Quand Sandrine m'a dit "mon petit céleri, j'ai une super idée, je crois que je vais écrire un polar" je n'ai pas été surprise. Je connais déjà sa plume acérée dont je suis fan. Jusqu'ici, elle l'a plutôt utilisée dans des essais autour du monde du vin où elle mêlait habilement des informations de fond et beaucoup d'humour. Dans sa newsletter aussi, où elle se laisse aller à être "hors sujet" et me fait hurler de rire avec l'absurdité fabuleuse de ses notes de bas de page et son mélange de références pointues, absurdes et nazes.
Mais je suis difficile pour les polars, c'est mon style favori, j'ai besoin qu'on me plonge dans un univers cohérent, qu'on me rende curieuse sans que je puisse deviner la suite, que les personnages soient plus épais qu'une feuille de papier et de pouvoir visualiser sans que les descriptions ne ralentissent le rythme. Donc même si Sandrine est mon amie et qu'on partage le même humour absurde, tonitruant, et de la misandrie libératrice, j'avais un peu la trouille.
Et un jour j'ai reçu Cabale et je l'ai dévoré en quelques heures. Et tout y est, tout, pour me plaire. L'humour est parfois absurde, parfois subtile, souvent crétin. Les références passent de obscures à nazes sans complexe. L'univers qu'on découvre par petites touches (le principe de la "Cabale" est expliqué après plusieurs chapitres) est clair, complexe, noir comme il faut. Et la misandrie est la plus libératrice que j'aie lu, et ça fait un bien fou. C'est peut-être cette dernière qui va lui valoir des critiques acerbes d'hommes qui ne sauront pas comprendre tant ils sont bercés par une culture dominante violemment misogyne (ça a déjà commencé).
Mais ce que j'ai préféré ce sont ses personnages. Ses multiples héroïnes (les hommes ne sont que secondaires), têtes de chapitres, prennent chair très rapidement et s'étoffent à chaque présence. Evidemment que j'ai ma préférée, elle organise, elle gère, elle fait, elle ose. Mais celle qui m'inquiétait au début du roman fait le chemin nécessaire pour un final parfait, que j'espérais voir arriver depuis la 2e partie sans vraiment oser y croire. (C'est très très dur de ne rien spoiler.)
J'ai corné plein de pages en le lisant, relevé des phrases hilarantes, des clins d'oeil de Sandrine qui m'ont fait chaud partout et j'ai envie d'offrir ce roman à tellement de copines.
Mais en fait, allez l'acheter Cabale, dévorez le sur une terrasse au soleil (la couverture mérite du soleil), envoyez vos copines l'acheter et envoyez vos compliments à Sand, ma petite rhubarbe.
La dernière fois que j'ai lu un polar qui m'a fait autant plaisir c'était Dead Drop de La Gale en 2025, à qui je vais offrir Cabale, et inversement.

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