Gros plan

08/01/2019

Meilleures séries de 2018


Il fait gris, il fait froid, on a envie de cocooner sous une couette avec de la comfort food et des séries. C'est donc la saison parfaite pour un petit best of 2018, totalement subjectif.
Entre deux best of, je continue à regarder beaucoup trop de des séries, mais j'ai eu moins de temps pour bloguer. Du coup, je publie des micro-critiques sur un album facebook.

2018 était une année intéressante avec pas mal de nouveautés de formats ("dont vous êtes le héros", plateformes youtube et facebook, etc.), de grands noms de cinéma se sont frottés au genre (Julia Roberts, Penelope Cruz, Kevin Costner, Jim Carrey, Hugh Grant, Jean-Jacques Annaud, Wes Anderson, Michael Douglas, Ben Stiller, mais seuls ces deux derniers m'ont bluffée), c'était une année avec de diversité à l'écran, comme annoncé, mais ce n'était pas une très grande année de séries.
2019, risque d'être un peu plus pauvre à ce niveau-là, nous verrons bien, il m'est plus difficile cette fois de faire des pronostics, j'ai l'impression qu'il y a un moment important dans l'industrie, en particulier grâce aux mouvements #metoo et #TimesUp mais que ça va prendre du temps à être vu à l'écran et que 2019 risque d'être une année de transition qui se cherche un peu en attendant un renouveau.
Revenons à nos séries 2018, voici mon Best Of des séries 2018 : 

Escape at Dannemora (Showtime)


Cette mini-série, inspirée d'une évasion de deux meurtriers d'une prison de l'état de New York en 2015, se permet Patricia Arquette, Benicio del Toro et Paul Dana au générique. Et tant mieux car tout tient sur la tension psychologique qui monte, petit à petit. Les plans sont très proches des visages bruts, à part les vêtements flashy de la responsable d'atelier, tout est dans des tons neutres, déprimants. La lumière toujours la même comme si le jour et la nuit n'existaient plus. On est en prison. Et pourtant, tout est humain, des regards, des mots, des gestes précis et camouflés, des liens ténus, mais primordiaux.

Je suis restée scotchée sans pouvoir m'en sortir, j'ai regretté de ne pas pouvoir la voir entièrement en une seule fois, car cette tension tient merveilleusement d'un épisode à l'autre. Ben Stiller, à la production et à la réalisation de certains épisodes a fait un boulot remarquable. On le retrouve aussi dans l'excellent bande-son et la musique soignée.

Mon "The Night of" 2018.



POSE (FX)


Bijou de l'été.

POSE se passe dans les années 80 à New-York, dans l'univers des drag queens. Les "mères" sont celles qui ont créé des "maisons" où elles accueillent des jeunes queer paumés pour leur donner un semblant de famille. Les maisons concourent dans des "bals" chaque semaine et se font juger par catégories (mode, tendances, physiques).

Mais ces bals ne sont qu'une extravagante excuse pour la série pour nous faire pénétrer dans le quotidien d'une maison. On suit une mère qui commence la constitution de sa famille. Sur fond de musique disco et de vogue, l'humanité des personnage est aveuglante. Leur diversité aussi. Dans les quelques seconds rôles blancs, le casting de stars a permis à cette série d'être diffusée (et piratée) plus largement que la niche dans laquelle elle risquait d'être figée ( = série de drag). 

C'est une merveille d'émotions, un plaisir de voir autant de personnages si différents à l'écran. Elle a quelques défauts aussi vite oubliés. Elle a surtout des scènes mythiques, une mise en lumière fabuleuse, des cadres spicturaux et des acteurs et actrices à fleur de peaux.

Si une série devait définir 2018, ce serait celle-ci.





Killing Eve (Hulu)


Sandra Oh (qui vient de gagner un Golden Globe pour ce rôle) était surtout connue pour être la chirurgienne intransigeante dans Grey's Anatomy, elle surprend et cartonne ici avec un rôle complètement différent. Le problème de cette série c'est que les surprises du scénario sont ce qu'elle fait de mieux, et je me triture les neurones depuis des mois sur comment vous la présenter sans spoiler, je n'ai pas trouvé. 

Sachez qu'il y a du mystère, du suspense, on sursaute et on rit, il y a des femmes bad ass et super intelligentes, on voyage en Europe et on est obligés de binge watcher tellement c'est chouette et qu'on veut savoir ce qu'il va se passer.

J'ai vraiment pris beaucoup de plaisir à suivre Sandra Oh et le reste du casting dans Killing Eve, et je ne m'attendais pas à en prendre autant après avoir seulement vu le pilote. Plus la série avance, plus elle part en vrille et se permet des séquences improbables et très originales.

Si vous aimez les polar bien ficelés à l'humour grinçant, vous allez adorer.
(Si j'ai réussi à vous convaincre, ne regardez pas la bande-annonce ci-dessous, ça spoile un peu.)




The Haunting of Hill House (Netflix)


Vous aimez l'épouvante ? C'est pour vous. Sinon, passez votre chemin. Rien de sanglant, mais il y a des scènes capables de vous faire sursauter ou dresser l'échine.
La réalisation visuelle est impressionnante et le rythme très intéressant avec ses deux temporalités qui avancent simultanément. Exemple de plaisir visuel avec un plan-séquence : C'est la nuit, un orage a fait sauter l'électricité, un des enfants s'est enfuit par peur et les deux parents le cherchent. Le plan commence au début d'un couloir, le père annonce qu'il va chercher dans le couloir suivant.




C'est un plan-séquence, c'est-à-dire une séquence en un seul plan, sans coupure, où la caméra suit l'action. La caméra ici va rester avec la mère, qui rentre dans une pièce, puis ressort et continue dans le couloir.



Et là, c'est imperceptible, dans l'ombre, mais la statue a bougé, elle observe maintenant la mère. Est-ce la maison qui est hantée ou est-on entré dans l'esprit de la mère qui est folle ? La mère est-elle folle ou sa "sensibilité" au paranormal est-elle réelle. Sans que notre cerveau s'en aperçoive forcément, nos yeux ont perçu le mouvement de la statue et nous entrainent dans ce questionnement de manière presque inconsciente. D'où l'épouvante effective ressentie, et le plaisir cinéphilique à observer tout ça.

Elle continue sa recherche dans le couloir, deux autres choses se passent, cette fois-ci bien visibles, puis revient au début du couloir, tout ça dans le même plan-séquence (qui dure environ 3 minutes).


Dès le retour du père, les apparitions ont disparu, les statues repris leurs positions initiales. Imaginez que pour produire ce genre de plan, ça implique des techniciens, juste hors champ de vision de la caméra, qui modifient les éléments du décor avant que ceux-ci ne reviennent dans le champ de la caméra qui suit l'actrice. C'est une chorégraphie complexe pour au final un élément presque invisible, qui ne sert qu'a augmenter l'état d'angoisse sans que nous le percevions. 

C'est ce génie du détail imperceptible et de la minutie visuelle qui en fait une grande série... si l'on pardonne sa fin faible et cucul-la-praline, mais qui a l'avantage de ne pas nous laisser sur notre faim avec des fils narratifs non refermés.





Altered Carbon (Netflix)

C'est franchement beau, dans la mouvance cyberpunk (Blade Runner, Akira, etc.) et neo-noir, magnifiquement incarné par Joel Kinnaman (dont j'étais tombée amoureuse en Stephen Holder dans The Killing, puis dans House of Cards). J'avais pris du plaisir mais j'étais un peu restée sur ma faim car si l'univers est impressionnant, on n'y plonge pas vraiment, tout occupée que la série est à faire avancer son fil narratif pour résoudre l'enquête en une saison.

Mon appétit a eu raison de ma patience et j'ai dévoré le roman Altered Carbon de Richard K. Morgan, qui n'est, pour mon plus grand plaisir, que le premier d'une triologie. Après avoir lu le roman, j'ai revu la série et compris combien elle était encore mieux adaptée que ce que j'imaginais. Si le roman plonge plus profondément dans l'univers et nous détaille mieux certains enjeux, la série réussit à les survoler tout en les rendant visibles et presque palpables.


Je me réjouis de voir la suite. Si vous aimez le cyberpunk, vous l'avez certainement déjà vue, sinon il faut sortir de temps en temps (enfin non, rester à la maison et regarder des séries).






Sorry for your loss (facebook watch)


Facebook Watch est le nouveau service, payant, de vidéos à la demande sur facebook. Avec une claire ambition de concurrencer Youtube Red lancé un peu plus tôt. Disponible depuis août 2018 mondialement, Sorry for your loss était la première série disponible partout diffusée sur Facebook Watch sur la dizaine de productions originales créées pour cette nouvelle plateforme. Je me réjouissais de détester.

Mais impossible de détester cette série. On arrive dans la vie de l'héroïne trois mois après qu'elle pert son mari dans un accident de voiture. Elle est en deuil. Et avec ça, ils ont fait une série qui tient la route. Le casting est fabuleux, c'est filmé de manière très légère pour contraster avec la complexité des liens familiaux et des émotions mis en exergue. Je me déteste, mais je ne peux m'empêcher d'écrire ce qui suit : c'est intime et universel. J'étais bluffée. Peut-être que si on pense qu'on va adorer, on est moins impressionné, je m'attendais vraiment à pouvoir remplir mon quota d'horrible mauvaise foi en critiquant à mort ce nouveau produit facebook... malheureusement, j'ai adoré.

Ah, dernier détail : oui, on trouve cette série sans devoir payer facebook, ce qui m'a un peu consolée. 




Salt Fat Acid Heat (Netflix)


La série culinaire de l'année.
Critique complète


The Rain (Netflix)


Anticipation dystopique allemande bien ficelée.
Critique complète




Dans mon top 8 ci-dessous, il manque peut-être des séries que vous vous avez adoré, alors n'hésitez pas à nous les conseiller !

Du coup, en vrac, parce que vous allez certainement en citer certaines de celles-ci : 
J'ai vraiment apprécié, mais sans avoir forcément envie de les recommander à tout le monde : The Kominsky Method (Michael Douglas vulnérable, c'est touchant), The Romanoffs (le retour, moins triomphal que prévu de Matt Weiner en showrunner), Sharp Objects (mais brrrr, qu'est ce que c'est glauque), Black Earth Rising (très original et une réalisation sublime), Bodyguard (qui a valu un Golden Globe justifié à King Rob), Narcos: Mexico (aussi bien que la première série qui se passait en Colombie), Castle Rock (un concentré de Stephen King) et Good Girls (avec un détonnant casting de mères de familles de banlieue qui deviennent des criminelles, poilant), Lost in Space (une famille perdue dans l'espace).
Je dois encore rattraper : Homecoming, Wanderlust, Seven Seconds

Je n'ai pas réussi à tenir, mais elles sont acclamées : Kidding (avec Jim Carrey), Mosaic.


8 commentaires:

  1. Ma bonne surprise de fin d'année, c'est Safe sur netflix, un bon polar qui a réussit à me surprendre (et c'est pas facile) avec en bonus Michael C. Hall et pleins d'acteurs qui dépotent

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    1. J'ai pris du plaisir à la regarder mais l'ai oubliée aussi vite que je l'ai finie.
      Sur la même thématique, en plus poussé sur la question smartphone, il y a "Searching", un film Netflix excellent.

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  2. De mon côté, j'ai adoré la dernière saison de The Americans, GLOW, I'm dying up here, The marvelous Mrs Maisel, Sharp Objects et depuis peu la fantastique Crazy Ex-Girlfriend, qui commence comme une comédie un peu bête mais qui s'approfondit au fil des épisodes et touche à des sujets aussi divers que la condition de la femme et la maladie mentale. Mais tu connais sans doute !

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    1. - Oh oui, cette dernière saison de THE AMERICANS était merveilleuse. C'est si rare les séries qui arrivent à terminer leurs fils narratifs comme elles l'entendent.
      - CRAZY EX-GIRLFRIEND est une de mes séries préférées, plus elle avance, plus elle est subtile sous couvert de crétinerie. J'attends avec impatience sa dernière saison.
      - SHARP OBJECTS est fascinante, mais je la trouve trop glauque pour la recommander à tout va.
      - Je n'ai pas croché sur I'M DYING UP HERE, pourtant elle avait tout pour me plaire.
      - Et pour GLOW et THE MARVELOUS MRS MAISEL, j'avais loué leurs qualités et merveilleux castings lors de leurs premières saisons, j'espère qu'elles dureront longtemps.

      Tu ne cite pratiquement que des séries avec des femmes en protagonistes, si c'est un de tes critères, peut-être que DIETLAND, GOOD GIRLS et BIG LITTLE LIES. Cette année on a aussi assisté à deux magnifiques saisons de THE HANDMAID'S TALE et ORANGE IS THE NEW BLACK. Ça nous en fait des nanas bad ass <3

      Mais sinon : regarde Killing Eve absolument, c'est un ordre.

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  3. merci pour les suggestions !
    C'est vrai que j'aime les séries qui mettent les femmes en avant, et ce n'est pas plus mal !
    J'ai vu Big little lies et beaucoup aimé aussi, je vois que la nouvelle saison est prévue pour cette année. Par contre je n'ai pas pu regarder la seconde saison de The handmaid's tale, j'ai trouvé ça trop "torture porn". Mais je vais me pencher sur Killing Eve.

    (et sinon, GLOW est annulée, dommage...)

    Je continuerai à suivre tes suggestions sur FB (même si je pense que j'en rate de temps en temps à cause de l'algorithme).


    (oh et désolée si ça s'affiche plusieurs fois, mais il y a eu un bug - d'où la tentative avec mon vieux compte blogger)

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    1. GLOW est annulée... pour l'instant. Les différentes plateformes jouent les rattrapages, je ne suis pas encore convaincue que c'est fini... il y aura bien une saison 6 à Veronica Mars, c'est dire :-)

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  4. En bonne ado attardée des 90’s, j’ai adoooré "Everything Sucks", malheureusement je suis en minorité, vu que Netflix a décidé de ne pas renouveler la série :/
    Très bonne saison 7 de Homeland, aussi, j’attends la 8 avec impatience !
    Et sinon, la bonne surprise de fin d'année : "You", aussi sur Netflix. J’y allais un peu à reculons, associant trop Penn Badgley à Gossip Girls (que je détestais) et puis finalement, j’ai binge-watché ça en une journée. :)

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    1. J'ai beaucoup aimé EVERYTHING SUCKS aussi, en particulier le clip époustouflant <3

      Pour YOU, je suis partagée, j'ai adoré le début, la plongée dans la psyché et les techniques d'un stalker 2.0, mais j'ai commencé à m'ennuyer dès que c'est passé à une pure série sur la jalousie et la manipulation d'une femme. Peut-être que si j'avais binge watché, j'aurais mieux croché.

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