vendredi 19 juillet 2019

Test des "burgers" végétaux disponibles en Suisse



En préambule, vous expliquer pourquoi j'ai fait ce test, avec une de ces intros beaucoup trop longues dont j'ai le secret.

Je ne suis pas végétarienne, ni végétalienne. Je suis plutôt "flexitarienne", ce néologisme qui veut souvent dire n'importe quoi. Dans mon cas ça veut dire que j'observe de près ce que je mets dans mon assiette depuis longtemps, pour des raisons gustatives d'abord, écologiques ensuite, sociales et économiques aussi, et enfin, bénéfices gratuits des points précédents, pour des raisons de santé. À force d'observer, je mange beaucoup plus de produits frais, locaux et de saison, moins de viande et beaucoup moins de produits transformés/industriels.

En faisant plus souvent le marché, on délaisse les supermarchés et on achète plus de végétaux que de produits animaux, sans même y penser. Mais quand il m'arrive d'y faire mes courses pour les trucs difficiles à trouver ailleurs, je suis chaque fois impressionnée par la quantité de produits qui se présentent comme "healthy" (qui est apparemment plus vendeur que "bons pour la santé", réfléchit-on moins à un argument de vente quand il est présenté en anglais ? Ou est-ce simplement que la mode du marketing commence toujours Outre-Atlantique ?). 
Il y a plusieurs familles de "produits healthy", les anciens "sans gras/sans sucre" (dont la tendance lancée dans les années '80 baisse petit à petit car le public a compris que s'il n'y a ni gras ni sucre, il y a d'autres ajouts qui ne sont pas meilleurs). Il y a les produits qui annoncent l'ajout d'une substance/d'un ingrédients, ou plusieurs, sensés être miraculeux pour notre santé/digestion : plus de fibres, plus de vitamines, plus de sels minéraux, etc. Il y a les produits qui annoncent une substance en moins, souvent liés aux allergies, mais pas que, on voit du grand n'importe quoi dans ces domaines : sans gluten, sans lactose, sans noix, etc. (J'ai vu des sachets de thés avec l'annotation "naturellement sans gluten et sans lactose", il faut arrêter maintenant.)
Et enfin, il y a les produits créés pour se substituer à d'autres. Soit pour des raisons d'allergies, soit pour des raisons de régimes particuliers, dont le véganisme.

Petite explication de texte pour qu'on se comprenne bien et qu'on évite des débats inutiles :  
  • omnivore = qui mange de tout
  • flexitarien = qui tente de limiter sa consommation de viande et/ou de consommer plus responsable/écologique/local/de saison, etc.
  • végétarien = qui ne mange pas de viande (et souvent pas de poisson)
  • végétalien = qui ne mange pas de produits animaux (pas de viande ni poisson, ni produits laitiers, ni oeufs, etc.)
  • vegan = qui ne consomme aucun produit issu de l'exploitation animale (dans son alimentation et le reste de sa consommation, donc pas non plus de cuir, de miel, de maquillage ou médicaments testés sur les animaux, etc.)
  • antispéciste = mouvement politique qui se bat pour l'abolition de l'exploitation des animaux par l'Humain

Une personne végétar·lienne n'est pas forcément une militante antispéciste. Un militant antispéciste sera forcément vegan. Quant aux gué-guerres entre les bouchers et les antispécistes, il y a des débilités, des abus et des enjeux politiques des deux côtés et ce n'est PAS le débat ici, les deux côtés m'énervent. Bref.


Pourquoi tester des burgers végétaux ?

Parce que c'est le produit tête de gondole des industriels qui se spécialisent dans la création de produits ersatz de viande. On s'inquiète toujours d'abord du boeuf, et, comme le marketing commence souvent Outre-Atlantique, du fameux burger, devenu plat national US.
D'autant plus qu'il est beaucoup plus simple de créer un produit sous forme hachée, en forme de galette ou boulette, ou un produit pané, que de recréer une entrecôte, par exemple.

Beaucoup de personnes qui ne mangent plus de viande depuis plusieurs années ne sont pas consommatrices de ces ersatz de viande, car leur envie de viande a disparue. Beaucoup de personnes qui se posent la question de devenir végétariens, ou au moins de baisser leur consommation de viande, pour des raisons d'écologie ou de santé, commencent souvent par des produits du genre. C'est aussi le cas de toutes les personnes qui vivent avec ou côtoient très régulièrement des végétar·liens, et qui se demandent quoi leur cuisiner. Les industriels ne s'y trompent pas, c'est à ces consommateurs-là qu'ils s'adressent, des consommateurs dont la proportion grandit sans cesse grâce à la croissance de la conscientisation écologique mondiale. C'est aux flexitariens et aux nouveaux végétariens qu'il faut s'adresser pour maîtriser le marché dans 10 ans. C'est à eux que ces produits sont clairement destinés. C'est la grosse tendance du marché.

Dans ce boom végétal, il me semble intéressant de tester ce qui est disponible en ce moment. Car la Coop, en particulier, a ajouté à ces rayons plusieurs nouvelles marques ces 6 dernières semaines.

Il y a toutes sortes de produits qui ressemblent de près ou de très-très-très-loin-passe-moi-les-jumelles à des "burgers". J'entends par là la galette qu'on va mettre en deux buns pour composer un truc qui ressemble à ça :


J'ai donc éliminé d'office : les machins qui sont juste des galettes de légumes, les trucs qui ressemblent vaguement à du poulet/poisson pané, ceux qui n'essaient même pas, les burgers entiers congelés à chauffer au micro-onde (shame on you Picard), et tous les autres machins qui sont peut-être bons, mais ne seront jamais un burger. En gros, j'ai trouvé mon bonheur à la Coop (en ligne), certains sont aussi disponibles à la Migros. Ailleurs (Denner, Aldi, Globus, Manor, etc.) je n'ai pas trouvé d'infos en ligne et je n'ai pas du tout envie d'aller voir, mais si vous en trouvez, dites-moi où et j'irai tester !

Le test

Lors de mes premiers tests, j'ai interrogé mes abonnés sur twitter et instagram sur les critères qui les intéressaient et j'ai été surprise par l'intérêt énorme que ce test provoquait, j'ai donc ajouté des critères à ma liste, et envoyé de nombreux mails et tweets aux différents industriels pour avoir des réponses (un peu molles) à vos questions. 

Voici les critères du test pour chacun des burgers, avec une note sur 5, le goût comptant double parce que bien sûr :
  1. Goût : 10/10
  2. Texture (Pas seulement de savoir si ça ressemble à de la viande, mais aussi si c'est agréable, si le burger tient ensemble du début à la fin, etc.) : 5/5
  3. Composition (provenance des ingrédients : et c'est là où j'ai eu le plus de difficultés à obtenir des réponses, si les ingrédients sont clairement notés, ce n'est pas le cas pour leur provenance / composition nutritionnelle) : 5/5
  4. Prix/disponibilité (équivalent pour 100g) : 5/5
  5. Visuel (dans cru et cuit), cuisson, packaging, impression générale : 5/5


Afin de faire le test le plus uniforme possible, j'ai testé tous les burgers avec la même cuisson à la poêle, en suivant les instructions de cuisson sur les emballages, et avec les mêmes ingrédients : le même pain industriel toasté dans la poêle, ma sauce magique, laitue iceberg, tranche de tomate et pickles et une tranche de fromage industriel pour être sûre que ce soit le même à chaque fois. (Il était au final totalement inutile et j'aurais mieux fait de m'abstenir.)

Là, je sens que vous voulez la recette de ma sauce magique, la voici en bonus apéritif, avant de commencer le test. Je la mets dans une bouteille souple façon diner pour la garder au frigo plusieurs jours. (Elle est meilleure après quelques heures quand tous les ingrédients se sont infusés les uns les autres.)


La sauce magique

  • 1/3 mayonnaise maison minute (cette recette avec parfois une gousse d'ail noir quand je ne suis pas en mode test scientifique pour vous) (ou de véganaise)
  • 1/3 ketchup Heinz
  • dernier tiers, par ordre d'importance : moutarde, jus de bocal de cornichons, jus de citron, worcestershire sauce (ou sauce soja pour une version végane)
  • paprika fumé, poudre d'ail, poudre d'oignon, poivre blanc
  • pour les amateurs·trices, ajouter un peu de sauce barbecue pimentée (ou de sauce pimentée)
  • bien mélanger et mettre au frais


Provenance des produits


Dernier point avant d'attaquer le test, j'ai eu beaucoup, beaucoup, beaucoup de questions sur le bilan énergétique de ces "burgers", il convient donc de préciser quelque chose d'emblée : même si, entre eux, ces burgers peuvent avoir de grandes disparités énergétiques (méthodes de production des ingrédients, kilométrages, utilisation d'eau et autre énergie grise), aucun de ces burgers, même si la totalité de ses ingrédients a fait le tour de la planète en containers, n'arrive à la cheville d'un burger de boeuf même local acheté en supermarché.

Ce qui n'empêche pas qu'il est intéressant de savoir d'où viennent les ingrédients, c'était l'information la plus difficile à trouver. J'ai eu un joli dialogue de sourds avec @CoopAtHome sur twitter (qui sont toutefois les seuls qui ont fini par aller chercher l'information et me répondre, merci à eux). Quand je leur demandais d'où venaient les ingrédients, ils me répondaient avec le pays où les burgers ont été produits. Ce qui ne veut pas dire que les ingrédients venaient du même pays.

Dans la législation suisse (et européenne), il n'y a pas d'obligation d'indiquer la provenance des ingrédients d'un produit transformé, uniquement le lieu (pays) de production. Dans un burger "produit en Suisse", les ingrédients peuvent venir d'Europe, des États-Unis et de Chine. C'est le cas dans ce test. Ce qui est logique, car la plupart de ces burgers utilisent des protéines issues de végétaux qui ne sont pas cultivés de manière massive en Suisse (ou pas pour ce genre de productions), le soja en particulier.
Donc attention aux idées préconçues sur nos lois et/ou la sécurité alimentaire suisse. Si l'ingrédient principal est du soja, mais que c'est un produit transformé, il peut venir de Chine ou des États-Unis. Si, pour une raison ou une autre, vous ne souhaitez pas consommer d'OGM... ne consommez PAS de produits transformés de supermarchés où la seule annotation est "produit en Suisse".
(Vous vous souvenez des lasagnes "françaises" au cheval estonien ? C'est la même législation...)

Revenons à nos burgers.



NATURLI' BURGER PATTIES 100% VEGAN



  1. Goût : 8/10
    Excellent ! Un vrai bon goût de grillé et du plaisir à manger, on en prendrai volontiers un deuxième, même si on a une belle impression de satiété grâce au haut taux de protéines.
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  2. Texture : 4/5
    Bluffant ! Même à cru on a l'impression d'appuyer sur de la viande.
    Dès la première bouchée j'ai été conquise et franchement impressionnée. C'est juteux mais pas trop, peut-être un tout petit peu pâteux mais pas de manière gênante, comme le serait un burger de volaille par exemple, vraiment agréable, aucune sécheresse, peut-être un peu gras. (J'ai épongé après la cuisson.) On en remangerait volontiers un deuxième.
    .
  3. Composition : 3/5
    Ingrédients : Soja blanc 58% (États-Unis), huile de coco (Asie), protéine de froment (EU), amandes (Chine), épices, colorant de betterave, maltodextrine, méthylcellulose.
    Remarques : la maltodextrine, c'est simplement du sucre, certes très transformé, mais il est ici en quantité négligeable. La methylcellulose, c'est une molécule qui vient de la cellulose du bois, elle sert ici de texturant pour contrôler la viscosité, elle porte aussi le joli nom de E461... et pour la petite histoire, c'est la substance utilisée dans l'industrie pornographique pour constituer le faux sperme. Voilà, vous pourrez briller dans les dîners, merci qui ? Trève de plaisanterie, c'est une substance plutôt inoffensive et hypoallergénique, pas d'inquiétude. (On va la retrouver dans plusieurs burgers ci-dessous.) Composition plutôt propre donc.
    J'ai déjà parlé du soucis de ne pas avoir l'origine des ingrédients sur un produit. Naturli' est une marque Danoise qui fait plusieurs produits, soit des ersatz de viande, soit des crèmes glacées, tout est vegan. Ils font un effort particulier sur le packaging composé à 80% de produits recyclés et apparemment sont soucieux de ne pas gaspiller d'eau.

    Nutrition : par portion (ici 100g) :
    202 kcal
    18g de protéines
    10g de lipides (dont 8g graisse saturée, et oui, l'huile de coco c'est aussi mauvais que le gras de boeuf malgré ce qu'essaie de vendre Gwyneth)
    6,2g de glucides (dont 1,5g de sucre)
    3,8g de fibres
    1,2g de sel
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  4. Prix/disponibilité (équivalent pour 100g) : 3/5
    5,95 CHF pour un emballage de 2 burgers de 100g chacun.
    C'est-à-dire 3 CHF/100g.
    En vente à la Coop.
    .
  5. Visuel : 4/5
    Attention à la cuisson, comme c'est plutôt gras, ça peut vite brûler, maintenir un feu moyen-chaud et bien appuyer sur le burger pour ne pas avoir uniquement les bords qui soient grillés.
    À la cuisson on remarque un léger "saignement" de betterave, et évidemment une évacuation de gras qui vient caraméliser, comme pour du boeuf. 

Dans toutes les photos de poêle que vous voyez, on dirait que j'ai mis énormément de matière grasse. Ce n'est pas le cas, c'est parce que les huiles végétales qui composent les burgers, fondent à la chaleur et se retrouvent dans la poêle, je vous recommande d'éponger les burgers après cuisson en les déposant sur un papier absorbant avant de les mettre sur les autres ingrédients de vos sandwichs.
Je me rends compte en revoyant les images que pour celui-ci j'ai oublié le fromage, mais comme il était insipide, je ne pense pas que ça ait changé quoi que ce soit, j'aurais mieux fait de m'en passer pour tous les burgers...
Cette impression de "viande saignante" au centre du burger est vraiment bluffante.


DELICORN BURGER A BASE DE FROMENT ET DE SOJA




  1. Goût : 6/10
    Grosse, grosse, surprise. C'était le produit qui me faisait le moins envie et pourtant, le goût est là, complexe, épicé, multiple. Malheureusement, au milieu du burger, ça devient écoeurant et il faut vraiment ajouter du croquant et de l'acide pour le terminer. (Vive la sauce magique.)
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  2. Texture : 3/5
    Étonnant, alors qu'on ne fait que chauffer le produit, on a l'impression de mordre dans quelque chose de fraichement grillé, la mâche est vraiment agréable. Malheureusement, ça ne suffira pas pour donner envie d'en manger un deuxième, car il est tout de même un peu pâteux au final.
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  3. Composition : 4/5
    Ingrédients : protéines de froment (28%, Suisse), eau, protéines de soja (18%, États-Unis), oignons (Allemagne), huiles végétales (colza, tournesol), concentré de protéines de soja (6%, Chine), E461 (voir ci-dessus), mélange de condiments, sel de cuisine iodé, fibres de pois, purée de tomates, fibres de tiges de blé, épices, ail, poudre de céleri, extrait de malt, amidon de maïs, farine de froment, vitamine B12.
    Pour les provenances, j'ai dû aller chercher des infos, je ne suis pas sûre à 100%. On remarque toutefois que plus de la moitié des ingrédients (si on addition 28% de froment et 20% d'eau) sont locaux, un bilan carbone un peu meilleur que quand tout vient d'autres continents. On remarque que la methylcellulose est en plus grande quantité ici, et qu'il y a globalement plus d'ingrédients, mais tous faciles à comprendre et justifier pour des raisons de saveurs, ce qu'on a retrouvé à la dégustation.

    Nutrition : par portion, ici 100g
    211 kcal
    21g de protéines
    11g de lipides (dont 0,8g graisse saturée)
    3g de glucides (dont 1,6g de sucre)
    8g de fibres
    1,4g de sel
    Remarques : un supplément en vitamine B12, qui est souvent une vitamine qui fait défaut dans les régimes végétaliens, et qui est importante car elle permet entre autre la fixation du fer de l'alimentation, c'est donc un supplément bienvenu dans des produits destinés à des végétaliens. Pour le reste, ce burger est celui qui contient le moins de graisse saturée et le moins de glucides de ce test, il contient aussi le double de fibres du précédent, c'est probablement le meilleur de ce test, au niveau nutrition.
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  4. Prix/disponibilité (équivalent pour 100g) : 4/5
    4,95 CHF pour un emballage de deux burgers de 100g chacun.
    C'est-à-dire 2,50 CHF/100g.
    En vente à la Coop et à la Migros (dans l'emballage ci-dessous), c'est le même produit. Il y a également des versions "chili burger/mexican burger", que je n'ai pas testé, qui comportent des haricots rouges comme base du burger.



  5. Visuel : 3/5
    Franchement, je trouve l'emballage super moche, et, déballé, les fausses traces de grillé sur un produit un peu trop brillant ne m'a pas donné envie du tout. Beaucoup trop d'efforts pour ressembler à de la viande (mais ici aucun effort pour ressembler à de la viande crue par contre) c'est souvent moins d'effort sur le goût, la texture et la composition. (Sauf qu'ici, ces efforts y sont !). Les instructions de cuisson et la longue durée de conservation indiquent clairement qu'on ne cuit pas le produit, on ne fait que le chauffer. 



BEYOND MEAT - BEYOND BURGER (surgelé)




  1. Goût : 7/10
    Avant le goût, il y a l'odeur, étrange, presque métallique, de "viande crue" trop froide venant d'être hachée, mais artificielle. Écoeurante.
    Si on l'oublie, la première bouchée est vraiment bluffante, on pourrait croire qu'on mord dans du boeuf haché. C'est plaisant et intriguant. Un gros goût de grillé et de fumée. Et puis ce côté grillé l'emporte, et on finit par ne sentir que la fumée, qui reste en bouche plus d'une heure après la fin du burger. (J'ai dû me laver les dents 2x pour la supprimer totalement). Je comprends l'attrait pour des papilles américaines pour lesquelles le magique "liquid smoke" est omniprésent, mes papilles ont eu du mal à s'en remettre, c'est dommage. (Un ami m'a dit que pour ce débarrasser de ce goût, il triche et cuit ce burger à la friteuse, je n'ai pas testé.)
    .
  2. Texture : 5/5
    Au top ! Cru c'est la visuellement la copie presque conforme du produit danois Naturli' (quoique je soupçonne que ce soit plutôt Naturli' qui est une copie conforme de Impossible Burger et Beyond Meat qui étaient les premiers sur le marché).
    Par contre le burger est moins grand mais beaucoup plus haut, ce qui laisse une agréable couche "saignante/bleue" au centre. On a donc des bords grillés (quoi qu'en fait ils soient plus frits que grillés, mais avec le liquid smoke ça fait illusion),  qui sont croustillants, un centre "saignant" qui amène moelleux et juteux et une mâche très agréable jusqu'à la dernière bouchée. Aucun moment "pâteux" à déplorer. Un burger impossible à rater que j'imagine sans soucis sur une grille de barbecue.


  3. Composition : 3/5
    Ingrédients : Eau, isolat de protéine de pois (18%), huile de colza, huile de coco raffinée, arôme, arôme de fumée, stabilisants : cellulose, méthylcellulose, gomme arabique ; fécule de pomme de terre, maltodextrine, extrait de levure, sel, huile de tournesol, levure séchée, antioxydants : acide ascorbique, acide acétique ; colorant : rouge de betterave ; amidon modifié, extrait de pomme, jus de citron concentré.
    Remarques : tous les ingrédients proviennent des États-Unis, pays d'origine de la marque Beyond Meat, qui s'est lancée à peine quelques mois après les fameux "Impossible Burgers" (qui ne sont pas disponibles en Suisse et ne sont de toute manière disponibles en général que pour les professionnels de la restauration). Il est intéressant de noter que le premier ingrédient est l'eau, et qu'à part les pois, tous les autres ingrédients sont des graisses, des arômes ou des texturants. On voit donc ici le très gros travail fourni pour ressembler le plus possible au goal du burger de boeuf.




    Nutrition : pour 100g
    269 kcal
    18g de protéines
    19g de lipides (dont 4,4g graisse saturée)
    5,3g de glucides (dont 0g de sucre)
    8g de fibres
    1g de sel
    Remarques : un chouia plus calorique, ce qui est expliqué par presque le double de lipides, ça reste moins de lipides que dans un burger de boeuf (les bouchers conseillent au moins 20% de graisse pour une texture optimale). Franchement, plutôt propre, comme pour les précédents.
    Ce qui est intéressant également c'est qu'il est sans soja ni gluten, ce qui est intéressant pour les personnes allergiques, le seul de ce test qui s'annonce sans gluten. Le sans soja m'a plus surprise, venant d'un pays où le soja est devenu une des plus grande mono-culture intensive. Mais c'est peut-être cette exacte même raison qui a poussé cette entreprise Californienne à la clientèle foodie exigeante de ne pas utiliser le grand méchant soja OGM (nouveau coupables de tous les maux).
    .
  4. Prix/disponibilité (équivalent pour 100g) : 2/5
    7,95 CHF pour un emballage de deux burgers de 113g chacun.
    C'est-à-dire 3,50 CHF/100g, le plus cher de ce test.
    En vente à la Coop et à la Migros aux rayons surgelés. (On trouve depuis fin juin 2019 également la version non surgelée des burgers Beyond Meat, mais ils coûtent 8,95 CHF pour l'exacte même quantité.)

    Les instructions de cuisson disent qu'il est cuit à 47 degrés internes. N'oubliez donc pas de le retirer de la cuisson quand il atteint les 38-40 degrés, car il va continuer à cuire après être sorti du feu.

  5. Visuel : 3/5
    Le fait de sortir les burgers de pochettes individuelles en plastique n'est pas super appétissant, il faut ensuite les faire dégeler. On se retrouve alors avec des burgers parfaitement ronds et plutôt épais, on voit encore les marques de moulures sur la "chair", ça donne un côté très industriel qui n'est pas très appétissant non plus. À la cuisson, ça ne grille pas mais ça frit, dû au taux de gras important des burgers, la croûte n'est donc pas super jolie, mais c'est planqué dans le burger. Par contre, le fait que ça reste "saignant" au milieu est plutôt sympa. Ils expliquent sur l'emballage qu'il faut une température interne de 47 degrés pour que ce soit cuit, et j'avoue que piquer mon thermomètre dans ces burgers m'a fait plaisir et j'imagine sans mal cette même joie à un barbecue où on fait goûter ce "faux" burger à des potes sans leur dire.



VIVERA STEAK VEGAN





  1. Goût : 9/10
    Franchement sympa, de la bonne viande hachée. Je suis vraiment bluffée par tout ce test à quel point j'ai apprécié gustativement tous ces produits. J'ai cru avoir un problème à la cuisson, il a eu l'air brûlé sans passer par la phase caramélisation. Je vous recommande de le tester à plus basse température. Toutefois, ce petit goût de "brûlé" a plutôt amené quelque chose à la dégustation.


  2. Texture : 5/5
    Mon préféré de ce test. Mâche très agréable et avec une très bonne élasticité, tient bien en bouche sans être sec ni pâteux, le côté trop grillé (probablement volontaire au vu de leurs photos de promo qui ont les mêmes traces de grillé) amène du croustillant. Le centre est "saignant" comme pour les autres où on cuit les burgers.
    .
  3. Composition : 4/5
    Ingrédients : 80% de soja réhydraté et de protéines de froment, huile de tournesol, graisse de coco, méthylcellulose, arômes naturels, colorants (betterave, carthame), extraits de plantes (canne à sucre, citrus), sel de mer, amidon de blé, maltodextrine, fécule de pommes de terre, herbes et épices, poudre de champignons, arômes (donc pas naturels ceux-là...), fer, levure de malt, vitamine B12.
    Remarque : Vivera est une entreprise Néerlandaise qui a plus de 25 ans, elle annonce sur son site faire très attention à l'écologie : emballages minimum à 80% issu de matériel recyclé, minimum de CO2, système de refroidissement d'eau qui sert à chauffer 1'500 habitations alentours, production de leurs propres ingrédients de base à côté de l'usine et ambition de devenir la fabrique la plus écolo d'Europe. Ça se pose là et ça donne envie de les soutenir.
    Toutefois, la liste des ingrédients et une des plus longue de ce test...

    Nutrition : par portion, ici 100g
    221 kcal
    20g de protéines
    10,8g de lipides (dont 4,9g graisse saturée)
    8,4g de glucides (dont 2,1g de sucre)
    4,9g de fibres
    1,3g de sel
    2,1 mg de fer et supplément de vitamines 12
    Remarques : Comme rappelé ci-dessous, dans un régime végétar·lien, il est souvent plus difficile de trouver des sources de vitamine B12 qui permet de fixer le fer de l'alimentation, ici on a du fer (15% des apports journaliers conseillés) et de la vitamine B12 pour le fixer.
    Pour le reste, il ressemble aux autres produits similaires de ce test : 20g de protéines, 10g de lipides.
    .
  4. Prix/disponibilité (équivalent pour 100g) : 3/5
    6,50 CHF pour un emballage de deux burgers de 100g chacun.
    C'est-à-dire 3,25 CHF/100g.
    En vente à la Coop.
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  5. Visuel : 2/5
    Emballage minimal mais aspect cru bof bof, on voit des traces de trucs fibreux sur la viande, ça fait pas super envie. Et comme ça crame hyper facilement au lieu de caraméliser, ben c'est pas super joli.




BURGER AUX HARICOTS ROUGES MAISON




Et pour finir, un burger fait maison, avec mes propres protéines végétales : des haricots rouges et du quinoa. J'ai triché pour la texture car je n'étais pas sûre de moi et j'ai ajouté un oeuf, mais je pense qu'il est facultatif pour une version végane. Sans surprise, c'est le moins cher de ce test, mais aussi celui qui ressemble le moins à de la viande.

Recette

Pour 4-6 burgers, selon leur taille et épaisseur.
  • 1 boîte de haricots rouges (ou 250g de haricots rouges cuits maison, ce qui a ma préférence, car ainsi on peut les assaisonner et ils seront vraiment, vraiment meilleurs)
  • 50g de farine
  • 50g de quinoa cuit
  • 1 oeuf
  • sel, poivre, paprika fumé, poudre d'oignon, poudre d'ail, Worcestershire Sauce

Mixer grossièrement (en mode pulse) pour que tout soit bien mélangé et ressemble à une pâte épaisse (il faut qu'il reste des morceaux de haricots). Pour plus de goût, vous pouvez ajouter des oignons hachés.
Laisser reposer 20 minutes pour que le gluten de la farine se développe et que la texture soit la bonne.
Mettre la mixture dans un récipient avec un bec verseur. Quand votre poêle est chaude, former des galettes épaisses (un peu comme des pancakes). Cuire à feu moyen-chaud environ 6-10 minutes de chaque côté. Attention au moment de les retourner, il faut bien que les galettes se décollent toutes seules de la poêle, et il faut les retourner d'un seul geste.



Je l'ai soumis au même test que les autres, en essayant d'être objective :

  1. Goût : 7/10
    Avec des haricots cuits maison et donc goûtus, c'est vraiment très bon, on en prendrait volontiers un deuxième.
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  2. Texture : 3/5
    Ça parait étonnant, mais ça tient sans problème. Sauf si les galettes sont trop fines ou la mixture trop mixée, là ça peut devenir plus périlleux. En bouche, c'est agréable, les morceaux de haricots qui restent et le quinoa rappellent étonnamment la texture de la viande hachée. Il y a toutefois un petit côté pâteux.
    .
  3. Composition : 5/5
    Ingrédients : Comme c'est vous qui décidez de tout, c'est la composition la plus propre que vous allez trouver.
    Nutrition : Je suis incapable de vous dire précisément ce à quoi ça correspond au niveau nutrition, je vous donne donc la composition des haricots rouges pour 100g :
    85 kcal,
    5,3g protéines (1/4 des autres, mais j'ai ajouté du quinoa et un oeuf)
    0,3g lipides (mais l'oeuf en ajoute un peu)
    16g de glucides (dont 0g de sucre)
    5,4g fibres
    Conclusion : c'est beaucoup moins de protéines que tous les autres burgers du commerce, évidemment. Donc ça n'a pas la même valeur dans un régime végétar·lien qui a besoin de protéines. Mais ça reste intéressant car sans gras, sans sucre rapide, avec une bonne dose de fibre, et très peu calorique (moins de la moitié des autres).
    .
  4. Prix/disponibilité (équivalent pour 100g) : 5/5
    Évidemment le moins cher du test. 0,80 CHF par burger si vous prenez des haricots en boîte, encore moins avec des haricots secs que vous cuirez vous-même.
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  5. Visuel : 2/5
    C'est là où le bât blesse, franchement, la mixture crue n'est PAS appétissante (mon charmant mari la qualifie de "brun diarrhée", bon appétit bien sûr). Mais elle se rattrape immédiatement quand elle passe en cuisson, les haricots comportant suffisamment de sucres, la caramélisation est vraiment sympa, et c'est très très très gratifiant d'avoir réussi son propre burger 100% maison et végétal.





RÉSULTATS


  • NATURLI' BURGER PATTIES 100% VEGAN : 22/30
  • DELICORN BURGER A BASE DE FROMENT ET DE SOJA : 20/30
  • BEYOND MEAT - BEYOND BURGER : 20/30
  • VIVERA STEAK VEGAN : 23/30
  • BURGER AUX HARICOTS ROUGES MAISON : 22/30

Les résultats sont très proches.
J'ai été franchement bluffée par les textures et le goût. Je n'ai jamais apprécié les "fausses viandes" auparavant, et j'ai vraiment pris du plaisir à manger ces produits. Donc si votre but est de manger un burger coûte que coûte, mais de limiter la viande, ce sont d'excellentes options.

Toutefois, en regardant ces produits de près, on se rend compte à quel point ils sont transformés et industriels. Pour arriver à un tel degré de vraissemblance, il faut des années de travail sur les recettes et la transformation des aliments. Comme pour la viande, il est donc recommandé de ne pas en manger trop souvent et de plutôt cuisiner vous-même des produits frais.

Ajoutons à tout cela l'opacité sur la provenance des ingrédients, mais là c'est une question politique de législation, et ça ne va pas changer tout de suite.

Si on prend en compte le simple bilan écologique des produits : ces burgers végétaux sont moins nocifs pour la planète que des burgers de boeufs. Mais l'agriculture intensive, qu'elle soit bouchère, laitière ou céréalière, ne permet pas de faire dans la dentelle, ni dans la conservations des sols et des écosystèmes. Ce genre de produits permet certes d'être moins dépendants de l'industrie bouchère, mais augmente la dépendance à l'agriculture céréalière intensive. Personnellement, ça ne m'ouvre pas l'appétit...



Je me réjouis de lire vos avis à vous, qui avez certainement goûté certains de ces produits. N'hésitez pas à m'indiquer d'autres produits d'autre enseignes pour agrandir ce test. Attention aux critères : il faut qu'il y ait une volonté de ressembler à de la viande et que ce soit disponible en Suisse.

Faites chauffer les grills !

3 commentaires:

  1. J'ai une question très pratico-pratique: je n'ai jamais trouvé de "beyond burgers" dans les coops de Lausanne. De laquelle viennent-ils? Idem pour les Naturli.
    Merci tout plein,

    Hanna

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  2. Merci pour cet article tout bien détaillé. J ai fait le test aussi à la maison et je suis sur la même longueur d onde que toi. Vraiment bon ces fausses viandes��
    Au plaisir de continuer à te lire.
    Véro

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