07/01/2022

Best of cinéma-série 2021

 


Moi qui avais un abonnement ciné et y allais au moins 3 fois par mois il y a 3-4 ans, je n'ai vu qu'un seul film sur grand écran cette année (Dune). Ce qui ne m'empêche pas de voir plein de films et plein de séries.

Plutôt qu'un top 10 arbitraire où je ne saurais pas où placer certains trucs, je me suis dit que j'allais plutôt vous lister ce que j'ai préféré cette année (il y a aussi quelques trucs de fin 2020), de manière totalement subjective, évidemment, en me basant sur les émotions que ça m'a provoqué et/ou de combien de temps les images me sont restées en tête, ça vous va ? Allons-y.

(On m'a demandé comment je me souviens : je note tout ce que je vois sur imdb juste après les avoir vu, c'est donc assez facile de remonter dans mes notes, je ne vous présente ici que des films/séries que j'ai noté de 7 à 9 sur 10, pas de 10 cette année.)


Films


Dune (part 1)

C'est sans compétition ce que j'ai vu de mieux cette année. Je ne lui ai pas mis 10 parce que la musique, toute exceptionnelle qu'elle soit, est trop omniprésente et, peut-être mal réglée dans la salle où j'étais, m'a empêché d'apprécier les incroyables effets sonores. Il fallait le voir sur très grand écran, mais j'irai voir la deuxième partie en salle équipée Imax, car les films ont été développé pour ça, non seulement à l'image, gigantesque, mais au son

Ces ouvrages réputés impossibles à adapter (même si le film qui n'existe pas de Jodorowsky est un chef d'oeuvre en soit, regardez ce documentaire) n'ont pas résisté à Denis Villeneuve et son équipe. C'est de toute beauté. C'est interprété intelligemment et simplifié avec une élégance que les romans n'ont pas (désolée pour les mega fans de Frank Herbert, mais je n'ai jamais réussi à finir un seul de ses bouquins). Je trouve que les thématiques abordées (enfin surtout dans la suite je suppose) résonnent particulièrement en ce moment de crises climatique et de migration. Le thème de la décolonisation est empouvoirant en espérant que Villeneuve évitera l'écueil du White Savior. Mais c'est du détail, tout est du détail à côté des images magistrales. Il mérite d'être revu (trois fois déjà pour ma part).

Bande-annonce.



Nuestra Libertad

Je vous en ai parlé ici. Ce documentaire salvadorien programmé conjointement par les festivals Filmar en America Latina et Les Créatives a été un coup de poing émotionnel par sa thématique et un coup de coeur cinématographique. Un film important et des héroïnes qui changent le monde, dans notre époque où les droits des femmes risquent de régresser (l'avortement en première ligne, y compris en Suisse...)

Bande-annonce.


Sound of Metal

Riz Ahmed est un acteur extraordinaire. J'ai été éblouie par l'ampleur de son talent dans The Night Of (à voir absolument), depuis, je vois tout ce qu'il fait. Ces dernières années deux films sont sortis dont on n'a pas assez parlé : Sound of Metal et Mogul Mowgli

Le batteur d'un groupe de métal commence à perdre l'ouïe. Le film le suit et se met parfois à sa place. Unique, puissant, émouvant, subtile, juste, novateur. L'utilisation et le montage du son est extraordinaire. Et Riz Ahmed est un des meilleur acteur du moment.

Bande-annonce.


Boiling Point

Une caméra suit un chef et son équipe lors d'une soirée particulièrement agitée dans son restaurant. Cela peut paraitre anecdotique, mais c'est un long plan séquence, qui monte en stress, aux côtés de toute l'équipe de cuisine et de salle. 

C'est magistralement écrit, filmé et joué (je n'ose dire monté, même si j'imagine où étaient les coupes). Et surtout c'est d'une précision terrifiante sur les enjeux sociaux et économiques de la restauration, sur les liens humains fortement hiérarchiques de ces métiers où chacun et chacune doit connaitre sa place avec précision et les erreurs des uns se reportent sur les autres. C'est fort, stressant, brillant.

Bande-annonce.


The White Tiger

Il est difficile de parler des films dont j'ai envie de vous raconter l'histoire pour vous allécher, mais en la racontant, je vais gâcher un peu du plaisir que vous aurez. Alors laissez-moi poser le contexte à très grands traits. C'est l'histoire d'un homme qui est aussi intelligent qu'il est pauvre et dont l'ambition dévorante va l'amener à un parcours extraordinaire qui est en fait une critique du capitalisme sauvage et de la violence qu'elle induit. Mais surtout c'est drôle. Drôle ascendant grinçant. Où on pouffe et on écarquille les yeux de surprise qu'ils osent, le film et sa voix-off, et le personnage principal (cet acteur mérite des prix). Une belle baffe. Laissez-vous tenter.

Bande-annonce.


Luca

Cela fait longtemps que je n'avais pas été enthousiasmée par un dessin animé non japonais. J'ai vu Luca trois fois la semaine de sa sortie. Et revu depuis. C'est probablement l'année où j'ai mangé le plus de pesto. Les thèmes m'ont touchée, mais surtout plein de détails qui font de cette petite merveille mon Disney préféré (avec Robin des bois). La nourriture, l'île, le monde sous-marin, le personnage féminin badass, la tendresse, la taille du monde qui s'agrandit à hauteur d'yeux d'enfants. Et visuellement, le bordel organisé de certains décors est juste une gourmandise. Bref, Luca c'est mon doudou.

Scène du pesto.


Cruella

À ma gigantesque surprise, ce film est super. Tellement super que je l'ai revu pour être sûre. C'est drôle, juste dark et punk comme il faut, visuellement parfait, imaginatif, avec un casting au top. Juste la légèreté décalée et joyeuse dont le monde a besoin en ce moment. Et faites-moi plaisir, continuez à donner des Oscars et des rôles à Emma Stone.

Bande-annonce.



Zack Snyder's Justice League

Encore une surprise, moi qui m'en tape royalement des DC-Marvel et autres super héros (à part Black Panther), je pensais voir 5 minutes de ce truc, par curiosité, car je ne comprenais pas le débat autour. Je suis restée scotchée devant, ébaubie d'adorer ce truc. L'autre version (vue depuis, toujours pour comprendre ce débat) est NAZE. Et non, je ne suis pas fan de Zack Snyder, non non non. Mais ce film est fabuleux. Fact.

Bande-annonce.


Barb and Star go to Vista Del Mar

Beaucoup trop coloré, fort, grotesque, ridicule, pailleté, brillant, sucré, absurde. C'est le cupcake qu'on croit qu'on ne va pas aimer qu'on dévore. C'est hilarant, littéralement un film où on laugh out lout. Les actrices (et autrices) sont parfaites, je les aime d'amour (c'est la même équipe de Bridesmaid, avec plus de liberté -et de drogue-). Faites-vous du bien, découvrez Barb et Star, elles sauront vous séduire. 

Bande-annonce <- regardez ce truc, c'est hilarant (et ça ne divulgâche pas le film).



Séries


Arcane: League of Legends

C'est très très très beau. Mais pas que. Les personnages sont très bien écrits, c'est rythmé, touchant, et... très très très beau. J'ai été envoutée et tout vu en une nuit. Je m'apprête à le revoir pour apprécier les détails. Un bijou.

Bande-annonce.


High on the Hog

Son titre complet, High on the Hog: How African-American Cuisine Changed America, explique tout. L'auteur et protagoniste est sommelier et restaurateur. Il part à la recherche des racines de la cuisine afro-américaine dans divers états du Sud et en Afrique de l'Ouest, pour comprendre comment les personnes en esclavage ont amené avec elles, cultivé et préservé leur culture culinaire, et comment cette culture est au coeur de la Soul Food US d'aujourd'hui. Passionnant. Important.

Bande-annonce.


Scenes from a Marriage

En 1 mot : ouch. J'avais apprécié le films Marriage Story pour sa réalisation artistique et son casting qui donne tout, mais je n'avais pas été impactée aux tripes. Là j'ai pris un coup. La subtilité des silences, des regards, des flous et petits mensonges. L'intensité et la chimie entre Jessica Chastain et Oscar Isaac ont détruit toutes mes barrières et j'en ai pris plein la tête. Et j'ai adoré ça. Pas ce que ça me faisait ressentir, mais l'intensité de ce qu'une fiction pouvait me provoquer. Une oeuvre d'art.

Bande-annonce.


Foundation

En lectrice d'Asimov je doutais fortement que qui que ce soit puisse approcher cet univers si difficile à expliquer et fascinant que le cycle de Fondation. Et bien si. C'est différent, très différent, des livres. Mais c'était le seul moyen. Visuellement c'est un des plus beau truc que j'ai vu cette année (avec Dune). Tellement beau que je ne regarderais que pour ça, et pour Lee Pace. L'histoire est complexe et la narration réussit à la rendre digeste. J'avoue qu'il y a quelques longueurs et complications, probablement pour qu'on s'accroche aux personnages, mais je m'en fiche, de toute façon je suis en train de regarder le décor...  Une des meilleures série de SF de ces dernières années (après The Expanse).

Bande-annonce.


Physical

La plongée directe et sans compromis dans les 80's est violente. Surtout quand elle a un casting aussi magistral, et qu'on est dans la tête de l'héroïne dont le mari est un gros con égocentrique, dont la fille est à l'âge chiant et qui a un problème de boulimie. Et pourtant, c'est drôle. Le côté grinçant et glaçant de l'humour. Humour noir et justaucorps fluo vont très bien ensemble, qui l'eût cru. Vivement la saison 2.

Bande-annonce.


Hacks

Une humoriste vétérante de la scène engage une jeune autrice pour rafraichir son show. Le clash des générations, des humours et des égos est délicieux. D'autant que plus elles s'insultent plus on voit la chimie qui fonctionne, et on finit plein de tendresse pour ces deux personnages à couteaux tirés. Et, évidemment, c'est drôle. Et ça tacle pleiiiiiiin de questions que pose l'humour aujourd'hui.

Bande-annonce.


C'est comme ça que je t'aime

Après la merveilleuse Série Noire, les mêmes auteurs se positionnent cette fois dans une banlieue québecoise dans les années 70, dans deux mariages qui s'ennuient et se mélangent, et vont finir par être des gangsters, sur un malentendu. Hilarant, débile mais smart, surprenant. Mettez les sous-titres.

Bande-annonce.


Mare of Eastown

Tout tient au visage de Kate Winslet. Lumière crue, inquiétude, stress, remises en question, fatigue, mais aussi intelligence, tendresse, autorité. Cette enquêtrice dans une petite ville doit résoudre un crime dans son voisinage. L'actrice a insisté pour ne pas être maquillée, elle a dû batailler avec les marketeux pour ne pas être retouchée sur les affiches. Et elle a eu raison. Très bien réalisé, montage impeccable, tout accompagne Kate et son énorme talent. Si vous aimez les polars, foncez.

Bande annonce.


Dérapages

Étonnant. Je ne m'attendais pas à grand chose mais on m'a recommandé cette série et je ne l'ai pas lâchée. Je ne savais pas de quoi il s'agissait. Je pensais à une série française sur le chômage et ses difficultés. C'était sans me douter que ça prendrait cette tournure dingue, tenue de main de maître par un Eric Cantona puissant et subtile comme il sait l'être. Je ne veux pas en dire plus car il faut découvrir. 

(Ne regardez pas d'extrait, ni la bande-annonce, faites-moi confiance.)


American Crime Story: Impeachment

C'est en discutant avec une amie que j'ai compris pourquoi cette saison m'avait triturée plus que les précédentes. Non pas que les saisons 1 (sur O.J. Simpson) ou 2 (sur le meurtre de Gianni Versace) étaient moins bien, au contraire, elles sont formidables et plongent leur pathos dans les tripes de la morale US avec brio. Mais pour celle-ci, l'affaire Monica Lewinsky, j'étais "là". C'est-à-dire qu'ado je l'ai vue aux infos, sur les manchettes des journaux, dans les blagues des humoristes et des talk show, et même dans le mauvais goût de l'oncle libidineux qui a amené des cigares aux fêtes de familles (beurk).

Depuis plusieurs années, Monica Lewinsky a réapparu, avec brio, sur la scène médiatique. Elle est devenue activiste anti-bullying et autant dire qu'elle sait de quoi elle parle. Elle a d'ailleurs participé à l'écriture et à la production de cette saison. On y retrouve donc Monica, très jeune stagiaire à la Maison-Blanche, qui tombe amoureuse de Bill Clinton. Un jour elle l'avoue à une collègue qui va l'enregistrer sans son consentement. C'est le point de départ de la fulgurante descente aux enfers médiatiques de cette très jeune et naïve femme qui va être traitée comme un objet de railleries. Comme beaucoup de jeunes femmes médiatisées à la fin des années 90' et au début des années 2000. Que cette saison sorte cette année, où la prise de conscience de ces atrocités médiatiques commencent à être comprise, où le mouvement #FreeBritney a pris tant d'ampleur qu'il a réglé la situation, donne encore plus d'impact à cette saison. Comme toujours chez tout ce que fait Ryan Murphy, le casting est extraordinaire, les émotions complexes et toujours nuancées, et chaque regard des deux actrices principales mériterait un prix d'interprétation.

Bande-annonce.


Cela fait déjà une jolie liste. Si vous êtes encore là, merci beaucoup ! J'y ai mis mes incontournables, et aussi essayé aussi de vous surprendre avec quelques films ou séries dont on a moins parlé. 


J'ai aussi aimé, dans le désordre, plein d'autres films et séries sur lesquelles je n'ai rien à dire, ou tout a été dit : 

Films : Mogul MowgliPromising Young Woman, Don't Look Up, Stowaway, The Trial of the Chicago 7, Plan B et I Care a lot.

Séries : Home Before Dark, Landscapers, Squid Game, The White Lotus, Raised by Wolves, Wandavision et Bridgerton.

2 commentaires:

  1. J'adore que tu publies à nouveau ici, merci !
    Pas mal de choses que j'avais envie de voir et que j'ai zappées faute de temps, tu réveilles ma curiosité ! (indiquer les plateformes où trouver tout ça avant le lien bande-annonce est-il envisageable ?).
    De mon côté première claque mini-série de l'année avec Les hautes herbes sur Arte. Encore merci pour ce bilan <3

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    1. Il m'a fallu du temps, mais j'avais besoin d'y réfléchir. Alors, ce serait pratique pour vous et facile pour moi, MAIS : mon blog serait plus vite retrouvé par les plateformes/producteurs et donc parfois des vidéos censurées ou des photos retirées pour copyright. De plus, souvent, c'est sur des plateformes pour lesquelles je ne souhaite surtout pas faire de la pub, celles sur lesquelles je n'ai aucun conflit moral à pirater. Donc je me vois mal conseiller à d'autres d'aller eux consommer là-bas.
      C'est probablement un peu hypocrite, mais je n'ai pas de solution miracle pour l'instant. Il n'est pas possible que les conditions de production pharaoniques actuelles continuent, on est dans une bulle "âge d'or" des séries avec les plateformes qui se font la guerre en pensant pouvoir continuer à grandir leur audience de manière exponentiel. La croissance a déjà baissé et d'autres modes de production devront être trouvés. Je pense que d'ici 5-6 ans il y aura une baisse de quantité produite, qui est indispensable car c'est actuellement absurde.
      Et que d'autres acteurs indépendants vont émerger, j'espère. Pour ceux-là, je me réjouis de mettre en avant leurs plateformes et de leur faire de la pub. :-)

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