différences :

    • Un toot peut faire jusqu'à 500 caractères. (Pour ceux qui trouvaient twitter trop restreint pour développer une idée, c'est fabuleux.)
    • On peut camoufler du contenu (image et/ou texte) derrière un CW (content warning). On peut rédiger le warning comme on veut, ce qui donne lieu à des usages très intéressantes. (Exemple ci-dessous, à gauche le toot qu'on voit passer dans notre TL, à droite le toot sans le CW.) C'est utilisable pour faire des blagues, éviter les spoilers quand on parle d'un film ou d'une série, cacher des images qui pourraient être choquantes (violentes, sexuelles, etc.), une feature qu'on adorerait voir arriver sur twitter.

    • On peut sélectionner quatre visibilités/privacy de toot différentes.
      Public = visible par tous
      Unlisted = visible par tous, mais non présente sur les timelines locales ou fédérales
      Private = uniquement pour les followers (attention, ça n'a donc RIEN de privé !)
      Direct = visible uniquement par l'utilisateur auquel on parle (attention, encore une fois, ce n'est pas DU TOUT privé, les gestionnaires de l'audience qui vous hébergent peuvent voir vos messages directs).



    On peut choisir de modifier cette confidentialité à chaque toot, très facilement, sur la plateforme web et sur les applications mobiles (ici Amaroq pour iOs). Ce qu'il y a de plus important à garder en tête c'est que les gestionnaires de l'instance ont accès à tout. Mais quand on met quelque chose sur internet, ce n'est pas privé, jamais. Ces "messages directs" sont aussi peu privés que vos "whatsapp" et "messages personnels" sur facebook. Aucun scandale ici, juste une plus grande transparence.


    Vous avez choisi une instance, vous avez créé un profil, vous avez rédigé votre premier toot, vous êtes un mastonautes. Il ne me reste plus qu'à vous glisser quelques conseils pour une mastoexistance agréable.


    MastoDO


    Avant d'utiliser un outil, on apprend à s'en servir. Il s'agit ici d'être curieux et de fouiller, lire, cliquer partout, observer, s'abonner à des inconnus, tester, bref, apprivoiser ce nouvel univers.
    N'hésitez pas à poser des questions si vous ne comprenez pas quelque chose, mais évitez les tests inutiles qui peuvent pourrir la TL fédérale/locale de vos co-usagers, ou alors faites-les en limitant la diffusion à vos "followers" (private) qui sont forcément en petit nombre à votre arrivée.


    MastoDON'T


    • Ne pas créer un compte identique sur toutes les instances ("pour protéger mon pseudo" ai-je même entendu...). Chaque instance choisira une limite maximale de participants (car ça coûte en serveur...), donc il faut éviter au maximum les comptes inactifs/fantômes.
      De plus, cela devient illisible et impossible à suivre, on ne sait plus où vous êtes vraiment... et on risque de choisir d'unfollower partout plutôt que l'inverse.
    • Eviter de faire plein de comptes et suivre plein de gens avec tous ces comptes.
      Pour les raisons citées ci-dessus. Si vous vous faites un compte de veille sur une ou plusieurs autres instances que la principale que vous utilisez : notifiez-le(s) en tant que tel(s), avec une autre photo, un nom du compte inactif clair, une indication dans la bio, etc.). Ne suivez aucun compte (ou alors uniquement pour les besoins de cette veille, de manière explicitée sur la bio du compte ou sur le seul et unique toot de ce compte-là).
    A gauche mon compte principal, à droite mon compte de veille chez mastodon.social.

    • Eviter de jouer à la course aux followers
      (j'ai déjà observé des pratiques vraiment pénibles comme des follow-unfollow ; des concours genre "au 100e follower bla-bla-bla" ; etc.) : ça ne sert à rien ! Il faut être bon, c'est-à-dire pertinent, drôle, concis, percutant, intéressant, poli, sympa, etc. et vous aurez naturellement des followers, c'est tout. On est entre personnes de bon goût ici, pas sur snapchat : tiens-toi droit, mange la bouche fermée, et oublie l'autopromo vide, merci.
    • Ne PAS multiposter le même contenu sur plusieurs plateformes et ne PAS multiposter le même toot plusieurs fois. Ce qui est déjà très pénible sur twitter, devient absolument insupportable sur Mastodon. Ceux qui sont présents lisent et ne veulent pas voir passer ta blague, ton article de blog, ta photo ou tes états d'âme 6 fois par jour automatisé par ITTT/buffer. (Notez que personne ne veut ça sur twitter ni facebook non plus, mais apparemment ce n'est plus punissable de la peine de mort l'unfollow depuis quelques temps, sauf dans ma TL.)


    FAQ


    Pour le reste, les Mastonautes sont ouverts et plutôt sympathiques et disponibles, ils sont comme vous, curieux de l'outil, donc vous pouvez leur poser des questions. J'en ai vu passer beaucoup, voici quelques réponses (que j'augmenterai de celles que vous me poserez sur mastodon ou dans les commentaires ci-dessous afin d'avoir une FAQ la plus utile possible pour les bébés mastonautes).

    Je crois que je n'ai écrit cet article que pour pouvoir mettre un légitime gif de bébé rhino.


    Où trouver mon profil ?


    Cliquer sur votre image de profil tout en haut à gauche, votre profil s'affichera alors sur la quatrième colonne.
    Si vous avez besoin de l'url de votre profil pour le partager, c'est simple, c'est votre.instance/@votrepseudo. Vous pouvez le copier-coller simplement en cliquant à nouveau sur votre profil dans la quatrième colonne, un nouvel onglet s'ouvrira dans votre navigateur sur votre page profil. C'est cet url que vous devez partager en dehors de Mastodon.


    Comment s'abonner à quelqu'un ?


    En cliquant sur la photo de profil d'un toot que vous avez vu dans une de vos timeline, le profil du mastonaute s'affiche dans la 4e colonne. En cliquant sur le petit personnage avec un +, vous vous abonnez à ce membre, quelle que soit son instance.


    Si vous tombez directement sur le profil d'un mastonaute qui n'est pas de votre instance.
    Il faut cliquer sur "remote follow", et indiquer votre pseudo complet : votrepseudo@votreinstance




    Comment citer quelqu'un ?


    Vous venez de voir que le pseudo complet de quelqu'un c'est pseudo@instance. Pour le "handle" de quelqu'un, c'est-à-dire la manière de le citer dans un toot afin qu'il ait une notification, il faut procéder ainsi : @pseudo@instance. Il y a un "raccourci" si vous êtes dans la même instance, le @pseudo suffit alors.

    Oui, c'est pénible. Oui, il faut se souvenir des instances. Enfin non, pas tout à fait. Car quand on a déjà parlé à quelqu'un, mastodon se souvient. Et parce que la barre de recherche (juste en dessus de l'espace pour tooter) est plutôt efficace.
    Le problème principal : les petits malins qui se sont fait 150 comptes, on y revient, d'où l'importance de bien différencier votre compte principal.




    Comment bloquer/muter un usager ?


    Sous la description du compte, à gauche des décomptes de toot, followers/following, on peut décider de mentionner, muter (= ne plus voir les toots dans les différentes timelines), bloquer ou signaler un compte. (Sur l'application Amaroq, on en peut pas encore signaler un compte, mais on peut faire le reste.)






    Voilà pour ce survol de Mastodon, merci d'avoir lu jusqu'ici, c'est toujours ardu à écrire, et à lire, ce genre de mode d'emploi, mais j'espère que c'est utile.

    Si vous avez d'autres questions,  d'autres MastoDO and MastoDON'T à ajouter à cette liste, d'autres sources, des réflexions sur cet outil et les problématiques qu'ils soulèvent, je vous écoute volontiers dans les commentaires, ou directement sur Mastodon.


    Ce mode d'emploi a pour ambition d'être le plus simple possible tout en répondant à toutes les questions de base, c'est volontairement qu'il n'entre pas dans les détails politiques et polémiques. Mastodon en est au début de son existence, le fait que ce soit un outil open source implique que plein de participants sont en train de s'y pencher pour améliorer cet outil. Il va donc être modifié, augmenté de nouvelles possibilités, amélioré visuellement, etc. durant ces prochains jours, ces prochaines semaines, ces prochains mois et, si tout va bien pour lui, ces prochaines années.

    Comprendre mieux, en savoir plus, quelques compte à qui vous abonner pour commencer, je m'ennuie alors je veux lire des trucs, et autres sources intéressantes sur le sujet :


    Et en anglais, tout le monde en parle... sur Verge, Vice, Mashable, Quartz, ...


    mercredi 5 avril 2017

    Rue gourmande : Chailly


    Lausanne est, comme dirait l'autre, un petit village de pêcheur qui a un peu grandi. Mais on continue souvent, quand il s'agit de bonnes adresses, à ne connaître que celles du centre-ville, et peut-être de notre quartier. Et si on explorait les quartiers de Lausanne et leurs gourmandises ?

    Je commence par Chailly car la profusion de ses bonnes adresses m'a surpris, moi qui n'y mets jamais les pieds.

    J'ai pour ambition de continuer avec les rues Avenue de France-Avenue d'Echallens, mon quartier, qui a incroyablement changé ces dernières années. J'aimerais aussi faire un topo sur Marterey, LA rue gourmande de Lausanne, mais on se rapproche déjà du centre. Et pourquoi pas un article sur les rues Simplon-Grancy, et pourquoi pas le quartier de Montchoisi, et pourquoi pas votre quartier ! Vous avez d'excellentes adresses gourmandes dans votre rue ? Je vous invite à les décrire ici : je vous prête mon blog le temps d'un article !



    Le quartier de Chailly débute autour du rond point qui fait la jonction entre l'Avenue de Béthusy et l'Avenue de Chailly, que les très locaux appellent en fait "Pont-de-Chailly", en terme de gourmandises, c'est là que tout se passe, et c'est très impressionnant.

    lundi 3 avril 2017

    "Je n'aime pas les gens."


    A force de broder, je me suis retrouvée avec des tonnes de morceaux de tissus superbes, mais totalement inutiles. Depuis mi-2016 j'ai décidé de ne plus broder que pour des projets que j'allais "utiliser", c'est-à-dire des vêtements ou coussins customisés, pour moi ou mes proches.

    Tous les conseils pour débuter le point de croix et la base de la méthode pour broder en points comptés sur des vêtements ou autres textiles sont dans cet article. Mais je profite du dernier cadeau que j'ai enfin pu offrir pour vous détailler les étapes de ce projet... et vous l'exhiber avec fierté. 

    D'abord, choisir un motif, c'est ce qui déterminera tous les choix suivants.

    J'aimais bien l'idée des couronnes de fleurs romantiques avec un message décalé au centre. J'avais acheté ce motif sur Etsy avec le message "I'm an adult". Pour changer le message (ou créer un message), plusieurs sites proposent des alphabets en ligne, par exemple Stitchpoint. Je commence par ça pour avoir une idée du type de font que je souhaite, puis je termine moi-même sur ma tablette pour former les lettres exactement comme je les souhaite. (Mais ça marche aussi très bien avec du papier quadrillé quand on a la base.) 

    lundi 27 mars 2017

    La soupe de tomate qui m'a réconciliée avec les soupes de tomate



    Avant cette recette, je n'aimais pas les soupes de tomates, toutes celles que j'avais goûté je les trouvais soit fades, soit dignes plus d'une sauce tomate que d'une soupe. Puis je suis tombée sur cette recette du NewYorkTimes et depuis je mange cette soupe de tomate au moins deux fois par mois.

    Cette soupe est facile à réaliser avec des produits que j'ai toujours chez moi, elle peut se cuisiner toute l'année, elle se garde et se réchauffe très bien, elle est peu grasse, nourrissante, elle constitue un plat complet mais elle se marie aussi parfaitement avec un grilled cheese que l'on tremperait dedans et devient alors parfaitement décadente !

    vendredi 24 février 2017

    Neuchâtel ville du goût 2017 - programme


    Chaque année la Fondation pour la promotion du goût, à l'origine de la Semaine du goût, élit une "Ville du Goût". Les villes qui souhaitent participer doivent proposer des dossiers avec des propositions d'événements de mise en valeur de leur patrimoine culinaire. En 2017, c'est Neuchâtel Ville du Goût.

    Depuis que la ville a été nommée fin 2016, l'association "Neuchâtel a du goût" a été constituée et des acteurs de la gastronomie, des manifestations locales et des services de la ville se sont rassemblés pour créer un audacieux programme. Quand j'ai lu "Jardins zinzins, Festin Neuchâtelois, Voyage des Saveurs, Gloutons du lac ou Pruneaux qui prennent le bateau", j'ai tout de suite eu envie d'en savoir plus.


    Ce seront une quarantaine d'événements durant l'année, un lien fort avec le NIFFF (Neuchâtel International Fantastic Film Festival) qui donne un fil rouge "fantastique" à l'ensemble du programme, une exposition permanente au Muséum d'histoire naturelle, des festins dans des trains (edit : complet, snif), des jardins de la ville transformés en potagers, des ateliers de cuisine, des soirées cinéma avec des films culinaires, etc. Le très riche programme est disponible sur leur site.

    Le 7 mars sera révélé leur Parrain du goût, et le 12 mars commencera très sérieusement leur programme avec le Festin Neuchâtelois, qui aura lieu dans des restaurants de tous le canton.

    Je sens que je vais passer du temps à Neuchâtel cette année !


    Je me réjouis chaque année de ces villes du goût, car c'est le succès populaire de Lausanne Ville du Goût (en 2012), qui a permis la naissance de ce qui est aujourd'hui Lausanne à Table, et j'espère que plein d'autres villes auront des associations pérennes similaires ! Plus il y a d'événements qui mettent en valeur nos patrimoines culinaires et terroirs partout en Suisse, plus nos producteurs et artisans du goût seront valorisés, plus grand sera le plaisir de bien manger. La diversité d'événements, soutient la diversité dans l'assiette !



    En parlant de Lausanne à Table, nous annonçons notre programme 2017 le 17 mars. A midi, notre site web sera en ligne... et nous prévoyons une surprise gourmande pour les Lausannois. Si vous voulez participer, tous les indices seront distillés petit à petit ici.

    (Mon conseil juste entre nous : sortez du travail à 11h30. Il n'y aura qu'une cinquantaine de places, partout en ville, les premiers assis auront le privilège de la surprise offerte par nos partenaires.)