mercredi 14 novembre 2018

Salt Fact Acid Heat la série



Cette série est issue d'un livre de recettes de Samin Nosrat, Irano-Californienne, ancienne cheffe devenue autrice. Comme son titre l'indique, la série comporte quatre épisodes : 

  • SALT nous emmène au Japon, où on découvre les nombreuses manières de saler différentes (sauce soja, miso, sel, algues), 
  • FAT (le 1er épisode) nous emmène en Italie, où on plonge avec volupté dans l'huile d'olive, le gras du cochon, le beurre et le parmesan, 
  • ACID parle du Mexique et de sa cuisine où les agrumes ont une place prépondérante, 
  • et pour HEAT, elle rentre chez elle, en Californie, et nous parle de cuisson au feu de bois, et finit par lier tout les éléments précédents.

La grande originalité de cette série c'est que c'est qu'elle mêle série de voyage, recettes de cuisine, et moments de repas qui parlent des cultures culinaires locales. Par ce simple fait, elle prend le contrepied du monde des séries culinaires. C'est-à-dire soit des hommes (blancs) qui voyagent et découvrent d'autres cultures (le regretté Anthony Bourdain en était le meilleur ambassadeur, peut-être qu'il est temps de changer de paradigme). Soit des femmes sculpturales ou des grands-mères (blanches) qui expliquent des recettes au sein de leurs cuisines parfaitement ripolinées.

David Chang avait très légèrement bousculé tout ça en 2017, avec l'excellente série Ugly Delicious car il voyage, mais il se fait aussi filmer en train de cuisiner à la maison, et parce qu'il n'est pas blanc, mais la plupart des personnes avec qui il interagit sont des hommes, sauf sa mère. (La saison 2 ne va pas tarder.)



Ce que fait Samin Nosrat ici est donc vraiment nouveau. D'abord parce qu'elle se montre en curieuse et gourmande qui cherche à comprendre, à apprendre, qui écoute (plutôt qu'en cheffe ou qu'en vieille bourlingueuse accomplie). Ce qui place les spectateurs dans une position très confortable de naïveté. Toutes les rencontres de Samin Nosrat sont prétexte à apprendre quelque chose, nous rencontrons (en grande majorité) des femmes : productrices, artisanes, cuisinière, garantes d'une tradition. On comprend leurs produits, leurs méthodes, elles nous transmettent leurs recettes, car Samin Nosrat devient un vecteur direct entre ces spécialistes et nous.



Elle est joyeuse, admirative, à l'écoute, elle reprend volontiers un morceau, elle prend le temps de savourer, elle tente de décrire au mieux, elle complimente, elle s'extasie. Et nous aussi. On termine la série en ayant l'impression d'être dans son cercle d'amis.

Souvenez-vous de son nom, Samin Nosrat, elle ne risque pas de disparaitre.




Tout ça me donne envie de faire un article sur les séries culinaires. Pour les autres séries, abonnez-vous à mon album facebook où je partage des critiques spontanées régulières.

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