dimanche 20 janvier 2013

Black Mirror


Claque télévisuelle de l'année (certes, elle est encore jeune) infligée par la première saison de Black Mirror. Mini série anglaise dont les trois épisodes de la saison 1 (qui devait être unique, apparemment une saison 2 est prévue après la réussite de la première) ont été diffusés en 2011. Cet OVNI -avec un V comme visuel- m'a scotché à mon écran comme je ne l'avais pas été depuis trèèèèès longtemps.

Ce n'est pas une série dans le sens traditionnel du terme, les trois "épisodes" sont indépendants les uns des autres, réalisés par différents réalisateurs et avec des histoires non-connectées. Mais pour chacun des univers, il s'agit de critiquer notre monde médiatique et notre utilisation des nouvelles technologies.

J'ai passé tous le premier épisode, après la surprise initiale qui m'a fait pouffer, à me dire "non, c'est pas possible, il ne va pas le faire, non, c'est pas possible, non, c'est PAS possible". A couper le souffle dans sa construction narrative, et plus ça avance, plus la réflexion et la critiques deviennent acerbes, jusqu'au dégoût. Brillante montée en puissance. Quand j'ai compris au début de l'épisode 2 (qui parle totalement d'un autre sujet) qu'on allait me laisser digérer seule cette claque assénée violemment, mon admiration est montée d'un cran. Cet épisode parle de politique, de médias "traditionnels" et de leurs dérives communes, j'en suis friande, et évidemment quand on parle des réaction sur twitter à tout bout de champ, ça me parle. (Amateurs de The Newsroom ou The Hour, vous DEVEZ voir cet épisode). 

L'épisode 2 m'a moins touchée, il se concentre sur l'univers de la téléréalité, et ça fait trop longtemps que je n'en ai regardé pour m'être laissé prendre, mais le mécanisme est très bien construit et la fin cynique à souhait.

Le troisième épisode est encore d'un autre ordre, on parle nouvelles technologies, de notre manière de faire de l'auto-fiction et de documenter de plus en plus nos vies, de la question de l'intimité et du droit à l'image, mais aussi d'autres travers humains intimes et destructeurs tels que la jalousie et le mensonge. Re-claque, violente, de celles qui assomment pendant quelques minutes à la fin d'un film ou d'un épisode qui a réussit à nous ébranler.

Black Mirror est à voir absolument, à tout prix... mais à déconseiller aux âmes trop sensibles qui pourraient ne pas s'en remettre. Attendez-vous à être choqué, à avoir envie de détourner les yeux sans pouvoir le faire... et à avoir besoin d'en parler à quelqu'un...




PS : Les commentaires sont ouverts à tous, merci à ceux qui ont vu la série d'indiquer au début de votre commentaire si vous allez spoiler. Pour ceux qui n'ont encore rien vu, revenez ensuite ;-)

7 commentaires:

  1. J'ai adoré cette semaine mais surtout l'episode 1 , le deux pas mal mais l'univers moyen et le 3 pas du tout.

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    1. J'ai un ami pour qui l'ordre de préférence est 3, 1, 2.
      Pour ma part c'est 1, 3, 2.

      Je crois que cette série ne peut laisser personne indifférent, mais pour des raisons diverses.

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  2. Merci pour la découverte! Je fonce voir ça! :)
    Célestine

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  3. ***ATTENTION SPOILER***

    Je dois avouer que mon préféré est l'épisode 1 pour une raison très particulière : l'otage est relâchée 30 minutes AVANT l'acte. Mais tout le monde est scotché à sa TV et donc personne ne s'en rend compte.

    Cette manière de parler de la hiérarchie de l'info c'est brillant et utile au moment où certaines personnes ne sont plus informées que par des torchons du genre 20 minutes pour lesquels la vie sentimentale/sexuelles d'une "star" de la téléréalité prend 1/2 pages mais que du Mali ou de la Syrie il n'est point question.

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  4. Je viens de voir l'épisode 1 et ça fait froid dans le dos '

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  5. Ça va spoil, et je vais m'énerver un peu.

    Le 3 est clairement mon préféré (et il est effectivement très bon), pour les problématiques abordées (le thème de la documentation permanente est excellemment bien traité je trouve, tout y est et c'est très efficace et malin), mais surtout pour la conclusion, qui peut sembler simpliste, mais apporte au moins ce qui m'a tellement manqué dans le 1 jusqu'à la nausée : un sursaut d'humanité, de prise de décision, de rage froide salvatrice et de refus d'une fatalité. On détruit mais à la fin on agit.

    Le 2 ne m'a fait ni chaud ni froid, trop aseptisé. Le cynisme final vient de nulle part, n'apporte rien pour moi. Je suis de toute façon complètement imperméable au sujet, soit. Je ne suis pas le public visé (je tombe sur une émission de télé-réalité par hasard chez quelqu'une une fois tous les deux ans).



    Parlons du 1, parce qu'il m'a bien fâché. "Les gens" sont voyeurs ; les politiciens des pantins inutiles ; wouahou, un discours tellement frais et original.

    Qu'est-ce qu'on fait pour changer ça ? Je veux bien être dérangé et qu'on m'impose en gros plan un PM qui nage dans ses sécrétions, mais que ça serve à quelque chose. Trop facile de nous laisser "face à nos réflexions".
    Et ce qui m'énerve le plus c'est que justement le choix soit fait de ne surtout pas dire au PM et de caviarder du rapport le fait que l'otage ait été relâchée avant l'acte, pour le préserver. Pauvre con jusqu'au bout, quoi.

    Parlons aussi du petit plaisir ridicule de la part du réal et du scénariste en ce qui concerne plusieurs choix faits pour le personnage de la Social Media Manager de UKN.
    Si je résume : bitch qui balance des photos dénudées pour obtenir un scoop (on sent le pattern qui assure une carrière longue et respectable, quand la source ainsi corrompue est un jeune membre de cabinet) ; écervelée qui fonce iPhone dans une main et incompétence dans l'autre, en talons et chemisier, pour filmer une intervention des forces spéciales (les embedded journos apprécieront), enfin même pas puisqu'elle filme surtout des portes et des couloirs sous filtre vert, du coup on est presque déçus quand elle prend seulement une balle dans la cheville, on s'attendait à ce qu'elle y reste. Bon et évidemment pour la fine bouche, il faut qu'elle soit forcément arriviste, elle est donc évidemment d'origine indienne et une femme (on ne doit pas pouvoir être un journaliste qui a oublié son devoir éditorial parce que devenu trop accro à l'instantanéité sans ça).

    J'ai espéré jusqu'au bout que la réflexion sur les médias aille au bout, au moins ça. Mais non. On crache, et on ne change rien : le journaliste final planté devant le 10 Downing Street pour citer les chiffres de popularité en hausse du PM dont tout le monde a oublié les ébats est affligeant d'inutilité.
    Enfin pas tout le monde, reste la femme du PM, qui ne lui pardonne rien en privé tout en jouant à la +1 aimante en public. Et qui ne lui pardonne pas quoi, d'ailleurs ? D'avoir été un jouet du système ? Non, comme les autres elle ne sait pas pour les 30 min. de décalage. D'avoir fait son devoir d'homme de pouvoir, aussi ridicule que soit le statement (parce que le passage à l'acte est justifié comme ça) ? Faut choisir. On crache sur tout le système, admettons, mais alors on ne laisse pas le dernier mot à la femme au foyer drapée dans son dégoût qui justement n'a rien fait.

    Où est le message ?, parce qu'on ne peut pas se permettre de nous balancer tout ça à la gueule sans en avoir un, désolé. Allons tous boire des pintes au pub devant les Breaking News, ainsi va la vie et elle continue, il n'y a rien à faire ? Pouah. Inutile, bavard.

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    1. Sachant ta promptitude à choisir l'option fâché, je propose - pour le plaisir - un autre point de vue : est-ce qu'ils ne seraient pas voulus, justement, ces clichés - la journaliste arriviste, le PM bien raide, sa femme, l'artiste, le gens
      Tout ne pourrait-il pas être, justement, une des clés de la mécanique narrative (pardon, phrase pompeuse)
      En clair : c'est plein de références, de lieux communs et de persos déjà vus, et c'est grâce à ça qu'on est surpris quand ça sort des rails.
      Là où tu vois une critique des vrais gens, sans proposer de solution ou de morale, je me demande on ne doit pas plutôt voir une critique de ce que font les autres séries, lisses et clichées, une parodie presque tarantinesque des dramatiques politico-policières british, voire un exercice de style sur le voyeurisme (vas-y pour juger les mecs dans le pub, toi qui regardes la même chose à un écran de distance)
      Quand le spectateur passe tout l'épisode à se demander comment le scénariste va faire pour nous épargner la scène du cochon ... plutôt qu'à se demander comment la police va faire pour retrouver la princesse, il n'y a que deux solutions : ou bien c'est fait exprès, ou bien c'est mal fait.
      Vu l'angle général de la série, on pourrait imaginer que c'est fait exprès

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