10/07/2014

Childfree




Depuis plusieurs années maintenant, je sais que je n'aurai pas d'enfant. Ce n'est pas que je ne puisse pas en avoir, biologiquement parlant, c'est que je n'en éprouve pas le désir. Ni hier, ni aujourd'hui, ni demain. De la même manière que certaines personnes ressentent viscéralement le désir de devenir parent, au fond de mes tripes, je ressens ce non-désir.

Il y a quelques décennies, il était pratiquement impossible d'en parler, aujourd'hui de plus en plus de personnes osent exprimer leur non-désir d'enfant. Ce qui a été mon cas, après en avoir discuté sur Internet avec des plus ou moins inconnus, j'ai enfin osé dire que non, je n'avais pas envie d'avoir d'enfant, à mon entourage. Pourquoi en parler ici ? Et bien parce que c'est ensuite que les problèmes commencent.

Quand j'ai enfin libéré ma parole, j'ai eu une période où j'avais besoin de le dire à tout le monde. Et je m'en suis pris plein la gueule. J'ai été insultée par des gens bien-pensant qui pensaient me "sauver", considérée comme une cruche écervelée par certaines personnes que je considérais comme proches, interrogée sur mes choix et convictions les plus intimes par de parfaits inconnus. C'était délicieux.

Petit florilège des remarques qui m'ont été faites


Tu es égoïste !
Pourquoi ? Parce que je ne veux pas surcharger la planète de ma progéniture ? Le fruit de MES entrailles risquerait de sauver le monde et sans lui donner vie je voue la planète entière à la déchéance ? Allons, allons, espérons que Kévin, le petit couvert de morve que je vois accroché à tes pantalons, jouera ce rôle.
La réflexion de l'égoïsme vient souvent de jeunes parents épuisés-mais-heureux-c'est-le-plus-beau-métier-du-monde. L'idée que je ne sacrifie pas mes futures grasses matinées à la mission fondamentale de l'humanité leur paraît abominable. C'est aussi l'argument qui me touche le moins, je le trouve totalement hors sujet.


Mais tu n'aimes pas les enfants ?
Et bien Ginette, détrompes-toi, j'adore certains enfants. D'autres me sont indifférents, d'autres me hérissent le poil. Comme beaucoup de parents d'ailleurs, qui ne supportent que leurs propres enfants et pas ceux des autres. Mes deux neveux et ma nièce sont parmi les gens que je préfère au monde, je tente de les voir dès que possible, je me réjouis de les voir grandir et, d'après leurs parents, je me comporte de manière très adéquate avec eux. D'ailleurs on me trouve plutôt douée avec les enfants en général.
Mais ce n'est pas parce que j'adore les rhinocéros que j'en ai adopté trois. Avoir de l'instinct sur la manière d'interagir avec les enfants n'implique pas d'avoir envie d'être parent.


Tu te rends compte que tu vas vieillir seule ?
Bravo Gaston, tu détiens la palme. Donc toi, tu as fait/vas faire des enfants pour ne pas être seul quand tu seras vieux ? Bel esprit. On revient à l'égoïsme deux secondes ou tout le monde a saisi l'ironie ? Il faudrait aussi poser la question dans les EMS, pour voir si tout leurs habitants sont childfree...
Et non, je ne serai pas seule, mais entourée de ceux que j'aurai choisi et qui auront choisi de m'entourer. Une personne qui ose même imaginer une seconde que ce pourrait être un argument en faveur de faire des enfants devrait avoir son permis pour faire des enfants retiré immédiatement. Ah non, ce permis n'existe pas. Quel dommage !


Tu vas changer d'avis, tu verras !
Oui, tu sais certainement mieux que moi ce que je ressens. Cette affirmation, souvent prononcée par des jeunes mères comblées, ou futures-mères comblées, est une des plus blessante qui soit. D'abord elle est particulièrement infantilisante et elle insulte mon intelligence, ensuite elle pose un jugement de valeur qui implique que FORCEMENT toute femme DOIT être mère et que toute autre possibilité est une aberration. J'ai appris, au fil du temps, que je ne pourrai plus discuter avec ces personnes-là, c'est inutile.
Quand il s'agit de personnes que je suis dans l'obligation de côtoyer régulièrement, pour ne pas ramener le sujet à chaque fois qu'il y a une naissance dans le coin, je mens parfois en disant que je ne peux pas en avoir, ça leur cloue le bec et c'est réglé. (Après la publication de cet article, je ne pourrai plus, damned.)


Tu te rends compte de tout ce que tu vas rater ?
Non. Je ne pense pas que l'on puisse se rendre compte de ce qu'est être parent sans être parent. Tant mieux peut-être. Mais plus j'entends parler les jeunes parents de leur épuisement total, les parents d'adolescents des souffrances que cet âge douloureux peut engendrer, plus je me dis que si on pouvait s'imaginer ce que c'est vraiment, il y aurait peut-être plus de childfree.
Ce que je sais c'est que je ne me sentirai jamais à la hauteur de la responsabilité d'être parent, et je suis très admirative pour ceux qui font du mieux qu'ils peuvent, sans jamais lâcher, bravo à eux. Mais ça continue de ne pas m'attirer du tout comme expérience.
Je n'ai jamais sauté en parachute non plus. Et je ne me rends pas compte non plus de ce que je rate. Et on vit très bien sans.


Pourquoi ?

C'est ça la vraie question. Même si elle est intime, la seule et vraie question que vous pouvez poser légitimement à quelqu'un qui vous dit ne pas vouloir d'enfant est "pourquoi ?".

Dans mon cas, c'est une simple et très viscérale non-envie.

Couplée à des centaines de raisons accessoires qui n'ont que peu d'importance au final, comme pour le choix de faire des enfants j'imagine. Ce n'est pas compatible avec mes multiples vies parallèles, pas compatible avec mon budget, pas compatible avec mon style de vie en général, pas compatible avec mon idéal de vie. Pas compatible avec ma liberté d'être celle que je suis, pour résumer. Et je ne parle pas des raisons éthiques et de mon pessimisme pour l'état de notre petite planète dans quelques décennies.

Et, tout simplement, la maternité n'est pas indispensable à mon épanouissement.

"La non-parentalité n'est pas l'expression d'une névrose ou d'une immaturité ; au contraire, il s'agit d'une décision complexe dont les avantages sont sensés dépasser le coût de la non-conformité sociale." (Campbell E. Becoming voluntarily childless: an exploratory study in a Scottish city. Soc Biol. 1983 Fall;30(3):307-17)

Quand j'ai enfin libéré ma parole et fait mon coming out childfree, le plus intéressant a été de découvrir que nous sommes nombreux (en Suisse, entre 25 et 30% des femmes n'auront pas d'enfants). La parole est plus libérée dans certaines régions que d'autres (ce qui ne pose plus de problème en Allemagne, amène encore des centaines de questions dérangeantes en France ou en Espagne, par exemple). Les mouvements childfree (par opposition à childless = ne peut pas avoir d'enfant) ou no kid sont de plus en plus visibles, à travers cette visibilité l'acceptation de ce choix -fondamentalement intime- par la société en général va s'améliorer. C'est aussi pour cette raison que j'en parle.

J'avoue que c'est aussi parce que c'est souvent un plaisir de parler avec d'autres non-parents par choix, et que j'espère qu'ils vont sortir du bois de plus en plus nombreux. Que vous soyez parent, non parent, curieux ou sympathisant, je me réjouis de lire votre commentaire et je vous offre ce Childfree Bullshit Bingo.





Edit : suite à une conférence organisée le 30 septembre 2014 par l'Association Bloom and Boom intitulée "Etre femme et épanouie sans enfant" avec l'auteure Isabelle Tilmant qui a beaucoup écrit sur le sujet, plusieurs médias m'ont contactée pour parler du sujet. Après une longue réflexion, j'ai refusé.

Pourquoi ? 

Parce qu'après plusieurs années à en parler régulièrement, dès que je pouvais en fait, j'en ai un peu marre, c'est un sujet intime que je n'ai pas envie d'étaler avec mon visage à la télé, par exemple. Alors que je sais que c'est nécessaire, que c'est en entendant des témoignages que j'ai pu libérer ma propre parole, merci à celles et ceux qui ont accepté de le faire.

Mais aussi parce que j'en ai marre que cette problématique soit traitée sous l'angle "les femmes sans enfants", décider de faire un enfant n'est pas une histoire de femme mais une histoire de couple. Ne pas en avoir également. Je ne pourrais être dans un couple où mon compagnon aurait terriblement envie d'avoir des enfants, ce ne serait pas possible. Mon mari a accepté d'ailleurs de répondre à une journaliste.

Enfin, parce que l'angle de traitement me gonfle particulièrement. On cherche à expliquer pourquoi quelqu'un a fait ce CHOIX. Or pour moi ce n'est pas un choix, mais une non-envie. De la même manière que certains ont des enfants parce qu'ils en ont envie, on ne leur demande pas pourquoi ils ont fait ce choix. Qu'on essaie de me caler dans les cases "études supérieures (= carriériste)", "trop peur de perdre sa liberté (= égoïste)", ou "pas prête à assumer ces responsabilités (= immature)" m'insupporte, et on en revient au propos de mon article. Même les spécialistes du sujet finissent par l'aborder sous l'angle du choix rationnel, malgré leurs réticences à le faire, parce que les journalistes les interrogent dans ce sens et uniquement dans ce sens, il faut une raison, une explication, une justification. La non-envie toute simple n'est jamais qu'un prétexte à décortiquer, il ne PEUT PAS être la seule explication. Et pourtant si.

Je n'ai pas envie. 

Et je m'autorise le droit de le dire et de le vivre ainsi. C'est peut-être ça qu'il faudrait plutôt décortiquer : comment la société a évolué jusqu'à ce point où un humain peut décider qu'il n'a pas envie de se reproduire. Ne serait-ce pas le summum de l'évolution ? 
(Ceci est une provocation, merci de ne pas me prendre au sérieux, bisous.)



02/07/2014

RedBall Project à Rennes


L'été dernier, alors que je suivais le RedBall Project virtuellement depuis quelques temps, j'ai eu la chance de le découvrir dans toute sa splendeur pendant une semaine à Lausanne au Prélude à la Cité. Le concept paraît enfantin, un énorme ballon rouge est posé dans la ville pendant une journée.

Le côté éminemment visuel de cette sphère rouge est évidemment ce qui m'a attiré tout de suite dans ce projet, sa dimension qui interroge les autres dimensions urbaines également. Puis j'ai passé du temps à côté de la balle, rencontré son créateur Kurt Perschke, et observé comment les gens interagissaient avec la RedBall.

Certains restent à une certaine distance, d'autre vont immédiatement la toucher, certains se jettent contre, beaucoup la regardent longuement, beaucoup tournent autour, certains s'éloignent puis se rapprochent, puis s'éloignent à nouveau, rares sont ceux qui ne la prennent pas en photo sous tous les angles, rares sont ceux qui ne posent pas avec.

En la suivant durant 7 jours, dans 7 lieux complètement différents de Lausanne, j'ai développé un attachement énorme pour cette oeuvre d'art. J'ai compris que la balle n'était qu'un prétexte à ces interactions qui sont le coeur du projet de Kurt, interactions avec l'environnement urbain et interactions avec ses habitants. Nous sommes restés en contact avec l'équipe du RedBall Project, et j'ai l'honneur de vous annoncer que je suis le premier membre du Cercle du RedBall Project.


©RedBall Project - Kurt Perschke

01/07/2014

Greenwashing by Migros


La Migros et la Coop sont les deux géants de la grande distribution en Suisse, ils dominent très largement le marché de manière pratiquement hégémonique, malgré quelques autres enseignes qui tentent de grignoter quelques parts de marché. Ces deux acteurs sont des coopératives (à but commercial, évidemment, ça ne change rien au schmilblik) qui ne sont donc pas soumises aux pressions d'actionnaires dans leurs décisions. Ce qui provoque un contexte très particulier de consommation en Suisse. Les deux géants oranges dictent "ce que les consommateurs veulent" depuis des décennies.

Dans ce contexte, plusieurs initiatives vont être votées prochainement concernant l'alimentation (initiative "Sur la souveraineté alimentaire" de l'Union Suisse des Paysans, initiative "Pour des aliments équitables" des Verts Suisses, initiative "Pas de spéculation sur les biens alimentaires"des Jeunes Socialistes), le sujet longtemps abandonné par les politique revient au coeur de la table (hinhinhin). Des acteurs comme Ras-la-fraise se battent pourtant depuis des années contre des moulins à vent la logique uniquement commerciale de nos géants oranges.

Migros et Coop font donc des "efforts". Ici un nouveau label "éthique / responsable / durable / biologique / équitable / écologique / socialement acceptable (sic!) / à faible consommation d'énergie", là un minuscule étalage de légumes "biscornus" pour faire croire que l'on se soucie du gaspillage alimentaire, on communique sur les "efforts sur l'emballage" (ah bon, où ça ?*), sur les possibilités de recyclage dans les différents points de vente (ce qui est une obligation légale pour eux et ne vient pas de leur générosité d'âme) et on ajoute du vert sur les étiquettes, le plus souvent possible.


En juillet 2014, la Migros lance "Cumulus Green" (sous-titré "achats judicieux", no comment). L'idée est simple, sur le relevé de ta carte Cumulus (la carte de fidélité de la Migros) sera dorénavant indiqué ton pourcentage "Green", c'est à dire le pourcentage d'articles labellisés (des labels ci-dessus uniquement) parmi tes achats globaux. Les détenteurs d'une carte Cumulus ont donc tous reçu un petit fascicule qui détaille le caractère SUPERGREEN de Cumulus et donc de la Migros.

30/06/2014

Le Marché des Vignerons


Le premier Marché des Vignerons a eu lieu samedi 28 juin, de 11h à 18h, à la Place Saint-François à Lausanne. C'était l'occasion de découvrir sept domaines, de sept régions viticoles vaudoises. Pour la très modique somme de CHF 10.-, on vous donne un verre (que vous pourrez garder) et un petit livret de dégustation, il s'agit ensuite d'être stratégique dans votre dégustation. Certains tentent de goûter à tout, d'autres se concentrent sur les cépages qu'ils aiment pour trouver ce qu'il y aura de meilleur et d'autres, dont je fais partie, se réjouissent de se faire surprendre.

Chaque vigneronne et vigneron présentait une gamme de ses produits et des propositions de prix très avantageuses, ce qui a apparemment plu aux très nombreux Lausannois et Lausannoises présents lors de ce marché (plus de 200 personnes sont venues déguster). Si je mets tous ces mots au féminin c'est parce que j'ai été très agréablement surprise du nombre de femmes, tant derrière les stands que du côté des dégustatrices. Sur les 7 stands, deux ne comportaient pas de femme et un ne comportait pas d'homme, les autres étaient mixtes. Les dégustateurs étaient plus jeunes et plus féminins que ce à quoi je m'attendais et je suis ravie, si les femmes et les jeunes s'intéressent de plus en plus au vin suisse, il a de l'avenir !


Lausanne à Table n'est pas l'organisateur du Marché des Vignerons qui est une entité indépendante, mais elle soutient cet événement dans sa volonté de promouvoir les produits du terroirs auprès des Lausannois. Pro-vino organisait de mains de maître la logistique de la manifestation et les merveilleuses femmes de Terre Vaudoise nous ont régalés toute la journée de leurs spécialités. Les CHF 10.- récoltés pour chaque verre permettent de payer l'organisation et les infrastructures nécessaires pour accueillir les dégustateurs et les vignerons, ce qui permet aux vignerons de ne rien devoir débourser pour participer à cette manifestation... à part les vins qu'ils font déguster. Voilà pour les coulisses.

Passons au coeur du sujet (j'ai soif), les vins.


Comme je vous le racontais plus haut, j'avais envie de me faire surprendre. Mon goût habituel va aux vins blancs, secs, minéraux... quelle chance de vivre si près du Lavaux ! Je ne me lasse pas d'un élégant Saint-Saphorin, d'un équilibré Epesse ou d'un gourmand Calamin. J'en ai dégusté un exceptionnel chez Agathe et Toni de la Famille Fonjallaz d'Epesse, pas étonnant que leurs Calamin gagnent autant de médailles d'or, c'est un nectar... mais ça ne m'a pas surpris, le Calamin c'est au pire bon, souvent exceptionnel.


Ma première surprise a eu lieu chez leurs voisins, Jean-Daniel et Marc-André Stoky (et Madame non nommée mais néanmoins très présente !) de Féchy, La Côte donc, que je connais moins. "La Goutte de l'Amitié" est un vin d'apéritif parfait, il plairait probablement même à ceux qui n'aiment pas le vin blanc, on le boirait comme du sirop, dangereux... Ils m'ont ensuite fait découvrir leur magnifique Pinot Gris, puis est arrivée la surprise. 
Moi qui leur disais que je n'aime pas les vins doux, ils m'ont tout de même servi leur Muscat blanc, intitulé "Gaby" du nom de la mère de Madame à qui appartenait cette vigne et de sa petite-fille, quand je vous dis que le vin suisse devient aussi un monde de femme ! Ce Muscat presque sec, rond, gourmand, sentait la fleur de sureau, le fruit jaune, le soleil de fin d'après-midi sur un mur de pierre, la voisine vigneronne d'Epesse l'imaginait déjà accompagnant un tartare de féra fumés et de fleurs de fève. 


Leur voisin venait de Chardonne, Jean-Pascal Wirthner du Domaine Montimbert, il présentait deux vins blancs et trois vins rouges. On comprend immédiatement en découvrant ses étiquettes que la dégustation va être originale, car il présente un assemblage de cépages blancs, ce qui est rare en Suisse Romande. Son discours est beaucoup moins marketing s'adapte à chacun, et parle des vins et de sa région avec tendresse. Son blanc d'assemblage, intitulé Profil Blanc est étonnant. Je n'ai malheureusement pas noté les différents cépages qui constituaient ce vin. J'en garde un souvenir d'équilibre, un nouveau goût que mes papilles ne connaissaient pas encore (et ont beaucoup apprécié). L'histoire de son vin est amusante, il adore faire des profils (= creuser la terre en profondeur pour découvrir le profil du sol, l'état des racines, l'état rocheux, etc.) et selon les profils, il a testé plusieurs cépages qui correspondaient en petites quantités pour tester. Sauf que vu que ses profils étaient très bons, les quatre cépages tests ont très bien tenus, il a donc testé les vinifications, nouveau problème : les quatre étaient très bons. Impossible de commercialiser d'aussi petites quantités, il a donc tenté de les mélanger "juste pour voir". Le résultat est superbe !
Je ne vous ai parlé que de blancs jusqu'ici, parce que mon goût m'y pousse, mais chaque stand présentait des vins rosés et rouges également. La Suisse qui a longtemps eu mauvaise réputation dans ce domaine a fait des bons de géant ces dernières années. Chez Jean-Pascal Wirthner, j'ai adoré le Gamaret, qui m'a donné envie de le tester avec du chocolat noir (réminiscences de Chocolac je suppose !), fruité, belles acidité et légèreté. Puis il m'a fait goûter son assemblage de Garanoir, Gamaret et Diolinoir, intitulé la Petite Cuve, et là, force est de constater que ce monsieur est très très très bon pour les assemblages ! C'est le rouge que j'ai préféré de la journée, original, du caractère, droit dans ses bottes (ça se sent bien que j'ai du vocabulaire oenophile hein ?), séduisant. Je ne manquerai pas d'aller me promener à Chardonne bientôt pour découvrir le Domaine Montimbert plus en détail, l'originalité de ses vins m'a conquise !


Puis j'ai découvert mon coup de coeur, humain, du jour, Maryline Lavenex, qui tient son domaine avec sa fille Amélie. Elles sont donc vigneronnes-encaveuses (même si le mot encaveuse n'existe pas officiellement) de mère en fille, à Arnex-sur-Orbe. Région que je connais très mal, c'était l'occasion de la découvrir (elles proposent d'ailleurs un coffret dégustation avec leurs six vins pour CHF 60.- ). Des rouges, des blancs, un rosé et même des eaux-de-vie de leurs arbres fruitiers à proximité des vignes. J'ai goûté leur excellent assemblage de Garanoir et Gamaret, Les Pallins, et puis je n'ai pas résisté à goûter leur rosé, à cause de sa sublime étiquette.


Cette étiquette des Bacchantes est un hommage à son défunt mari, depuis 15 ans, elle a donc travaillé ses vignes seule, puis avec sa fille. Ce rosé de gamay est délicieux, fruité, énergique, frais, on en redemande, moi qui n'aime pas le rosé d'habitude, je n'ai pas résisté à en acheter une bouteille ! Maryline propose aussi des balades gourmandes, des soirées de dégustation et elle est présente à de nombreuses manifestations, n'hésitez pas à aller lui rendre visite, vous serez bien reçus !


J'ai ensuite rejoint les gagnantes du concours facebook chez Jean-Paul et Martine Besson-Bourguignon de la Cave des Rossillonnes à Vinzel, dont elles ont beaucoup apprécié le Gewürtzraminer. Moi, je n'avais plus de palais (c'est un métier déguster !) et j'ai donc laissé de côté les vins de Emile & Louis Fonjallaz d'Epesse et les Vins de la Ville de Lausanne que je connais bien et donc j'apprécie particulièrement le Chasselas avec vue du Domaine du Burignon à Saint-Saphorin et le Merlot barrique du château Rochefort à Allaman. Pour la petite histoire, saviez-vous que c'est une femme qui est responsable de ces vins pour la Ville ? Saviez-vous que c'est le plus grand domaine vinicole public en Suisse ? 


Après toutes ces émotions gustatives et cette chaleureuse ambiance, j'ai profité quelques minutes de la fraîcheur de l'Eglise Saint-François où se trouve un des plus hypnotique "jardin" de cette édition de Lausanne Jardin 2014 (je vous en reparle bientôt, mais celui-là je ne veux pas le dévoiler, l'église est ouverte tous les jours jusqu'à 17h30 pour l'admirer), et je suis rentrée chez moi, avec ma récolte du jour...


... le Muscat "Gaby" de la famille Stoki et les fières Baccahantes de Maryline Lavenex, je m'étais promis de ne m'acheter qu'une bouteille, mais un de 50cl ça ne compte pas vraiment, n'est-ce pas ? La bouteille inconnue au milieu ce n'est pas du vin, mais la récolte de mon mari au Pibar, une collaboration entre deux brasseries néerlandaises (De Molen et T'Ij) parmi mes préférées , on se partage les tâches, c'est important pour l'équilibre alimentaire.

Bon, tout ça pour vous dire que c'était génial, que le 26 juillet et le 30 août on remet ça, à chaque fois avec des vignerons différents à découvrir, pour CHF 10.- 
Je vais organiser des concours pour gagner des dégustations, sur twitter en juillet, et sur Instagram en août avec la collaboration de @IgersLausanne, n'hésitez pas à participer !


20/06/2014

Chocolac


Quand deux passionnés se rencontrent ça peut donner des mélanges étonnants. Le buzz gastronomique de 2013 concernait un mash-up (qu'on pourrait ici traduire par collision) entre deux desserts, un donut et un croissant, ça a donné le Cronut et surtout lancé une folie créatrice de nouveaux desserts qui mixaient des recettes de desserts traditionnels. A Lausanne, les deux passionnés dont je vous parle ont créé un mélange encore plus fou : chocolat et bateau !

C'est sur les agréablement silencieux Aquarel, bateaux solaires amarrés à la Place de la Navigation d'Ouchy, qu'auront lieu les Chocolac : croisières de dégustation de chocolat. Olivier Hanggli est capitaine et féru d'énergies renouvelables, Oliver Fuchs est chocolatier et fondu de recherche et innovation autour de cette matière magnifique et des savoir-faire liés.


Deux heures de croisière sur le majestueux lac Léman, deux heures de découverte et dégustation de grands crus chocolatiers. Car oui, pour le chocolat comme pour le vins, on parle de grands crus, d'origines, d'histoire, de terroirs.

Les dates de ces croisières et les informations pour réserver sont indiquées sur la page de l'événement, il reste des places pour toutes les croisières. Avant de vous décrire la croisière Chocolac que nous avons eu la chance de tester en avant-première, j'aimerais souligner qu'une croisière particulière aura lieu le 11 septembre, elle mêlera dégustation de chocolats et de vins... et il n'y a que 18 places sur le bateau, dépêchez-vous de réserver !


17/06/2014

L'été à Lausanne


Depuis que je suis installée à Lausanne, j'ai l'impression de découvrir chaque année combien cette ville bouge et est passionnante, en particulier en été. 2014 ne fait pas exception à la règle.

Les Estivales
Lausanne est tellement active l'été que la Ville a mis en place "Les Estivales" qui permet de se tenir au courant de toutes les manifestations existantes grâce à leur guide complet et qui en rajoute encore un peu, si ce n'était pas suffisant. Pour tous et toutes, du plus petit au plus âgé, des amateurs d'art ou de musique aux rats de musées, des mollets frétillants (Corajoud est partout) aux plus contemplatifs. Seul problème : réussir à choisir.


16/06/2014

Le Meilleur chocolat de Lausanne


En 2012, le premier concours du Meilleur chocolat de Lausanne avait été organisé (et gagné par Manuel). Le 11 juin dernier, le 2e concours du Meilleur chocolat de Lausanne a eu lieu. J'ai eu la chance de pouvoir l'observer (et goûter les chocolats). Le gagnant du concours devient le fournisseur officiel de la Ville de Lausanne durant 2 ans, pour ses repas, ses apéritifs et ses cadeaux aux invités de marque, c'est le Meilleur Chocolat de Lausanne qui sera présenté, dès le mois de septembre, à chaque occasion officielle. Le chocolatier gagnant va également mettre en vente ce chocolat dans sa boutique, vous pourrez ainsi aller le déguster.

Le jury, composé de David Pasquiet ("Champion suisse des chocolatiers" 2013), Laurent Guignard (Chef pâtissier du Beau Rivage Palace),  Thibaut Panas ("Sommelier suisse de l'année" du Beau Rivage Palace), David Moginier (journaliste gastronomique), Judith Hänggi (Présidente du Club des Passionnés de chocolat) et Florence Germond (Conseillère Municipale de la Ville de Lausanne), a noté 14 spécialités crées pour l'occasion et a désigné 3 lauréats.


Quatorze chocolatiers se sont prêtés au jeu de la création : chez RadoDürigMoutarlierMoretAu Palais GourmandBlondelNessiBoillat, La ChocolatièreVincentNozManuelLe Romantica et Buet. Certains sont très connus des Lausannois, d'autres sont plus discrets, chaque habitant à son chocolatier préféré, la qualité et la diversité des chocolats inventés pour l'occasion étaient exceptionnelles.

12/06/2014

Comment cuisiner pour une personne


J'ai longtemps vécu seule, et donc fait des courses et cuisiné pour une personne. Durant ces périodes, j'ai mis en place des méthodes pour rationaliser mon temps passé en cuisine, mon utilisation de la vaisselle et les ingrédients achetés. Des exemples tout simples que je reproduis tous les jours sans même y penser, qui pourraient être utiles à d'autres. D'autant que dans nos vies frénétiques du XXIe siècle, même les foyers plus nombreux -tel que le mien aujourd'hui, il a doublé de volume, non mais tu te rends compte ?- se retrouvent souvent dépeuplés durant plusieurs repas par semaine.

Je vais vous présenter une recette qui permet de cuisiner rapidement deux repas complets pour une personne, en utilisant une seule poêle pour cuisiner de la viande, des légumes et une céréale. En économisant donc du temps, de la vaisselle, de l'énergie de cuisson et en utilisant des ingrédients vendus par paquets sans devoir en jeter une partie. (Ce qui est une gageure en faisant des courses pour une personne, les filets de poulet, entrecôtes ou autres viandes sont vendues au minimum par deux, les fruits et légumes par packs de six, etc.)

Les ingrédients qui suivent serviront donc à deux repas  pour une personne, le deuxième repas pourra être emporté facilement, et mangé chaud ou froid, le lendemain ou le jour suivant :
  • 3 courgettes (que l'on peut mélanger avec des poivrons, des tomates, des oignons, en baissant le nombre de courgettes)
  • 2 filets de poulet
  • 1 verre de semoule de couscous
  • 2 petits verres d'eau
  • épices et condiments (sel, poivre, jus de citron, origan, ail en poudre, curry)
  • 1 cs huile d'olive
Ce qui nous fait une addition de moins de CHF 10.- pour deux repas (CHF 6.- pour deux escalopes de poulet fermier local, CHF 2,5 de courgettes, moins d'un franc pour les épices, l'huile d'olive et la semoule dans vos placards). En plus d'économiser de l'énergie et du temps, c'est économique, et sain.


11/06/2014

Lausanne à Table : le programme complet



Enfin, j'ai le droit de vous parler en détails de ce programme de Lausanne à Table, ça me démange depuis des mois. Comme il y a énormément d'événements très différents, afin que vous ne ratiez rien de ce qui pourrait vous intéresser, je vais tenter de vous guider un peu. Tout d'abord, il y a deux sortes d'événements : les événements ouverts à tous et les événements qui nécessitent une inscription préalable. Pour ceux-ci, je vous conseille de vous dépêcher, certains seront complets dans moins de 12h si l'on en croit les années précédentes.

Pour les événements ouverts, on se réjouit de vous y rencontrer nombreux ! Je serai présente à tous les événements (sauf ceux qui se répètent plusieurs fois où je ne participerai qu'au premier d'entre eux) et je tenterai de vous raconter ce qui s'y est passé si vous ne pouvez y être. Si vous venez, je me réjouis de vous croiser et/ou de lire/voir ce que vous avez vécu. Pour ce faire, je serai à l'affût du tag #LausanneàTable sur twitter et Instagram.

Des questions ? N'hésitez pas à nous les poser ici, sur facebook ou sur twitter !

Des suggestions ? Envie de participer au Restaurant Day ? Des idées : atable@lausanne.ch

Vous êtes blogueurs, vous avez envie d'en savoir plus et/ou de participer à certains événement ? funambuline@gmail.com


05/06/2014

Nouvelles fonctionnalités Instagram

Hier, Instagram a lancé ses nouvelles fonctionnalités très attendues : il est dorénavant possible de doser les filtres. Mais ce n'est pas tout, à la modification de contraste instaurée il y a quelques mois, Instagram a ajouté 10 possibilités de modifier vos photos.


Commençons par les filtres : comme précédemment, vous pouvez décider d'appliquer un filtre à vos images, sur la barre d'outil, les filtres sont symbolisés par la baguette magique, l'icône de gauche. L'icône centrale sur cette barre correspond encore au contraste (je ne sais pas pourquoi il est encore alors qu'il devrait être présent dans les outils mais bon), l'icône de droite représente justement la "caisse à outils" dont je vous parle ci-dessous.

Vous pouvez, comme avant, sélectionner un filtre, la différence c'est que dorénavant, quand vous appuyez une deuxième fois sur le filtre, apparaît une nouvelle fenêtre qui vous permet de doser l'effet de ce filtre. Ce qui devrait permettre un peu plus de subtilité (quoique "l'esthétique Instagram" ne soit pas réputée pour sa subtilité, mais passons).