mercredi 23 mars 2011

Carancho



Carancho (Pablo Trapero, Argentine, 2010)

Sous couvert d'une histoire d'amour (malheureusement très mal racontée et donc peu crédible), le film tente de nous parler d'une réalité argentine terrifiante : le système médical et juridique étant entièrement (ou presque) privatisé (merci les directives du FMI), les accidents de voiture constituent un véritable pôle économique. Carancho signifie vautour, comme ceux qui tournent autour des accidents (compagnies d'ambulances privées, avocats véreux, etc...). L'histoire est finalement sans intérêt, on s'attend à la fin dès le premier tiers du film et ce n'est pas dès la première minute parce que le film met un temps fou à démarrer. Il y a de nombreuses séquences inutiles ou trop longues, et d'autres coupées au moment où elles auraient enfin pu développer un émotionnel intéressant et le rythme du montage est très mal géré.

Oui, je sais, je suis dure, mais c'est parce que j'aime énormément ce réalisateur et que la déception était forte ! Le Pablo Trapero revendicatif, pertinent, percutant, dérangeant et passionnant de Mundo Grua ou El Bonaerense paraît avoir disparu dans un cinéma beaucoup plus commercial, quel dommage. Pourtant Trapero est tellement doué pour filmer les visages, pour faire des cadres très intéressants et des lumières élégantes sans jamais être tape à l'oeil, pour exploiter la richesse de son univers sonore. Mais malheureusement, malgré le Stradivarius Ricardo Darin et le fait de filmer sa propre femme, je n'ai pas réussi à croire aux personnages et n'ai jamais perdu de vue les acteurs jouant.
Dommage, la thématique avait un potentiel fort...

Et puis, bordel, c'est quoi cette lubie des réalisateurs en ce moment, c'est devenu un passage obligé l'accident de voiture au ralenti avec des points de vue multiples ? Il faut arrêter maintenant hein Canet, Trapero, Iñarritu & co.

3 commentaires:

  1. Groumf, pas encore trouvé une soirée pour Winter's bone, et pourtant tu m'as motivée ! (si en plus c'est un peu western...)

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  2. Ambiance western hein, pas western-western.
    Mais oui, vas-y, par contre, prépares-toi psychologiquement, c'est vraiment pas très joyeux. (Et tu vas avoir mal aux mains !)

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