Utopia est une mini-série anglaise dont le premier épisode a été diffusé le 15 janvier sur Channel 4, dont je vous parlais ici. La première saison s'est achevée il y a peu, j'ai digéré et je crois être prête à vous en parler. Je crois. D'abord, comme l'explique très bien le blog le Monde des Séries, il s'agit d'une série particulièrement soignée qui cherche à nous bouleverser, émotionnellement, visuellement, moralement. J'ai vu les premiers épisodes simultanément à Black Mirror et cela avait une résonance étrange et logique. Dans les deux séries on se retrouve dans une position très inconfortable de voyeur et dans les deux séries, il est impossible de détourner les yeux. On nous teste, à quel degré de violence saurons-nous résister ? Mais en même temps, tout est esthétiquement si parfait, si beau, que la violence paraît finalement irréelle et donc non-problématique. Ou comment nous plonger dans un état d'admiration et de plaisir provoqué par la facture visuelle exceptionnelle et nous retourner mentalement grâce à une énigme dont les clés sont fournies au compte-goutte avec grand renfort de violence, physique et mentale, parfois à la limite du supportable. Une expérience qui retourne, c'est le moins que l'on puisse dire.
19/03/2013
17/03/2013
House of Cards
House of Cards est LA nouvelle série dont tout le monde parle. Alors bon, quand je dis "tout le monde", je parle de ce côté de l'Atlantique de ceux qui suivent de près les nouveautés dans ce domaine. Mais j'ai pu découvrir que de l'autre côté par contre, c'est TOUT le monde. Les affiches géantes avec le nom de la série, le fabuleux Kevin Spacey et surtout la mention étonnante all episodes sont PAR-TOUT. (Un exemple ici avec la High Line à Chelsea parce que c'est mon coup de coeur du séjour, qu'on voit l'Empire State au fond et que je ne peux m'empêcher de frimer avec mes photos de NYC.) Cette série a fait grand bruit en sortant sur Netflix -diffuseur web et non une chaîne de télévision- parce qu'elle a sorti tous les épisodes de sa première saison en même temps que son premier épisode (vu sa construction, il y en aura au moins une deuxième, voire plus, je le lui souhaite). Je ne pense pas que ce soit déjà arrivé. D'abord à cause de l'historique idée du "pilote", c'est-à-dire le premier épisode dont l'audience calculée dès le lendemain matin détermine si la saison est mort-née, si elle a un espoir de finir sa première saison ou si les scénaristes peuvent prévoir une fin ouverte à une saison suivante. Je dis "historique" idée parce que c'est encore le cas pour certains shows façon sitcoms, mais pour les séries les plus intéressantes et ambitieuses au niveau scénaristique et artistique, elles sont déjà produites saison entière par saison entière. Il n'est pas rare d'ailleurs que deux versions de l'épisode final soit tournées, de sorte que lorsque la sentence de vie ou de mort est donnée par le diffuseur, on puisse finir en beauté ou au contraire faire un classique cliffhanger (c'était par exemple le cas pour Homeland) (ça permet aussi qu'il n'y ait aucune fuite dans la presse sur le finale tant attendu).
10/03/2013
Petit coup de gueule
Le FIFF, Festival International de Films de Fribourg, occupe une place à part dans mon coeur. J'y ai débuté ma "carrière de cinéphile" adolescente, j'y ai découvert des cinématographies multiples, lointaines, exubérantes, riches, percutantes, j'y ai compris combien il était important de multiplier les sources d'images et d'information pour ne pas s'enfermer dans une culture mainstream qui écrase tout sur son passage. J'y ai également débuté ma carrière professionnelle, j'y ai fait des rencontres inoubliables avec de grands cinéastes, avec des journalistes passionnés et d'autres artistes et personnalités passionnantes.
Depuis, j'ai quitté Fribourg, mais j'ai continué à me rendre au FIFF chaque fois que c'était possible. Ce qui n'a malheureusement pas été le cas les deux dernières années. Cette année, pour ne pas laisser passer ce rendez-vous incontournable de la culture en Suisse Romande, je me suis dit que j'allais solliciter une accréditation. Et je suis un peu déçue. On m'a répondu que seuls "les journalistes qui travaillent pour des supports médiatiques" étaient susceptibles d'être accrédités. Tant pis, me suis-je dit en recevant ce mail, j'aurais essayé.
Et puis non, en fait, je ne suis pas déçue, je suis en colère. Pas pour moi, je conviens que mon blog n'est pas le plus orienté cinéma qui existe, que je ne suis "reconnue" d'aucune manière et que rédiger mes critiques pleines de mauvaise fois assumée ne fait pas forcément de moi quelqu'un "d'accréditable" (quoique peu de blogueurs en Suisse Romande ne parlent cinéma, j'en profite pour vous conseiller le MERVEILLEUX blog de Pascal Montjovent - Chronique d'une chef opérateur), il y a des tonnes de raisons pour me refuser une accréditation à moi. Mais pas celle-ci.
Cher FIFF, un blog est un "support médiatique". Il faut te réveiller. Tu es totalement à côté de la plaque en ce qui concerne ta communication en ligne. Tu as une page FB introuvable avec le moteur de recherche (elle est ici) ! Tu as un compte twitter, mais pour ainsi dire inexistant (edit : ils ont du en perdre les clés et sans avertissement sur leur compte précédents, ils sont passés sur un autre compte). Evidemment rien sur Instagram ou d'autres plateformes du genre. C'est le néant total. Et ça me met en colère, parce que je t'aime le FIFF, tu es utile, passionnant, généreux. Tu ne peux PAS rester dans une nullité numérique pareille.
Hier après-midi, j'avais la chance de me balader à Madison Square, à Manhattan, où se tenait un marché. Un simple marché, avec des fermiers du coin. Tu sais ce qu'il y avait au milieu de ce marché ?
Je le répète : un marché fermier, ne viens pas me dire que ce sont des spécialistes de la communication. Toi c'est ton métier, tu ES un événement médiatique. Ton public fidèle depuis bientôt 30 ans (je sais, j'y étais au premier FIFF) est une richesse à valoriser et mérite de pouvoir dialoguer avec toi, sans parler de tes bénévoles incroyables et de tes invités.
Bref, je suis en colère et déçue, et j'ai peur que ça ne m'empêche de venir savourer la multiplicité des cinémas que tu célèbres cette année. Mais sans rancune, cher FIFF, si un jour ça t'intéresse de connaître les bouillonnantes idées que j'ai à te proposer, n'hésites pas, tu as mon mail.
Bref, je suis en colère et déçue, et j'ai peur que ça ne m'empêche de venir savourer la multiplicité des cinémas que tu célèbres cette année. Mais sans rancune, cher FIFF, si un jour ça t'intéresse de connaître les bouillonnantes idées que j'ai à te proposer, n'hésites pas, tu as mon mail.
PS : j'en profite pour te faire remarquer que le lien vers le blog "planète cinéma" où tu encourages les "jeunes de plus de 14 ans" à venir BLOGUER des critiques de cinéma, donne sur un lien FB et pas sur le lien du blog en question, ce serait utile de modifier ce détail (sans compter l'utilité de m'expliquer l'absurdité de pousser les jeunes à bloguer alors que tu ne valorises pas ce genre de supports).
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HS : promis, dès que je me suis reposée et que j'ai trié mes photos et mes adresses, je vous reparle de mon voyage à New-York qui a été la très joyeuse cause du manque d'articles ces derniers temps. Mais ce coup de gueule il fallait que je le poste. Pour patienter, tu peux aller voir les centaines de photos que j'ai publié sur Instagram.
25/02/2013
Dotting manucure mode l'emploi
Depuis quelques semaines, je vois fleurir des Vine un peu partout. (Pour ceux qui auraient raté ça, Vine est une application qui permet de faire très simplement des vidéos d'un maximum de 6 secondes). Il fallait que je teste, j'ai donc commis ce mode d'emploi accéléré. J'ai choisi une manucure à pois parce qu'il n'y a pas plus simple à réaliser.
22/02/2013
La Villa sur la falaise
La Villa sur la falaise (Cati Baur, Fred Bernard, Hannah Berry, Isabel Kreitz, Gabrielle Piquet, Nate Powell, Davide Reviati, Sylvain Saulne, Kan Takahama, Jirô Taniguchi, édition Casterman écritures, 2012)
Pour fêter leur 10e anniversaire la collection Casterman écritures a publié cet ouvrage collectif où -à ma grande honte- je n'ai reconnu qu'un nom (Jirô Taniguchi dont j'ai déjà parlé à propos du Gourmet Solitaire et de Quartier Lointain). J'ai adoré l'idée de base, un auteur (ici Benoît Soral) a proposé un début de scénario, les 10 auteurs doivent l’interpréter à leur sauce en noir et blanc. La contrainte est la suivante : une violente tempête a coupé en deux une maison située en haut d'une falaise, les gravas de la moité détruite gisent sur la plage en contrebas et c'est rapidement devenue une attraction pour les curieux du coin et les touristes ; l'héritière de la maison qui n'ai pas revenue depuis des années vient constater les dégâts avec son fils, qui dort dans la voiture ; l'ancien voisin est toujours là...
La fascination des maisons au bord de falaise est apparemment répandue et j'en souffre évidemment. Je suis toujours très intéressée par les projets collectifs à contrainte précise, je trouve que c'est une excellente méthode pour découvrir la personnalité d'un auteur et La Villa sur la Falaise en est un excellent exemple.
Les dessins sont évidemment très différents, aucune maison ni falaise ne ressemble à une autre. Pour les récits par contre, nombreux sont les auteurs qui n'ont pas su sortir du carcan de base. Ceux qui l'ont fait ont parfaitement réussi leur coup par contre. C'est donc un peu inégal, mais n'est-ce pas le cas de tout ouvrage collectif ?
Mon récit préféré est peut-être celui de la Britanique Hannah Berry dont l'humour est nettement au-dessus la moyenne et teinté de noir et de Kafka, j'ai beaucoup apprécié son trait et le fait que son humour ne passe pas que par les dialogues mais aussi par des détails visuels et des descriptions d'objet. Mais j'ai également beaucoup aimé la version de la Suissesse Cati Baur -dont l'héroïne est absolument catastrophée par la perte de son iPhone alors que le Steinway à queue de son père vient de s'écraser en bas de la falaise- et celle de l'Allemande Isabel Kreitz pour son dessin qui nous éloigne de la falaise pour nous offrir de très belles scènes urbaines. (Et non, je n'ai pas choisi des femmes exprès, je n'avais même pas remarqué de cette coïncidence -ou pas- avant de rédiger ce billet et de chercher qui avait écrit/dessiné quoi.)
Quant à Taniguchi, le nom qui m'a finalement convaincue d'acheter cet ouvrage, il se permet de ne pas du tout respecter la contrainte, mais nous embarque dans une jolie histoire de voyage dans le temps. Il fait un peu sa star sur ce coup-là... mais on passe un très joli moment et je ne vois pas bien comment il serait possible de lui en vouloir.
J'ai beaucoup aimé cette lecture et si vous aimez les contraintes créatives ou découvrir des auteurs inconnus, je vous recommande cet ouvrage que j'estime néanmoins non-indispensable à une bibliothèque.
21/02/2013
Crève Saucisse
Crève Saucisse (Simon Hureau & Pascal Rabaté, Futuropolis, 2013)
Trois minutes ont dû s'écouler entre le moment où j'ai vu cette couverture et celui où je suis sortie de ma librairie avec Crève Saucisse sous le bras. J'adore répondre au libraire "non merci, pas de sac, c'est pour consommer tout de suite". Et cette fois-ci ça collait parfaitement à l'esprit de cette histoire.
Didier, boucher, grand amateur de BD, marié et père d'un fils est le jovial, tendre et cruel héros de cette histoire de vengeance jouissive et délicieuse.
20/02/2013
Silver Linings Playbook
Silver Linings Playbook (David O. Russell, usa, 2012)
Même s'il n'y avait pas eu tout ce ramdam autour de la sortie de Silver Linings Playbook, j'aurais été le voir, pour Jennifer Lawrence. Depuis le sublime Winter's Bone, elle fait partie des actrices et des acteurs dont je vois tous les films (comme Ben épouse-moi Whishaw depuis Bright Star, par exemple). Bon, pour l'instant c'est facile, sa carrière est encore jeune, même si déjà impressionnante. Si vous ne voyez pas encore de qui je parle, elle vous sera peut-être plus familière si je vous dit que c'est aussi l'héroïne de The Hunger Games ou qu'elle joue dans The X-men ? Bref, quoi qu'il en soit, je voulais voir Jennifer Lawrence dans un autre registre, complètement différent, et j'ai été servie. Avec un fond de drame indéniable, Silver Linings Playbook est une comédie romantique tout ce qu'il y a de traditionnelle et ridicule.
19/02/2013
Cire orientale au Wax Bar
La directrice des Wax Bar
(disponibles à Lausanne et Genève) m’a proposé de
tester leur service d’épilation à la cire orientale, ce que j’ai accepté avec
plaisir, avant de me rendre compte que ça impliquait d’exhiber ici mes jambes
hivernales, c’est-à-dire l’équivalent des mollets d’un jeune yéti
femelle. Mais il était trop tard, j'avais déjà rendez-vous.
Le Wax Bar est un service du Sérail de Jade, salon de beauté très
cosy, tout y est pensé pour s’y sentir hors du monde, hors du temps (il n'y a aucune horloge nulle part d'ailleurs, j'ai beaucoup aimé ce détail). Il y a une
salle de relaxation somptueuse où on vous offrira du thé et des fruits frais si
vous devez attendre ou pour vous reposer après un soin, un hammam, des salons
de soins avec un hammam privatif ou une baignoire pour deux que vous pourrez
remplir de lait d’ânesse, j’en passe et des meilleurs. Les soins sont haut de
gamme (et les prix en accord). Les
prix des épilations par contre sont tout à fait dans la moyenne des autres
lieux où vous trouvez ces services. Dernière info, le Sérail de Jade de
Lausanne est à la Rue de Bourg, je n’ai pas trouvé tout de suite, c’est à l’intérieur
de l’Espace Bourg (no 16, 18, 20), au fond du rez-de-chaussée à gauche.
On arrive, avec ou sans rendez-vous (un des gros points
positifs du service Wax Bar !), et on vous installe dans un des salons de
soin. Dans le côté Wax Bar, une décoration élégante animée de quelques pin-ups sur des murs lumineux. C’est là que les choses sérieuses commencent. Celle qui
s’est occupée de moi ce jour-là a débuté par les aisselles, c’était réglé en 10
minutes et beaucoup moins douloureux qu'avec de la méthode traditionnelle de la
cire chaude. J’ai appris ce jour-là que je suis dysmorphique des
poils d’aisselle. (Ce blog vient d’atteindre un niveau supérieur grâce à cette
dernière phrase, j’en suis consciente.)
11/02/2013
Liquid Sand by OPI
Cette année, la grande mode des vernis est aux textures, au relief, aux effets par superposition. (J'en profite pour re-donner le lien vers ce billet où j'annonçais justement cette tendance aux textures que je mets à jours au fur et à mesure des nouvelles annonces de collections "texturées".) China Glaze, Zoya et OPI vont tous les trois sortir des collections avec un effet "sable". J'ai testé la collection Liquid sand de OPI.
01/02/2013
Doctor Who
EX-TER-MI-NATE, EX-TER-MIN-ATE
Depuis des lustres, tout le monde me disait qu'il fallait absolument que je voie Doctor Who, que ma vie de séries-addict ne pouvait être complète sans connaître cette série, et je rechignais totalement. D'abord parce que je trouve les séries anglaises super cheap, visuellement parlant. (J'ai changé totalement d'avis depuis que j'ai découvert Black Mirror et Utopia.) Malheureusement Doctor Who ne fais pas exception à la règle du cheap anglais. Cheap mais drôle, m'avait-on dit, alors j'ai tenté. Les premiers épisodes -de la "nouvelle" série, celle qui a recommencé en 2005, je n'ai pas regardé les épisodes historiques de 1963 à 1989, ce qui en fait la plus longue série SF existante, je sens que les puristes vont me massacrer- m'ont effrayés. Oui, c'est marrant, mais pour le reste c'est assez ridicule. Les décors, "costumes", maquillages, lumières, etc sont vraiment très très bof, voire carrément ridicules, et pas dans le sens drôle du terme. Mais la personnalité du Docteur m'a poussé à continuer.
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