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18/01/2023

Les musées de Rodez

 


La mère de mon mari habite à Rodez, nous y revenons donc régulièrement. En 2015, nous avions un peu bourlingué dans la région et je vous avais proposé trois adresses culinaires, à Rodez, sur le causse du Larzac et à Villefranche-de-Rouergue. Cette fois-ci j'ai envie de vous parler des musées. Grâce à un pass à 11€, il est possible de visiter les trois musées de la ville durant 28 jours. Le Musée Fenaille, archéologie et histoire, le Musée Denys Puech, beaux-arts et art contemporain et le fameux Musée Soulages, entièrement dédié à l'oeuvre du peintre natif.

À ma grande surprise, c'est le Musée Fenaille qui m'a le plus intéressée. Je suis réticente face aux musées d'archéologie car une muséographie et une lumière intelligentes sont indispensables à rendre les beautés du passé. Quand ce n'est pas le cas, on peut être face à un joyaux de l'ingénierie humaine sans pouvoir s'en rendre compte, même en lisant chaque cartel (ce qui m'ennuie profondément). La muséographie de Fenaille m'a séduite dès la première oeuvre. 

18/04/2022

Recettes d'Ukraine

 


Quand la guerre en Ukraine a commencé le 24 février, soudain, l'Europe s'est rapetissée. Ce qui parfois nous parait très lointain est là, à quelques heures de voiture et de train. Mais à moins d'y avoir déjà voyagé, ou de connaitre une personne aux origines ukrainiennes, nous étions nombreux à ne rien connaitre de ce pays, à part quelques bribes à base de Tchernobyl, ex-URSS, ... et pas grand chose d'autres. C'est dans cette région floue d'Europe de l'Est, où on ne détache des pays qu'après y avoir voyagé, même si nos cours d'Histoire nous en ont enseigné les frontières.

En quelques jours, après avoir été épidémiologistes, les spécialistes géopolitiques ont pullulé. Et m'ont très vite fatiguée. En allant chercher des voix sur place, et comment m'informer sans me terroriser, je suis tombée très rapidement sur le message d'un chef ukrainien, très vite rejoint par d'autres, puis par un collectif : Cook for Ukraine. Derrière cet appel, il y a plusieurs choses. Déjà une levée de fonds, afin que les restaurants qui continuent tant bien que mal à fonctionner puissent nourrir les habitants alentours gratuitement. Mais plus profondément, il y a aussi un appel à la découverte de la culture ukrainienne. La nourriture, c'est de la culture.

En parlant de leurs plats, on parle d'identité, d'Histoire, de géographie des sols et du climat, on parle d'influences et de différences régionales, on donne corps dans notre esprit et par nos sens à un pays et aux saveurs de son peuple. Et on ne pourra plus jamais le confondre avec la Russie. La culture gastronomique n'est pas neutre. Dire que le bortsch est ukrainien n'est pas neutre (même si c'est factuel). Et #CookForUkraine c'est de la gastrodiplomatie (c'est quoi ? Je laisse Alessandra vous expliquer.)

Si vous avez envie de soutenir financièrement ces actions, je vous propose : l'incroyable organisation World Central Kitchen du chef Jose Andres, qui était sur place moins d'une semaine après le début du conflit pour nourrir les réfugiés à la frontière et est aujourd'hui à l'intérieur du pays, juste derrière les lignes de l'armée ukrainienne pour nourrir la population (et qui le fait pour chaque crise humanitaire, en se déployant en quelques jours partout dans le monde). 

Aujourd'hui, c'est la guerre depuis plus de 2 mois, beaucoup de chefs et de personnalités ukrainiennes continuent à insister sur l'importance de partager et découvrir leur cuisine et leur culture. J'avais envie de vous proposer quelques recettes, que j'ai testées avec succès, afin que vous aussi puissiez rejoindre le mouvement, en partageant vos résultats avec les tags #CookForUkraine et #ChefsForUkraine. 



Mes recettes viennent de sites ukrainiens de chefs ou de blogueurs et blogueuses internationaux avec des origines ukrainiennes, j'ai essayé de les adapter de manière à garder le plus de saveurs possible, parfois en les simplifiant ou en proposant des ingrédients qu'on trouve facilement ici. Si vous voulez aller lire les originales, commencez par Ievgen Klopotenko, qui a traduit ses recettes en anglais et a écrit plusieurs livres de cuisine. 

Enfin, si vous avez la flemme, pas les capacité ni le temps de cuisiner, mais tout de même envie de découvrir la cuisine ukrainienne, à Lausanne vous pouvez aller au très joli Sémaphore (qui collecte également des objets de première nécessité pour les réfugiés, lisez leur liste avant d'y aller) ou passer commande chez Babouchka.

04/11/2021

Les Créatives et Filmar en America Latina présentent...

Aujourd'hui je vous parle de deux festivals qui ont lieu en novembre à Genève (et un peu à Lausanne), Les Créatives, un festival féministe multifacettes, et Filmar en America Latina, qui présente la crème de la crème de la production cinéma récente d'Amérique latine. 

Je connais Filmar depuis longtemps, du temps d'une de mes précédentes vies dans les festivals de cinéma et la production. L'Amerique latine est un continent qui me fascine depuis l'enfance où j'ai eu la chance de vivre et voyager dans divers pays, de l'Argentine au Mexique, de Cuba au Venezuela. Bref, comme dirais mon mec : j'ai un biais. 

Par contre j'ai étrangement découvert Les Créatives seulement en 2020, alors que le festival n'avait presque pas de public et dû annuler la plupart de ses ambitions, car j'ai regardé avec passion les discussions programmées et diffusées en ligne. Elles y sont toujours. La conversation entre Contrapoints, Loretta Ross et Lauren Bastide, celle entre Judith Butler et Lauren Bastide, et la merveilleuse rencontre entre Roxane Gay et Rokhaya Diallo.


Ces deux festivals collaborent cette année avec une programmation commune de deux documentaires. J'en profite pour remercier les deux attachées de presse, Léonore et Luisa, de m'avoir permis de les voir pour vous en parler. 

19/03/2019

La première Rencontre Women do Wine



Ça y est, la campagne de crowdfunding pour la première Rencontre Women do Wine est lancée.

Et je ne suis pas peu fière.
D'abord, parce que c'est super de bosser avec plein de nanas talentueuses.
Ensuite, parce que je suis hyper impressionnée de toutes les bonnes volontés qui nous entourent.
Surtout, parce que ça devient du concret.
Après des mois de réflexions, préparations, questionnements, mise en place, on peut enfin commencer à en parler haut et fort.
Donc voici.

La première Rencontre Women do Wine aura lieu 
le dimanche 23 juin, à La Bellevilloise (Paris 20e).


Cette campagne de financement va permettre d'organiser le premier événement à la rencontre des femmes du vin. Une journée avec plein de surprises, qui seront d'autant plus grandes que la campagne fonctionnera. Si vous aimez le vin, PARTICIPEZ !

Il y a des goodies pour tous les goûts, les habituels sacs, tshirts, mugs, bien sûr les tickets d'entrée pour la journée. Mais aussi des dégustations dans plein de régions, en France, mais aussi en Suisse (Lavaux et La Côte), afin de découvrir des femmes du vin locales. Des livres d'autrices sur le vin et la gastronomie (que par exemple vous pourriez m'offrir, HA). etc.

C'est mon gros projet de ce début d'année, il faut que ça marche, je compte sur vous pour passer le mot !




PS :
  • Si vous avez envie d'en parler dans votre médias/blog, sur les réseaux sociaux, etc. et que vous avez des questions, n'hésitez pas à m'écrire
  • Si vous êtes une femme du vin, c'est le moment de devenir membre !
  • Si vous êtes une femme du vin et que vous avez envie de nous offrir une dégustation en goodies de notre crowdfunding pour que nos fans vous découvrent, j'attends vos propositions.
  • Si vous avez envie de devenir sponsors (pour profiter de notre public et nous aider à mettre en lumière les femmes du vin), je vous écoute.

11/06/2018

Le Gourmet Solitaire - la série


Le Gourmet Solitaire est une série de mangas assez connue car dessinée par le fameux Jiro Taniguchi qui a un grand succès en France. Ce sont de courtes histoires d'un homme, vendeur dans l'import export qui parcourt le Japon à la rencontre de ses clients et profite de ses repas pour découvrir des restaurants. Chaque histoire est l'occasion de découvrir un lieu, mais aussi un ou plusieurs plats.

Ce qui est moins connu en Europe c'est que ce héros, Goro Inugashira, a en fait été créé par Masayuki Kusumi (ou Qusumi), scénariste de bd, mais aussi de télévision et cinéma. C'est donc naturellement que Le Gourmet Solitaire (Kodoku no Gurume) est devenu une série télé diffusée depuis 2012 par Tv Tokyo (la plupart des histoires se passent dans les villes autour de Tokyo). La septième saison va être diffusée prochainement.

Je n'avais vu que de courts extraits très mal sous-titrés en ligne et j'étais plus que dubitative. Comment rendre la poésie de Taniguchi en film ? Comment rendre la finesse de ses lignes en noir et blanc dans la vie réelle avec tous ses défauts ? C'était forcément bancal. J'avais tort.

Cette série peut paraître plein d'aspérités : lumière crue, décors bruts, homme d'affaire toujours dans le même costume un peu fatigué. Mais elles disparaissent dès qu'il a faim.

Les épisodes se déroulent selon un canevas identique : il sort de la gare dans une ville, il déambule en allant voir son·a client·e (parfois il en profite pour manger des pâtisseries), après le rendez-vous, en pleine réflexion sur la manière dont il s'est déroulé, il arrive à la terrible conclusion : il a faim.


Cette séquence de quatre images a lieu dans chaque épisode, comme s'il se retrouvait tout à coup particulièrement seul et perdu dans un lieu inconnu. Comme si le faim lui provoquait une angoisse existentielle, et c'est le cas : il va devoir faire un choix, choisir le restaurant de son repas de midi. (Et donc renoncer aux autres restaurants à découvrir dans cette ville, l'angoisse.)

Et c'est là que commence véritablement l'épisode : le choix du lieu, la découverte de l'intérieur du restaurant, la lecture du menu et le difficile choix, l'attente du plat, la découverte du plat, le moment où il goûte, le moment où il mange, voire dévore, le bonheur d'être rassasié par un plat, l'addition et les réflexions pré-digestion.

29/10/2017

Dublin - vos bons plans


D'habitude ici, c'est moi qui vous donne mes bons plans, et si on changeait ?

Dans quelques jours, je vais faire ma +1 à Dublin où mon Shalf de mari participe à la conférence Coworking Europe. Et comme je ne suis ni coworkeuse, ni conférencière, ni européenne, j'aurai donc mes journées pour découvrir Dublin seule.

J'ai déjà repéré quelques marchés, pubs et lieux incontournables, mais peut-être avez-vous d'autres conseils ?

Je suis déjà logée. J'aime marcher et découvrir des quartiers ainsi, j'aime l'architecture, le streetart, les vieilles pierres, j'aime les musées (d'art plus que d'histoire à moins qu'elle ne soit marine). J'aime manger, découvrir des ingrédients et des spécialités. J'aime les épiceries et boutiques improbables. J'aime la pêche, les pêcheurs, les ports, les bateaux. J'aime aller dans des cinémas indépendants chaque fois que je voyage. Et j'ai un budget ridicule.

Des idées pour moi ?
Soit ici en commentaire, soit sur ma page facebook.
Ce sera fort apprécié. 

22/06/2016

Vivre dans une chambre d'hôtel : mode d'emploi



Quand on est en vacances, aucun stress, tout va bien, ces conseils ne vous seront d'aucune utilité.
Quand on a les moyens de fréquenter des hôtels multi étoilés, tout est organisé ou disponible, ces conseils ne seront d'aucune utilité.
Quand on ne passe qu'une nuit dans un hôtel avant de repartir, ces conseils ne seront d'aucune utilité non plus, pas le temps de s'éterniser.

Mais nombreux sont les séjours de plusieurs jours, dans des hôtels de chaîne de catégorie moyenne, qui se ressemblent tous, et qu'on ne choisit pas. C'est le sort des gens en tournée, des représentants, des participants à des séminaires, des invités à des festivals ou des conférences, etc. Le problème : les chambres d'hôtels ne sont pas conçues pour des séjours de plus de 2-3 nuits. Je viens de passer 11 jours dans un hôtel générique comme il en existe tant, l'occasion de rédiger ces quelques conseils pour rendre vos séjours plus agréables.


Rangement



Si vous n'avez pas de porte-valise dans votre chambre, demandez-en un à la réception. La plupart des hôtels en sont munis, même s'ils ne les mettent pas forcément à disposition dans toutes les chambres. Ce porte-valise vous permettra de laisser l'éventuelle table libre pour pouvoir l'utiliser pour travailler. Parfois ils sont en location pour un prix modique que j'accepte toujours.




06/04/2016

Deux idées du bonheur



Qui ne connaît pas le merveilleux Luis Sepúlveda ? Ecrivain chilien dont j'adore la poésie, l'humour et la douceur depuis "Le Vieux qui lisait des romans d'amour", ou "Histoire d'une mouette et du chat qui lui apprit à voler" et "Les Roses d'Atacama".

Et Carlo Petrini, vous le connaissez ? C'est le fondateur de Slow Food ! Plus personne n'ignore ce qu'est Slow Food, ce mouvement parti d'Italie qui est devenu mondial en trois décennies.

Quand les éditions Métailié m'ont proposé de m'envoyer un ouvrage rédigé à quatre mains par Sepúlveda et Petrini, j'ai immédiatement accepté. Dès réception, je l'ai lu, d'une traite, avec un très grand plaisir.

Deux idées du bonheur commence par un dialogue entre Luis et Carlo. Je les appelle par leurs prénoms car on a l'impression de faire partie de cette conversation entre eux. J'imaginais une table avec des rebuts de repas, des tasses de café, et moi, qui les écoute, pendant des heures (enfin, en l'occurence une trop courte quarantaine de pages). Cette impression dure pendant toute la lecture du livre. La deuxième partie, Sept idées de futur et le récit d'une île heureuse est écrite par Luis Sepúlveda, la troisième, Sept idées de futur par Carlo Petrini.

Qu'on ces hommes en commun qui rend cette conversation si passionnante ? La sagesse de prendre le temps, l'amour de cette planète qu'ils s'efforcent de comprendre, d'expliquer et de protéger, une passion pour les luttes indigènes, une grande élégance intellectuelle... et la gourmandise du bon produit.

15/10/2015

Où manger à Bordeaux ?


Dans la guéguerre entre Toulousains et Bordelais, les premiers affirment que Bordeaux est une ville de vin, pas de gastronomie. Ô combien ils ont tort ! On y mange très bien, mais effectivement, beaucoup d'adresses sont surfaites et snob, ou juste des appeaux à touristes. On ne parlera donc pas de l'Entrecôte dans cet article, ni de la compétition Etchebest-Ramsay à la Place de la Comédie. 

En deux semaines dans cette ville magnifique, mais très cossue, j'ai eu la chance, grâce à ma merveilleuse hôtesse, de découvrir des restaurants magnifiques, pour des prix raisonnables pour la qualité des produits qu'ils travaillent, dans plusieurs quartiers, c'est de ceux-ci dont j'ai envie de vous parler.

Petit apparté, pendant que je vous tiens, je n'ai PAS bu de vin rouge, les vins de la région sont souvent trop tanniques à mon goût. J'ai par contre pris un énorme plaisir à déguster des blancs délicieux dans tous les restaurants que je vous recommande ici.





C'yusha

C'est le restaurant préféré de ma bordelaise préférée. Jai eu la chance d'y avoir une place parmi les 19 couverts proposés midi et soir, la réservation y est indispensable. D'autant que le chef travaille seul, dans une cuisine ouverte, visible dès l'entrée. Il sera ravi de discuter avec vous avant le repas ou en sortie de table, en particulier de ses producteurs ou des produits qu'il fait pousser lui-même (légumes, herbes et même citrons caviar).
Plusieurs formules sont proposées, ainsi que des plats à la carte. Je vous recommande de choisir le menu, à 34€ pour entrée, plat, dessert (le soir) ou 45€ pour une déclinaison à 6 plats. Pour petits budgets, c'est 19€ à midi (entrée-plat-dessert). Le chef étant seul en cuisine et la serveuse seule en salle, ils apprécieront que vous arriviez à l'heure pile de votre réservation pour une question d'organisation.


Ce jour-là, nous avons eu le plaisir de voir notre entrée prévue au menu changée, car le chef avait reçu des cèpes de son fournisseur. Nous avons donc mangé un oeuf basse température avec espuma de cèpes, brisures de châtaignes, une tartine de lard de colonnata et une fleur de tulbaghia qui amenait une subtile saveur d'ail. Cette entrée raffinée et très équilibrée était précédée d'une mise en bouche de soupe de courge et espuma d'ortie, juste de quoi s'ouvrir l'appétit et se rendre compte de l'originalité et de la finesse des saveurs qui vont suivre.


En plat j'ai choisi l'esturgeon, il était surmonté de chair de citron caviar et d'une touffe de champignons enoki, accompagné d'une purée de panais panée aux épices, d'un pak choi braisé et d'un "jus de bordelaise" (aucune idée ce que ça peut bien être, à part qu'il y a une réduction de vin rouge et de la moutarde de cassis et que c'est délicieux avec le poisson). Accords surprenants, originaux, intelligents, élégants, mais au-delà de ces adjectifs de la blogueuse-qui-se-prend-pour-une-critique-culinaire, c'est surtout diablement bon.


Après une espuma mojito en guise de trou normand (peut-être ce qui m'a le moins intéressé du repas, c'est dire si le reste était bon), on a reçu desserts et fromages. C'était amusant pour moi de reconnaître plusieurs produits typiquement servis en Suisse, de la Tête de Moine dans l'assiette de fromage (avec un chèvre juste égoutté, un chèvre cendré et un autre fromage de type reblochon, servi sur une tapette à souris) et du chasselas en grain et en verjus dans l'assiette de dessert intitulée "la flaveur des raisins". Un dessert de cuisinier qui joue avec les accords, différents types de raisins utilisés et travaillés de manières différentes, de grains frais à raisins séchés, en sorbet ou en gelée, avec du chocolat, du tofu à la pistache, une crème façon dulce de leche et j'en oublie. Chaque plat travaille nos sens, interroge (et ravit) nos papilles, sans jamais pouvoir être accusé de chichitage.


J'ajoute que le restaurant est très beau, la vaisselle est magnifique, le pain est maison (au levain) servi avec des beurres aromatisés de chez Bordier ou maison (celui du chef à l'huître végétale est fameux), le service est parfait, il y a des cartes de visites des fournisseurs à l'entrée et, je le répète, le chef est adorable et toujours disposé à répondre à vos questions.

C'est très impressionnant de se sentir à ce point invité dans l'imagination et la gourmandise de votre hôte, ce concept de l'homme seul en cuisine ouverte me séduit, et j'ai adoré cette rencontre avec la cuisine de Pierrick Célibert et j'espère avoir l'occasion de déguster son travail à nouveau. 


12, rue Ausone
Mardi, mercredi et jeudi midi
Du mardi au samedi le soir
Réservation obligatoire





Le Petit Commerce


Le lieu est une institution, d'un petit local dans la Rue du Parlement Saint-Pierre, il est devenu double, puis triple, il fût un temps où l'un des local abritait même une poissonnerie (ce sera à nouveau le cas dans quelques mois). Depuis septembre 2015, un nouveau chef, Stéphane Carrade, est aux commandes. En plus de superviser la brasserie, il va y créer une "table gastronomique à prix doux" (début novembre 2015) que je n'ai pas eu l'occasion de tester mais je vous y encourage.


Pour ma part je me suis régalée de fruits de mer à la plancha (les couteaux et les calamars sont magnifiques) et d'un plateau de fruits de mer comportant un demi-tourteau, des huîtres, des crevettes, des clams, des bulots, des bigorneaux, des praires, des crevettes grises (rhâ lovely), des murex et j'en oublie. A moins d'être un outre-mangeur, mangez-le à deux ou prenez un demi-plateau (25€) ! Le soir, la brasserie propose aussi un très chouette choix de tapas maison et de très jolis vins au verre à prix raisonnables (dès 3,5€ pour la très recommandable réserve maison).


Le chef ayant importé une partie de sa brigade depuis le Grand Hôtel, on m'a vivement recommandé les desserts de son pâtissier. De quoi faire un festin.
Le service est efficace, le chef passe régulièrement entre les établissements pour observer la clientèle... ou vous allumer du chauffage s'il a peur que vous preniez froid, c'est un homme adorable.


22, rue du Parlement Saint-Pierre
Tous les jours, cuisine non-stop 12h-23h (mais je recommande de vous y rendre aux heures de repas où la brigade est complète en cuisine...)





Kressmann Brothers


Autre quartier, autre style, ici on est au coeur des Chartrons, sur une place entourée d'établissements et couverte de terrasses. Mais je ne vous y recommande qu'une adresse : Kressmann Brothers. Les deux frères qui ont monté cette brasserie sont passionnés de vin (ils sont nés dedans) et de beaux produits. La carte est courte et change selon les arrivages, et tout y est magnifique. La bavette, sauce à l'échalote et écrasée de pomme de terre est un must, le tataki de boeuf à se damner, le carpaccio de Saint-Jacques avec sa chantilly de coriandre et jus de yuzu est parfait, la papillote de poisson est délicieuse, le camembert rôti est décadent.


En plus c'est confortable, les prix sont tout doux pour des produits d'excellente qualité, y compris pour les vins, et le service est très amical et efficace. Un de mes restaurants préférés à Bordeaux, j'en ferais bien ma cantine (et je ferais bien des bisous à leur boucher) !


8, place du marché des Chartrons
Tous les jours, 12-14h30 - 18h30-22h30 (uniquement le midi le dimanche)


Comptoir Cuisine


C'est peut-être le lieu le plus bourgeois et évident de ma liste, mais il mérite vraiment une visite. Installé juste en face du Grand Théâtre, sa terrasse, avec cheminées (!) a une vue magnifique. "Le meilleur tartare de Bordeaux" m'avait-on dit, je n'en ai pas goûté ailleurs et ne peux pas vous affirmer que c'est vrai, mais c'est sans aucun doute un des meilleurs que j'ai mangé de ma vie. Entre la carte fixe, relativement courte et les très nombreuses propositions du jour, votre choix sera difficile.


Je vous recommande les ravioles de foie-gras au bouillon (avec coco de paimpol et lardons fumés), le baba au rhum extraordinaire (à partager, il est énorme !), les poissons (selon arrivage), bref, tout ce que j'ai pu goûter. Ici encore, la sélection de vins au verre est à des prix raisonnables (leur Dourthe à 3€ par exemple) et le café gourmand est un festin (le pâtissier maison prépare des desserts toute la journée car l'établissement fait office de salon de thé -avec des thés Mariages Frères- l'après-midi).


Le service est efficace et sympathique, même avec les touristes espagnols ou américains pénibles, le lieu, bien qu'étant classieux, est tout à fait cosy (si vous ne vous offusquez pas de côtoyer des manteaux de fourrure, des sacs de créateurs hors de prix et des vestes matelassées -private joke-), à tel point que j'y suis retournée deux fois. Dire que certains font la queue à l'Entrecôte ou pour une salle aux dorures kitch à quelques mètres... incompréhensible.


2, place de la Comédie
Tous les jours, midi et soir (l'après-midi il fait office de salon de thé)




Le Café du Levant


Brasserie entièrement décorée Art Déco, le lieu est sublime. La terrasse est spacieuse et paisible, bien que face à la Gare Saint-Jean. Le service est parfait, la carte est classique mais très bien interprétée (même l'oeuf-mayo avait l'air délicieux) et chaque jour il y a des propositions de saison. J'y ai dégusté des calamars en persillade déposés sur un lit de courge confite, je n'aurais pas parié sur l'harmonie des saveurs et pourtant c'était exquis. Leur assiette de fromages mérite une visite à elle toute seule, et le pâtissier maison a une telle réputation que j'ai vu plusieurs tables ne venir que pour les desserts.



Un seul détail : ne goûtez pas leur Pessac-Léognan, à moins d'être disposés à en prendre un deuxième et un troisième verre tant il est gouleyant.


22-25, rue Charles-Domercq (en face de la gare St Jean)
Tous les jours 11h30-14h30 et 18h30-22h30, salon de thé non-stop dès 8h





En sus de ces établissements que je vous recommande chaleureusement, et que j'ai testés, mon hôtesse chérie, Esme, pâtissière et grande gourmande de son état m'a confié une liste de restaurants et lieux de shopping gourmand à Bordeaux rien que pour vous :


  • Fufu : bar à ramen, tout est fait maison, plusieurs établissements à Bordeaux, comfort food power, possibilité de commander à emporter.
  • Mokoji : petit restaurant coréen, attention, bondé dès 20h10, venez tôt... ou tard. Merveilleux bibimbap, bulgogi, poulet pané, bref, tout est bon, et copieux, à prix modiques. Service hyper sympa et efficace, possibilité de commander à emporter.
  • Canelés La Toque Cuivrée : c'est simple, une seule adresse, aller les chercher directement à l'usine, jamais ailleurs, et ouais.
  • Le Comptoir Bordelais : épicerie fine, attention, tout votre budget shopping risque d'y passer ! La collection de conserveries est mirobolante avec toutes les spécialités du Sud Ouest imaginables (oui, du foie gras, mais pas que), des vins et alcools, des épices et tout ce qui est nécessaire pour ne pas trop souffrir du manque de Bordeaux en rentrant chez vous. Prix... épicerie fine.

Pour le reste, Bordeaux et couvertes de terrasses, il est facile de boire un verre partout, partout, partout, vins, bières (quoi qu'il faille chercher longtemps les artisanales), cocktails et même de parfaits thés à la menthe (quartier Saint-Michel, en cours de gentrification, ce qui est chiant pour les habitants, mais un régal pour les touristes).

07/10/2015

Carte postale de Bordeaux


Merci pour votre appel, veuillez laisser un message après le biiiiiiiiiiiiiiip.

(Sinon je mets des photos là et ici.)

Disclaimer : ce message m'a été dicté par Esme.
Photo : Brit Worgan.

28/09/2015

RedBall et autres projets


Peut-être vous souvenez-vous, durant l'été 2013, d'un énorme ballon rouge dans les rues lausannoises. C'était le RedBall Project de l'artiste Kurt Perschke invité par le Festival de la Cité. J'ai flashé sur cette oeuvre d'art contemporain qui fait voir les rues où l'on passe tous les jours sous un autre oeil et qui provoque des rencontres et des réactions inattendues. Kurt m'avait d'ailleurs raconté combien c'est ce qu'il préfère dans ce projet qu'il fait voyager partout dans le monde depuis 13 ans, comment cette "simple" balle rouge géante n'était qu'un support à l'expérience, à la rencontre, à la collision entre le quotidien et l'extraordinaire. J'avais tellement aimé ça qu'il m'avait nommé parmi ses premiers Circle Members.

Deux ans plus tard, je vais retrouver ce ballon géant (et son créateur) à Bordeaux, pour le festival Novart 2015. Du 3 au 11 octobre, tous les jours, la RedBall se posera dans les rues bordelaises. Si j'en crois mon expérience, elle se fera bousculer, on rebondira dessus, des centaines de photos seront prises devant, dessus, dessous, autour, de près, de loin, et elle se fera même embrasser.


Tout ça pour vous dire que durant le mois d'octobre, ce blog sera probablement très silencieux. Vous pourrez néanmoins me suivre sur instagram où je promets de ne pas focaliser que sur la baballe mais de faire honneur à la bonne chair locale.

Dès novembre, comme Lausanne à Table c'est fini pour 2015 (mais on prépare déjà 2016, évidemment), je serai beaucoup plus disponible pour des offres un peu folles (que j'ai presque toutes refusées cet été), alors n'hésitez pas !

Si vous êtes dans la région bordelaise, passez me dire bonjour et voir le RedBall Project, c'est un souvenir inoubliable (et je serai pas loin, autour, en train de vous observer interagir...).

13/08/2015

Expo Milano - Genève a du culot !


Si vous viviez sur une autre planète ces derniers mois, il y a une donc une Exposition Universelle, en ce moment, à Milan. J'ai eu la chance d'y passer quatre jours, en deux visites. Lors de ma précédente visite, j'ai publié deux articles que j'ai entièrement mis à jour. On me demande souvent des conseils sur cette Expo, ces articles sont là pour ça, sinon, à quoi ça sert que fufu elle se décarcasse :



Lors de cette deuxième visite, j'étais l'invitée de la Ville de Genève, pour l'inauguration de l'exposition conjointe de Zürich, Bâle et Genève au Pavillon Suisse. C'était l'occasion de découvrir plus en détails ce qui s'est tramé derrière ce Pavillon Suisse durant ces deux dernières années, et c'était passionnant. J'espère d'ailleurs y retourner à la fin de l'Expo afin de couvrir une conférence (et d'en profiter pour voir le 14 pavillons qui manquent encore à mon palmarès).

L'arrivée au Pavillon Suisse avec des "restes" du 1er août qui rendent le tout plus convivial.
La tour des pommes, bientôt vide.

Pour vous faire une idée, dans cette Exposition Universelle où beaucoup se plaignent du manque de contenu (effectivement, on est souvent cantonné à une carte postale d'office du tourisme sans lien aucun avec la thématique sensée servir de fil rouge à l'Exposition), le Pavillon Suisse a fait le choix inverse, risqué, d'une "coquille vide" remplie de contenu qui évoluerait au fur et à mesure de l'Exposition.

En plus des expositions, le pavillon comporte également une buvette-snack, des espaces d'ateliers (l'atelier chocolat a beaucoup de succès), une scène, autour du pavillon, un restaurant au premier étage et, à son sommet, un espace "vip" qui permet de faire des conférences et de recevoir des personnalités pour faire avancer les sujets de l'alimentation et du développement durable. (L'information autour de ces événements est malheureusement peu transmise au public et assez complexe à dénicher, mais des choses assez passionnantes s'y passent.)

17/06/2015

Expo 2015 Milano - visite critique et épicée


Visiter une exposition universelle est toujours une expérience intéressante. Des milliers de personnes et des centaines de pays et d'entreprises ont collaboré ensemble pour créer un immense espace architectural voué à disparaitre quelques mois après sa confection et à accueillir plusieurs millions de visiteurs dans l'intervalle. C'est titanesque, complexe, excitant, effrayant, fascinant, problématique et enthousiasmant à la fois. Quand on décide de se frotter à cette volontaire utopie, on sait que l'on ne pourra pas tout voir ni tout comprendre, que l'on va être confronté à une grande foule et à de l'attente, qu'il y aura probablement des flous logistiques, des découvertes ébouriffantes, des déceptions amères et des frustrations inévitables.

Milano 2015 ne déroge pas à la règle. J'en suis sortie fascinée, déçue, excitée, ravie, fourbue, étonnée, non rassasiée et pleine d'interrogations. Sur cette simple base, je peux dire que cette Exposition Universelle de Milan 2015 a réussi son coup.

Comme je vous l'expliquais dans mon article expliquant les meilleures astuces pratiques pour voyager à l'Expo 2015 Milano, j'ai récemment passé deux jours sur le site de l'Expo. Une longue visite qui pourtant m'a parue très courte, j'y ai vu un grand nombre de pavillons, mais j'en ai raté un encore plus grand nombre. Cet article a pour ambition de vous donner une ambiance à laquelle vous attendre, et, parce que je ne peux m'en empêcher, il comporte un certain nombre de critiques, positives ou négatives, concernant certains pavillons ou l'exposition universelle en tant que telle.

Edit : j'ai eu la chance de pouvoir retourner à l'Expo durant deux jours complets. Ce billet est édité en fonction de la totalité de ma visite.

Mais j'aimerais commencer ce billet en remerciant toute l'équipe du Sel des Alpes pour son invitation, son accueil chaleureux et pour l'opportunité de visiter cette expo avec un guide hors pair, Philippe Ligron. Impossible de visiter la totalité de l'exposition en une journée, il a donc fait un choix thématique: l'histoire des épices. Faire la route des épices des origines de la gastronomie dans le Pavillon Zero, à la Chine, la route de la soie, le Liban, la Turquie et enfin la gastronomie moderne avec un tel guide, historien de la gastronomie, c'est passionnant, j'ai adoré cette visite (à lire sur le blog du Sel des Alpes en détail), merci Philippe !


La route des épices de Philippe Ligron


Si vous allez visiter cette exposition, comme il est impossible de tout voir, il s'agit de sélectionner ce qui vous intéresse particulièrement. Est-ce le développement durable, la gastronomie d'un continent particulier, une thématique spécifique ou simplement l'architecture qui guidera vos pas ?

24/05/2015

Voyager à l'Expo Milano 2015 depuis la Suisse Romande


Si vous êtes un peu curieux de goût et de gastronomie, vous avez certainement entendu parler de l'Exposition Universelle qui se tient depuis quelques semaines et jusqu'à la fin du mois d'octobre près de Milan, car elle a pour thème : "Feeding the Planet, Energy for life". Malheureusement, leur site web est catastrophiquement peu pratique, à part pour acheter des tickets. J'ai eu la chance d'y passer un jour à l'invitation du Sel des Alpes, un des sponsors principaux du Pavillon Suisse, et de prolonger ce séjour un deuxième jour pour bien appréhender les lieux. Je vais tenter dans cet article de vous donner quelques informations pratiques, et conseils de voyages et de visites de cette exposition exubérante à deux pas de la Suisse romande. Pour la visite en elle-même, ma critique complète sera dans un prochain article.



Voyager à l'Expo


Il est possible de se rendre à Milan en avion, en train et en voiture. (Certains de mes amis me diront qu'on peut aussi y aller en vélo, certes, mais concentrons-nous sur les non-barjots parmi nous voulez-vous ?) L'avion me paraît une solution absurde car elle prend plus de temps que le train au final à cause des transits et des attentes inhérentes aux voyages en avion. La voiture est une solution acceptable si vous êtes plusieurs, de très nombreux parkings sont à votre disposition autour de l'exposition et des navettes vous amèneront à l'entrée. Mais attention, toute la région de Milan et son agglomération sont un énorme bouchon entre 7h30 et 11h et à nouveau entre 16h et 19h30. C'est donc au péril de vous retrouver coincés trois heures dans les embouteillages, à l'aller et au retour, considérez-vous prévenus.

La solution qui me paraît la meilleure est celle du train. Avec un demi-tarif, il vous en coûtera CHF 51.- par trajet pour faire Lausanne-Rho Fiera en un peu plus de trois heures. Tous les trains de Suisse, depuis Genève, Lausanne, Berne, Zürich ou Lugano, passent dorénavant et pour toute la durée de l'Expo, par la gare de Rho Fiera, qui se situe à 200 mètres de l'entrée principale de l'Exposition. Ils ont même augmenté le nombre de trains jusqu'en octobre et proposent des billets dégriffés.