dimanche 22 mars 2020

La Cancoillotte maison de Thomas Lécuyer


Il ne sera une surprise pour personne que j'aime le fromage. Et j'aime les gens qui aiment le fromage. Quand j'ai annoncé que je faisais des soirées fromage, certaines personnes m'ont fait savoir par des "hiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiii" qu'elles seraient intéressées. Et à la toute première édition de "Partage ton fromage", il y en a même un qui est venu avec son propre fromage, ce qui est la classe ultime.

Ce quelqu'un c'était Thomas Lécuyer, programmateur d'humour dans trop de lieux pour les citer tous, fondateur du festival Blues Rules, chroniqueur culturel dans plusieurs médias, homme délicieux et amateur de fromage. Il partage avec vous sa recette de cancoillotte, parce qu'on a le temps de se lancer dans de nouvelles expériences culinaires ces prochaines semaines. 
Merci Thomas <3


La Cancoillotte de Thomas Lécuyer


Ingrédients

  • 250g de metton affiné
  • 50g de beurre
  • 30 cl d’eau
  • Gros sel de guérande
  • Ail (optionnel)

Le metton ne se trouve pas en Suisse mais se commande facilement en quelques clics sur Internet auprès de nombreuses fromageries du Doubs, qui vous l’expédient sans problème. Pour ma part, je le commande ici, à Besançon : https://www.lacaveauxfromages.com/

Prenez soin de congeler votre metton une fois reçu. D’une part, cela le traite contre toute forme de germe ou bactérie, d’autre part, il sera plus facile à cuisiner.


Recette


Donc, une fois que vous avez commandé, reçu et congelé votre metton : décongelez le !

Puis laissez le tremper au moins 4 heures dans 30cl d’eau tiède.

Si le metton fait des gros grumeaux, n’hésitez pas à lui donner un tout petit coup de mixer pour fluidifier tout ça (vraiment rapide, on ne veut pas trop le broyer non plus).

Faites chauffer la préparation ainsi obtenue (metton + 25cl d’eau) au bain marie, a feu doux, pendant looooooongtemps (30 minutes environ) sans cesser de remuer, toujours doucement. Le metton doit devenir onctueux, idéalement se mettre à filer. Prenez sa température : il doit monter à 80°C. Pas plus.


Une fois que le metton a atteint sa texture et sa température, retirer le du bain marie, posez le sur feu doux, ajouter le beurre, le sel, et portez à ébullition sans cesser de remuer. Dès que l’ébullition est là, retirez du feu. Il faut simplement voir les première grosses bulles apparaître à la surface.

Reprenez la température de votre cancoillotte en remuant doucement jusqu’à ce qu’elle affiche 50°C. Si vous le mettez en pot avant, elle risque de se « dissocier », comme une fondue ratée.

Mettez en pot, fermez, laissez refroidir à température ambiante avant de mettre au frigo.

Laissez quelques heures au frigo avant de déguster.



Et ensuite, envoyez un petit mot à Thomas pour le remercier !

jeudi 27 février 2020

Où manger latino à Lausanne ?


Les temporalités "foodies" sont propres à chaque région. Dans la nôtre, vous pouvez reconnaître les personnes qui sont foodies de manière aiguë par plusieurs signes : elles détestent ce mot, elles font du kimchi maison (ou ont le projet de se lancer), ont des grains de kefir à la maison (ou ont le projet de tester), ont un stand de légumes favoris au marché (qui vend de la mizuna), et leurs proches leur demande "où aller manger en ce moment" au moins 2 fois par mois.

Pour les personnes non-obsessives normales, la cuisine coréenne débarque à peine dans les radars, le kimchi n'accompagne pas encore toutes les raclettes (essayez !) et on s'intéresse aux poke bowls. (Pourtant so 2016.) (Oui, je fais partie de la catégorie ci-dessus, même si je déteste ce mot.) (Comment ça cqfd ?)


Mais quel est le prochain trend culinaire lausannois ? Celui qui s'installe actuellement et dont tout le monde va parler et va vouloir tester ces prochains mois, ces prochaines années ?
Les cuisines d'Amérique Latine.


Pour les foodies ce n'est pas nouveau que le Mexique a beaucoup plus à offrir que les tacos kits Old El Paso (qui sont d'ailleurs tex-mex, donc américains et non mexicains), que le meilleur plat de haricots secs du monde est probablement la feijoada (n'en déplaise au cassoulet) (je vais me faire lyncher pour celle-ci) et que la guerre entre le Chili et l'Argentine pour la parentalité des empanadas est aussi féroce que les Falklands s'appellent Malouines.

Les foodies pointus prêchent à qui veut l'entendre que le leche de tigre est la meilleure recette anti-gueule de bois du monde (fact), se demandent si c'est mieux d'utiliser des oranges douces ou amères pour les carnitas qui vont garnir leur sandwich au pulled pork (ou un mix des deux ?), ne peuvent pas vivre sans pico de gallo, ont testé une recette de pao de queijo avec du Gruyère AOP, et rêvent d'un tour du Pérou (pendant le festival Mistura) et/ou du Mexique (même si le NOMA n'y est plus) pour découvrir les cuisines de chaque province.

Et si vous n'avez pas compris au moins une des références du paragraphe ci-dessus, ne vous énervez pas contre moi, dans quelques mois, le palais conquis par vos nouvelles découvertes culinaires dans de chouettes tables lausannoises, vous parlerez couramment le latino-américain culinaire.

Commençons par dire que c'est un très grand continent, du Mexique à la pointe Sud de l'Argentine, ce sont plus de 10'000 kilomètres ; l'Atlantique à l'Est, le Pacifique à l'Ouest, la mer des Caraïbes au Nord et les Quarantièmes Hurlants au Sud ; les Andes, l'Amazonie, le desert d'Atacama le plus sec au monde ; la diversité géographique est gigantesque. C'est aussi le continent qui est à l'origine de nombreux aliments dont personne sur la planète ne pourrait se passer aujourd'hui : les tomates, les patates, le maïs, le café, le cacao, le piment, la vanille (et je passe sur les ananas, cucurbitacés, cacahuètes, haricots, etc.). Ce sont 34 pays ou territoires, et encore plus de cultures. Ce sont des civilisations très anciennes qui continuent à fasciner, puis plusieurs vagues d'invasions, par plusieurs pays européens, puis des arrivées massives d'esclaves africains, et des vagues d'immigrations plus récentes de plusieurs pays d'Asie et d'Europe. Je pourrais en rajouter des tonnes, mais j'espère que vous avez compris qu'on ne peut pas parler d'une cuisine latino-américaine, mais que les cultures culinaires y sont nombreuses et très diversifiées. Et, à mon plus grand plaisir, certaines deviennent de plus en plus à la mode. Plusieurs restaurants ou échoppes ont ouvert leurs portes à Lausanne ces derniers mois, je me suis dit que c'était l'occasion d'un petit tour d'horizon.


lundi 10 février 2020

Parasite


Oh non, pas encore un article qui vous dit qu'il faut absolument voir ce film ?
Et bien si. 
Je sais, il a déjà gagné la Palme d'Or, c'est le premier film à avoir gagné l'Oscar du Meilleur Film Étranger et l'Oscar du Meilleur Film (en plus de celui de meilleur réalisateur) et moultes autres prix,  depuis des mois. Mais pourquoi autant de bruit autour de ce film Sud-Coréen ?

Peut-être que comme moi, quand il y a trop de bruit, ça vous gonfle un peu et du coup, vous ne l'avez toujours pas vu ce Parasite. C'est fort dommage, car c'est un chef d'oeuvre. Et je suis heureuse d'avoir rattrapé mon retard début janvier. Depuis, je l'ai vu trois fois.
Je vais tenter de résumer pourquoi j'aime tant ce film (et pourquoi on est si nombreux à l'aduler), sans spoiler (ou si peu).


lundi 6 janvier 2020

Viens, on continue à bloguer !



Hey bonjour.

Oui, la constance laisse à désirer sur ce blog. Oui aussi, les habitudes de consommations changent, et quand les stats baissent et les commentaires disparaissent, ça motive moins à prendre le temps nécessaire pour écrire correctement un article, retoucher des images, mettre en page, etc. Mais je ne suis pas découragée, et je vais continuer à bloguer. J'ai des recettes à partager (celles et ceux qui me suivent sur instagram le savent, c'est là où je partage la plupart de mes découvertes et nouveaux tests en direct, dans des storys souvent beaucoup trop longues), des idées à soumettre, et des trucs à raconter.

Commençons par quelques nouvelles.

Comme vous le savez peut-être, j'organise des événements gourmands à Lausanne. Du coup, j'ai mis en place une newsletter, vous pouvez vous inscrire ici pour ne rien rater.
Les premières inscriptions c'est pour deux soirées Partage Ton Fromage supplémentaires car il y avait beaucoup de demande. Vous pouvez vous inscrire ici directement
Attention, elles vont se remplir vite !

Je continue à travailler en Suisse Romande, toujours autour du manger local, de la découverte des produits et des artisan·es, du partage des plaisirs et des savoir-faire. Je conseille quelques clients dans la restauration, la brasserie ou l'univers du vin. J'ai eu le plaisir d'accompagner la naissance de plusieurs app suisse autour de la nourriture, de faire des traductions culinaires (anglais -> français), et de développer quelques recettes. J'espère continuer sur cette voie.

Et j'ai plein d'idées pour ajouter d'autres cordes à mon arc professionnel et approfondir les domaines où je suis déjà active, mais je ne peux pas encore vous en parler.

Côté perso, en novembre une cheville qui m'a lâchement lâchée, quelle lâcheuse, m'a obligée à ralentir, prendre du recul, et hiberner. Ce qui s'est avéré très bénéfique pour m'obliger à penser posément à mes objectifs et envies, ce que je ne prends jamais le temps de faire. Et ça fait du bien. J'ai même réussi à m'éloigner un peu des réseaux et de rattraper mon abyssal retard en séries (J'ai 4 brouillons en cours à ce sujet.)


Pour les bonnes résolutions traditionnelles, j'ai bien quelques idées en tête : améliorer mon autopromo  professionnelle (c'est tellement plus facile de faire ça pour les autres que pour soi-même !), baisser drastiquement ma consommation de produits animaux (sans pour autant renoncer à des envies de beaux produits, mais moins souvent et donc en les appréciant mieux), consommer moins de choses physiques et plus de culture. 

Et évidemment, fumer moins, boire moins, bouger plus, être polie avec la dame et dormir avant minuit, ahem.

Mais la seule que je sais que je vais vraiment tenir, et que j'ai donc chiffré, c'est celle que j'arrive à tenir depuis 2015 sans faillir. Je vous l'offre si vous la voulez, faites la vôtre et vous me rendrez très heureuse (ainsi que votre palais et celui de vos proches) : tester, chaque mois, au moins une recette et/ou un nouvel ingrédient jamais goûté/cuisiné auparavant.

Grâce à cette bonne résolution, en 4 ans, mon répertoire de recettes personnelles (celles que l'on peut faire sans devoir consulter une recette, parce qu'on sait à quoi ça doit ressembler, comment ça doit goûter, sentir, quelle texture ça doit avoir, etc.) a augmenté d'une cinquantaine de recettes, mes placards se sont garnis de nouvelles épices et condiments, je suis un peu moins souvent surprise au marché devant des trucs qui ont des formes étranges, et il m'est de plus en plus facile d'improviser en cuisine. 

Et vous, ça va ?
Vous avez des bonnes résolutions du genre ? De celles que vous avez réussies à tenir et reconduites d'années en années ?

Je vous souhaite une année 2020 remplie de surprises savoureuses.

Prenez soin de vous !