jeudi 27 février 2020

Où manger latino à Lausanne ?


Les temporalités "foodies" sont propres à chaque région. Dans la nôtre, vous pouvez reconnaître les personnes qui sont foodies de manière aiguë par plusieurs signes : elles détestent ce mot, elles font du kimchi maison (ou ont le projet de se lancer), ont des grains de kefir à la maison (ou ont le projet de tester), ont un stand de légumes favoris au marché (qui vend de la mizuna), et leurs proches leur demande "où aller manger en ce moment" au moins 2 fois par mois.

Pour les personnes non-obsessives normales, la cuisine coréenne débarque à peine dans les radars, le kimchi n'accompagne pas encore toutes les raclettes (essayez !) et on s'intéresse aux poke bowls. (Pourtant so 2016.) (Oui, je fais partie de la catégorie ci-dessus, même si je déteste ce mot.) (Comment ça cqfd ?)


Mais quel est le prochain trend culinaire lausannois ? Celui qui s'installe actuellement et dont tout le monde va parler et va vouloir tester ces prochains mois, ces prochaines années ?
Les cuisines d'Amérique Latine.


Pour les foodies ce n'est pas nouveau que le Mexique a beaucoup plus à offrir que les tacos kits Old El Paso (qui sont d'ailleurs tex-mex, donc américains et non mexicains), que le meilleur plat de haricots secs du monde est probablement la feijoada (n'en déplaise au cassoulet) (je vais me faire lyncher pour celle-ci) et que la guerre entre le Chili et l'Argentine pour la parentalité des empanadas est aussi féroce que les Falklands s'appellent Malouines.

Les foodies pointus prêchent à qui veut l'entendre que le leche de tigre est la meilleure recette anti-gueule de bois du monde (fact), se demandent si c'est mieux d'utiliser des oranges douces ou amères pour les carnitas qui vont garnir leur sandwich au pulled pork (ou un mix des deux ?), ne peuvent pas vivre sans pico de gallo, ont testé une recette de pao de queijo avec du Gruyère AOP, et rêvent d'un tour du Pérou (pendant le festival Mistura) et/ou du Mexique (même si le NOMA n'y est plus) pour découvrir les cuisines de chaque province.

Et si vous n'avez pas compris au moins une des références du paragraphe ci-dessus, ne vous énervez pas contre moi, dans quelques mois, le palais conquis par vos nouvelles découvertes culinaires dans de chouettes tables lausannoises, vous parlerez couramment le latino-américain culinaire.

Commençons par dire que c'est un très grand continent, du Mexique à la pointe Sud de l'Argentine, ce sont plus de 10'000 kilomètres ; l'Atlantique à l'Est, le Pacifique à l'Ouest, la mer des Caraïbes au Nord et les Quarantièmes Hurlants au Sud ; les Andes, l'Amazonie, le desert d'Atacama le plus sec au monde ; la diversité géographique est gigantesque. C'est aussi le continent qui est à l'origine de nombreux aliments dont personne sur la planète ne pourrait se passer aujourd'hui : les tomates, les patates, le maïs, le café, le cacao, le piment, la vanille (et je passe sur les ananas, cucurbitacés, cacahuètes, haricots, etc.). Ce sont 34 pays ou territoires, et encore plus de cultures. Ce sont des civilisations très anciennes qui continuent à fasciner, puis plusieurs vagues d'invasions, par plusieurs pays européens, puis des arrivées massives d'esclaves africains, et des vagues d'immigrations plus récentes de plusieurs pays d'Asie et d'Europe. Je pourrais en rajouter des tonnes, mais j'espère que vous avez compris qu'on ne peut pas parler d'une cuisine latino-américaine, mais que les cultures culinaires y sont nombreuses et très diversifiées. Et, à mon plus grand plaisir, certaines deviennent de plus en plus à la mode. Plusieurs restaurants ou échoppes ont ouvert leurs portes à Lausanne ces derniers mois, je me suis dit que c'était l'occasion d'un petit tour d'horizon.


lundi 10 février 2020

Parasite


Oh non, pas encore un article qui vous dit qu'il faut absolument voir ce film ?
Et bien si. 
Je sais, il a déjà gagné la Palme d'Or, c'est le premier film à avoir gagné l'Oscar du Meilleur Film Étranger et l'Oscar du Meilleur Film (en plus de celui de meilleur réalisateur) et moultes autres prix,  depuis des mois. Mais pourquoi autant de bruit autour de ce film Sud-Coréen ?

Peut-être que comme moi, quand il y a trop de bruit, ça vous gonfle un peu et du coup, vous ne l'avez toujours pas vu ce Parasite. C'est fort dommage, car c'est un chef d'oeuvre. Et je suis heureuse d'avoir rattrapé mon retard début janvier. Depuis, je l'ai vu trois fois.
Je vais tenter de résumer pourquoi j'aime tant ce film (et pourquoi on est si nombreux à l'aduler), sans spoiler (ou si peu).