19/08/2009

Le Hérisson

Le Hérisson (Mona Achache, France, 2009)

Quelle bonne surprise ! J’avais un peu peur de me retrouver devant une bluette sans consistance que sait si bien faire un certain cinéma français. Ce n’est pas du tout le cas. Pas l’ombre d’un cliché. La jeune réalisatrice Mona Achache (28 ans !) fait un sans faute avec l'adaptation de ce best-seller. Chapeau !

Renée Michel (Josiane Balasko époustouflante, un jeu d’une très grande subtilité, magistrale) est concierge dans un immeuble chic parisien, où emménage Kakuro Ozu et vit Paloma. Cette fillette de 11 ans est suicidaire, elle a fixé la date, et en attendant elle dessine, bricole et fait un film sur elle et sa famille déficiente (mère neurasthénique, père démissionnaire, grande soeur manipulatrice).

La fillette et le vieil homme sont les seuls à se rendre compte que Madame Michel n’est pas ce qu’elle prétend. En se conformant aux clichés de la concierge (vieille, moche, terne, polie mais distante), elle a trouvé "une bonne cachette" comme le résume Paloma. Tout commence par une "simple" citation de Tolstoï « Toutes les familles heureuses se ressemblent, mais les familles malheureuses le sont chacune à leur façon. » (Il faut absolument que je lise Anna Karenine !)

L'ambiance est tendre, onirique. Ce qui est appuyé par certaines créations plastiques de Paloma qui prennent vie. Les décors sont un personnage à part entière, ce donne une vie supplémentaire au film. Les seconds rôles interprétés par Ariane Ascaride et Anne Brochet (excusez du peu) sont parfaits, intenses, construits.

Bref, si vous n'êtes pas allergiques au cinéma français, c'est un petit bijou qui laisse dans un état bien agréable, un peu flottant.

13/08/2009

Livres juillet 2009

Estive (Blaise Hofmann, ch, 2005) *****

 Rituel (Mo Hayder, gb) ****


La cuisine des elfes, des dragons, des hobbits et autres créatures fantastiques ou Petit manuel gastro-ludique à la découverte de l'héroïque fantaisie (Elodie Guillemin, fr, 2008) ***
4ème de couv : "Les 3 bonnes raisons d'acheter ce livre :
- Vous aimez les longues parties de jeux de rôle, mais qui dit "longues" dit "sustentation en cours de route". Or, impossible de commander une pizza par téléphone quand on est un hobbit.
- Vous êtes lecteur d'héroïque fantaisie et, vous aussi, vous avez remarqué que les personnages passent un temps non négligeable à table. Réaliser pour de vrai du vin elfique ou de la poudre de sagesse issus de la littérature, ça fait rêver...
- Héroïque fantaisies ? Qu'est-ce que c'est que ce truc ? Gandalf, Gimli ou Krynn, non, ça ne vous évoque rien. Mais les belles histoires de nains et de dragons ont tout de même bercé votre enfance, et vous seriez curieux de les voir transposées en recette de cuisine.
Plus de 50 recettes faciles, inspirées de l'univers de l'héroïque fantaisie et classée par peuples : elfes, hobbits, nains, nomades, sorciers et dragons.
"
La collection grain de sel chez Tana édition est vraiment intéressante. J'ai plusieurs titres. Peut-être un prochain post.


Mort aux cons (Carl Aderhold, fr, 2007) ****
Le narrateur explique, raconte, décortique ce qui l’a amené à devenir un tueur de cons en série. Savoureux.


Projections macabres (Brigitte Aubert, fr, 2009) ****
Troisième volet des aventures de Louis Denfert (après « Le miroir des ombres », « La danse des illusions »). Cette période de fin de siècle (pour cet opus, 1897) est fascinante, pleine de nouvelles inventions, croyances, questionnements, … Tout est extrêmement bien documenté sans jamais être rébarbatif. Et personnellement, les frayeurs autour du cinématographe me fascinent ! Pour ne rien gâcher, Brigitte Aubert a une très jolie plume et beaucoup d’humour !


Le mystère de Tarn House (Martha Grimes, gb, 1991) *
Bof. Quand même lu jusqu'au bout, mais j'aurais pu me l'épargner.

11/08/2009

Films de juillet 2009

FILMS

Cry Freedom (Richard Attenborough, g-b/usa, 2002) ****
Un film à voir absolument, et ce malgré les critiques accusant ce film de pencher trop du côté du héros blanc. Critique ridicule vu que c'est justement l'histoire de ce héros blanc qui, grâce à l'amitié qui le liera petit à petit à Steve Biko, prendra conscience de l'insupportable injustice de l'apartheid. La bande originale, en particulier l’hymne, me serre la gorge à chaque fois.


Calendar Girl (Nigel Cole, gb, 2003) **
Un club de vieilles dames dans un petit bled anglais décident de poser nues sur leur calendrier annuel pour attirer plus d'acheteurs. Evidemment, ça marche. Bref, ça pourrait être drôle ou touchant, c'est en plus pas trop mal fait et les actrices sont fabuleuses. A voir un dimanche soir de pluie quand on s'ennuie.


Be kind, Rewind (Michel Gondry, fr/usa, 2008) ****
Grand délire de cinéphile, de Michel Gondry, avec Jack Black. Est-il besoin d’en dire plus ?


Kagemusha, l’ombre du guerrier (Akira Kurosawa, jp, 1980) ***
Classique, impressionnant, dramatique. Par contre, je continue à avoir du mal à me fondre dans le rythme japonais. J’aime, mais ça reste cérébral et non émotionnel.

In America (Jim Sheridan, gb, 2002) ****
Un des films les plus émouvants que j’ai vu. Mais pas seulement, les images, les lumières, le scénario, les acteurs (Samanth Morton est une actrice incroyable, c’est elle aussi Agatha, la « pre-cog » de Minority Report), les décors, etc. Une pépite trop méconnue. Par contre, attention : tire-larmes assuré !


SERIES

The Mentalist (saison 1) *** 3
Même genre de principe que l’excellent Lie to me. Un consultant ayant des pouvoirs mentaux (scientifiques, aime-t-il à répéter) aide une équipe de flics à résoudre des affaires. L’acteurs principal est très sexy –sexy façon beau gosse, ce qui pour moi est moins sexy que genre Tim Roth, quoique son regard de premier de la classe soit parfois glaçant, ce qui lui rajoute un charme indéniable !- son personnage est souvent très drôle. Bref, c’est sympa, voire très sympa, mais pas la découverte de l’année. (Découverte qui reste Mad Men !)

EDIT : passera sur la TSR dès septembre. Et je dois dire que plus je vois d'épisodes, plus j'apprécie !

09/08/2009

Choisir ses sushis à Lausanne


Vous êtes à Lausanne et que vous avez envie de sushis. Que faire ?

1) se rendre chez M'dame Jo et choisir.

Envie de plus d'avis ? alors

2) aller (et choisir cuisine japonaise), et lire les commentaires. Attention aux infos par contre, pas forcément mises à jour ni exhaustives. Mais ce site reste très utile quand on hésite sur un resto !

Encore plus d'avis ? alors

3) Tripadvisor, où l'on trouve de tout, mais aussi Lausanne.

4) Faire un commentaire quelque part, surtout si vous aussi vous aimez lire différents avis pour vous décider...

07/08/2009

Blogs BD

Je n'ai JAMAIS su dessiner. C'est un désastre total. C'est même la honte devant mon neveux de 4 ans capable de me rétorquer : mais non, c'est pas un camion de pompier ça, on dirait plutôt un éléphant.

Snif.

Bref. Je me console en me disant que même si je savais dessiner, je n'aurais jamais eu suffisamment d'imagination pour en faire quelque chose. Donc ce n'est pas très grave en fait.

Ce complexe explique-t-il mon addiction aux blogs bd ? Qui m'ont amené à la blogosphère, d'ailleurs.

Or, donc, mes rss du moment, dans le désordre :

Lewis Trondheim, le maître
Boulet, culte
SM Helvetus IV, pas vraiment de la bd, mais notre souverain mérite d'être écouté
Margaux Motin, la classe
Mae, enfin son père, le jumeau de la précédente
Cha, punkette
Krawett , pote de la précédente, mais surtout ancien amoureux de quand j'étais ado, ça ne s'oublie pas, j'ai même des "originaux" à la maison :-)
Karaz, du féminisme et de la mauvaise foi, tout pour plaire
Evelyne Louvre Blondeau, de la bd, mais pas que
On mourra tous moins bête grâce à ce blog
Des trucs dessinés par Bambi
Comme des guilis dans le bas du ventre, rien que le titre devrait vous convaincre d'y aller, non ?

D'autres à découvrir absolument ?

05/08/2009

Smoky Figue



Décidément, le violet et les yeux verts j'adore !

Ce Fig 1 est très intense, j'adore sa couleur. Par contre, comme tous les fards MAT (ou MATT2) de MAC, il est non seulement dur à estomper, mais en plus il ne tient vraiment pas bien. Au bout de 2h, j'avais déjà des "taches" estompées. Bon c'était une chaude journée d'été, mais quand même :-(
Bref. Il FAUT une base. Et la base crayon khôl n'a pas suffit DU TOUT. A la fin de l'aprèm, c'était vraiment pas beau.

Paupière fixe et sous l'oeil : base pour smoky avec crayon khôl noir, estompé au 219 (c'est décidément la bonne méthode pour estomper !) puis Fig 1.
Estompé vers le haut avec Blackberry,
puis avec Bisque jusqu'au sourcils.
Crayon khôl dans l'oeil et quelques couches de mascara Colossal.

01/08/2009

1er août


Pour éviter de fêter le 1er août, je suis partie me perdre en montagne, aux Mayens de My, chez Môman.

La tradition dans le coin est de brûler tout ce qui est brûlable et encombrant sur un grand foyer au "centre du village" (genre de replat sur la route qui relire plus ou moins les mayens). Depuis plusieurs années, c'est interdit par la Commune. Certains font donc leur "petit" (3 mètres de haut en 2008) foyer sur leur terrain, ce qui est plus ou moins toléré.

C'est toujours aussi beau de voir des feux d'artifices sur le flanc de montagne "en face" et agréable de passer la soirée autour d'un énorme feu de bois, après un barbecue, en sirotant du blanc.

EDIT : d'autres photo du coin ici.


28/07/2009

Vive l’été



J'adore l'été pour une raison principale : les fruits et les légumes.

Bon, ok, il y a aussi la lumière, les terrasses, le fait de ne pas avoir à porter 50 couches de vêtements + manteau + parapluie + écharpe + bonnet, etc...

Comme je tente d'être relativement responsable (= éthique et écolo dès que possible ) dans ma consommation, je n'achète pas (ou presque jamais) de fruits ou de légumes qui ne sont pas de saison ou qui viennent de l'autre bout du monde. Du coup, l'été, d'avoir des tomates avec du goût, des framboises, des fraises, des pêches, des abricots, et j'en passe, quel pied !


La recette de cette tarte facile et rapide si ça tente quelqu'un(e) :

Sortir une pâte brisée sucrée (ou pas) du frigo et la poser sur votre plaque. Découper (au ciseau c'est facile) le surplus de papier sulfurisé. Piquer le fond et saupoudrer de sucre en poudre et de poudre d'amande (ou de noisette, ou même de polenta, si, si, c'est très bon !).

Couper les abricots en 8 et les disposer joliment, c'est meilleur.

Saupoudrer de sucre en poudre et de crottes (comme disent les Québécois) de beurre.

Enfourner dans un four chaud et surveiller.

Faire attention à ne pas se brûler en mordant dans une tranche fumante. Très bon tiède et même froid.

26/07/2009

Mo Hayder


Grande dévoreuse de polars, mes deux moments préférés sont : la découverte d'un nouvel auteur et la découverte d'un nouveau titre d'un auteur qui m'a déjà offert de nombreuses heures de suspense. Le pire moment étant le dernier mot de la dernière page du dernier roman d'un auteur qui n'en écrira plus.

Mo Hayder fait partie de mes auteurs de polars favoris. Ce genre d'auteur dont on sait, dès les premières pages, que l'on aura beaucoup de mal à poser le livre avant de l'avoir terminé. C'est toujours impeccablement écrit, les personnages sont complexes et passionnants, jamais de grands gentils et des très méchants passionnants.

Je l'avais découverte avec le sublime "Tokyo", récit entre deux époques (1937 et actuelle), entre histoire et roman de moeurs, suspense et épouvante. Premier paragraphe :
" Quelque fois, il faut prendre sur soi. Même quand on est épuisée, qu'on a faim et qu'on se retrouve dans un endroit totalement étranger : comme moi à Tokyo cet été-là, toute tremblante d'anxiété devant la porte du professeur Shi Chongming. Je m'étais aplati les cheveux de manière à ce qu'ils aient l'air aussi coiffés que possible et j'avais passé un certain temps à améliorer l'aspect de ma jupe démodée trouvée à la friperie Oxfam en l'époussetant et en repassant à la main les faux plis causés par le voyage. J'avais écarté d'un coup de pied le vieux sac de voyage qui m'avait accompagnée dans l'avion pour que ce ne soit pas la première chose qu'il voie en m'ouvrant, parce qu'il était très important que j'ai l'air normale. "

Trois autres de ses romans "Birdman", "L'homme du soir" et "Pig Island", ont pour protagoniste l'inspecteur Jack Caffery, hanté par la disparition de son frère quand il était enfant, torturé par la culpabilité, toujours prêt à se mettre en danger, extrêmement attachant, et même carrément sexy. J'adore l'idée que cette auteure se glisse aussi bien dans le peau d'un homme.

Je viens de terminer le flippant, abominable et génial "Rituel" où l'inspecteur Caffery est rejoint par Flea, cheffe-plongeuse de la police locale qui a en charge la récupération des cadavres en tous genres, héroïne qui l'accompagne apparemment également dans son roman suivant "Skin" - que je vais m'empresser d'acheter. Premier paragraphe :
" Un lundi de mai, juste après le déjeuner, par trois mètres de fond dans le port flottant de Bristol, le sergent de police "Flea" Marley referma ses doigts gantés sur une main humaine. Surprise de l'avoir aussi vite localisée, elle battit des jambes, ce qui eut pour effet de soulever un tourbillon de vase et d'huile de vidange et de déporter sur l'arrière le poids de son corps : elle se sentit remonter. Elle du repiquer vers l'avant, passer la main gauche sous l'un de ses flotteurs du ponton et évacuer un peu d'oxygène pour retrouver sa stabilité et prendre le temps de palper sa trouvaille."

Vivement les suivants !

13/07/2009

Estive de Blaise Hofmann


Un été de berger sous la forme d'un "récit d'apprentissage". Un carnet de route couronné par le Prix Nicolas Bouvier 2008. Avec Blaise Hofmann, tout est récit de voyage, même quand le voyage dure quatre mois entre trois alpages.

Morceaux choisis :

"Que fait un troupeau quand il est formé ? Il se déforme. Il faut le reformer. Je pense beaucoup à toi, Sisyphe."

"Dans ma bouche, le mot tradition a mûri. Il traduit une autre réalité qu'en juin dernier. Il y a un sens après le non-sens. Des raccourcis existent pour nous rapprocher des siècles derniers. Quelques mois font gagner des années. Peu d'efforts à la clef. Les générations conversent, héritent l'une de l'autre, s'émeuvent. C'est cela la tradition."

Et un paragraphe qui me touche particulièrement :
" Une case retirée. Des randonneurs surpris par l'orage, qui ont fait l'amour en attendant que cela se calme. Des ouvriers montés pour rénover la toiture, qui y ont fêté la fin de l'ouvrage, émus et presque tristes de devoir rejoindre femme et enfants, à deux vallées de là. Un jeune couple qui y a soigné vingt génisses et élevé leur premier enfant. (...)"

Ce livre m'a été prêté par mon père, qui l'a reçu en cadeau de ma mère, avec cette dédicace : "Pour Claude, voyages intérieurs là-haut... en souvenir de beaux moments partagés... Mô"

Je ne saurai jamais si Blaise -plus je le lis, plus j'ai envie de le tutoyer, l'impression de dialoguer avec lui, c'est très agréable- a entendu l'histoire de mes parents -et la mienne- ou une autre. Il faut dire qu'il y a trente ans, on ne les appelait pas encore des "décroissants", on ne les prenait pas plus au sérieux, mais ils étaient plus nombreux. Ca me rappelle que les deux premiers étés de ma vie ont été alpages (dans cette même région, avec vingt génisses et quelques chèvres). Blaise me fait réaliser que c'était mes premiers voyages. Avant l'Afrique, pour mes trois ans.


EDIT : commentaire de ma mère : "en réponse à ta critique de hoffmann l'estive, nous n'avions pas 20 génisses, mais 80 et 7 chèvres et c'était en-dessus des Paccots sur canton de Fribourg… y'a pas photo… juste dans les jolis rêves !!!" 20 génisses ou 80 génisses, Paccots ou pas Paccots, on s'en fout, non ?