J'ai mis beaucoup de temps à aller voir ce film, mais ça y est, je l'ai vu. Pourquoi ai-je mis autant de temps ? Parce que je voulais me déconnecter des avis à l'emporte-pièce des pro/anti Steve Job lui-même et des pro/anti Apple. Aller voir ce film pour ce qu'il est : un long-métrage de fiction, n'est pas chose aisée. Vous me direz : c'est souvent le cas avec les biopics. Mais ici c'est particulier, on parle d'un personnage récent, très récent, qui, bien que disparu il y a peu, continue à avoir une influence sur notre mode de consommation. Nous sommes touchés d'une manière ou d'une autre par son influence, en particulier quand on traine, comme moi, avec des gens qui passent beaucoup trop de temps sur Internet.
Et le piège reste, malgré la distance que j'ai tenté de prendre avec la sortie du film et ses critiques (que j'ai essayé de ne pas lire, mais il n'est pas facile de ne pas attraper au passage une catch phrase sur twitter), j'ai tenté aussi de prendre de la distance avec mon propre attachement pour les produits à la pomme (ce qui n'est pas évident) et j'ai donc essayé de voir ça comme l'histoire d'un homme. Ou plutôt une partie de l'histoire d'un homme, de ses années d'étudiant, où il brille par son indépendance et son originalité mais pas par ses capacités académiques, à ses premières tentatives en tant qu'entrepreneur, à ses premiers succès, à ses premiers échecs non assumés et à son come-back retentissant et sa première prestation dans la peau de celui qui est resté dans les mémoires avec son col roulé noir, son jean informe, sa gestuelle crispée et son assurance fascinante et dérangeante. Ses dernières années ne sont pas du tout abordées, ses années d'absence après son éviction à peine effleurées. On ne parle que du Jobs d'Apple, celui par qui tout arrive.












