mardi 28 octobre 2014

Série fais-moi peur !


Comme je vous le disais cet été, la folie de "rentrée" des séries s'amenuise peu à peu maintenant qu'il y en a toute l'année, je vais donc vous parler des nouveautés de ces derniers mois, mais d'autres vont encore arriver en novembre et même en décembre, il n'y a plus de saisons ma bonne dame.

Coups de coeur





The Affair

Un homme marié, une femme mariée, une petite ville balnéaire, un été, une liaison, deux visions. Le pilote est une merveille absolue, techniquement, scénaristiquement, au niveau du jeu d'acteur, du rythme, bluffant, intelligent, subtile et original.
Chaque épisode est construit de la même manière : les deux protagonistes principaux sont interrogés par la police, on ne sait pas vraiment pourquoi, et ils racontent comment se sont passés des événements cet été là, dont leur rencontre. La première moitié de l'épisode est racontée par Noah (sublime Dominic West dont vous vous souvenez certainement de The Wire), l'autre moitié de l'épisode est raconté par Alison (exceptionnelle Ruth Wilson). De subtiles différences visuelles et dans certains dialogues sont constantes entre les deux versions, une jupe un peu plus courte, des cheveux attachés ou non, un regard un peu plus appuyé ou différemment chargé émotionnellement. Qui a séduit l'autre ? Quelle version parait la plus "vraie" ? Le spectateur est forcé de s'impliquer et d'interroger tout ce qu'il voit. Je vous défie de regarder le pilote sans revenir en arrière pour saisir les nuances de différences. Je pense que c'est une série que je reverrai en entier quand la saison sera terminée pour saisir toute la beauté de l'arc narratif. Ne ratez pas ce bijou.
(PS : Dans les rôles des époux trompés, rien de moins que Joshua parle-à-ma-culotte-Jackson -ancien de Dawson et de Fringe- et Maura Tierney -ancienne de E.R.- que du beau monde !)




Transparent

Mort (incarné par Jeffrey Tambor, vous vous souvenez, le père dans Arrested Development) décide d'annoncer à ses trois enfants adultes que dorénavant il est Maura. Durant les 10 épisodes de cette mini-série, les liens entre les membres de cette famille vont être bouleversés, leurs émotions et certitudes être totalement chamboulées, mais ils restent une famille. L'évidente question de l'identité sexuelle est posée, mais elle ne sert que de toile de fond pour ces personnages qui luttent pour  définir ou redéfinir leurs identités. Brillant, subtile, drôle, émouvant. La créatrice, scénariste et réalisatrice de ce chef d'oeuvre est aussi celle de Six Feet Under, United States of Tara ou encore How to make it in America, je suis une fan inconditionnelle du travail de Jill Soloway et je vous conseille de voir TOUT ce qu'elle a fait, mais avec Transparent, elle atteint un sommet de sensibilité et d'intelligence.




Sensitive Skin

Mini-série de 6 épisodes où la très belle Kim Cattrall incarne une femme en pleine mid-life crisis. Elle se voit vieillir, s'ennuie dans son mariage, déprime sans vraiment de raison et ça la déprime encore plus. C'est beau, contemplatif, sensible, souvent drôle et émouvant de se plonger de ce personnage. Il y a peu des personnages de femmes dans la cinquantaine, celui-ci est passionnant.





Tu aimes ne rien comprendre pendant plusieurs épisodes ? Cette série est faite pour toi. C'est lent, complexe, intriguant, sombre, glauque. Je me suis régalée. Je ne peux rien vous dire sous peine de spoiler, mais la petite fille que vous voyez sur cette image est le personnage le plus effrayant que j'ai vu depuis très longtemps.




Pourquoi pas


Gotham

Les parents de Bruce Wayne viennent de se faire assassiner, le jeune inspecteur Gordon lui promet qu'il va retrouver le meurtrier. La génèse de Batman vue par le personnage du flic, pourquoi pas. C'est assez joliment mis en images. Par contre ils ont oubliés d'être subtiles. Mais si les grosses ficelles ne vous dérangent pas, c'est plutôt plaisant et amusant de découvrir la génèse de tous ces personnages que l'on connait déjà, Catwoman, le pingouin, le joker...


How to get away with murder

Une prof de droit et avocate (Viola Davis, fabuleuse) met en compétition ses meilleurs étudiants pour une place de stage dans son étude. Chaque épisode parle d'une nouvelle affaire, mais un histoire de meurtre dans laquelle sont impliqués les étudiants sert de fil rouge. Plus cliché que réaliste, trop lisse et hollywoodien, c'est néanmoins joliment produit. Un divertissement agréable et oubliable, il en faut.



Manhattan

J'attendais avec impatience cette série qui parle du "Manhattan Project", ce fameux projet secret où les meilleurs scientifiques des Alliés se sont alliés (hinhinhin, pardon) pour inventer la bombe atomique, cette histoire me fascine. Mais je suis mitigée sur le résultat, les personnages sont intéressant, ils ont réussi à donner une place importante aux femmes, l'époque est plutôt joliment reconstituée, mais je me suis ennuyée. Mais c'est peut-être aussi que j'étais crispée par les approximation du scénario. Mais tout de même dans le haut du panier cette saison.


Madam Secretary

Tea Leoni incarne à merveille une Secretary of State peu crédible mais attachante. Proffesseure d'université, le Président des USA lui demande de devenir sa ministre des affaires étrangères, elle confronte ses théories idéalistes à la pratique réaliste dans ses rapports avec les dirigeants étrangers. La prise de risque scénaristique est nulle, à chaque fois qu'un pays pose problème c'est un nom fictif, le seul conflit sérieux est avec le Canada (lol), sa vie de famille ne me passionne pas. Mais je prends du plaisir à chaque épisode grâce au rythme efficace et aux acteurs brillants.
Toutefois, contrairement à d'autres séries ou films qui ont été plus progressistes que la réalité en mettant un noir à la Maison Blanche avant Obama, Tea Leoni ne supporte que très mal la comparaison avec Hillary Clinton.


The Knick

Début du vingtième siècle, Manhattan, débuts de la chirurgie moderne. Un chirurgien accro à la cocaïne (Clive Owen), des conflits raciaux, sociaux, financiers, la caméra de Soderbergh, tout aurait dû me passionner, mais j'avoue m'être ennuyée. Certains crient à la meilleure série de l'année, je ne suis pas emballée, mais c'est extrêmement bien réalisé visuellement. A vous de vous faire une idée.


Our Zoo

Délicieuse mini-série anglaise qui raconte l'histoire (vraie) d'une famille anglaise qui rêve de construire un zoo. Touchant, divertissant, drôle et attachante.


Z Nation

TOUS les codes du genre et de la pop culture sont réunis pour ce navet jouissif que j'attends chaque semaine avec grande impatience. C'est absolument hilarant, crétin et totalement absurde, bref : culte. Si l'idée de Sharknado ne vous faisait pas rire, passez votre chemin, ici on a du Znado, du Znami, des zombies Amish, des zombies pompiers, des zombies flottant, grinçants, enterrés, découpés, bébés, des humains très gentils, des héros, des très méchants, des carnivores et Citizen Z, ancien de la NSA qui tente de sauver le monde depuis son bunker en Alaska en se prenant pour une star de la radio. Culte je vous dis.







Dans mon prochain article je vous parle des sitcoms, des échecs de la saison et des séries qui ne sont pas des nouveautés

6 commentaires:

  1. Mille fois d'accord pour Transparent. La seule chose que j'ajouterais c'est le plaisir de revoir Judith Light.

    Pour The Affair, ça commence très fort en effet. Je suis subjuguée par la beauté de Ruth Wilson, tellement mieux mise en valeur que dans son immonde personnage dans Luther. Mais je me méfie quand même de la suite... les différences abyssales entre les deux visions m'inquiètent un peu, je reste sur mes gardes.

    Sensitive skin je ne connaissais pas, je vais me jeter dessus !

    Kingdom j'ai peur que ça me rappelle trop Ray Donovan, que j'ai laissé tomber en début de saison 2, ça devenait tellement testéroné que ça donnait la nausée.

    J'ai adoré l'esthétique de The Knick, mais ce n'était pas toujours passionnant en effet, alors que ça aurait dû l'être. Perso, je trouve que ce sont les dialogues qui pèchent, ils sont vraiment faibles par rapport au reste.

    Pour les autres séries je vais étudier la question ;-) Merci pour cet article funambuline !

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    1. Avec plaisir Alexandra !

      Kingdom n'a rien à voir avec Ray Donovan que j'ai abandonnée au bout de 3 épisodes, elle est bien plus belle visuellement et plus subtile.

      Tu as raison pour The Knick, les dialogues sont faibles.

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  2. Ah, ce titre ! Je sens qu'il faut donc que je voie l'épisode de The Affair que j'ai récupéré alors qu'il était tout frais éclos. Merci pour la revue !

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  3. Merci pour cet article ! Plusieurs séries se rajoutent à ma liste... et sachant que je n'ai pas encore regardé ce que j'avais noté grâce à ton article précédent, ça me fait beaucoup. Mais peu importe, avoir du choix, c'est bien !

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  4. Je trouve que "the affair" s’essoufflait un peu, et le dernier épisode a les mêmes qualités qu'on trouvait dans "in treatment": une rare subtilité.

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  5. Premier épisode de transparent: magnifique! De quoi me tenir compagnie pour soigner ma crève; merci!

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