jeudi 4 novembre 2021

Les Créatives et Filmar en America Latina présentent...

Aujourd'hui je vous parle de deux festivals qui ont lieu en novembre à Genève (et un peu à Lausanne), Les Créatives, un festival féministe multifacettes, et Filmar en America Latina, qui présente la crème de la crème de la production cinéma récente d'Amérique latine. 

Je connais Filmar depuis longtemps, du temps d'une de mes précédentes vies dans les festivals de cinéma et la production. L'Amerique latine est un continent qui me fascine depuis l'enfance où j'ai eu la chance de vivre et voyager dans divers pays, de l'Argentine au Mexique, de Cuba au Venezuela. Bref, comme dirais mon mec : j'ai un biais. 

Par contre j'ai étrangement découvert Les Créatives seulement en 2020, alors que le festival n'avait presque pas de public et dû annuler la plupart de ses ambitions, car j'ai regardé avec passion les discussions programmées et diffusées en ligne. Elles y sont toujours. La conversation entre Contrapoints, Loretta Ross et Lauren Bastide, celle entre Judith Butler et Lauren Bastide, et la merveilleuse rencontre entre Roxane Gay et Rokhaya Diallo.


Ces deux festivals collaborent cette année avec une programmation commune de deux documentaires. J'en profite pour remercier les deux attachées de presse, Léonore et Luisa, de m'avoir permis de les voir pour vous en parler. 

samedi 30 octobre 2021

Butternut farcie aux légumes d'automne

 


Il y a quelques mois j'ai eu un coup de coeur littéraire pour Nagori. Il faut tout un (extraordinaire) livre à l'autrice et traductrice Ryōko Sekiguchi pour expliquer un mot japonais. Nostalgie de la saison qui s'éteint, goût de la dernière tomate de la saison. Lisez et offrez ce livre. Depuis que je connais et crois comprendre ce mot, moi qui ai toujours aimé la poésie de la nostalgie, je vois du Nagori partout.

Mais, par définition, à la fin trainante d'une saison, il y a simultanément le début précoce d'une autre. L'importance de la première mandarine, qui va fixer combien je vais en manger cet hiver-là. (Si elle est acidulée, juteuse et sucrée, je vais en acheter chaque semaine et me gaver d'agrumes. Si elle est décevante, sèche et trop amère, ce sera un hiver moins vitaminé. Vous aussi ?) Le Parc de Valency qui jaunit. Le plaisir de la première courge. Je me demande s'il y a un mot en japonais pour ce plaisir particulier qui va imprimer son empreinte émotionnelle sur toute la saison.

J'adore les courges. J'adore qu'elles soient si faciles à conserver sans encombrer mon frigo. J'adore qu'elles soient si nombreuses et différentes. Je trouve leurs formes et couleurs fascinantes. J'adore qu'elles soient sucrées et savoureuses à la fois. Mais je déteste les peler. Comme tout le monde non ? Du coup, 99% du temps, quand j'achète des courges, malgré leur diversité, je reste sur deux variétés : le potimarron, car sa peau est si fine qu'il suffit de le couper en cube et de le faire cuire, puis de le mixer, sans le peler, et hop, on a une parfaite soupe pour deux personnes. Et la butternut. J'adore sa forme. J'adore son goût. Mais surtout j'adore qu'il soit si facile de la trancher en deux. Qu'il soit possible de faire des "steaks" dans la partie du haut sans enlever la peau. Et qu'il soit possible de la rôtir entière sans enlever la peau, on mangera ensuite l'intérieur et le tour est joué.

Oui, je choisis mes ingrédients principalement par flemme. Non, je n'ai pas honte.

Tout ça pour vous dire que j'avais une très très très mignonne petite butternut. Ma première de l'année. J'avais envie de la choyer. Je l'ai coupée en deux, puis rôtie, puis farcie. Et c'était tellement délicieux qu'il faut que je partage cette recette avec vous. (Et que je la note quelque part pour me souvenir exactement ce que j'ai mis dedans pour la prochaine fois.)

Dernier commentaire avant la recette : si vous faites une dinde farcie, que ce soit pour Thanksgiving ou Noël, et que vous avec un ou une convive végétarien ou végan, cette recette aura beaucoup de succès et remplacera avantageusement votre volaille farcie.

mercredi 13 octobre 2021

Pickles de tomates vertes


C'est la toute fin de la saison des tomates. J'en ai laissé encore quelques unes pour tenter de les mûrir au pâle soleil d'octobre, avec un mini espoir d'avoir un petit trésor Nagori de tomate de novembre. (Nagori est un livre de l'autrice Ryôko Sekiguchi, car il lui faut tout un livre pour expliquer la beauté de ce concept de nostalgie de fin de saison, lisez-le, c'est un bijou).

Pour que ces rescapées aient un petit espoir, j'ai coupé les tomates vertes afin que les plantes donnent toute leur énergie restante aux déjà rougies. Mais du coup, que faire avec ces tomates vertes. Si j'avais des grandes tomates, j'aurais bien sûr tenté à nouveau les Beignets de Tomates Vertes, oui, oui, comme le film merveilleux. C'est tout à fait délicieux. (Recette comme dans le film.)

Mais comme j'ai des petites tomates, j'ai fait des pickles. Parce que c'est délicieux avec de la raclette. N'est-ce pas parfait alors que les envies de raclette montent aussi vite que la température descend ?

jeudi 2 septembre 2021

Instagram killed my blog

 Hey salut.

Je n'ai pas mis les pieds ici depuis mai 2020 : instagram a tué mon blog.

Parce qu'il est beaucoup plus rapide de :
- prendre une photo, foutre un filtre, mettre une légende et publier une story (moins de 5 minutes)
que de : 
- prendre des photos, les télécharger sur mon ordi, les reformater/retoucher, les importer sur blogger, écrire un texte complet et détaillé, intégrer les images, checker la mise en page, relire, publier, copier le lien et aller en faire la promo sur instagram, facebook et twitter (au minimum 45 minutes - 1h).



Et puis il n'y a pas l'instantanéité des réactions, des questions, je ne peux pas vous interroger, vous ne pouvez pas partager vos photos de recettes réussies, etc.

Mais par contre, je suis un peu trop prolifique, du coup retrouver une recettes dans mes storys classées d'instagram, c'est le bordel. Donc il faut que ça change, donc je vais reprendre du service (minimum) ici, afin d'avoir ma base de données de recettes. Parce que moi aussi je les utilise mes recettes, je les refais, et si j'ai inventé un truc génial, j'aimerais pouvoir retrouver les proportions rapidement.

Du coup, annonce officielle.



Ces prochains temps, au gré de la motivation, je vais ajouter plein de recettes.
Avec peu de photos... car des photos verticales sur insta c'est chouette, en mobile c'est chouette, en version web c'est affreux affreux affreux. Et que j'ai oublié mon réflexe de toujours faire une image d'illustration pour ce blog.
Et avec peu de promo, parce que sinon ça va être insupportable. Pour vous déjà, mais pour les autres vous ne vous rendez pas compte.

Je t'entends, là tu te dis "c'est ça ouais, elle nous fait le coup de la blogueuse qui revient, mais en fait elle ne reviendra pas". Et bien pour vous me prouver que j'allais le faire, j'ai commencé par deux recettes vachement trop bien.

Umami Pot Pie

Quiche à la croûte de riz

Et donc un rappel : on retrouve toutes mes recettes dans l'onglet recettes sous la bannière, plus ou moins logiquement classées, je vais tenter d'améliorer ça aussi.


Autre info, comme écrire un texte personnel plus complexe qu'une recette a commencé à me paralyser quand il s'agit de l'écrire sur du marbre (c'est-à-dire mon blog, un url fixe, qu'on peut retrouver, etc.). J'ai décidé plutôt de me lancer dans une newsletter, qui aura de la gourmandise, oui, mais pas que. Je parlerai de ce qui me plait, m'a plu, m'énerve, me fascine, etc. Par petits textes courts, publiés de manière irrégulière. Et ça va être fun. Et si tu veux t'inscrire, c'est ici : (gaffe, c'est pas encore bien intitulé).




J'ai envie de dire merci, bisou.

Umami Pot Pie


Mon four, installé il y a 4 ans par la régie, est nul.
Il ne chauffe pas par en-dessous, il est trop chaud en mode chaleur tournante. Grmbl.
Du coup, tous les plats qui doivent être bien cuits en bas, par exemple les tartes et quiches, finissent souvent soit trop cuites, soit cuites parfaitement mais avec la pâte encore mouillée. C'est le pire qui peut arriver à une tarte.

Du coup, j'ai commencé à développer une passion pour les "pot pies". Cette manière anglo-saxonne de mettre la pâte feuilletée au-dessus de la farce, plutôt que sous la farce. Ce qui convient à mon four, mais aussi à plein d'ingrédients difficiles à "mettre en tarte" car ils peuvent être trop "mouillés".

Comme par exemple, les aubergines et les champignons. Qui sont parmi les ingrédients très umami, pour faire bonne mesure j'ajoute du miso, et vous avez un profil de saveur inoubliable.

 J'ai fait plein de versions de ces pot pie, avec des restes de légumes rôtis c'est délicieux, parfois j'ajoute même du riz, avec des restes de ragoûts et mijotés c'est parfait, et grâce à la pâte feuilletée il y a de la texture, c'est joli et ça fait un repas complet. J'aime.


Croûtes de céréales pour quiche et tartes

 


Je continue à regarder beaucoup trop de vidéo youtube de cuisine. Dont une nana formidable, Erin McDowell, qui a une série qui s'appelle Bake it Up a Notch!. Moi qui ai un four désastreux et qui ne suis pas capable de suivre une recette sans rien changer, autant vous dire que la pâtisserie ce n'est pas mon truc. Mais elle est tellement chouette, joyeuse, décomplexante et avec un grand sens pratique, que je peux passer 1h sur une vidéo qui explique la pâte à chou avec délectation, sans aucune intention d'en cuisiner.

Mais cette semaine, elle a publié une vidéo beaucoup plus courte, une astuce bonus qu'elle n'avait pas réussi à caser dans son bouquin, et je crois que ça va changer la vie de mes restes pour toujours : la croûte de céréales pour les tartes ou les quiches !

Il fallait que je teste immédiatement. Je vous livre ici la recette que j'ai testée, mais le plus important est d'aller voir sa vidéo et ses gestes, et surtout toutes ses idées pour faire ça avec des pâtes, du quinoa, du boulgur, etc.



mardi 19 mai 2020

Le nouveau marché de Lausanne


Rappel des épisodes précédents

Une pandémie oblige les autorités du pays à supprimer toutes les activités qui pourraient être des foyers d'infections. Mi-avril, les autorités de la Ville de Lausanne souhaitent rouvrir un marché sous une forme différente, avec moins de stands et des stands éloignées, mais les autorités du canton de Vaud refusent. La Ville prend alors le temps de revoir sa copie pour être sûre que les autorités du canton n'y trouveront rien à redire. Et nous voici à l'aube du nouveau marché de Lausanne que je vais vous présenter et dont je me réjouis comme si c'était un week-end de vacances à la découverte d'une nouvelle ville.

La Ville de Lausanne avait plusieurs problèmes à résoudre : trouver suffisamment d'espace pour tous les stands qui le souhaiteraient, un marché central très populaire qui provoquait des foules chaque week-end dans toutes les rues et sur toutes les places concernées, une population et des marchands qui veulent retrouver leur marché, mais pas dans n'importe quelles conditions.

Le nouveau marché de Lausanne

J'aime plutôt la solution à laquelle ils sont arrivés : des stands plus éloignés et de nouvelles aires de marché, en particulier le Nord de la place de la Riponne qui sera ainsi entièrement couverte, la Place Pépinet, une place St Laurent plus fournie en stands et surtout la Rue Centrale coupée à la circulation le samedi afin d'y prolonger le marché de plusieurs dizaines de stands.

Le marché de Lausanne a toujours été un charmant labyrinthe entre ses rues piétonnes en pente et ses attachantes places biscornues, il vient de gagner une rue et deux places.

Je vous ai fait un plan approximatif de la situation des stands dès ce samedi 23 mai (vous pouvez agrandir le plan et y naviguer). Tous les stands ne sont pas encore finalisés entre les marchands et les responsables du marché, mais marché il y aura. Vous trouvez une liste mise à jour régulièrement de tous les stands par zones (secteurs : Saint-François Rue de Bourg ; Rue Centrale Est et Ouest ; Riponne ; Rue du Pont et Palud ; Rue Haldimand et Place St François ; Rue de l'Ale) sur cette page : https://www.lausanne.ch/vie-pratique/economie-et-commerces/marchands-centre-ville.html#



Par contre, qui sera où, ce n'est pas encore garanti... il va falloir se promener, et quelle promenade !
On m'a glissé dans l'oreillette que les stands historiques du marché, où cela était possible, avaient conservé leur emplacement, mais forcément pas tous, sinon il n'y aurait pas tous ce ramdam. Il va falloir partir à la découverte.

Et j'espère que vous l'aurez cet esprit de découverte, car les marchands et les clients auront de nouveaux gestes à apprendre. Soyez prêts !



Les nouveaux gestes du marché


  • Il faut demander les produits à la personne qui vous les vend et ne pas se servir soi-même.
    Vous pouvez toujours lui tendre un sac à commission ou une boîte à oeufs car les vendeurs vont se désinfecter les mains entre chaque client et, soyez sympa, faites-le aussi.

  • Un client par 2m linéaire de stand. 
    Ce qui veut dire que pour un petit stand, la file d'attente est à côté du stand, toujours à 2m chacun, il y aura un marquage au sol (et si le marquage manque au début, on jouera le jeu pour les aider car ce ne sera pas facile pour les marchands).

  • Il sera possible de payer en cash, mais beaucoup de marchands se sont mis à des solutions sans contact, comme les cartes ou l'application twint. Si vous le pouvez, préférez ces solutions qui leur permettront deux désinfections des mains en moins par client. 

  • Les files d'attente devront être à 2m de distance du flux des passants.
    Et là ce sera à chacune et chacun de jouer le jeu. Comment ? En prenant votre temps, en faisant des pauses pour laisser passer quelqu'un, en étant attentifs aux personnes à mobilité réduite et en vous rappelant à chaque fois que vous devez attendre combien vous êtes heureux que le marché reprenne.

  • Découvrez de nouveaux stands 
    Si votre boucher chouchou est pris d'assaut, allez au stand d'en face qui est vide à ce moment-là. Je sais qu'on a tous envie de retrouver "nos stands", mais cette nouvelle disposition géographique va nous permettre de partir à la découverte de nouveaux vendeurs et donc de nouveaux produits.
  • Enfin, et surtout, soyez patients.
    Ça va être beaucoup, beaucoup, de travail en plus pour tous les marchands. Ils seront bien sûr très heureux de retrouver le marché, mais ce sera long et compliqué pour eux. Ils sont seuls responsables de la mise en place de ces mesures sanitaires (comme dans les boutiques ou les restaurants). Alors allégeons-leur la tâche en étant préparés, patients, souriants et en nous régalant de leurs délicieux produits.


Autres marchés et infos pratiques


Il n'y a pas que le marché du samedi dans la vie...

  • Pour le mercredi, le marché sera aussi sous cette forme étendue, juste un peu moins, cela dépend encore du nombre de stands qui s'inscriront (en général, c'est 2/3 des stands du samedi). La Rue Centrale ne sera pas bloquée à la circulation le mercredi.

  • Le Marché de Grancy reprendra également, tous les lundis et tous les jeudis, de 6h à 13h, avec les mesures de distanciation physique nécessaires.

  • Le Marché de la Sallaz gagne un jour : il aura lieu tous les jeudis et vendredis, de 15h à 19h. 

Plus on fréquentera aussi les autres marchés, moins celui du samedi sera difficile à gérer au niveau attente et espaces de passages. En fait, il ne manque plus que le mardi et le dimanche et on aura bientôt un marché tous les jours à Lausanne !


Un dernier petit mot pour dire merci à la Ville, on a attendu, mais la solution trouvée est top. Ils font un vrai boulot de fourmi pour tous ces changements et pour le marché d'habitude, c'est un marché vivant dont le succès ne faiblit pas et qui fait honneur à notre canton agricole. C'est une des choses que j'adore montrer de ma ville quand on reçoit des visites d'ailleurs. Et j'espère pouvoir reprendre mes visites de marché dans quelques mois en petits comités.

En attendant, on se voit samedi, ou mercredi, ou jeudi prochains.


PS : Si vous avez des questions, vous pouvez me les poser en commentaires ici, sur ma page facebook, mon compte instagram, ou dans le groupe "Lausanne sans supermarché" où je vais poster cet article.

dimanche 22 mars 2020

La Cancoillotte maison de Thomas Lécuyer


Il ne sera une surprise pour personne que j'aime le fromage. Et j'aime les gens qui aiment le fromage. Quand j'ai annoncé que je faisais des soirées fromage, certaines personnes m'ont fait savoir par des "hiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiii" qu'elles seraient intéressées. Et à la toute première édition de "Partage ton fromage", il y en a même un qui est venu avec son propre fromage, ce qui est la classe ultime.

Ce quelqu'un c'était Thomas Lécuyer, programmateur d'humour dans trop de lieux pour les citer tous, fondateur du festival Blues Rules, chroniqueur culturel dans plusieurs médias, homme délicieux et amateur de fromage. Il partage avec vous sa recette de cancoillotte, parce qu'on a le temps de se lancer dans de nouvelles expériences culinaires ces prochaines semaines. 
Merci Thomas <3


La Cancoillotte de Thomas Lécuyer


Ingrédients

  • 250g de metton affiné
  • 50g de beurre
  • 30 cl d’eau
  • Gros sel de guérande
  • Ail (optionnel)

Le metton ne se trouve pas en Suisse mais se commande facilement en quelques clics sur Internet auprès de nombreuses fromageries du Doubs, qui vous l’expédient sans problème. Pour ma part, je le commande ici, à Besançon : https://www.lacaveauxfromages.com/

Prenez soin de congeler votre metton une fois reçu. D’une part, cela le traite contre toute forme de germe ou bactérie, d’autre part, il sera plus facile à cuisiner.


Recette


Donc, une fois que vous avez commandé, reçu et congelé votre metton : décongelez le !

Puis laissez le tremper au moins 4 heures dans 30cl d’eau tiède.

Si le metton fait des gros grumeaux, n’hésitez pas à lui donner un tout petit coup de mixer pour fluidifier tout ça (vraiment rapide, on ne veut pas trop le broyer non plus).

Faites chauffer la préparation ainsi obtenue (metton + 25cl d’eau) au bain marie, a feu doux, pendant looooooongtemps (30 minutes environ) sans cesser de remuer, toujours doucement. Le metton doit devenir onctueux, idéalement se mettre à filer. Prenez sa température : il doit monter à 80°C. Pas plus.


Une fois que le metton a atteint sa texture et sa température, retirer le du bain marie, posez le sur feu doux, ajouter le beurre, le sel, et portez à ébullition sans cesser de remuer. Dès que l’ébullition est là, retirez du feu. Il faut simplement voir les première grosses bulles apparaître à la surface.

Reprenez la température de votre cancoillotte en remuant doucement jusqu’à ce qu’elle affiche 50°C. Si vous le mettez en pot avant, elle risque de se « dissocier », comme une fondue ratée.

Mettez en pot, fermez, laissez refroidir à température ambiante avant de mettre au frigo.

Laissez quelques heures au frigo avant de déguster.



Et ensuite, envoyez un petit mot à Thomas pour le remercier !

jeudi 27 février 2020

Où manger latino à Lausanne ?


Les temporalités "foodies" sont propres à chaque région. Dans la nôtre, vous pouvez reconnaître les personnes qui sont foodies de manière aiguë par plusieurs signes : elles détestent ce mot, elles font du kimchi maison (ou ont le projet de se lancer), ont des grains de kefir à la maison (ou ont le projet de tester), ont un stand de légumes favoris au marché (qui vend de la mizuna), et leurs proches leur demande "où aller manger en ce moment" au moins 2 fois par mois.

Pour les personnes non-obsessives normales, la cuisine coréenne débarque à peine dans les radars, le kimchi n'accompagne pas encore toutes les raclettes (essayez !) et on s'intéresse aux poke bowls. (Pourtant so 2016.) (Oui, je fais partie de la catégorie ci-dessus, même si je déteste ce mot.) (Comment ça cqfd ?)


Mais quel est le prochain trend culinaire lausannois ? Celui qui s'installe actuellement et dont tout le monde va parler et va vouloir tester ces prochains mois, ces prochaines années ?
Les cuisines d'Amérique Latine.


Pour les foodies ce n'est pas nouveau que le Mexique a beaucoup plus à offrir que les tacos kits Old El Paso (qui sont d'ailleurs tex-mex, donc américains et non mexicains), que le meilleur plat de haricots secs du monde est probablement la feijoada (n'en déplaise au cassoulet) (je vais me faire lyncher pour celle-ci) et que la guerre entre le Chili et l'Argentine pour la parentalité des empanadas est aussi féroce que les Falklands s'appellent Malouines.

Les foodies pointus prêchent à qui veut l'entendre que le leche de tigre est la meilleure recette anti-gueule de bois du monde (fact), se demandent si c'est mieux d'utiliser des oranges douces ou amères pour les carnitas qui vont garnir leur sandwich au pulled pork (ou un mix des deux ?), ne peuvent pas vivre sans pico de gallo, ont testé une recette de pao de queijo avec du Gruyère AOP, et rêvent d'un tour du Pérou (pendant le festival Mistura) et/ou du Mexique (même si le NOMA n'y est plus) pour découvrir les cuisines de chaque province.

Et si vous n'avez pas compris au moins une des références du paragraphe ci-dessus, ne vous énervez pas contre moi, dans quelques mois, le palais conquis par vos nouvelles découvertes culinaires dans de chouettes tables lausannoises, vous parlerez couramment le latino-américain culinaire.

Commençons par dire que c'est un très grand continent, du Mexique à la pointe Sud de l'Argentine, ce sont plus de 10'000 kilomètres ; l'Atlantique à l'Est, le Pacifique à l'Ouest, la mer des Caraïbes au Nord et les Quarantièmes Hurlants au Sud ; les Andes, l'Amazonie, le desert d'Atacama le plus sec au monde ; la diversité géographique est gigantesque. C'est aussi le continent qui est à l'origine de nombreux aliments dont personne sur la planète ne pourrait se passer aujourd'hui : les tomates, les patates, le maïs, le café, le cacao, le piment, la vanille (et je passe sur les ananas, cucurbitacés, cacahuètes, haricots, etc.). Ce sont 34 pays ou territoires, et encore plus de cultures. Ce sont des civilisations très anciennes qui continuent à fasciner, puis plusieurs vagues d'invasions, par plusieurs pays européens, puis des arrivées massives d'esclaves africains, et des vagues d'immigrations plus récentes de plusieurs pays d'Asie et d'Europe. Je pourrais en rajouter des tonnes, mais j'espère que vous avez compris qu'on ne peut pas parler d'une cuisine latino-américaine, mais que les cultures culinaires y sont nombreuses et très diversifiées. Et, à mon plus grand plaisir, certaines deviennent de plus en plus à la mode. Plusieurs restaurants ou échoppes ont ouvert leurs portes à Lausanne ces derniers mois, je me suis dit que c'était l'occasion d'un petit tour d'horizon.


lundi 10 février 2020

Parasite


Oh non, pas encore un article qui vous dit qu'il faut absolument voir ce film ?
Et bien si. 
Je sais, il a déjà gagné la Palme d'Or, c'est le premier film à avoir gagné l'Oscar du Meilleur Film Étranger et l'Oscar du Meilleur Film (en plus de celui de meilleur réalisateur) et moultes autres prix,  depuis des mois. Mais pourquoi autant de bruit autour de ce film Sud-Coréen ?

Peut-être que comme moi, quand il y a trop de bruit, ça vous gonfle un peu et du coup, vous ne l'avez toujours pas vu ce Parasite. C'est fort dommage, car c'est un chef d'oeuvre. Et je suis heureuse d'avoir rattrapé mon retard début janvier. Depuis, je l'ai vu trois fois.
Je vais tenter de résumer pourquoi j'aime tant ce film (et pourquoi on est si nombreux à l'aduler), sans spoiler (ou si peu).