jeudi 5 novembre 2009

Martin Winckler parle au “Choeur des femmes”


Le Dr Marc Zaffran est médecin généraliste. Dans sa tête il y a un auteur, Martin Winckler, que j'avais "rencontré" lors d'un forum sur un blog où il répondait aux question des unes et des autres, il a d'ailleurs continué à me répondre par mail, ce dont je lui suis infiniment reconnaissante, ma contraception a changé depuis et je la vis de manière beaucoup plus sereine.

Pardon pour la digression, mais grâce à lui, je me suis renseignée à propos du DIU, ou "stérilet". Ce nom a d'ailleurs participé longtemps au colportage de fausses idées comme : peut rendre stérile car il cause des infections ; ne doit pas être posé sur une nullipare (quel abominable mot, comme si une femme était définie par son nombre d'enfants ou de grossesses !) ; et bien d'autres. Le pire, c'est que les gynécologues eux-mêmes aident parfois (souvent ?) à colporter ces légendes. Evidemment, c'est un des moyens de contraception efficace les moins cher du marché, et donc très peu rentable (pour un gynécologue) : une fois posé, hop, 5 à 10 ans de tranquillité. De plus (ce qui est important pour moi), c'est un des seuls moyens contraceptifs non hormonal. Mais non, trois gynécos successifs m'ont fait continuer la pilule ou essayer d'autres solutions hormonales comme ("vous verrez, c'est beaucoup moins chargé en hormones et on ne sent rien du tout" : bullshit) en me déconseillant fortemen "le stérilet" (d'ailleurs, ils l'appelaient "stérilet" et non DIU, ce qui aurait dû me mettre la puce à l'oreille). Bref, je ne raconte pas ma vie contraceptive pour rien. Je donne juste un exemple. Car c'est après avoir lu les réponses bienveillantes, éclairées, et non culpabilisantes de Martin Winckler, que j'ai eu le courage de réclamer un DIU. J'ai dû d'ailleurs également réclamer le modèle que je voulais (le plus efficace, celui qui pouvait rester le plus longtemps en place, le plus adapté à ma "nulliparité", etc.) car le médecin-chef ne posait pas celui-là "d'habitude" (Grrrr). Et j'ai bien fait d'insister et de prendre mon courage à deux mains pour m'informer moi-même, contredire s'il le fallait (et il le fallait, à plusieurs reprises, face à des médecins très sûrs d'eux) et insister sur mon droit à choisir ma propre contraception. Bordel.

Revenons-en à Martin Winckler, il a un site web où l'on trouve de nombreuses informations très détaillées, complètes et faciles à comprendre -sans jamais prendre les femmes pour des connes-, concernant de très nombreux aspects des particularités féminines du corps humain.

Mais si je vous parle de Martin Winckler aujourd'hui, c'est pour une de ces autres casquettes, celle d'auteur. Ses ouvrages pratiques entre autres sur la contraception ou les règles sont à mettre entre les mains de toutes les adolescentes ou femmes s'interrogeant sur ces sujets. Ses ouvrages ou nombreux articles sur les séries télévisées sont étonnants de profondeur et de drôlerie.

Et il excelle également dans la fiction. Ses romans ou polars sont passionnants. J'aime son écriture, son style, ses personnages, la construction de ses intrigues, l'émotion qu'il me procure à chaque nouvelle découverte, et ce que ces récits mes laissent, longtemps après la lecture.

Le dernier en date "le Choeur des femmes" ne fait pas exception.

Ce salaud de Winckler a encore réussi à m'émouvoir aux larmes et à me faire aimer ça ! Et quand je dis émouvoir aux larmes, je ne parle pas d'yeux humides, mais de bonnes grosses larmes qui coulent le long des joues et qui m'empêchent de lire la suite... torture suprême !

C'est une histoire de relations entre soignants et patients, entre médecins et soignants. Ce sont DES histoires de femmes posées côte à côte qui nous dessinent un questionnement sur l'état de la médecine de la femme en France. On y retrouve la moyenne ville de Tourmens, où se situent nombre de ses intrigues précédentes, on y retrouve également les fantômes de quelques personnages. D'ailleurs Bruno Sachs, son héros emblématique, alter égo de Martin Winckler, est parti s'installer au Québec, comme Marc Zaffran, à Québec où il travaille "en vrai" à propos de l'éthique dans la médecine. Le questionnement éthique au coeur de ses romans et en particulier du "Choeur des femmes" me touche, m'émeut, m'intéresse, me questionne. Ses livres continuent à m'accompagner longtemps après leur lecture.

Courrez acheter son livre, et, comme dirait Martin Winckler, faites-le en librairie, les libraires ont aussi besoin de vous.

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