dimanche 2 janvier 2011

J'ai dévoré Michèle Barrière !

Vous connaissez mon goût pour la cuisine et tout ce qui l'entoure, et mon goût pour la lecture, c'est donc toujours un grand plaisir quand je découvre un nouveau roman qui parle de cuisine, d'une manière ou d'une autre, mais cette fois-ci, c'est n'est pas un ouvrage que j'ai découvert, mais une auteure. Michèle Barrière est historienne de la gastronomie, journaliste culinaire, et auteur de savoureux (huhu) polars, des "romans noirs et gastronomiques", tout ce que j'aime. Dès que j'en ai découvert et dévoré un, il me fallait lire les autres, je vous présente donc ici 4 de ses ouvrages qui vont trouver leur place dans ma page de littérature culinaire, mais, afin que vous vous y retrouviez, voici une liste (par ordre historique et non de parution) de ses ouvrages.

- Souper mortel aux étuves, un roman noir et gastronomique à Paris au Moyen Âge
- Meurtres à la pomme d'or, un roman noir et gastronomique au temps de la Renaissance
- Meurtres au Potager du Roy, un roman noir et gastronomique à Versailles au XVIIe siècle
- Les Soupers assassins du Régent, un roman noir et gastronomique au temps de la Régence

Dans tous ces récits, le style est enlevé, les enquêtes bien menées, les personnages forts et le rythme trépidant. Les connaissances encyclopédiques de l'auteur sur les tours de main, les ingrédients et les coutumes de l'époque sont dépeints sans que ça ne soit jamais pesant, au contraire, c'est passionnant et cela fait partie intégrante des récits, d'autant que l'auteure mêle dans tous ses livres des personnages ayant réellement existé qui sont détaillés à la fin de l'ouvrage (ainsi que de nombreuses recettes d'époque). Chaque ouvrage peut être lu indépendamment des autres, même si une famille s'y retrouve régulièrement... et qu'il est impossible de ne pas continuer à lire les autres quand vous aurez dévoré le premier, d'ailleurs il ne m'en reste plus que 2 à lire... vite Michèle, écrit, écrit !






Souper mortel aux étuves (Michèle Barrière, France, 2006)
Constance apprend la mort de son mari dans des étuves mal famées et décide de le venger en se faisant engager comme cuisinière, mais elle n'y connaît rien et doit apprendre (attention, je spolie dans la suite de la phrase), elle entre alors dans une compétition avec le cuisinier attitré qui devient rapidement son complice, ils continueront l'enquête jusqu'à Bruges, carrefour commercial primordial où l'on peut trouver toutes les épices connues à l'époque.
Le quotidien de Paris au Moyen Âge est un "décor" passionnant même si l'indépendance et la liberté de Constance m'ont paru quelques peu anachroniques quoique fort plaisantes, la description de Bruges est fascinante tant pour ses rues que pour ses coutumes. Sous prétexte de l'apprentissage de Constance, on suit avec délices ses pérégrination au marché et ses premières armes derrière le foyer, une bonne entrée en matière pour comprendre de quoi était composé la cuisine française à ce moment-là, ce qui nous permet, dans les ouvrages suivants, de mieux comprendre comment se sont enrichis nos étals de marché... mais pas forcément nos casseroles et assiettes.


Meurtres à la pomme d'or (Michèle Barrière, France, 2006)
1556, François est étudiant en médecine à l'Université de Montpellier mais n'a qu'une idée en tête, devenir cuisinier, il se retrouve embrigadé dans une enquête qui le mènera jusqu'en Italie afin de sauver un de ses professeurs.
Cet ouvrage est dense, il nous parle de l'histoire de l'enseignement de la médecine, des guerres entre épiciers, apothicaires et médecins, entre protestants, catholiques et juifs, de l'arrivée de la fourchette et de la tomate (pomme d'or) et des nouvelles découvertes fraîchement débarquées d'Amérique. On y voyage dans le Sud de la France et en Italie, on y rencontre même Nostradamus. Passionnant.



Meurtres au Potager du Roy (Michèle Barrière, France, 2008)
Benjamin Savoisy (descendant de François, l'étudiant médecin du tome précédent, que l'on retrouve également dans Natures Mortes au Vatican) travaille au jardin potager de Versailles alors qu'un jour la melonnière est dévastée, puis d'autres plantations de melons autour de Paris sont détruites à leur tour. Son enquête sur ces saccages et ses connaissances maraîchères l'amèneront à Amsterdam puis à Londres.
L'accent de ce livre est d'abord mis sur les produits, les nouveaux (à l'époque) et les anciens, puis on retrouve avec plaisir de nombreux savoir-faire culinaires. L'enquête est trépidante, la découverte des différences culturelles et culinaires (pléonasme ?) européennes continue d'être fascinante et la transformation des assiettes complexes : on abandonne les épices pour leur préférer les herbes potagères, le beurre et la crème apparaissent dans les sauces, les fruits et les légumes font leur apparition aux tables royales, ...
C'est le premier ouvrage que j'ai lu de la série... à cause duquel j'ai, dès la dernière page, acheté les suivants... addictif.


Les Soupers assassins du Régent (Michèle Barrière, France, 2009)
Baptiste (fils de Benjamin Savoisy) provoque la caste des marchands de vin parisiens ne jurant que par le vin de Bourgogne en faisant commerce du vin de Champagne. Il sera accusé d'empoissonnement et s'enfuit. Sa soeur Alixe, cuisinière attitrée du Régent, va mener l'enquête pour le disculper.
Le frère et la soeur se trouvent pris dans ces années riches en complots européens et annonciatrices des Lumières. J'ai découvert avec surprise ce que la France doit à l'Angleterre en matière de diversité de vignobles, avec plaisir la passion et la liberté d'Alixe (digne héritière de la Constance du Souper mortel aux étuves), avec impatience le suspense soutenu de la plume de Michèle Barrière.


J'espère vous avoir donné envie de découvrir ce "nouveau" nom de la littérature française !

3 commentaires:

  1. Je bave comme une limace ! (le comble...) Et en plus, voilà une bonne idée de cadeau pour les tonnes de gourmands que je connais, merci beaucoup !

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  2. Coucou Funambuline !

    Je viens de transmettre à l'Homme qui adore ce genre et ... ils les as lus, hormis le dernier que tu mentionnes et il est comme toi : il a-dore !
    Je mets le lien de ton blog dans mes favoris, pas le temps maintenant, mais j'y reviens ce soir ;o)

    Bizz - Cléo

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  3. @ nekko : je suis persuadée qu'ils aimeront autant que moi.

    @ Cléo : Merci pour ta visite ! Je vais lire le dernier dès que j'aurai le temps de l'acheter, j'en parlerai ici :-)

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