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29/07/2023

Kouplan, détective clandestin


Kouplan est un détective privé. Ou plutôt détective clandestin. Car il est aussi immigré iranien, en Suède, sans-papiers. Ce qu'il ne dit pas à ses clients. Mais detective privé, quand on sait se rendre invisible, qu'on a du temps, et des notions de psychologies, c'est l'occupation idéale pour se faire payer au noir, et en cash.

Kouplan est un personnage auquel on s'attache et pour qui on s'inquiète en quelques pages. Pour qui il est, redoutablement intelligent, courageux, avec un sens de la déduction passionnant, et pour ce qu'il subit, en tant que sans-papiers, n'ayant pas d'existence légale, devant attendre 4 ans avant de refaire une demande d'asile. 

Sans pathos mais sans adoucir, c'est cru, réel, froid, il fait faim, c'est sale, tout est sale. Je ne sais pas comment l'autrice, qui dit sur son site que ce qui l'intéresse est la recherche d'identité, a fait ses recherches, mais sa plume nous plonge sans pitié, pour ses lecteurices ou pour ses personnages, dans du réel brutal, avec quelques doses précieuses de tendresse pour respirer avant de replonger sur le froid bitume suédois. Et pourtant, malgré la vie très dure de Kouplan, ce n'est jamais glauque.

Sara Lövestam nous colle à ses basques sans espoir de poser le livre avant que l'enquête en cours, et les péripéties personnelles de Kouplan, ne se terminent. À moins d'avoir le tome suivant à portée de main. 

Je vous écris depuis une pause au milieu du quatrième, où après avoir pleuré de joie, je sors respirer avant de me remettre à suivre Kouplan pour l'affaire suivante qui promet d'être particulièrement dangereuse mais, j'espère, pleine de résolutions. 

Quel est le dernier livre qui vous a fait pleurer de joie ? J'ai du mal à croire qu'il ne me reste plus que 200 courtes pages auprès de ce jeune homme. Dont j'ai suivi la faim, le froid, la peur, l'adrénaline et les succès, depuis 3 livres et demi. Il va terriblement me manquer. 

Si vous aimez les polars, si vous aimez les ambiances nordiques, si vous aimez les personnages qui ne vous ressemblent pas, lisez cette série. (Qui a reçu des tonnes de prix littéraires et est éditée en poche chez Pocket.)

Évitez les 4e de couv. si vous n'aimez pas les spoilers, voici l'ordre de lecture :

Chacun sa vérité, Ça ne coûte rien de demander, Libre comme l'air, Là où se trouve le coeur.

17/09/2022

Être une femme en ligne est un métier dangereux


 
Vous vous demandez peut-être pourquoi certaines féministes utilisent des stratagèmes comme "vi0l" (avec un zéro à la place du o) ou "s3x". C'est pour éviter d'être bannies des réseaux sociaux et pouvoir continuer à s'exprimer. Parce que dès qu'une utilisatrice est prise pour cible par des masculinistes, très organisés, si les mots "viol" ou "sex" sont identifiés par un algorithme et que la publication est dénoncée, l'utilisatrice risque de se faire bloquer, temporairement ou plus longuement. Ce qui est très embêtant quand on est, justement, une militante qui a besoin de ces réseaux pour faire avancer la cause féministe.

Alors je vais vous raconter une petite histoire. Pas pour me plaindre. Pas parce que j'ai l'impression que ce que j'ai à dire moi est important ou particulièrement intéressant. Mais pour montrer les mécanismes qui musellent les féministes sur les RS (en particulier twitter, facebook et instagram).


05/08/2022

Racisme ordinaire et raisins rouges

On a toutes et tous des biais racistes. Car notre culture l'est. Cela demande un travail actif de déconstruction pour s'en défaire. Ne pas se penser raciste et le proclamer haut et fort à qui veut l'entendre, ne change rien à ce qui précède, c'est du niveau "j'ai un ami noir". 

(D'ailleurs, je ne suis pas misandre, j'ai des amis hommes.)

04/08/2022

Zaatar partout

Parmi mes épices favorites (1), il y le sumac. Cette poudre de baies rouges séchées qui vient du Moyen Orient a un goût acidulé, un peu poivré, profond, et une touche d'amertume. C'est le meilleur ami des tomates, du poulet, du houmous, des légumes grillés, et tant d'autres choses. Et c'est si beau ce pourpre profond.


Le sumac est dans la composition d'un mélange d'épices qui est la star montante des spice nerds depuis quelques années : le zaatar (2). Ce qui est étrange car le rouge du sumac disparait pour un mélange vert profond. Aussi profond et magique que son goût.

Mais attention, il y a plusieurs zaatar. D'abord c'est une herbe. Non, recommençons : d'abord c'est le nom de plusieurs herbes. "zaatar" se traduit littéralement par thym, ou "thym d'Alep". Dans le Maghreb, c'est une herbe de la famille de l'origan. Et c'est aussi le nom de toutes les herbes de la famille de l'origan. Mais dans la région levantine (Palestine, Liban et Syrie, etc.), c'est le nom de l'hysope. 

C'est aussi le nom d'un mélange d'épices qui, selon d'où il vient, va être composé de : thym sauvage, ou origan sauvage, ou hysope, ou un mélange des trois. Certains y ajoutent même de la menthe. La suite est plus simple : en plus de l'herbe séchée (ou des herbes...), il y a du sumac et du sésame blanc torréfié (et parfois du sel). Et là : c'est bonheur. 

Au marché de Lausanne, le marchand d'épice vend un excellent zaatar qui vient de Palestine. (Donc, je suppose, à base d'hysope, celui qu'on veut, le plus traditionnel levantin.)

Ok, super, et ? 

Et bien on le voit PAR-TOUT chez les influents food ces dernières années. Nigella, Ottolenghi (bon, lui qui écrit des livres à base de cuisines israélienne et palestinienne c'est normal, mais ses livres sont parmi les plus lus au monde. S'il ne vous en fallait qu'un, choisissez Flavour), Bon Appétit, Kenji Lopez Alt, etc. toutes et tous en parlent, l'intègrent dans des recettes, le recommandent partout. Cela suit un nouvel intérêt pour les sublimes et multiples gastronomies arabes. Et j'en suis ravie, parce que j'adore ça.

D'ailleurs, si vous avez déjà mangé libanais : vous avez déjà mangé du zaatar. Par exemple sur un pain plat garni d'une "pâte verte" et de sésame : c'était du zaatar et de l'huile d'olive. Ça s'appelle Man'oush(e), c'est un flatbred traditionnel du Liban, où le zaatar suffit à en faire un délice. 

03/06/2022

L'inspiration Báhn Mì


La première fois que j'ai goûté un Báhn Mì* c'est immédiatement devenu mon sandwich préféré. Avec le BLT. Les deux partagent : des textures, de l'umami, de la fraicheur, de l'acidité. Si tu veux me plaire, il faut ces 4 composantes. Ce n'est pas si évident de toutes les trouver dans un sandwich.

À Lausanne, plusieurs adresses vendent des Báhn Mì, n'étant pas spécialiste, je ne pourrais vous dire lequel est le "plus authentique", mais je pense que c'est un faux débat. Chaque famille a sa manière de le faire et ses habitudes, et je ne suis pas sûre que quiconque puisse revenir à une recette "originelle". D'autant plus que c'est à la base une spécialité street food et non de restaurant, donc les traces écrites sont forcément plus compliquées à sourcer. Par contre, afin d'avoir "le goût en bouche" avant de vous lancer dans vos sandwichs d'inspiration Báhn Mì à vous, en goûter quelques uns préparés par des restaurants dont c'est la spécialité est nécessaire pour comprendre l'équilibre de cette merveille. Sans ordre de préférence vous pouvez tester le Bamee Bistro (rue Chaucrau et Galerie St-François), le My Sandwiches (rue St-Martin), ou le OliMy (av. de Cour et Rue du Grand Pont). Les trois styles sont différents, tant dans les pains que pour certaines garnitures, mais la base reste. 

Détaillons-la.

18/04/2022

Recettes d'Ukraine

 


Quand la guerre en Ukraine a commencé le 24 février, soudain, l'Europe s'est rapetissée. Ce qui parfois nous parait très lointain est là, à quelques heures de voiture et de train. Mais à moins d'y avoir déjà voyagé, ou de connaitre une personne aux origines ukrainiennes, nous étions nombreux à ne rien connaitre de ce pays, à part quelques bribes à base de Tchernobyl, ex-URSS, ... et pas grand chose d'autres. C'est dans cette région floue d'Europe de l'Est, où on ne détache des pays qu'après y avoir voyagé, même si nos cours d'Histoire nous en ont enseigné les frontières.

En quelques jours, après avoir été épidémiologistes, les spécialistes géopolitiques ont pullulé. Et m'ont très vite fatiguée. En allant chercher des voix sur place, et comment m'informer sans me terroriser, je suis tombée très rapidement sur le message d'un chef ukrainien, très vite rejoint par d'autres, puis par un collectif : Cook for Ukraine. Derrière cet appel, il y a plusieurs choses. Déjà une levée de fonds, afin que les restaurants qui continuent tant bien que mal à fonctionner puissent nourrir les habitants alentours gratuitement. Mais plus profondément, il y a aussi un appel à la découverte de la culture ukrainienne. La nourriture, c'est de la culture.

En parlant de leurs plats, on parle d'identité, d'Histoire, de géographie des sols et du climat, on parle d'influences et de différences régionales, on donne corps dans notre esprit et par nos sens à un pays et aux saveurs de son peuple. Et on ne pourra plus jamais le confondre avec la Russie. La culture gastronomique n'est pas neutre. Dire que le bortsch est ukrainien n'est pas neutre (même si c'est factuel). Et #CookForUkraine c'est de la gastrodiplomatie (c'est quoi ? Je laisse Alessandra vous expliquer.)

Si vous avez envie de soutenir financièrement ces actions, je vous propose : l'incroyable organisation World Central Kitchen du chef Jose Andres, qui était sur place moins d'une semaine après le début du conflit pour nourrir les réfugiés à la frontière et est aujourd'hui à l'intérieur du pays, juste derrière les lignes de l'armée ukrainienne pour nourrir la population (et qui le fait pour chaque crise humanitaire, en se déployant en quelques jours partout dans le monde). 

Aujourd'hui, c'est la guerre depuis plus de 2 mois, beaucoup de chefs et de personnalités ukrainiennes continuent à insister sur l'importance de partager et découvrir leur cuisine et leur culture. J'avais envie de vous proposer quelques recettes, que j'ai testées avec succès, afin que vous aussi puissiez rejoindre le mouvement, en partageant vos résultats avec les tags #CookForUkraine et #ChefsForUkraine. 



Mes recettes viennent de sites ukrainiens de chefs ou de blogueurs et blogueuses internationaux avec des origines ukrainiennes, j'ai essayé de les adapter de manière à garder le plus de saveurs possible, parfois en les simplifiant ou en proposant des ingrédients qu'on trouve facilement ici. Si vous voulez aller lire les originales, commencez par Ievgen Klopotenko, qui a traduit ses recettes en anglais et a écrit plusieurs livres de cuisine. 

Enfin, si vous avez la flemme, pas les capacité ni le temps de cuisiner, mais tout de même envie de découvrir la cuisine ukrainienne, à Lausanne vous pouvez aller au très joli Sémaphore (qui collecte également des objets de première nécessité pour les réfugiés, lisez leur liste avant d'y aller) ou passer commande chez Babouchka.

01/04/2022

Champignons champignons champignons

 


Je vous disais dans mes foods trends 2022, que c'était l'année des champignons. Du coup, bien sûr, je vois des champignons partout. 

Inventaire non-exhaustif : des lampes en forme de champignons ou carrément en champignon, des poivriers, du garum de champignon (par rien de moins que le laboratoire du NOMA!), de la déco qui pousse, ou même des bâtiments entiers (en guise de poisson d'avril de l'EPFL), du Jerky, des FILMS, des ted talks évidemment, des médicaments, de la digestion à la santé mentale (combien de films et séries ont un personnage qui parle de "microdosing" ces 3 dernières années ? J'ai perdu le compte.), des habits, des sacs, des baskets en cuir de champignon (et pas un truc anecdotique hein, on parle de Adidas, Stella McCartney, Hermès, etc.), des cercueils en champignon, et on a même découvert que certains champignons pourraient manger du plastique, d'autres assainir les sols de la pollution. 

(D'ailleurs j'ai rêvé l'autre jour -oui, je rêve aussi de champignons- que la solution pour les déchets atomiques c'était les champignons et que quelqu'un envoyait des spores depuis le ciel au-dessus de Tchernobyl -oui, ok, peut-être que la guerre en Ukraine et le fait que j'ai revu Nausicaä -mon Ghibli favori- n'y est pas pour rien.) (Je vous ai déjà dit que j'aime les parenthèses ?)

Bref, je vois des champignons partout.

Mais tout ça n'est que garniture, ce qui m'intéresse, beaucoup, moi, personnellement moi-même, c'est de les manger. 

Et je ne suis pas la seule à penser que les champignons c'est la grosse tendance et le futur. Depuis 5 ans, les ventes de champignons augmentent constamment en Suisse. Nous trouvons enfin, aussi en Suisse, de quoi cultiver des champignons facilement, plein d'agriculteurs s'y mettent, et il existe même des boîtes pour cultiver vos propres champignons dans votre cuisine, ça s'appelle PilzBox, je recommande, c'est bio, c'est magique, c'est délicieux. Le festival Sauvageons en ville propose même des formations cet automne pour devenir urbanichampiculteur.

Du coup, je vous propose une liste de recettes, en deux parties. D'abord des "nouveautés", c'est-à-dire des nouveautés pour moi, des surprises, soit techniques, ou gustatives, de texture, etc. Histoire de faire palpiter votre imagination. Puis une liste de mes recettes de champignons fétiches, celles que je fais sans consulter de recette, celles qui sont souvent au menu chez moi. Et celles, aussi, qui m'ont aidé à beaucoup baisser ma consommation de viande, car c'est si satisfaisant, les champignons, grâce à leur indéniable umami !


Meringues


23/03/2022

Salade d'oignons rouges et beurre de cacahuètes du Soudan

capture d'écran de la vidéo How The World Eats Onions de Beryl Shereshewsky


Ce n'est pas la première fois que j'en parle : j'adore apprendre de nouvelles recettes, techniques, découvrir de nouveaux ingrédients, l'histoire de la gastronomie, et bien plus encore. Pour cela il y a bien sûr les livres, magazines, articles, blogs, mais il y a aussi youtube. La facilité technique d'aujourd'hui permet au monde entier d'expliquer un geste en vidéo.

J'avais déjà fait un article avec quelques unes de mes chaînes de références (à l'époque, car tout change très vite ! Par exemple : Bon appétit = caca, car Condé Nast ne paie pas assez ses employés racisés, et du coup je suis maintenant les comptes directs de celles et ceux qui se sont barrés comme par exemple Carla Lalli-Music, et Sohla El-Waylly et Rick Martinez chez Food 52). J'en découvre régulièrement de nouvelles. Depuis quelques mois, moi, et la moitié de la planète, avons un coup de foudre pour Beryl Shereshewsky. Cette créatrice de contenu a perdu son job et commencé une chaine youtube en 2020, le principe est simple : elle teste des recettes du monde entier, soit autour d'une thématique, ou d'un ingrédient. Comme elle est suivi par des centaines de milliers de personnes à travers le monde, elle reçoit des suggestions de partout, et nous permet de découvrir avec elle des recettes et des courtes histoires et personnalités de toute la planète. Elle est très attachante malgré son enthousiasme survolté à l'américaine. En la suivant depuis le début, j'ai découvert des centaines de recettes, souvent très simples, qui m'inspirent très régulièrement. On parle ici de cuisine familiale, facile, rapide. Très pratique pour voyager et être inspirés, pour diversifier nos habitudes et mieux comprendre certaines régions du monde.

Non seulement je vous encourage à la suivre, mais j'avais envie de partager avec vous un exemple de recette, extrêmement simple, seulement 3 ingrédients, que j'ai déjà fait plusieurs fois depuis la sortie de cette vidéo "how the world eats onions". La première recette est proposé par Noha, qui vient du Soudan. Il fallait que j'essaie !




Noha parle de citron vert, mais Beryl n'avait que du citron. Je recommande un mélange citron vert + citron jaune. Le vert amène fruité et amertume, le jaune acidité. Pour le beurre de cacahuète, team creamy ou team crunchy fonctionnent. Il faut compter un oignon rouge par personne et faites-en trop, cette salade est délicieuse et se garde très bien 1-2 jours. 

30/12/2021

Les tendances food 2022


Chaque année en décembre, les agences de tendances prédisent ce qui va être hype l'année suivante. Ça marche pour les couleurs avec Pantone (et j'aime plutôt leur Periwinckle 2022, aka pervenche), pour la mode, le design et, bien sûr, l'alimentation. Pour les "food trends" il y a plusieurs catégories de prédicateurs, il y a les acheteurs en gros qui voient ce qui se développe et ce qu'ils pensent pouvoir vendre (car ces prédicateurs sont aussi, très souvent, créateurs de tendances) par exemple Whole Foods aux USA, il y a les spécialistes médiatiques qui voient arriver dans leurs boîtes email les communiqués de presse de ce qui se fait ou va se faire et qui compilent ça souvent plus selon leurs intérêts que selon la réalité (mais leurs intérêts sont affûtés), il y a les branches professionnelles qui voient les nouvelles problématiques/législations à adapter/demandes de licences qui donnent un avis assez pointu. Bref, un grand nombre d'acteurs qui font des listes de ce qu'ils sont sûrs et certains, 100%, ça va arriver, juré craché, si je mens je vais en enfer.

J'ai lu plein de ces listes, ça m'amuse toujours (et ça me prépare à surveiller ce que je dois surveiller), qui sont bien sûr toutes différentes, mais il y a des éléments communs sur toutes ces listes, que je vais tenter de vous présenter ici. Attention toutefois, nos food trends suisses, ne suivent pas le même rythme qu'ailleurs dans le monde. D'abord parce que notre marché est morcelé linguistiquement, qu'à part Zürich, nos villes sont trop petites pour des adresses mono-produits, ensuite parce que Migroop ont pratiquement le monopole du marché, et leurs acheteurs sont prudents, ils attendent que ça prenne ailleurs avant de tester un produit, etc. Bref, notre lenteur légendaire peut faire que ces food trends 2022 nous arrivent en 2022, ou 2023, ou 2024...

Autre chose qui compte beaucoup, c'est que nous sommes encore en pleine pandémie. Les trends 2021 étaient pas mal à côté de la plaque car les restaurateurs imaginaient des folles retrouvailles, les produits de fêtes à partager étaient prédits comme allant s'arracher... fail. 

Cette fois-ci, tout me semble plus prudent, et allant dans les directions que j'observe déjà beaucoup ces deux dernières années : 

  • plus d'attention à l'écologie et donc à l'empreinte carbones des aliments, donc plus d'hyper locavorisme et moins de produits animaux, 
  • plus d'attention à la santé, donc moins d'alcool, plus de végétaux et plus de bla-bla santé sur les bienfaits des aliments ("alicaments"), 
  • on cuisine toujours beaucoup à la maison ou on commande de plus en plus plutôt qu'aller au restaurant, 
  • on continue à s'intéresser aux autres cuisines mondiales, on fait de plus en plus de distinctions fines et on découvre d'autres contrées, on veut se dépayser depuis chez soi (peut-être pour contrer l'impossibilité de voyager).

Bref, des produits et des tendances qui me semble aller dans une direction déjà connue... mais certains pourraient vous étonner (HA, clickbait tellement naze, je n'ai pas pu m'en empêcher.)


04/11/2021

Les Créatives et Filmar en America Latina présentent...

Aujourd'hui je vous parle de deux festivals qui ont lieu en novembre à Genève (et un peu à Lausanne), Les Créatives, un festival féministe multifacettes, et Filmar en America Latina, qui présente la crème de la crème de la production cinéma récente d'Amérique latine. 

Je connais Filmar depuis longtemps, du temps d'une de mes précédentes vies dans les festivals de cinéma et la production. L'Amerique latine est un continent qui me fascine depuis l'enfance où j'ai eu la chance de vivre et voyager dans divers pays, de l'Argentine au Mexique, de Cuba au Venezuela. Bref, comme dirais mon mec : j'ai un biais. 

Par contre j'ai étrangement découvert Les Créatives seulement en 2020, alors que le festival n'avait presque pas de public et dû annuler la plupart de ses ambitions, car j'ai regardé avec passion les discussions programmées et diffusées en ligne. Elles y sont toujours. La conversation entre Contrapoints, Loretta Ross et Lauren Bastide, celle entre Judith Butler et Lauren Bastide, et la merveilleuse rencontre entre Roxane Gay et Rokhaya Diallo.


Ces deux festivals collaborent cette année avec une programmation commune de deux documentaires. J'en profite pour remercier les deux attachées de presse, Léonore et Luisa, de m'avoir permis de les voir pour vous en parler. 

27/02/2020

Où manger latino à Lausanne ?


Les temporalités "foodies" sont propres à chaque région. Dans la nôtre, vous pouvez reconnaître les personnes qui sont foodies de manière aiguë par plusieurs signes : elles détestent ce mot, elles font du kimchi maison (ou ont le projet de se lancer), ont des grains de kefir à la maison (ou ont le projet de tester), ont un stand de légumes favoris au marché (qui vend de la mizuna), et leurs proches leur demande "où aller manger en ce moment" au moins 2 fois par mois.

Pour les personnes non-obsessives normales, la cuisine coréenne débarque à peine dans les radars, le kimchi n'accompagne pas encore toutes les raclettes (essayez !) et on s'intéresse aux poke bowls. (Pourtant so 2016.) (Oui, je fais partie de la catégorie ci-dessus, même si je déteste ce mot.) (Comment ça cqfd ?)


Mais quel est le prochain trend culinaire lausannois ? Celui qui s'installe actuellement et dont tout le monde va parler et va vouloir tester ces prochains mois, ces prochaines années ?
Les cuisines d'Amérique Latine.


Pour les foodies ce n'est pas nouveau que le Mexique a beaucoup plus à offrir que les tacos kits Old El Paso (qui sont d'ailleurs tex-mex, donc américains et non mexicains), que le meilleur plat de haricots secs du monde est probablement la feijoada (n'en déplaise au cassoulet) (je vais me faire lyncher pour celle-ci) et que la guerre entre le Chili et l'Argentine pour la parentalité des empanadas est aussi féroce que les Falklands s'appellent Malouines.

Les foodies pointus prêchent à qui veut l'entendre que le leche de tigre est la meilleure recette anti-gueule de bois du monde (fact), se demandent si c'est mieux d'utiliser des oranges douces ou amères pour les carnitas qui vont garnir leur sandwich au pulled pork (ou un mix des deux ?), ne peuvent pas vivre sans pico de gallo, ont testé une recette de pao de queijo avec du Gruyère AOP, et rêvent d'un tour du Pérou (pendant le festival Mistura) et/ou du Mexique (même si le NOMA n'y est plus) pour découvrir les cuisines de chaque province.

Et si vous n'avez pas compris au moins une des références du paragraphe ci-dessus, ne vous énervez pas contre moi, dans quelques mois, le palais conquis par vos nouvelles découvertes culinaires dans de chouettes tables lausannoises, vous parlerez couramment le latino-américain culinaire.

Commençons par dire que c'est un très grand continent, du Mexique à la pointe Sud de l'Argentine, ce sont plus de 10'000 kilomètres ; l'Atlantique à l'Est, le Pacifique à l'Ouest, la mer des Caraïbes au Nord et les Quarantièmes Hurlants au Sud ; les Andes, l'Amazonie, le desert d'Atacama le plus sec au monde ; la diversité géographique est gigantesque. C'est aussi le continent qui est à l'origine de nombreux aliments dont personne sur la planète ne pourrait se passer aujourd'hui : les tomates, les patates, le maïs, le café, le cacao, le piment, la vanille (et je passe sur les ananas, cucurbitacés, cacahuètes, haricots, etc.). Ce sont 34 pays ou territoires, et encore plus de cultures. Ce sont des civilisations très anciennes qui continuent à fasciner, puis plusieurs vagues d'invasions, par plusieurs pays européens, puis des arrivées massives d'esclaves africains, et des vagues d'immigrations plus récentes de plusieurs pays d'Asie et d'Europe. Je pourrais en rajouter des tonnes, mais j'espère que vous avez compris qu'on ne peut pas parler d'une cuisine latino-américaine, mais que les cultures culinaires y sont nombreuses et très diversifiées. Et, à mon plus grand plaisir, certaines deviennent de plus en plus à la mode. Plusieurs restaurants ou échoppes ont ouvert leurs portes à Lausanne ces derniers mois, je me suis dit que c'était l'occasion d'un petit tour d'horizon.


10/02/2020

Parasite


Oh non, pas encore un article qui vous dit qu'il faut absolument voir ce film ?
Et bien si. 
Je sais, il a déjà gagné la Palme d'Or, c'est le premier film à avoir gagné l'Oscar du Meilleur Film Étranger et l'Oscar du Meilleur Film (en plus de celui de meilleur réalisateur) et moultes autres prix,  depuis des mois. Mais pourquoi autant de bruit autour de ce film Sud-Coréen ?

Peut-être que comme moi, quand il y a trop de bruit, ça vous gonfle un peu et du coup, vous ne l'avez toujours pas vu ce Parasite. C'est fort dommage, car c'est un chef d'oeuvre. Et je suis heureuse d'avoir rattrapé mon retard début janvier. Depuis, je l'ai vu trois fois.
Je vais tenter de résumer pourquoi j'aime tant ce film (et pourquoi on est si nombreux à l'aduler), sans spoiler (ou si peu).


30/09/2019

Vote féministe - saison 3


Dans les épisodes précédents, en 2011, j'ai fait mon premier article "Vote féministe, mode d'emploi" où j'expliquais ma technique pour voter et savoir quels partis étaient au minimum un tout petit peu crédibles pour représenter (plus de) la moitié de la population. (Si vous n'êtes pas Suisse·sse, cet article explique également le système d'élections en Suisse de manière simple et rapide, allez y faire un tour, on vous attend ici.) 

En 2015, nouvelle élection nationale, j'ai à nouveau observé le pourcentage de femmes qui se présentaient au Conseil des États pour le canton de Vaud. À l'époque, sur 23 listes, seuls 5 partis arrivaient à la parité entre candidats et candidates, les Verts et le PS, leurs listes jeunes, et le PDC.

Une élection approche, il est temps de s'y intéresser à nouveau, en particulier dans cette année 2019, haute en luttes féministes. Les partis ont-il pris les leçons des manifestations géantes dans les rues ? J'ai envie de dire... mouais. Détaillons.

23/09/2019

Cultures du riz aux États-Unis

Riz sauvage, riz rouge" et riz californien.

Heddi, la femme qui écrit le merveilleux blog Cuisine Helvetica, ne se doutait probablement pas qu'en m'offrant un paquet de riz sauvage de son Minnesota d'origine, elle déclenche un tel article. L'origine de son riz m'a intriguée, j'ai été m'informer en ligne. Quelques semaines plus tard, je suis tombée sur une vidéo passionnante de Eater (ci-dessous) qui m'expliquait une autre culture du riz, qui m'a poussée à fouiller encore un peu. Et nous y voici, un condensé rapide qui illustre combien une plante peut être un marqueur historique et sociologique.

Donc, aux États-Unis, il y a une culture du riz, ou plutôt des cultures de riz. Ça peut paraitre étrange à qui n'imagine que burger et milkshakes, mais elles sont très développées et font parties intégrante de l'Histoire du pays.

La première culture du "riz" commence bien avant que les États-Unis n'existent, les tribus des Premières Nations consommaient une céréale qu'on appelle aujourd'hui "riz sauvage", qui n'est pas exactement de la même famille mais un proche cousin : Zizania Aquatica. Son grain est très long, noir, il peut se cuire de la même manière que du riz et est particulièrement savoureux. Une variété poussait à l'état sauvage dans la région des Grands Lacs, ainsi que dans certaines plaines marécageuses canadiennes, une autre plus au Sud dans les régions humides de ce qui constitue aujourd'hui la Floride et le Texas.

06/08/2019

Always Be My Maybe


Ça fait beaucoup trop longtemps que je ne vous ai pas parlé de films culinaires ! La petite pépite sortie fin mai, Always Be My Maybe est l'occasion de rétablir cette grave erreur. (Rappelez-moi de vous parler de séries culinaires aussi, il s'en est passé des choses depuis 2016 !).

Ce film est une comédie romantique, écrite et interprétée par les merveilleux Ali Wong et Randall Park. J'ai découvert Ali Wong il y a quelques mois dans son génial stand up Hard Knock Wife (sur Netflix) et n'avait aucun doute sur le fait que ce film allait être hilarant. C'est le cas, les situations et dialogues s'enchainent et sont parfois tellement subtiles qu'on rit autant la deuxième fois qu'on voit ce film. Par contre, le côté romantique si juste et touchant m'a surprise ( = déçue en bien pour les Vaudois parmi vous). Un bonus qui le rend ce film très attachant et plus durable qu'une simple comédie.

19/07/2019

Test des "burgers" végétaux disponibles en Suisse



En préambule, vous expliquer pourquoi j'ai fait ce test, avec une de ces intros beaucoup trop longues dont j'ai le secret.

Je ne suis pas végétarienne, ni végétalienne. Je suis plutôt "flexitarienne", ce néologisme qui veut souvent dire n'importe quoi. Dans mon cas ça veut dire que j'observe de près ce que je mets dans mon assiette depuis longtemps, pour des raisons gustatives d'abord, écologiques ensuite, sociales et économiques aussi, et enfin, bénéfices gratuits des points précédents, pour des raisons de santé. À force d'observer, je mange beaucoup plus de produits frais, locaux et de saison, moins de viande et beaucoup moins de produits transformés/industriels.

En faisant plus souvent le marché, on délaisse les supermarchés et on achète plus de végétaux que de produits animaux, sans même y penser. Mais quand il m'arrive d'y faire mes courses pour les trucs difficiles à trouver ailleurs, je suis chaque fois impressionnée par la quantité de produits qui se présentent comme "healthy" (qui est apparemment plus vendeur que "bons pour la santé", réfléchit-on moins à un argument de vente quand il est présenté en anglais ? Ou est-ce simplement que la mode du marketing commence toujours Outre-Atlantique ?). 
Il y a plusieurs familles de "produits healthy", les anciens "sans gras/sans sucre" (dont la tendance lancée dans les années '80 baisse petit à petit car le public a compris que s'il n'y a ni gras ni sucre, il y a d'autres ajouts qui ne sont pas meilleurs). Il y a les produits qui annoncent l'ajout d'une substance/d'un ingrédients, ou plusieurs, sensés être miraculeux pour notre santé/digestion : plus de fibres, plus de vitamines, plus de sels minéraux, etc. Il y a les produits qui annoncent une substance en moins, souvent liés aux allergies, mais pas que, on voit du grand n'importe quoi dans ces domaines : sans gluten, sans lactose, sans noix, etc. (J'ai vu des sachets de thés avec l'annotation "naturellement sans gluten et sans lactose", il faut arrêter maintenant.)
Et enfin, il y a les produits créés pour se substituer à d'autres. Soit pour des raisons d'allergies, soit pour des raisons de régimes particuliers, dont le véganisme.

Petite explication de texte pour qu'on se comprenne bien et qu'on évite des débats inutiles :  
  • omnivore = qui mange de tout
  • flexitarien = qui tente de limiter sa consommation de viande et/ou de consommer plus responsable/écologique/local/de saison, etc.
  • végétarien = qui ne mange pas de viande (et souvent pas de poisson)
  • végétalien = qui ne mange pas de produits animaux (pas de viande ni poisson, ni produits laitiers, ni oeufs, etc.)
  • vegan = qui ne consomme aucun produit issu de l'exploitation animale (dans son alimentation et le reste de sa consommation, donc pas non plus de cuir, de miel, de maquillage ou médicaments testés sur les animaux, etc.)
  • antispéciste = mouvement politique qui se bat pour l'abolition de l'exploitation des animaux par l'Humain

Une personne végétar·lienne n'est pas forcément une militante antispéciste. Un militant antispéciste sera forcément vegan. Quant aux gué-guerres entre les bouchers et les antispécistes, il y a des débilités, des abus et des enjeux politiques des deux côtés et ce n'est PAS le débat ici, les deux côtés m'énervent. Bref.


Pourquoi tester des burgers végétaux ?

Parce que c'est le produit tête de gondole des industriels qui se spécialisent dans la création de produits ersatz de viande. On s'inquiète toujours d'abord du boeuf, et, comme le marketing commence souvent Outre-Atlantique, du fameux burger, devenu plat national US.
D'autant plus qu'il est beaucoup plus simple de créer un produit sous forme hachée, en forme de galette ou boulette, ou un produit pané, que de recréer une entrecôte, par exemple.

Beaucoup de personnes qui ne mangent plus de viande depuis plusieurs années ne sont pas consommatrices de ces ersatz de viande, car leur envie de viande a disparue. Beaucoup de personnes qui se posent la question de devenir végétariens, ou au moins de baisser leur consommation de viande, pour des raisons d'écologie ou de santé, commencent souvent par des produits du genre. C'est aussi le cas de toutes les personnes qui vivent avec ou côtoient très régulièrement des végétar·liens, et qui se demandent quoi leur cuisiner. Les industriels ne s'y trompent pas, c'est à ces consommateurs-là qu'ils s'adressent, des consommateurs dont la proportion grandit sans cesse grâce à la croissance de la conscientisation écologique mondiale. C'est aux flexitariens et aux nouveaux végétariens qu'il faut s'adresser pour maîtriser le marché dans 10 ans. C'est à eux que ces produits sont clairement destinés. C'est la grosse tendance du marché.

Dans ce boom végétal, il me semble intéressant de tester ce qui est disponible en ce moment. Car la Coop, en particulier, a ajouté à ces rayons plusieurs nouvelles marques ces 6 dernières semaines.

Il y a toutes sortes de produits qui ressemblent de près ou de très-très-très-loin-passe-moi-les-jumelles à des "burgers". J'entends par là la galette qu'on va mettre en deux buns pour composer un truc qui ressemble à ça :


J'ai donc éliminé d'office : les machins qui sont juste des galettes de légumes, les trucs qui ressemblent vaguement à du poulet/poisson pané, ceux qui n'essaient même pas, les burgers entiers congelés à chauffer au micro-onde (shame on you Picard), et tous les autres machins qui sont peut-être bons, mais ne seront jamais un burger. En gros, j'ai trouvé mon bonheur à la Coop (en ligne), certains sont aussi disponibles à la Migros. Ailleurs (Denner, Aldi, Globus, Manor, etc.) je n'ai pas trouvé d'infos en ligne et je n'ai pas du tout envie d'aller voir, mais si vous en trouvez, dites-moi où et j'irai tester !

Le test

02/02/2019

Février sans supermarché



Mais qu'est ce que c'est "février sans supermarché" ?



C'est une initiative qui date de 2017, entamée à Neuchâtel par le groupe de consommation durable En Vert et contre tout. Des groupes facebook s'organisent un peu partout en Suisse Romande et 800 personnes participent.
Fort de ce succès, rebelote en 2018, où le mouvement s'accélère en Suisse Romande et voit arriver des demandes de France, Haute-Savoie, Bretagne, Paris, ce sont 20'000 personnes qui s'inscrivent pour participer.
En 2019, ça continue ! De plus en plus de médias en parlent, en Suisse, en France et en Belgique, il y aura probablement encore plus de participants.

Le principe : pendant un mois, ne pas fréquenter les supermarchés. Faire ses courses ailleurs. Ce n'est pas un boycott, mais une incitation à réfléchir à sa consommation et à promouvoir les produits, artisans et adresses locales.

J'en ai parlé cette semaine sur facebook, l'engouement est fort et unanime, j'en profite donc pour partager mes adresses lausannoises favorites, pour un mois sans supermarché et sans soucis. 

14/11/2018

Salt Fact Acid Heat la série



Cette série est issue d'un livre de recettes de Samin Nosrat, Irano-Californienne, ancienne cheffe devenue autrice. Comme son titre l'indique, la série comporte quatre épisodes : 

  • SALT nous emmène au Japon, où on découvre les nombreuses manières de saler différentes (sauce soja, miso, sel, algues), 
  • FAT (le 1er épisode) nous emmène en Italie, où on plonge avec volupté dans l'huile d'olive, le gras du cochon, le beurre et le parmesan, 
  • ACID parle du Mexique et de sa cuisine où les agrumes ont une place prépondérante, 
  • et pour HEAT, elle rentre chez elle, en Californie, et nous parle de cuisson au feu de bois, et finit par lier tout les éléments précédents.

04/11/2018

S'améliorer en cuisine grâce à youtube



Lors d'une de mes visites de marché, quelqu'un m'a demandé si je recommandais des cours de cuisine dans la région. Je ne suis pas assez calée sur le sujet pour pouvoir répondre, à part les cours du délicieux Jérôme de Parfum d'Épices et les cours des Laboratoires Culinaires (à Neuchâtel) que j'ai testés. Pour les cours de grands chefs étoilés, je ne les recommande qu'aux personnes qui ont déjà des bases vraiment solides, ce qui leur permettra de les améliorer encore grâce aux techniques apprises. Les débutants ne vont retenir que les recettes, souvent trop compliquées à refaire, et oublier les techniques s'ils ne les pratiquent pas régulièrement.

Mais personnellement, je m'améliore en cuisine... sur youtube. Voici donc une liste non-exhaustive de chaînes auxquelles je suis abonnée, que j'apprécie, et qui m'ont appris des techniques, des recettes et donné des informations sur des ingrédients ou des type de cuisine.

Toutes ces chaînes sont animées à l'intention d'amateurs de cuisine. Cuisiner de manière professionnelle ou amateur c'est totalement différent, par l'équipement, mais également par toute la logique et la réflexion derrière, en terme de stock, de reproductibilité, de stabilité, etc. C'est avec des canaux spécialement dédiés aux amateurs qu'on va s'améliorer, de manière plus efficace qu'avec des vidéos de professionnels destinées aux professionnels.

Vous remarquerez dans cette liste le manque de chef·fe·s charismatiques ou de personnalités culinaires très connues en dehors d'Internet. Ce n'est pas parce que je ne suis pas une fan girl (j'ai déjà proclamé mon amour pour Nigella par exemple), mais c'est parce que j'apprends beaucoup plus de canaux qui font ça de manière constante que de ceux qui font ça avec un format télévisé ou en simple auto-promo d'un bouquin. Vous remarquerez aussi que la plupart des canaux sont en anglais. Non qu'il n'existe aucune bonne chaîne en français, mais pour se développer sur cette plateforme si compétitive, il faut le faire dans la "langue d'Internet".

Cette liste n'est évidemment pas exhaustive et tout à fait subjective, elle représente ceux que je regarde le plus souvent en ce moment et dont j'ai testé des recettes. Si vous avez d'autre canaux que vous aimez beaucoup et qui vous ont appris des techniques, recettes ou informations culinaires, n'hésitez pas à les partager dans les commentaires !

05/10/2018

Amour, djihad & RTT


Cet album de bd m'a fait rire à haute-voix à chaque page. Est-il nécessaire d'un dire plus ?

Ok. Marc Dubuisson est un auteur belge, actif sous le pseudo @unpied sur twitter et instagram pour ses blagues fraiches (il en a un peu plus et il vous le met quand même). Il a déjà commis plein de trucs, toujours absurdes, irrévérencieux, inventifs et dotés d'une dose de crétinerie confortable, ce qui fait de lui un type formidable si vous voulez mon avis.

Ici il s'agit d'amour, sauf que pas du tout, de djihad, mais fait avec les pieds, et pas non plus de RTT car tout se passe au 8e étage d'une tour de bureaux de fonctionnaires.

Donc oui il y a des blagues sur les photocopieuses, sur les machines à café, sur le gars de l'informatique, des blagues en powerpoint, mais surtout il réussit à se moquer des fonctionnaires, des vegans, des flics, de ISIS, des fonctionnaires, des féministes, des anti-féministes, des consommateurs éthiques, des fonctionnaires, des féministes, des médias, des porteurs de cravate, et j'en oublie certainement.


J'en avais vu des extraits en ligne sur ses comptes ou le compte de son éditeur, la collection Pataquès chez Delcourt. Je savais que j'allais aimer, mais je ne m'attendais vraiment pas à rire autant à chaque page.

Bref, achetez cette merveille, et profitez-en pour acheter La Nostalgie de Dieu, croyez-moi sur parole et mangez-en, c'est bon pour ce que vous avez, ramen.



Et faites-moi plaisir, allez les acheter dans une petite librairie, et s'il ne l'ont pas, faites comme moi : une commande chez HumuS, qui vous coûtera la ridicule somme de 20,10 CHF, parce que c'est tellement classe de pouvoir dire "mon libraire est formidable".