mercredi 14 novembre 2018

Salt Fact Acid Heat la série



Cette série est issue d'un livre de recettes de Samin Nosrat, Irano-Californienne, ancienne cheffe devenue autrice. Comme son titre l'indique, la série comporte quatre épisodes : 

  • SALT nous emmène au Japon, où on découvre les nombreuses manières de saler différentes (sauce soja, miso, sel, algues), 
  • FAT (le 1er épisode) nous emmène en Italie, où on plonge avec volupté dans l'huile d'olive, le gras du cochon, le beurre et le parmesan, 
  • ACID parle du Mexique et de sa cuisine où les agrumes ont une place prépondérante, 
  • et pour HEAT, elle rentre chez elle, en Californie, et nous parle de cuisson au feu de bois, et finit par lier tout les éléments précédents.

dimanche 4 novembre 2018

S'améliorer en cuisine grâce à youtube



Lors d'une de mes visites de marché, quelqu'un m'a demandé si je recommandais des cours de cuisine dans la région. Je ne suis pas assez calée sur le sujet pour pouvoir répondre, à part les cours du délicieux Jérôme de Parfum d'Épices que j'ai testés. Pour les cours de grands chefs étoilés, je ne les recommande qu'aux personnes qui ont déjà des bases vraiment solides, ce qui leur permettra de les améliorer encore grâce aux techniques apprises. Les débutants ne vont retenir que les recettes, souvent trop compliquées à refaire, et oublier les techniques s'ils ne les pratiquent pas régulièrement.

Mais en fait, personnellement, je m'améliore en cuisine... sur youtube. Voici donc une liste non-exhaustive de chaînes auxquelles je suis abonnée, que j'apprécie et qui m'ont appris des techniques, des recettes et donné des informations sur des ingrédients ou des type de cuisine.

Toutes ces chaînes sont animées à l'intention d'amateurs de cuisine. Cuisiner de manière professionnelle ou amateur c'est totalement différent, par l'équipement, mais également par toute la logique et la réflexion derrière, en terme de stock, de reproductibilité, de stabilité, etc. C'est avec des canaux spécialement dédiés aux amateurs qu'on va s'améliorer, de manière plus efficace qu'avec des vidéos de professionnels destinées aux professionnels.

Vous remarquerez dans cette liste le manque de chef·fe·s charismatiques ou de personnalités culinaires très connues en dehors d'Internet. Ce n'est pas parce que je ne suis pas une fan girl (j'ai déjà proclamé mon amour pour Nigella par exemple), mais c'est parce que j'apprends beaucoup plus de canaux qui font ça de manière constante que de ceux qui font ça avec un format télévisé ou en simple auto-promo d'un bouquin. Vous remarquerez aussi que la plupart des canaux sont en anglais. Non qu'il n'existe aucune bonne chaîne en français, mais pour se développer sur cette plateforme si compétitive, il faut le faire dans la "langue d'Internet".

Cette liste n'est évidemment pas exhaustive et tout à fait subjective, elle représente ceux que je regarde le plus souvent en ce moment et dont j'ai testé des recettes. Si vous avez d'autre canaux que vous aimez beaucoup et qui vous ont appris des techniques, recettes ou informations culinaires, n'hésitez pas à les partager dans les commentaires !

vendredi 26 octobre 2018

Que faire avec un chou-rave ?


Déjà il faut commencer par se mettre d'accord, car la bestiole change de nom trop facilement : chou-rave (plutôt en France), colrave (plutôt en Suisse), chou-pomme (dans les Terres du Milieu), chourave (pour les flemmes du -), on s'y perd. Moi je lui trouve des petits airs d'extra-terrestre et je l'avais rebaptisé "spoutnik" quand j'étais gamine et qu'une amie de ma mère a voulu nous en faire manger. Je me suis forcée, polie, et là j'ai découvert avec un gigantesque bonheur le carpaccio de colrave que je n'ai jamais oublié (recette ci-dessous).

Mais à part en carpaccio, maintenant que c'est la saison et qu'il est partout sur les étals du marché et dans les paniers de légumes hebdomadaire, qu'est-ce qu'on en fait du colrave-chou-rave-chou-pomme-spoutnik ?

C'est parti pour des idées de recettes.


(Pour celles et ceux qui se posent la même question pour la betterave, j'avais fait un article avec plein de recettes.)

lundi 22 octobre 2018

Bol de riz façon Oyakodon


Oyakodon est une recette japonaise, elle veut dire littéralement "bol de riz parents-enfants", c'est-à-dire du poulet et de l'oeuf. Ça fait longtemps que je voulais tester parce que poulet + oeuf + sauce soja c'est forcément bon, mais aussi parce que j'ai eu longtemps un badge "Restez jeune, mangez des bébés" et que c'est exactement ça ici. Je suis retombée sur ce plat dans un épisode du Gourmet Solitaire, et je me suis lancée.

Ce plat est très facile à faire, avec des ingrédients qu'on trouve partout et qu'on a souvent dans nos placards, c'est rapide, délicieux, réconfortant, et pratique à cuisiner pour une seule personne. Le genre de recettes que l'on fait une fois, dont on a plus jamais besoin de regarder la recette ensuite, et qui devient instantanément un classique de notre cuisine.

J'ai testé pour vous la méthode Kenji Alt Lopez. Puis j'ai refait la recette plusieurs fois en me l'appropriant.

D'abord, la méthode Serious Eats qui permet de bien voir les gestes, tailles et textures :




Et maintenant ma (mes) versions. Qu'est ce que j'ai changé ?
Je n'ai rien contre le saké en cuisine, mais ici je trouvais que son petit goût d'alcool n'amenait rien et je trouvais que la recette manquait d'acidité pour être bien équilibrée. Probablement parce que un repas japonais se compose de plusieurs éléments comme des pickles ou des petites salades ou légumes en accompagnement. Mais ici c'est un plat complet. J'ai donc essayé une version où j'ai ajouté des légumes, et j'ai ajouté une touche d'acidité dans la sauce.

INGRÉDIENTS (pour 1 personne)


- riz blanc
- 150g de poulet émincé (cuisson ou poitrine, mais pas des restes de poulet déjà cuits)
- 2 oeufs
- 2 oignons verts (ou un oignon et de la ciboulette)
- du bouillon dashi en poudre (quantité pour 1,5 dl d'eau) (ou 1/2 sachet de bouillon de ramen instantanées ou du bouillon de poulet)
- 2 cs sauce soja
- 2 cs vinaigre de riz (ou saké, ou mirin)
- 1 cs de jus de citron
- 1 cs sucre
- 1 cc poudre de piment

Facultatif :
- 1 grosse carotte finement émincée
- 1 feuille de chou chinois finement émincée
- 1 gousse d'ail râpée
- 1cm de gingembre frais râpé

Ustensiles : une casserole pour le riz, une poêle avec couvercle pour le reste, un verre doseur, une spatule, une planche à découper, un bon couteau, des baguettes, trois bols.

vendredi 5 octobre 2018

Amour, djihad & RTT


Cet album de bd m'a fait rire à haute-voix à chaque page. Est-il nécessaire d'un dire plus ?

Ok. Marc Dubuisson est un auteur belge, actif sous le pseudo @unpied sur twitter et instagram pour ses blagues fraiches (il en a un peu plus et il vous le met quand même). Il a déjà commis plein de trucs, toujours absurdes, irrévérencieux, inventifs et dotés d'une dose de crétinerie confortable, ce qui fait de lui un type formidable si vous voulez mon avis.

Ici il s'agit d'amour, sauf que pas du tout, de djihad, mais fait avec les pieds, et pas non plus de RTT car tout se passe au 8e étage d'une tour de bureaux de fonctionnaires.

Donc oui il y a des blagues sur les photocopieuses, sur les machines à café, sur le gars de l'informatique, des blagues en powerpoint, mais surtout il réussit à se moquer des fonctionnaires, des vegans, des flics, de ISIS, des fonctionnaires, des féministes, des anti-féministes, des consommateurs éthiques, des fonctionnaires, des féministes, des médias, des porteurs de cravate, et j'en oublie certainement.


J'en avais vu des extraits en ligne sur ses comptes ou le compte de son éditeur, la collection Pataquès chez Delcourt. Je savais que j'allais aimer, mais je ne m'attendais vraiment pas à rire autant à chaque page.

Bref, achetez cette merveille, et profitez-en pour acheter La Nostalgie de Dieu, croyez-moi sur parole et mangez-en, c'est bon pour ce que vous avez, ramen.



Et faites-moi plaisir, allez les acheter dans une petite librairie, et s'il ne l'ont pas, faites comme moi : une commande chez HumuS, qui vous coûtera la ridicule somme de 20,10 CHF, parce que c'est tellement classe de pouvoir dire "mon libraire est formidable".


jeudi 27 septembre 2018

Panier de légumes VitaVerDura



VitaVerDura m'a contactée en septembre pour me proposer de tester leurs paniers de légumes. Voici le résultat de ce test. Je vais tenter de tester d'autres formules de paniers locaux ces prochains temps, entre deux visites de marché...


Commande et livraison



Cette fois-ci, on ne m'a demandé que mon adresse, afin que la livraison soit la plus simple et neutre possible. J'ai reçu le panier "solo" modulable (que je n'ai donc pas modulé), qui coûte 39 CHF. Il est "conçu pour la consommation hebdomadaire moyenne d'une à deux personnes qui mangent à la maison le soir seulement". Il y a aussi un panier solo bio (49.-), des paniers "duo" et "multi" et des paniers de fruits pour particuliers ou entreprises (mon mari s'est abonné à un panier de fruits bio à son coworking, ils sont super contents). Les paniers sont livrés chaque semaine dans une zone entre Genève et Lausanne (tant que c'est à moins de 50km de Rolle). 


Attention : la commande minimale est de 60 CHF. Mais comme le panier est modulable (donc on ne se retrouve pas coincé avec des trucs qu'on n'aime pas) et que sur leur site il y a aussi d'autres produits locaux (boissons, produits laitiers, oeufs, viande, poisson, boulangerie, etc.), c'est assez facile d'atteindre les 60 CHF (et ça aide à éviter les supermarchés).

Vous recevez la proposition du panier de la semaine le jeudi de la semaine précédente, et vous pouvez moduler selon vos goûts ou besoins pour la semaine suivante jusqu'au dimanche soir, ensuite ça vous est livré dans les horaires que vous avez indiqués. Ma livraison a été hyper ponctuelle, le panier est arrivé dans une caisse (pliable), livré chaque semaine avec le journal Terre&Nature

Très bon point aussi : il n'y a que deux sacs en plastique, un pour protéger la totalité de la caisse et un pour les épinards.



Composition du panier


Dès réception du panier, j'ai pesé tous ces ingrédients. Ils annoncent entre 6 et 10 variétés dans chaque panier, selon les saisons. J'ai reçu mon panier le 20 septembre, il contenait :

  • des épinards (436g)
  • 5 tomates (883g)
  • 2 petits fenouils (270g)
  • 1 chou-fleur (604g)
  • des carottes (829g)
  • des côtes de bette (536g)
  • des poivrons (1'112g)
  • 2 betteraves rouges (730g)
  • 3 aubergines (1'506g)
  • 4 poireaux (2'192g)
  • 2 oignons blancs et 4 oignons jaunes (344g)
  • des patates (803g)
Ce qui fait plus de 10kg pour 12 variétés de légumes

Il faut avouer que c'est une saison particulièrement belle, il y a encore des tomates et des aubergines, mais déjà quelques légumes de "garde" (patates, oignon, carottes, poireaux) qui pèsent vite lourd dans un panier, mais qui sont moins chers à l'achat. La qualité de tous les légumes est impeccable. Les variétés ne sont pas folles, ni bizarre, ce sont des légumes faciles à cuisiner avec des recettes que l'on connait tous par coeur sans problème.

Par contre, 10 kg de légumes, ça prend de la place dans une cuisine. Il faut donc prévoir de la place dans votre frigo et sur vos étagères pour recevoir tout ça. Je vous recommande de tout trier dès réception, afin d'avoir une bonne visibilité des produits disponibles, de ceux à utiliser rapidement, etc.





Utilisation du panier

mardi 11 septembre 2018

Visites du marché automne-hiver


Je vous ai annoncé ce printemps que j'organisais des visites de marché. J'ai commencé l'année dernière avec quelques lecteurs de ce blog et continué cette année dans le cadre du programme de Lausanne à Table. Gros succès pour les premières dates, toutes complètes. J'ai donc allongé le programme : il reste des places pour les visites du 13 octobre et 3 novembre. (Inscriptions ici.)

Ce sont à mon avis les deux dates les plus intéressantes, car c'est en automne et en hiver que le manque de diversité des fruits et légumes locaux se fait le plus sentir dans les supermarché. On ne sait plus quoi acheter à part des patates et des poireaux, et encore, parfois même eux viennent de loin. Ce sera l'occasion de redécouvrir l'incroyable variété existante grâce à nos maraichers locaux. On papote devant un café, on se promène, on déguste à certains stands, je partage mes idées recettes, on finit par l'apéro, bref on passe un bon moment dont le but est de vous donner le goût d'aller au marché le plus souvent possible. J'attends vos inscriptions avec impatience !

J'ai eu le plaisir d'être accompagnée par un photographe lors d'une des visites, vous pouvez voir l'album complet sur la page facebook de Lausanne à Table. Voici quelques images que j'aime beaucoup.

vendredi 7 septembre 2018

Poupoupidou

En pleine prohibition, deux musiciens tentant de gagner leur vie dans des orchestres de jazz qui jouent dans des tripots clandestins deviennent les témoins d'un règlement de compte de la mafia. Ils doivent donc fuir Chicago. Le seul job qu'on leur a proposé les semaines précédentes est dans un orchestre entièrement féminin qui part pour Miami. Ils décident donc de se travestir et d'embarquer avec l'orchestre sous leur nouvelles identités.

Si vous n'avez pas reconnu le début du film Some Like it Hot, il est urgent que vous le voyiez. Si vous avez reconnu, il est urgent de le revoir. Encore et encore. Je l'ai revu hier soir, pour la je-ne-me-souviens-plus-combien-t-ième fois, avec toujours le même plaisir, voir encore plus de plaisir à chaque fois.

C'est un chef-d'oeuvre qui n'a pas pris une ride.


Les acteurs d'abord, évidemment. Jack Lemon est hilarant en Daphne, contrebassiste prête à entraîner tout l'orchestre dans ses folies et bien décidé à profiter de la vie, que ce soit en tant que Jerry ou en tant que Daphne. Tony Curtis est parfait en Josephine, saxophoniste, et il tombe, évidemment, amoureux de la chanteuse, Sugar Kane, Marilyn Monroe, somptueuse, lumineuse, touchante, drôle, charismatique, hypnotisante. (Cette robe, mes aïeux, cette robe.)


Les quiproquos s'enchainent à un rythme endiablé pendant 2h. C'est hilarant, touchant, romantique, plein d'action. Le montage est trépidant et toujours juste. Les dialogues sont des pépites dont une bonne vingtaine sont carrément devenus des aphorismes encore utilisés aujourd'hui, bien que peu se souviennent qu'ils viennent de ce film de 1949. "Nobody's Perfect!", dernière phrase du film est l'exemple le plus connu. 

Et évidemment, le fameux "Boob boob e doo" dans une des chansons. La bande-son qui contient (entre autres merveilles) quatre chansons interprétées par Marilyn est merveilleuse.



Mais surtout, chaque plan est superbe. Le réalisateur Billy Wilder est au sommet de son art. Les lumières sont extraordinaires. Et le noir et blanc permet au travestissement de passer sans problème et sans que nous ne pensions supercherie à chaque instant. Contrairement aux beaucoup plus tardif Tootstie ou Mrs Doubtfire par exemple, également incarnées par des acteurs masculins fabuleux, mais qui ne fonctionnent pas du tout de la même manière qu'ici. Dans Some Like It Hot, à partir du moment où Curis et Lemmon sont Josephine et Daphne, on n'a aucun doute sur le fait que les autres personnages du film n'y voient que du feu. Et si le noir et blanc vous fait peur, je vous garantis que vous l'aurez oublié en moins de cinq minutes et que vous ne subirez pas une seconde d'ennui devant ce film.


Des milliers d'articles ont été écrits sur ce film, des thèses universitaires rédigées, des dizaines d'interviews publiés. Les anecdotes de Marilyn ne sachant pas son texte et devant faire de très nombreuses prises parfois, mais qui par contre réussissait une scène complexe en une seule prise continuent à circuler. Billy Wilder a déclaré 10 ans plus tard à un journaliste qui lui demandait s'il aurait voulu travailler à nouveau avec Marilyn "j'en ai discuté avec mon docteur et mon psy et ils me disent que je suis trop vieux et trop riche pour supporter ça à nouveau". D'autres préfèrent la citation "ma tante Minnie serait toujours ponctuelle et ne retarderait jamais aucune production, mais qui paierait pour voir un film avec ma tante Minnie ?".

Bref, ce film est mythique. Sans exagérer.

Mais si je vous en parle aujourd'hui c'est parce qu'en le revoyant hier, je me suis rendu compte que non seulement, il n'a toujours pas pris une ride, mais surtout, ses propos sur les rapports entre les sexes est incroyablement non sexiste pour l'époque, et même pour aujourd'hui ! Le film est presque féministe, et tout ce discours-là est porté par deux hommes, qui découvrent à quel point être dans le corps et la position de femmes et profondément inconfortable.

- Ce vieux cochon !
- Qu'est ce qui s'est passé ?
- Il m'a pincé les fesses dans l'ascenseur !
- Maintenant tu sais ce que vit l'autre moitié.
- Mais regarde-moi, je ne suis même pas jolie !
- Ils s'en fichent ! Tant que tu portes une jupe. C'est comme agiter un drapeau rouge devant un taureau.
- Vraiment? Ben j'en ai marre d'être le drapeau. Je veux redevenir le taureau !

Et non, il ne ferait pas scandale auprès de la communauté trans non plus (je vous vois venir amateurs de Jennifer Lawrence), car à aucun moment il ne s'agit de personnages trans, mais de deux hommes qui tentent de se faire passer pour des femmes pour échapper à la mafia...

Dans ces temps où les moeurs évoluent, ENFIN, de très nombreux films deviennent impossibles à regarder, les films des années 40 évidemment, mais même des films des années 80 ou 90 ont pris des coups de vieux impossible à oublier par des passages racistes, sexistes ou encore homophobes. La série Mad Men en a fait son fond de commerce, en mettant en valeur ces moments "normaux" des années 50-60 qui sont devenus totalement choquants aujourd'hui. Souvenez-vous de la scène de la saison 1 où Betty Draper, très enceinte, enchainant les cigarettes et les verres de vin, hurle sur sa fille qui court avec une housse en plastique de teinturier sur le visage... parce qu'elle pense que la chemise de son mari est peut-être froissée. En 10 secondes, la différence historique était mise en place.

Pour Some Like It Hot c'est l'inverse, le discours reste parfaitement juste aujourd'hui. Impressionnant.

Bref, voyez-le, revoyez-le, encore, et encore.

lundi 3 septembre 2018

20% de différence salariale homme-femme

Il y a quelques jours, j'ai publié les liens vers des annonces pour un job de RH, où le salaire de l'annonce masculine était 20% plus haut que la même annonce pour une candidature féminine. 

Je me suis outrée publiquement sur twitter :

cliquez sur l'image pour voir les réactions


... -avec malheureusement une superbe faute d'orthographe, mais il y avait déjà des RT quand je l'ai vue 2 minutes plus tard, trop tard pour rectifier- et sur facebook : 

cliquez sur l'image pour voir la publication originale et les commentaires

Les réactions choquées ont été immédiates et nombreuses. 
Le Matin a même fait un article citant mon tweet (supprimé quelques heures plus tard).




Très rapidement, les plus aguerris en fake news ont été cherché des infos plus complètes : registre du commerce, propriété du site web, vérification auprès de banques de photos, plein d'indices leur ont fait penser que c'était un canular, ou une opération de communication. Grégoire Barbey, journaliste, annonce rapidement que Le Matin s'est fait berner, dans un statut facebook où il déduit que ces offres d'emploi sont fausses, mais il s'interroge sur leurs objectifs : 



Le lendemain, d'autres s'emparent du dossier en s'emportant haut et fort "les fake news débarquent en Suisse Romande", l'article continue à citer mon tweet comme origine de l'histoire, son auteur a commenté sur ma publication facebook que je ne devrais pas relayer des fake news*, il exige des explications du Matin et évidemment de la politicienne citée qui n'est pas de son bord politique (tout s'explique), et se moque de moi en annonçant que d'habitude je suis plutôt du genre à dénoncer les fakes news... et oui, Monsieur, mais il fallait aller un poil plus loin dans votre analyse, ...

Vendredi, le Matin publie à nouveau un article : "Les offres d'emploi scandaleuses étaient des fakes".
Depuis, plusieurs journalistes m'ont contactée en me demandant où j'avais trouvé ces annonces, et pourquoi je ne démentais pas leur contenu. 



Effectivement, ces annonces sont fausses.

C'est UNIA qui a créé cette action pour leur campagne pour l'égalité salariale et demandé à quelques "influenceurs" (je cite) de partager ces annonces afin de sensibiliser l'opinion publique en créant un "buzz". Le moins que l'on puisse dire c'est que c'est réussi : le bruit a couru, en Suisse Romande du moins.

La société Meyer info, crée de toute pièce pour cette action (ce qui a été repéré par les débusqueurs de fausses infos, mais pas par le grand public), représente l'exemple type de l'inégalité salariale. C'est gigantesque et très visible ici.

Mais les inégalités salariale sont bien réelles, quoi que beaucoup plus sournoises, avec la même disparité de 20% !

Une manifestation nationale aura lieu le 22 septembre pour lutter contre les discriminations salariales. Un train sera gratuit depuis la plupart des villes romandes. Plus d'infos, horaires, etc.

(Edit : explications d'Unia du 5 septembre.)

J'espère que celles et ceux qui sont tombé·e·s le panneau ne m'en voudront pas trop, et que leur indignation pour ces inégalités salariales restera intacte malgré le procédé utilisé. Ces fausses annonces ont simplement permis de rendre plus visibles et transparentes ces inégalités d'habitude dissimulées. (C'est si facile en Suisse où on aime pas parler d'argent entre collègues...)

Je comprends ceux qui critiquent la méthode, passer par des fausses informations peut aussi donner de l'eau au moulin de ceux qui ne voient pas le problème, j'imagine déjà les : "d'ailleurs ils ont dû inventer des annonces, c'est dire qu'il n'y en avait pas". #fatigue

Pour ma part, j'ai accepté de participer car ce problème est encore trop invisible. Les personnes de mes "cercles" habituels, renforcés par les algorithmes facebook and co, sont sensibilisés à cette question d'inégalité majeure, mais il suffisait de lire les commentaires sous le premier article du Matin pour se rendre compte que non, la question n'est pas prise au sérieux par une très grande frange de la population, ainsi que par les partis politiques de droite qui ne voient pas le problème (on comprend mieux quand on calcule le pourcentage de femmes parmi leurs élus).

Alors pourquoi ne pas passer par le choc et l'indignation ! J'espère que ces énergies mises dans cette stratégie de buzz vont continuer à travailler sur le problème de fond avec le même succès.

Et j'espère surtout que nous serons moins longs à régler ce problème que le droit de vote des femmes**... mais dans ce si joli mais arriéré pays qu'est la Suisse, c'est pas gagné.


Si vous êtes journaliste et souhaitez en savoir plus, merci de contacter UNIA directement.



* J'ai supprimé ce commentaire en attendant des nouvelles des instigateurs de cette campagne.
** 1971 pour les non-suisses qui me liraient... la "suisse primitive" n'est pas un mythe.


Edit :


mardi 28 août 2018

Irréductible : l'exposition pour les 150 ans du Courrier


La presse est un secteur en crise, le paysage médiatique suisse-romand a été pas mal bouleversé ces derniers mois avec plusieurs titres qui ont disparus. C'est dans ce contexte que je vous recommande vivement d'aller voir l'exposition des 150 ans du Courrier. Ce titre est particulier en Suisse Romande, c'est le seul qui est encore complètement indépendant, il se finance grâce aux abonnements et est édité par une association à but non lucratif. Son histoire est aussi particulière que son profil actuel.