mardi 2 septembre 2014

La balade salée de Pierre Corajoud


Après la balade sucrée, Pierre Corajoud, Lausanne Estivale et Lausanne à Table ont concocté une balade salée. A la place de l'Ours, Pierre commence à nous raconter l'importance et l'histoire du sel, qui va nous accompagner pendant près de 3h, dans une balade pour le moins exotique, de l'Italie aux Balkans, avec escales en Inde et au Japon, sans compter les origines alpines et marines de notre sel national.


Premier arrêt quelques dizaines de mètres à peine plus bas, chez Mauro, qu'on ne présente plus. La boutique est une épicerie italienne, qui devient un service traiteur à emporter le midi, avec une longue, très longue file devant, pour déguster différentes spécialités de pastas chaque jour ou des foccacias croustillantes et fondantes, farcies de ce qui vous fera envie dans le sublime étalage de charcuterie, de fromages et de légumes confits de la boutique. (Ma recette doudou à moi pour les jours qui nécessitent du réconfort : mortadelle -la meilleure de Lausanne- et pecorino piccante, avec un canolo, à manger si possible allongée dans l'herbe du Parc de MonRepos.)




Ce jour-là, c'est des planchettes géantes qui nous attendent, avec du chianti. Sur les planchettes : du lard de colonnata, du jambon culatello, deux types de salamis et un sublime Pecorino Senese à la truffe noire. Il n'a fallu que quelques minutes à la meute (certains ont trouvé le moyen de tricher et de s'inscrire à plusieurs balades, le groupe de 30 personnes débordait largement de la boutique) pour engloutir ces merveilles, mais les plateaux continuaient à apparaître par miracle : la magie Mauro. 


C'était également l'occasion de visiter le reste de la boutique, des pâtes, évidemment (toutes les tailles et formes de De Cecco et De Voiello), des conserves de tomates qui sentent le soleil, une très belle collection de vins italiens (venez dans un moment creux, ils sauront vous guider à travers les vignobles de la botte), des grappas, etc.


Et bien sûr, la bonne humeur et générosité de Mauro, qui avait ouvert ce jour-là alors qu'il était encore en vacances. Il nous a rappelé les dates importantes de la boutique (l'arrivée des pannetone mi-novembre par exemple), a séduit sa future clientèle et nous a laissé repartir vers notre prochaine destination bien que la plupart d'entre nous se seraient bien arrêtés ici pour y passer les deux heures qui restaient.


Le côté balade a enfin pu commencer, vous verrez sur la carte des balades gourmandes (sur laquelle il manque encore la balade potagère de septembre) que pour aller d'un point A à un point B, Pierre Corajoud n'est jamais avare d'un détour. C'est ainsi qu'on passe devant le Musée de la chaussure au quartier du Rôtillon (que je ne me lasse pas de traverser, vous avez vu les nouvelles oeuvres d'art qui  y sont installées ?), et que par hasard (un vrai hasard, pas un hasard de télé) son créateur-gérant-guide était là. Il nous a raconté durant quelques minutes l'importance du sel dans la tannerie (on est raccord avec le programme) et nous sommes repartis par les mille et uns escaliers de Pierre Corajoud Lausanne.



Prochaine étape aux pieds des fameux Escaliers du Marché : Laxmi. Restaurant qui propose de la gastronomie du Nord de l'Inde, en gros, au Sud c'est le riz, beaucoup de riz, au Nord c'est le pain, les fameux naans bien sûr, mais également d'autres types de pains plats aux diverses céréales.


Malheureusement vu notre nombre imposant ce jour-là et l'étroitesse du lieu, je ne propose à vos yeux que des miettes de leurs délicieux samossas aux légumes et qu'un reste du lassi à la mangue qui a pour vertu, en plus de rafraîchir et d'hydrater, de calmer la bouche du piment.

Après avoir couru sous la pluie, lors d'un arrêt à l'abri de la Place Pépinet, notre guide nous a raconté la fabuleuse histoire des eaux claires enterrées sous nos pieds. Vivement une balade thématique sur le sujet. Encore quelques minutes de course sous la pluie pour atteindre SushiZen à la gare du flon.


Notre groupe s'est pressé à l'intérieur de cette minuscule boutique où étaient dressés des plateaux avec plusieurs types de sushis, des basiques pour ceux qui découvraient ces plats pour la première fois (et je suis étonnée à quel point ils étaient nombreux, ce n'était pas inutile, dorénavant, ils oseront goûter !), et d'autres spécialités de la maison.


J'avais testé la boutique quelques semaines après son ouverture, et mon avis n'étais pas tendre. J'avoue qu'après avoir goûté certaines de leurs spécialités (leurs makis au thon piquant avec des filaments de piment autour du riz par exemple), ce lieu est entré dans ma liste de possibilités agréables du midi. Chaque préparation était servie à la bonne température (toujours attendre un peu avant de manger des sushis qui sortent d'un frigo, le froid camoufle les goûts) et les assemblages de goûts étaient intéressants et bien maîtrisés.


Mon moment préféré a été la discussion avec le maître sushi à la sortie de la boutique. Se retrouver ainsi en pleine gare, avec près de 40 curieux qui l'interrogeaient sur la qualité du poisson, les types de riz, de couteaux, et toutes sortes d'autres détails était vraiment intéressant. En tant que grande curieuse, je goûte à toutes les nouveautés à portée de main et je lis énormément sur la gastronomie, mais j'oublie souvent que ce n'est pas le cas de tout le monde. Les sushis sont encore une découverte et une nouveauté pour beaucoup et il était intéressant de le redécouvrir et de revenir aux bases avec la patience et l'humour de notre hôte du jour.


C'est rassasiés que nous sommes repartis pour notre balade. Le soleil avait repris ses droits et nous avons donc pu flâner avec les détours de Corajoud, passer devant la vigne du Palace, découvrir d'autres escaliers qui amènent vers la gare, avec d'autres anecdotes architecturales, historiques ou salées de notre guide. La balade s'est terminée à notre dernier rendez-vous gourmand : le Café du Simplon.


Un des cafés emblématiques sous-gare, l'équipe du Simplon commence par nous expliquer son concept évolutif : plus il y a de monde... plus il y a de places. Générosité et convivialité garanties.


Puis on nous sert deux vins macédoniens excellents, une découverte pour ma part, j'ai adoré. Vins accompagnés de toasts avec du caviar de poivron, de la fêta qu'on dirait de la crème et, la spécialité de la maison, des feuilles de vigne farcies, servies chaudes. Elles sont SU-BLIMES, c'est une dame qui vient les préparer pour le Café du Simplon, si le jour où vous y allez il n'y en a pas, c'est parce qu'elle n'est pas passée depuis quelques jours. Il faudra revenir, c'est ballot.


La balade s'arrête ici, certains resteront pour un verre de plus, d'autres repartent déjà après ce long voyage, de l'Italie aux Balkans, en passant par l'Inde et le Japon, dans les rues de Lausanne, à la découverte du sel.

Vivement la balade potagère !

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