dimanche 4 octobre 2009

Elif Shafak


Après mon séjour à Istanbul, j'ai eu envie de lire pour y retourner. Elif Shafak, La Bâtarde d'Istanbul et Bonbon Palace m'y ont replongé avec délice.

La Bâtarde d'Istanbul est construit autour d'une recette turque typique, recette primordiale dans le déroulement de l'histoire, le titre de chaque chapitre est un ingrédient de la recette et dans chacun de ces chapitres ces ingrédients ont une importance. Bref, vous l'aurez compris, ce roman est remarquablement construit, complexe et passionnant. L'exploration des rapports et des personnalités des femmes de deux familles, l'une turque vivant à Istanbul, l'autre arménienne exilée en Californie et de leurs liens complexes est fascinante. Le mélange des époques et des générations permets de traiter la question arménienne en Turquie de manière beaucoup plus profonde et analytique qu'il n'y paraît dans l'apparente légèreté des différentes protagonistes.

Dans ces remerciements, l'auteure nous explique :
" Entre l'édition turque et l'édition anglaise de ce roman, en 2006, j'ai été amenée devant la justice turque, au titre de l'Article 201 du Code pénal turc, pour avoir "insulté l'identité nationale". Je dois cette accusation à des propos tenus par certains de mes personnages arméniens dans ce roman. J'encourais une sentence de trois ans de prison, mais j'ai finalement été acquitté." Oui, vous avez bien lu elle a failli être condamnée pour insulte à l'identité nationale pour les propos de ses PERSONNAGES !

Découvrir cette auteure a été un grand plaisir que je compte renouveler très vite avec Bonbon Palace, n'hésitez pas !

2 commentaires:

  1. Alors déjà, moi je suis sous le charme devant de belles couv' comme ça ! ça paraît futile mais être déjà transportée par une couv', c'est indispensable pour moi avant de poursuivre le voyage par la lecture !

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  2. @ Adeline : dans mes razzias libresques, les couvertures et les titres sont souvent les premiers à m'attirer le regard. Puis la quatrième de couv' et éventuellement le premier paragraphe. Autant dire que ces livres-là ne m'auraient pas échappés longtemps, même sans l'alibi Istanbul ! :-)

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