mercredi 23 janvier 2013

Beasts of the Southern Wild


Beasts of the Southern Wild (Benh Zeitlin, usa, 2012)

La bande-annonce de ce film est magique, à chaque fois que je l'ai vue au cinéma, je me suis dit qu'il fallait que je voie ce film, je vous laisse admirer :





Sauf qu'elle est trompeuse, enfin pas vraiment, c'est plutôt ce que j'y ai vu qui m'a induite en erreur. Je m'attendais à un conte fantastique et poétique, avec une morale écologique, raconté à la première personne avec la voix d'une petite fille. Et je pense toujours que c'est l'ambition de ce film. 

Mais par trop de poésie et pas assez de morale, j'y ai finalement trouvé l'histoire d'une petite fille dans un ghetto que les habitants, marginaux volontaires, ne veulent pas quitter aux dépens des dangers de mort dans lesquels ils embarquent leurs enfant. Dangers qu'ils créent d'ailleurs en grande partie, par inconscience ou simplement par esprit de provocation face à la société. Le discours de tolérance face à la marginalité pourrait être intéressant, s'il était construit.



J'y ai vu un film qui manque de structure dont la narration est floue, la poésie n'excuse pas tout. J'y ai vu une ambition débordante, qui se laisse dépasser et part dans tous les sens. J'y ai vu de très belles images, beaucoup de poésie dans la voix-off et dans le rapport de cette incroyable gamine avec son environnement, des décors fascinant dans le genre post-apocalyptiques. Mais tout ceci est malheureusement isolé car le discours du film est morcelé, il manque de cohérence, il perd de vue son but, il nous promène sans nous prendre par la main et on finit par se perdre. (Le concours du paragraphe avec le plus de fois le mot "vue/vu" est remporté haut-la-main par funambuline. Merci public.)

D'autant que les touches fantastiques -les fameux aurochs que je me réjouissais de voir- ne servent à rien. Oui, on est dans la vision d'une petite fille, la voix-off et le point de vue subjectif constant suffit à nous le montrer. La plongée dans son imagination est évidente pendant de nombreuses scènes, sauf que non, pour être sûr qu'on ait bien compris, le réalisateur nous impose des aurochs, symboles pesant d'une nature sauvage. Et non seulement c'est raté et redondant, mais surtout ça fait perdre toute sa légèreté au film.

J'ai été très déçue, et c'est dommage, ce film a un potentiel splendide. Il faudrait le remonter sans les aurochs et en laissant l'imagination nous emporter sans chercher à nous montrer à tout prix ce qu'il faut voir à chaque instant. Peut-être qu'on ne se perdrait plus en route.



Test Bechdel : passé haut la main.
(Je vais tenter de tester tous les films que je vois en 2013, si j'oublie, n'hésitez pas à me le rappeler.)

3 commentaires:

  1. Je me suis laissée emporter et suis sortie avec un "maiiiiiiis..." sans réussir à mettre exactement le doigt sur ce qui n'allait pas. De l'ordre du manque ou du trop-plein. Quelque chose.
    Je suis peu habituée au cinéma et ne mettrai sans doute pas plus les mots sur le terme qui convient, mais la petite fille a eu pour moi une... présence assez incroyable pour son âge.

    Mélusine

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    1. Oui, cette actrice est phénoménale.

      C'est ça, manque ou trop plein, joliment dit.

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    2. D'ailleurs, Mélusine, je ne sais pas si tu sais, mais c'est la plus jeune actrice de l'histoire à avoir été nommée aux Oscars (9 ans aujourd'hui, 6 ans au moment du tournage).

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