Gros plan

13/08/2014

Chronicle, le fabuleux outil du New York Times


Il y a quelques jours, le 23 juillet 2014 pour être précise, le New York Times a mis en ligne l'outil Chronicle. Il permet de chercher des mots, ou des phrases, et construit un graphique qui nous montre leurs usages à travers les articles du New York Times depuis sa création. Un graphique pour un mot, ou une série de mots, mais aussi des graphiques qui comparent les mots et permettent de se rendre compte de leur évolution ou de leurs liens.

La fabuleuse Alexis Lloyd explique sa passion pour les mots et pourquoi elle a décidé de partager cet outil avec le public alors qu'ils l'utilisent en interne depuis deux ans maintenant. (J'avais eu l'occasion de rencontrer Alexis Lloyd à Lift 2014, je vous recommande son talk.)

Le facetieux Yannick Rochat a tweeté un lien vers une de ses recherches ce matin, depuis j'en ai fait des dizaines, cet outil est vraiment passionnant, il nous parle de culture, de changements dans les mentalités, il nous parle des changements de goûts aussi... mais attention, ça nous parle surtout des New-Yorkais, pas du monde. Ça reste totalement fascinant. Quelques exemples de mes recherches de ces dernières heures :

de quel contient parle-t-on le plus ?
l'avènement du politiquement correct

Relation de cause à effet ? Attention toutefois à ne pas déduire trop vite...

12/08/2014

Descente en cuisine

©RTS / Descente en cuisine : épisode Zürich

Descente en cuisine est une émission de la RTS qui a été diffusée durant l'été 2014, tous les vendredis. Le concept : un chef saute en parachute au-dessus d'une ville et se fait guider par la production vers un plat du terroir. Il a ensuite 24h pour réinventer cette recette à sa sauce, trouver les ingrédients nécessaires en rencontrant les artisans locaux, trouver un cuisine pour l'accueillir et cuisiner cette recette à quatre personnes qu'il aura invitées durant son parcours. 

Évidemment, j'ai regardé avec gourmandise et attention. Il est temps de décerner les bons... et moins bons points. D'abord, je tiens à féliciter la RTS pour son choix : des émissions culinaires il y en a des dizaines aujourd'hui, choisir d'aller visiter les régions est une excellente idée, le terroir culinaire suisse est très morcelé et il serait dommage de ne pas en profiter. Ne pas se cantonner à la Suisse Romande en allant visiter Bâle, Zürich et Locarno est très bienvenu également ! Donner la part belle aux produits locaux et aux artisans, qui prennent souvent plus des deux tiers du temps de chaque émission fait vraiment plaisir. La partie cuisine et dégustation en deviennent presque secondaires. Je suppose que ça ne doit pas plaire aux aficionados de télé-réalité-culinaire, et j'avoue que ça manque de savoir-faire et d'images de nourriture, mais ça fonctionne très bien au niveau du rythme des émissions qui se regardent sans temps morts. Bravo au(x) monteur(s) d'ailleurs, super boulot. Même éloge pour les équipes son et images, avec le tourbillonnant Benjamin et la bavarde et passionnée Florence Flarion, ça ne doit pas toujours être facile à suivre.

©RTS / descente en cuisine
épisode Fribourg : le très cinématographique bar Elvis et moi
avec le blogueur Claude-Olivier Marti

J'aime beaucoup également la diversité proposée dans les artisans et invités rencontrés à chaque étape. Il y a toujours un/e cuisinier/ère, celui/celle qui montre la recette traditionnelle, c'est la caution terroir et légitimité, et ce sont à chaque fois de belles adresses et de jolies rencontres. Il y a aussi un artisan du goût qui a parfois fourni l'un des produits utilisé. Puis deux figures locales, soit liées à la gastronomie également, soit pas du tout, des artistes, architectes, designers, personnalités culturelles. C'est varié et ça présente le portrait d'une ville, vu que l'ambition est celle-ci : le terroir urbain. (Par contre, ça se retourne parfois contre le concept, certaines personnalités ne supportant pas d'être un invité parmi dautres.)

11/08/2014

Antica Trattoria by night


Je vous avais déjà parlé de ce qui est devenu, en deux visites, mon italien préféré à Lausanne : L'Antica Trattoria, sa carte originale, la qualité de ses produits et le professionnalisme des équipes en salle et en cuisine. Mais je n'avais eu l'occasion d'y aller qu'au service de midi, un peu pressée par le temps. Depuis, j'y suis retournée le soir, à plusieurs reprises, entre amis ou en amoureux. Et mon plaisir gourmand du midi s'est transformé en soirées dont on se souvient, ce qui méritait bien un deuxième article.

10/08/2014

Fratel e Napule, la meilleure pizza de Lausanne



L'autre soir, j'avais faim, et un frigo vide, et pas envie de cuisiner. Fratel e Napule, qui fait la meilleure pizza de Lausanne sur place, à emporter et en livraison, est malheureusement en vacances. Alors je suis retournée chez mes anciennes amours : le Baz-art café, à l'avenue de France, qui offre aussi un service de livraison. Je me suis loguée sur leur site (pour la première fois depuis 2011, année où j'ai découvert Fratel e Napule), et j'ai passé ma commande en ligne. J'ai reçu un mail de confirmation et j'ai attendu. Une longue heure.

C'est indiqué sur leur site que ça prend du temps parce que tout est fait maison etc etc etc. Mais au bout d'une heure et quart, je crevais la dale. J'ai donc appelé. Pas de réponse. J'ai appelé le restaurant qui est la porte à côté. Pas de réponse. J'ai appelé à nouveau, en laissant sonner très longtemps. Rien. J'ai fouillé leur site de fond en comble, leur page facebook, partout, pour tenter de voir des dates de vacances ou quelque chose dans le genre : rien.

J'ai finalement dégoté un site externe qui propose également les pizzas du Baz'art sur lequel il était indiqué qu'ils étaient fermés ce soir-là. Tout ceci plus d'une heure et demie après ma commande. Ils ne sont pas prêts de me revoir. Un tel je-m'en-foutisme total de leur clientèle n'est pas admissible. Je sais qu'ils ne comprennent pas l'intérêt des services Internet et d'une présence en ligne, mais là c'est carrément du foutage de gueule. Baz-art café & co*, vous venez de perdre une cliente énervée qui va parler de vous. Dommage, un message sur un répondeur aurait suffit à me calmer.

Mais finalement ce n'est pas si grave, car les meilleures pizzas à Lausanne restent celles de Fratel e Napule.

(* la même équipe tient également le Café du Pont, la Ruche et l'Hydromel.)


08/08/2014

Binge Watching


Dans mon article précédent, je vous parlais des sorties séries de l'été 2014, mais malgré leur plus grand nombre que les années précédentes, pour certains spectateurs parmi mes lecteurs, ce n'est pas encore assez. C'est aussi que les type de consommation de séries changent, avant on regardait ce que les chaînes de télé nous proposaient, au rythme qu'elles définissaient. Aujourd'hui on regarde ce qu'on veut, partout dans le monde, au rythme que l'on désire, vu que les séries restent disponibles après leur diffusion et que certains canaux du type Netflix diffusent des saisons entières d'un coup. La pratique du binge watching est née. (L'expression est adaptée de "binge drinking" = boire beaucoup et très vite, là c'est pareil, mais avec les yeux et sans risque, à part le manque de sommeil.) (Ecrit la fille qui a dormi 4h cette nuit parce que la saison 4 de The Killing est impossible à arrêter.)

Certaines séries de type feuilleton se prêtent au binge watching alors que d'autres pas du tout. C'est une question de rythme de narration. Quand c'étaient les chaînes TV qui décidaient de la diffusion et que toutes les séries étaient diffusées au rythme d'un épisode par semaine, chaque épisode avait une construction interne, dans chaque épisode il était nécessaire d'avoir un récapitulatif des points importants, soit avant soit pendant l'épisode, pour que tout le monde puisse suivre. Ces séries très fortement découpées où les épisodes sont presque indépendants et où l'histoire globale n'a que peu d'intérêt (pensez à CSI -Les Experts- ou à Columbo par exemple), ne se prêtent pas au binge watching. 


Mais aujourd'hui les meilleures séries sont construites comme un tout cohérent, une longue narration de plusieurs heures, où le découpage entre les épisodes a moindre importance. Le but est de garder un rythme agréable tout au long de la saison. Il y a de plus en plus de séries à saisons courtes et puissantes, tournées comme des (très) longs métrages. Et c'est un bonheur total à binge watcher (verbe du premier groupe).

Un exemple récent : The Killing. Série US inspirée d'une série danoise, la première saison de The Killing a été diffusée en 2011 par AMC. La série se passe à Seattle, on suit deux policiers atypiques qui enquêtent sur le meurtre d'une adolescente. L'ambiance est sombre, grise, pluvieuse, intense... sublime. Gros succès, AMC relance donc la série pour deux saisons supplémentaires, toujours diffusées de manière sérielle, mais écrites comme un bloc. Malheureusement le succès baisse. La saison 3 termine de manière abrupte et trop rapide, on reste sur notre faim, mais AMC a effacé la série de sa grille. Netflix rentre dans le jeu et reprend la production pour une ultime saison de 6 épisodes, mis en ligne le 2 août 2014, qui permettent de clore cette saga avec l'élégance qu'elle méritait. Cette saison est beaucoup plus pêchue rythmiquement, encore plus torturée. Les images et la bande son sont toujours aussi belles, et les deux acteurs principaux rivalisent d'intensité pour ce film d'un peu plus de 5h à dévorer d'un coup pour saisir toute sa puissance.

Il y a plusieurs types de binge watching : le rattrapage d'une série entière que l'on avait ratée, le revisionnage d'une série entière que l'on avait aimée, le visionnage d'une saison entière qui vient de sortir (type Netflix), le rattrapage d'une saison ratée et les mini-séries. Ce que je vous propose ici, indépendamment des types de séries (origine, durée, date de diffusion), c'est une séparation thématique afin que vous trouviez de quoi plonger dans une ambiance/un sujet qui vous plait pendant une ou plusieurs saisons.