mardi 24 février 2015

So gay



L'avancement social passe aussi par la représentation des "minorités" sur les écrans. "Minorité" pour les grosses boîtes de production, hollywoodiennes ou non, veut dire : "tout ce qui n'est pas un homme blanc jeune mince hétéro non-handicapé de classe moyenne ou supérieure." Depuis quelques décennies maintenant, dans chaque film hollywoodien, vous avez un "alibi de couleur" (vous savez, le noir qui meurt dans les films d'actions). Depuis moins de temps, les "couleurs" se généralisent. Les films ou séries où la majorité du casting ne sont pas blancs se généralisent depuis... euh, 2 ans, mais ce n'est toujours pas le cas pour les autres "minorités". C'est à dire, à la louche, les femmes (même si on trouve de plus en plus d'héroïnes, elles sont toujours minoritaires, et ne parlons pas des jeux vidéos, sinon on va se fâcher), les handicapés, les vieux, les gros... et les gays. La différence avec "les gays" c'est peut-être que c'est une caractérisation non-visible. Je veux dire par là qu'un acteur noir va forcément jouer un personnage... qui est noir (contrairement aux débuts du cinéma où même les personnages noires étaient interprêté uniquement par des acteurs blancs), il y a des acteurs et actrices gays depuis longtemps dans l'industrie, mais ce n'est pas pour autant que la représentation de cette "minorité" était visible à l'écran. (Je parle donc ici évidemment des personnages gays dans les univers diégétiques et non des acteurs et actrices qui les incarnent.)

Vous pensez que j'exagère ? La polémique de la semaine, c'est que dans la série à très grand succès The Walking Dead, après 5 saisons, les scénaristes ont osé intégrer des gays, dans l'épisode 11 de la saison 5, The Distance. Et ça fait un tollé sur les réseaux sociaux, dans le monde anglo saxon mais pas seulement, les réactions francophones ont été fortes et tout autant abjectes. Cette série qui vous explique en long et en large qu'on ne peut survivre sans voiture et sans arme ose le sacrilège suprême. C'est la goutte d'eau qui fait déborder le politiquement correct pour certains (qui ne représentent pas forcément la "majorité" non plus, heureusement).

Traduction : "l'Amérique condensée dans un seul tweet :
"Je regarde The Walking Dead avec mes enfants depuis des années,
quand soudain, sans avertissement, vous y mettez des gays, je suis déçu."

Point positif ? Les seconds rôles afro américains et asiatiques n'ont pas soulevés de tollé, c'est ridicule, mais c'est un signe indéniable que les mentalités évoluent. Mais pas pour les gays. Encore moins si on élargit à la communauté LGBTQIAPD (Lesbian Gay Bisexual Transgender Questioning Queer Intersex Asexual Pansexual Demisexual). Alors je vous ai préparé une petite sélection des séries où, accessoirement, certains personnages sont gays, parce que ça fait avancer le schmilblick pour ceux qui ont peur de l'inconnu, quand on le voit à la télé ça fait moins peur. Allons-y Alonso.


The L World (2004-2009)

Sauf erreur la première à oser un casting entièrement gay (quand je dis casting, je parle des personnages et pas des actrices). Et la série est géniale. Des personnalités très diverses, des problématiques de couples et sociales passionnantes, cette série reste une de mes préférées.


Looking (2014 - ?)

Un groupe d'ami gays dans le mythique quartier de Castro (pensez Harvey Milk), des personnalités passionnantes qui pouvaient paraître totalement stéréotypées dans la première moitié de la première saison et que s'approfondissent avec succès dès la saison 2. Très plaisant visuellement, probablement repoussante néanmoins rien que par son pitch pour ceux qui justement ne veulent "pas voir ça à la télé". Je prends beaucoup de plaisir à suivre ces personnages chaque semaine.


The Fosters (2013 - ?)

Cette série est atypique, il s'agit de l'histoire d'une famille d'accueil, dont les parents sont deux femmes, l'une blanche, l'autre métis blanche et afro américaine, elles ont 5 enfants, dont l'un est l'enfant biologique d'une des mères, deux sont des ados latinos et les deux derniers, une fille adolescente et un petit garçon d'une dizaine d'années, qui arrivent dans le pilote de la série, sont un frère et une soeur qui se sont fait baloter dans le système des "foster kids" toute leur enfance. Le fait que le couple adoptant soit gay est à peine discuté. C'est un fait établi qui ne pose apparemment de problème à personne. On voit dans le développement de la série que ce n'est pas le cas et qu'elles doivent souvent se battre pour être reconnue légitimement, mais plus souvent contre des proches jugeant que contre le système car elles connaissent leurs droits. Mais cette série qui établit une nouvelle norme est passionnante, d'autant que sans ce couple de femmes à la tête de cette famille, ce serait une bluette tire-larmes pour adolescents comme il y en a tant... sauf qu'elle normalise l'homosexualité et la mixité raciale (qui a aussi été très longtemps un tabou aux Etats-Unis) et que les enjeux des épisodes sont plus souvent sentimentaux ou autour d'autres questions telles que les adictions, les premières relations sexuelles adolescentes, etc. Cette famille finit par devenir banale et cette banalité fait probablement beaucoup plus de bien à la visibilité des "minorités" dont je vous parlais plus haut que beaucoup de séries qui pourraient être plus choquantes pour des spectateurs puribonds qui ne les regarderaient pas rien qu'à cause de leur résumé (comme Looking par exemple). Pour ne rien gâcher, les acteurs sont plutôt excellents et même si le scénario est souvent poussif, plein de beaucoup trop de bons sentiments et de rebondissements peu réalistes, c'est très plaisant à voir. Je prends ma dose de guimauve chaque semaine depuis le premier épisode sans arriver à comprendre comment je suis accrochée, mais je suis définitivement accrochée. Cette série, produite par Jennifer Lopez, a fait couler beaucoup d'encre sur son utilité pour la visibilité des minorité et a ouvert beaucoup de dialogues. J'espère qu'elle réussira longtemps à sonner aussi juste !


Glee (2009 - ?)

Cette étonnante série qui ressemble de prime abord à une comédie musicale pour adolescents ose aborder des sujets incroyablement controversés en chansons, mais pas seulement. Tout y est passé, homosexuels hommes et femmes, bisexuels, transgenres, asexuels, mais aussi handicapés, gros, noirs, latinos, asiatiques, etc. Oui, les scénaristes en font leur beurre, mais c'est très réussi et, sous couvert de chansons populaires, je suis persuadée que cette série destinée à des ados US les aide à se poser des questions. C'est parfois approximatif et pas toujours très adroit, mais grâce à certains de leurs personnages homophobes qui disent des horreurs, je suis persuadée que certains messages passent et je me surprend régulièrement à verser une larme d'émotion. Comme lors de l'épisode récent où un choeur de personnes transgenres (qui existe vraiment) vient accompagner et soutenir un personnage qui a fait récemment son coming out. Et tout ça sur la FOX, mesdames et messieurs !




Shameless (2011 - ?)

Cette série qui se passe dans une banlieue américaine white trash que l'on suppose totalement homophobe, propose un couple atypique et présente leurs peurs de s'afficher de manière totalement étonnante car dès qu'ils osent, enfin, leurs proches n'ont absolument aucun problème avec ça. C'est probablement loin d'être représentatif de la réalité dans les milieux dépeints, mais c'est particulièrement jouissif à regarder. Cette série est une merveille dont je ne me lasse pas, et ce couple un de mes couples préférés à l'écran en ce moment.


Modern Family (2009 - ?)

Le couple gay parmi les trois couples de protagonistes n'est pas le plus cliché et leur relation est tout à fait hilarante... comme toutes les autres relations de cette sitcom qui continue à me faire rire après 5 saisons. Encore une série où un couple gay, marié, et parent, devient banal et normal. Tant mieux, c'est ça qui fait avancer les choses !


Transparent (2014)

Mini-série qui est mon coup de coeur absolu pour 2014. J'en ai déjà parlé mais j'en rajoute une couche pour ceux qui douteraient encore. Mort, une soixantaine d'année, annonce à ses trois enfants dans la trentaine, qu'il va dorénavant vivre en tant que femme. Le choc de cette annonce de changement d'identité va provoquer chez tous les membres de cette famille et chez leurs proches une profonde réflexion sur leurs propres identités. L'écriture de cette série est d'une très grande intelligence et finesse, à voir absolument.


Six Feet Under (2001 - 2005)

Cette saga familiale mythique dont un des personnages principaux est gay aborde la thématique avec subtilité, le couple gay supporte les mêmes problèmes que les autres couples de la série, c'est presque "normal", et ça fait du bien. A voir ou revoir.


The Wire (2002 - 2008)

Autre série mythique, qui n'en fait jamais un enjeu central, c'est simplement un aspect de certains personnages. Et c'est particulièrement significatif vu son succès dans certaines banlieues où l'ambiance est plutôt à l'homophobie crasse.


Queer as Folk (2000 - 2005)

Qui est sur ma to watch list, mais dont on me dit énormément de bien.




Vous trouvez aussi des personnages gays intéressants, mais qui servent parfois uniquement d'alibi pour parler d'homophobie (ce qui est important en soit on est d'accord), dans BuffyDesperate Housewives, Scandal, Dawson's Creek, Friends, The Shield, etc.


Il y a évidemment des dizaines d'autres séries qui ont intégré des personnages gays à leurs scénarios, cette liste n'est pas exhaustive, si vous souhaitez de l'exhaustivité, il y a l'ami wiki (attention toutefois, leur liste n'est pas exhaustive non plus, j'ai dû ajouter The Fosters et Transparent, par exemple, n'hésitez pas à ajouter vos références également !). Si vous en avez d'autres qu'il faut absolument que j'ajoute et qui intègrent des personnages gays sans en faire un alibi politiquement correct comme le-noir-qui-meurt-dans-les-films-d'action, ce sera avec grand plaisir ! Et merci à tous ceux qui m'ont signalé certaines des séries ci-dessus sur twitter, mes followers sont fabuleux.

vendredi 20 février 2015

Réseaux sociaux : modes d'emploi



Dans la vraie vie, une partie de mon activité tourne autour des réseaux sociaux. Sur ce blog, j'ai rédigé quelques modes d'emploi que vous retrouvez sur la page réseaux sociaux, tout en haut, juste sous la bannière. (A côté d'elle vous trouverez d'autres pages utiles telles qu'une FAQ où vous pourrez en apprendre un peu plus sur moi.)

Mais pourquoi est-ce que je rédige des modes d'emploi gratuits sur mon blog alors que c'est une partie de mon activité professionnelle ? Simplement parce que ce sont des modes d'emploi pour débutants. Et que ce n'est pas parce qu'on sait utiliser un outil techniquement, qu'on sait expoiter son potentiel. Pour ça, et pour les questions spécifiques, pointues, plus longues ou complexes, je crée et anime des formations autour des réseaux sociaux selon les besoins (et les budgets). Exemple avec un cours-atelier pour une utilisation professionnelle d'instagram donné aux étudiants de la HEG en mai 2014 (qui sera prochainement remis à jour pour la volée 2015). Si vous pensez que je peux vous être utile, n'hésitez pas à me contacter par mail.

Mais si je fais cette liste aujourd'hui, c'est pour qu'elle soit utile au plus grand nombre. N'hésitez donc pas à la partager, ou à partager un de ces liens auprès de ceux qui souhaitent se lancer, en particulier sur Instagram ou Pinterest, plateformes pour lesquelles mes modes d'emploi sont les plus complets.

Vous retrouvez aussi tous mes articles ayant un lien avec les réseaux sociaux avec les tags instagrampinterest et social media, ainsi que tous les modes d'emploi de mon blog avec le tag tutorial.  Sachez encore que j'ai plusieurs articles à propos de twitter en préparation, patience petits Padawans.


Pinterest

Mode d'emploi et FAQ Pinterest



Instagram


Comment bien commencer sur Instagram ?

Mode d'emploi détaillé, réflexions autour de l'importance des # et de l'interaction, exemples de comptes à suivre.

Quelles applications utiliser avec Instagram ?

Outils pour éditer des images, ajouter du texte sur une image, créer des mosaïques reposter des instagram d'autres utilisateurs, faire un suivi et générer des statistiques, et autres outils inutiles et donc indispensables.

Comment utiliser Instagram pour couvrir un événement ?

Conseils pratiques avant, pendant et après un événement, retour d'expériences, réflexions concernant le contenu.

Les nouvelles fonctionnalités instagram (juin 2014)

Outil d'édition d'images de l'application.

Comment créer un onglet instagram sur une page facebook ?


Les nouvelles fonctionnalités instagram (novembre 2014)

Modification de légendes après publication et fonction recherche.

Instagram est-il un média ?

Détail d'un cas de censure.




Vine

Qui suivre sur vine ? (mai 2013)




mardi 17 février 2015

Où manger dans l'Aveyron



Sincérité, générosité, terroir. Dans l'ordre que vous voulez. Voilà ce qui me reste après une semaine en Aveyron. J'aurais pu me pâmer chez Michel Bras, les frères Pourcel, ou autre nombreux Michelin-et-Millau de la région, nous avons plutôt sillonné les sublimes vallées et causses (collines très longues et alignées qui vallonnent la région), et nous sommes arrêtés pour casser la croûte dans des lieux exempts de prétention, fiers de leurs produits, de leurs terroirs (bœuf, veau, cochon, brebis, fromages, légumes, vins, ils sont nombreux), de leurs spécialités, de leur savoir-faire.

L'hôtel de la poste à La Cavalerie sur le causse (ou plateau) du Larzac, le Coq de la Place au centre de Rodez, Chez Lucien à Villefranche-de-Rouergue, chacun d'entre eux aurait pu être le point d'orgue culinaire de ma découverte de l'Aveyron. Des services efficaces, décontractés et maîtrisant leurs cartes et leurs fournisseurs sur le bout des doigts, des cartes faisant la part belle aux produits locaux et mettant en valeur les légumes de saison, des assiettes précises et gourmandes, et, je me répète, sans prétention.

J'aime le fait que les chefs ont un regard d'approbation face au retour des assiettes vides, j'aime le regard du serveur de l'hôtel de la poste face à mon choix de menu incluant tripaille et fromages, j'aime l'insistance mise à proposer les vins locaux, peu connus et gouleyants à souhait (tentez le blanc, ils en ont d'excellents, et ils se marient si bien avec les fromages et les spécialités porcines), j'aime les prospectus des fournisseurs mis à disposition si vous voulez prolonger votre expérience de table en expérience shopping. J'aime.

En cette période non touristique et glaciale de fin décembre, les restaurants à touristes sont fermés, il ne reste plus que les adresses où vont les locaux, et tant mieux. Et si dans les villages touristiques vous trouverez closes les échoppes d'artisans, les vieilles pierres et les paysages sauvages sont bien là, et cette austérité est belle. Le plateau du Larzac en particulier m'a séduite dès le premier coup d'œil.

Mais passons aux choses sérieuses : bonnes adresses, testées et approuvées par votre serviteure si vous passez dans la région.

dimanche 1 février 2015

Kitchen Trotter



La première box culinaire que j'ai testée est celle de Kitchen Trotter, j'aime beaucoup leur concept : chaque mois, un pays est mis en vedette, dans la boîte, de quoi réaliser un menu complet pour 4 à 6 personnes, avec 6 à 7 produits d'épicerie. J'aime aussi beaucoup le fait qu'ils livrent non seulement en France mais aussi en Suisse et en Belgique. 

Dans mon article précédent je vous disais que j'ai pris mon temps... la box que j'ai reçue était celle consacrée au Brésil pour cause de Coupe du Monde de foot... en juillet 2014. Pourquoi j'ai attendu si longtemps pour en parler ? Et bien parce que je voulais tester les produits, et que j'ai mis des mois avant de me décider à cuisiner les paõ de queijo et les quindim qui me faisaient que très très moyennement envie. J'avais tort, c'est hyper bon, j'en re-veux. (C'est aussi parce que j'ai perdu mes photos entre septembre et décembre, moment où j'avais fait le déballage complet et photographié chaque produit, grmbl.)

Mais la première critique est là : même si je suis amateure de cuisine du monde, que je n'ai pas peur de cuisiner quelque chose que je n'ai jamais goûté ni même jamais vu auparavant, je ne m'y amuse pas toutes les semaines. Et vu le nombre de recettes dans chaque boîte, c'est ce qu'il faudrait faire si on n'a pas l'intention de créer le menu complet d'un seul coup (qui me paraît bien audacieux tout de même si on ne connait aucun des plats). Du coup, j'ai passé plusieurs mois avec un mélange pour quidim, de la farine de manioc et un mélange pour paõ de queijo sans oser y toucher. Par contre, dès que je m'y suis mise, j'ai adoré le faire. Tout est très minutieusement expliqué, impossible de se tromper, tout est réalisable avec une cuisine simplement équipée et tout ce que j'ai fait moi-même à base des mélanges prévus était absolument délicieux. Ces paõ de queijo et quindim ont mystérieusement disparus en quelques heures, encore un coup de mon elfe de cuisine (il fait disparaître le fromage et les biscuits aussi).

Pour le reste de la boîte, j'ai adoré la confiture passion-mangue (alors que je ne mange jamais de confiture), j'ai détesté l'échantillon de sirop "caïpirinha" de Monin beurk beurk beurk, je n'ai même pas goûté les paçoquita (genre de friandises aux cacahuètes) qui ne me font toujours pas envie, j'ai eu du mal à trouver un usage aux épices churrasco mais c'est pas grave, j'adore les épices et je finirai par trouver (il y a une recette dans la boîte pour les utiliser), je ne sais pas ce que je vais faire de la farine de manioc, mais je vais trouver (oui, il y a une recette dans la boîte). Et les petits fils brésiliens multicolores (Fita do bonfim) sont passés à la poubelle direct avec la boîte et les trucs qui la remplissait pour protéger son contenu (très bien emballé d'ailleurs). Sur 8 produits, j'ai donc été emballée par 3 produits, 3 produits sont passés à la poubelle, et je m'interroge encore sur comment utiliser les deux autres. Si on s'arrête là, le bilan est très très mitigé. Mais en fait, les 3 produits qui sont passés à la poubelle sont l'accessoire non culinaire et les deux produits en taille miniature juste pour tester. Donc au final, des 5 produits de taille normale, j'en ai adoré 3, et je me réjouis (pour de vrai) de tester les deux autres, c'est plutôt pas mal non ?

samedi 31 janvier 2015

Les box culinaires



Depuis plusieurs années, le concept des "box" explose. Les premières que j'ai vues étaient les box beauté, pour quelques francs/euros par mois, on pouvait s'abonner et recevoir chaque mois une boîte, thématique ou non, remplie de plusieurs produits cosmétiques, certains en miniatures, d'autres de taille normale. En plus de ces produits, on trouve souvent dans ces boîtes d'autres "goodies" accessoire, par exemple des cartes postales aux jolis designs, des petits objets décoratifs, etc. La boîte elle-même est souvent conçue pour être "girlie". Bref, un abonnement pour recevoir des trucs à tester à la maison... pour que tout le monde se prenne pour une blogueuse beauté. Je n'avais pas adhéré. Vous me direz que c'est peut-être parce que je reçois des trucs gratuits à la maison, peut-être, mais c'est surtout qu'à part pour le maquillage, je trouve assez crétin de recevoir des soins qui ne me correspondent pas.

Après les box beauté, ont commencé à fleurir les box tout et n'importe quoi. J'ai vu passer des box diy (do it yourself = bricolage, avec des fournitures de bricolage chaque mois autour d'une thématique particulière, avec des modes d'emploi précis, etc.), des box thé (allez donc jeter un oeil chez Armalite qui en a fait des critiques régulières), des box bière ou vin, des box hommes ... faut croire que toutes les autres sont réservées aux femmes... qui ont effectivement des box bijoux, lingerie, etc... Et ce n'est pas fini, attention les yeux, des box lifestyle (sérieux, il faut arrêter avec ce mot qui ne veut RIEN dire, ça devient pénible), des box sexe, des box enfants ou même des box animaux, si, si.

Toutes sont basées sur le même principe et business model : il faut s'abonner, avec des prix dégressif plus on s'abonne longtemps (en général c'est 1 mois, 3 mois, 6 mois, ou 1 an). On reçoit chaque mois chez soi une sélection sensée vous convenir (certaines box ont introduit des questionnaires qui permettent soi-disant de créer une box personnalisée). Dans les boîtes des produits que ceux qui créent les kits ont sélectionnés et achetés en gros, afin que le prix de la boîte reste compétitif si vous faites le calcul avec son contenu, et viable pour eux afin que chaque boîte rapporte quelques francs/euros, ce système fonctionne donc sur le volume, il est indispensable d'avoir de très nombreux abonnés pour tourner. A la première boîte reçue l'abonné est souvent enchanté par-presque-tout-mais-c'est-pas-grave-le-reste-je-l-utiliserai-aussi-mais-plus-tard. Et au bout de 3 mois il se retrouve avec des dizaines de trucs qui encombrent ses placards, salles de bain, armoires ou même le panier du chien. 

Pourquoi s'abonne-t-on au départ ? Pour découvrir. C'est le maître-mot, l'appât, le piège... qui existe depuis que les forums et blogs existent. Chacun estime (moi la première) avoir un avis qui mérite d'être donné. Avec ce genre de boîte où arrivent des produits pour la plupart inconnus, c'est l'occasion rêvée de tester des trucs nouveaux, de sortir du quotidien (l'argument marketing imparable) ET de pouvoir ensuite en parler à votre entourage, avec le secret espoir d'entendre : c'est incroyable tous ces trucs que tu connais ! Et ça marche, du tonnerre si on en croit toutes les boîtes existantes et celles qui se créent chaque mois ou presque. Attention, de très nombreuses cessent d'exister régulièrement, la concurrence est rude et il faut se démarquer avec une communication impeccable et en continuant à être bon sur le contenu de la box chaque mois, sinon les gens se lassent et c'est fini. C'est loin d'être un marché de rêve même si chacun tente apparemment de s'y lancer (même Libé, c'est dire).


Parmi ces multiples box, celles qui m'intéressent sont les box culinaires. Les box culinaires sont nombreuses, très nombreuses. Elles paraissent très diversifiées dans leur concept, mais se ressemblent toutes.

On y trouve : des produits d'épicerie (des produits frais seraient trop compliqués à gérer), des recettes, des fiches produits ou terroir ou des portraits de chefs ou d'artisans, autour d'une thématique ou non, et parfois des objets annexes (mini-moules, souvenirs de voyages, accessoires, etc.).

Vous pouvez décider de choisir des produits artisanaux, des produits italiens, français, corses, des recettes à cuisiner avec vos enfants ou vos animaux, des produits bios, des produits vegans, du fromage, de la charcuterie ou même du caviar (si, si, la box caviar), je vous passe la liste exhaustive, un site s'est occupé de les répertorier et de les tester pour vous. 

Vous l'aurez compris, je suis dubitative. Je n'ai d'ailleurs jamais acheté de box, mais comme je suis une blogueuse lofluente (©Shalf), j'en ai reçues plusieurs, qu'on m'a invitée à tester. Ce que j'ai fait... à mon rythme. Ces prochains jours je vais donc vous présenter 3 box différentes, très différentes. KitchenTrotter, Diwinea et Helvetibox.


Après ces différents tests, quelques conseils avant de choisir une box :
  • Vérifiez que vous en aurez l'usage en observant attentivement les produits des kits précédents et en vous demandant sincèrement ce que vous n'allez pas utiliser, s'il y a plus d'un item qui vous rebute par mois, ce n'est pas la boîte qu'il vous faut.
  • Vérifiez le prix en fonction du prix des produits (ou de produits similaires) sur le marché, cette boîte est-il un bon "investissement" pour découvrir de nouvelles marques/de nouveaux producteurs ? Ne coûte-t-elle pas plus cher que ce que vous pourriez trouver vous-mêmes dans des épiceries fines ?
  • Vérifiez la possibilité de tester un abonnement pendant 2 mois avant de vous lancer pour une plus longue durée. Ce qui paraît enthousiasmant sur le court terme ne l'est peut-être plus du tout à la deuxième boîte.
  • Quand vous avez testé deux boîtes, observez ce qui vous reste comme produits que vous n'avez pas utilisés rapidement. Allez-vous les utiliser ? Quel pourcentage d'entre eux encombre vos placards ?

Je suis curieuse d'avoir votre avis sur les box en général, et en particulier sur les box culinaires. En avez-vous testé ? Lesquelles ?

Et si vous êtes les créateurs d'une box culinaire disponible en Suisse, n'hésitez pas à me contacter pour me proposer de la tester et/ou de la faire tester par mes lecteurs, une seule garantie : je suis gourmande et sans pitié.

mercredi 28 janvier 2015

Le Restaurant des Quatre Saisons à Charmey



En 2011, Shalf et moi avons entamé une tradition : nous offrir une excellente table pour nos anniversaires qui tombent à quelques jours d'intervalle à la fin du mois de décembre. En 2012, notre choix s'est porté sur le restaurant des Quatre Saisons, table gastronomique de l'Hôtel Cailler à Charmey, dans ma Gruyère chérie. Nous y somme retournés en décembre 2014, avec un plaisir renouvelé. Le même chef, Jean-Marie Pelletier, bien installé aujourd'hui, gagne en audace, sa personnalité transparaît encore plus dans l'assiette, dans ses choix thématiques, dans ses choix de produits et de terroirs. Il est classé 13/20 au Gault et Millau, c'est mérité et ça ne m'étonnerait pas que ça grimpe ces prochaines années.

Comme son nom l'indique, l'Hôtel Charmey a décidé de faire de son restaurant gastronomique une adresse qui suit les saisons, c'est donc la carte d'hiver que nous avons dégusté, avec des légumes et fruits d'hiver dans chaque plat servi, des amuse-bouche au dessert, et j'adore ça. Un jour il faudra que j'aille tout de même tester leur carte de printemps, et d'été... et d'automne, bref, que j'y retourne pour faire un vrai tour des quatre saisons. Des quatre justement, l'hiver est peut-être la plus difficile. Moins de choix, des produits demandant plus de travail pour révéler leurs charmes, moins de possibilités crues. Et c'est justement sur cette carte-là que le Chef nous a séduit.


Avant d'attaquer le menu, je tiens à dire que le restaurant en lui-même est un vrai bonheur. C'est calme, avec un éclairage flatteur (même si un peu nul pour les photos, mais j'aurais volontiers lâché mon appareil si je n'étais pas une incorrigible blogueuse...), des sièges très confortables, des tables élégantes et sobres, un service très sympathique et hyper pro, ils connaissent leur carte sur le bout des doigts, leurs vins également, sont calmes, souriants, un vrai plaisir trop rare en Suisse. Et un dernier "détail" de taille : tous les menus peuvent être accompagné, pour un supplément de 50 francs, par un accord mets-vins. Des accords réfléchis entre le sommelier et le chef qui fonctionnent, sont souvent originaux et font la part belle aux vins suisses et même fribourgeois, c'est définitivement le bon choix à faire si vous êtes amateur.


Pour attaquer le menu "Goût & Harmonie" (135 francs), un kir royal au sirop de châtaigne, mandarine et rhum, étonnant, séduisant, original, un goût totalement nouveau pour moi, j'ai adoré. Mon compagnon de dégustation a moins aimé, ça ne plaira pas à tous les palais, j'aime cette prise de risque. 

lundi 19 janvier 2015

Point Séries



On y est, la "rentrée" des séries du début de l'année a débuté. Mais l'idée même de "rentrée" des séries est devenue obsolète. Le système de diffusion que suivaient les chaînes traditionnelles en dévoilant leurs nouveaux programmes en septembre et janvier a été totalement bouleversés ces dernières années par les chaînes du type HBO et par les diffuseurs du type Netflix ou Amazon (que je vous expliquais ici). Il y a donc des lancements de séries tout au long de l'année, même si les mois de janvier-février et septembre-octobre restent des jalons importants par habitudes, certaines chaînes continuent à s'y conformer, mais surtout les critiques traditionnels continuent à faire tout un pataquès de "la rentrée des séries". J'ai pour ma part décider d'arrêter. Je vais plutôt vous faire un point, régulièrement, sur les nouveautés qui valent le détour.

Avant de rédiger une critique de série, j'essaie de voir au moins trois épisodes, voir toute la première saison, mais parfois un pilote suffit pour savoir que c'est mauvais. Je vois à peu près 80% des séries US qui sortent, plus de nombreuses anglaises et quelques unes d'autres types de production (Amérique Latine, Japon, pays nordiques, etc. - quoiqu'elles soient souvent beaucoup moins faciles à trouver). J'élimine d'office les daubes absolues (mal filmé, mal joué, aucun rythme, caricatural, etc.) (exemple : State of Affairs). Par contre, je garde parfois des "navets" car ils peuvent être très divertissants et car j'ai besoin de séries qui m'aident à mettre mon cerveau sur off régulièrement (Helix et sa bande-son hilarante face à l'horreur du scénario me procure un intense plaisir).

On m'a demandé plusieurs fois comment je gérais toutes ces séries. Je m'aide du site betaseries qui permet de se tenir au courant des nouveautés (calendrier), d'ajouter les séries que vous suivez, d'avoir des alertes quand une nouvelle saison commence, de savoir où on en est d'une série particulière, de noter les épisodes et les séries, etc. Sur ma liste de séries, vous pouvez remarquer une énorme profusion, c'est parce que j'ai gardé toutes les séries que j'ai aimées pour une raison ou pour une autre, et aussi parce que j'y ai intégré toutes les nouveautés que j'attends. Et comment je fais pour en voir autant ? Et bien je n'ai pas la télé, c'est assez simple.

A côté de ça, si mes billets vous manquent (certains me les réclament, vous êtes choupidou), je vais tenir à jour plus précisément mon board pinterest 2015 en y ajoutant des commentaires et des notes, afin que vous puissiez vous faire une idée des nouveautés. Je tiens également à jour ma page séries sur laquelle vous retrouvez les séries que j'apprécie classées par thématiques et par ordre alphabétique si vous cherchez de nouvelles idées à regarder. 

Passons aux critiques, deux coups de coeur et beaucouuuuup de déceptions et de séries à oublier très vite.





Olive Kitteridge

Mini-série de quatre épisodes qui nous plonge dans le quotidien d'une femme usée, froide, paraissant dépressive, ne prenant jamais la peine d'enrober ses propos, très observatrice et donc toujours au courant de tout ce qui se passe dans son petit village de la côte de la Nouvelle Angleterre, délicieusement misanthrope. Une performance de Frances McDormand, saluée par la critique et plusieurs prix tout à fait mérités, réussit à glisser une infinie tendresse sous des dehors parfaitement acariâtres. La réalisation est aussi subtile que le scénario. Un bijou qu'il convient de voir d'un coup, comme un polar qu'on dévore. Si les trois premières heures vous ôteront toute joie de vivre, dès l'apparition de Bill Murray, j'espère que vous allez vous exalter autant que moi par ces personnages si vrais, par cette plongée dans l'humain à travers quatre époques de vie, par ces acteurs extraordinaires et par l'intelligence de la globalité de cette série.





Dernière série Amazon, diffusée en décembre 2014. Je vous expliquais le système de sélection et diffusion Amazon dans mon dernier article. "L'équipe à Coppola-Anderson" (respectivement Sofia et Wes) imagine un jeune Chef (d'orchestre) venant tout bouleverser sous les traits de Gael Garcia Bernal. C'est absurde, caricatural, drôle, provocateur, sexy, particulièrement bien observé, fantaisiste, très bien mis en lumière, avec des décors magnifiques et d'excellents interprètes, et une partition musicale passionnante (évidemment), et ça fait un bien fou.



mardi 13 janvier 2015

Le système des séries Amazon



Amazon a révolutionné la manière d'acheter des livres depuis plusieurs années. Au détriment de nombreux éditeurs et libraires qui n'arrivent pas à s'aligner sur les prix. Si on ajoute aux librairies qui disparaissent les très nombreuses plaintes contre Amazon, en particulier pour ses conditions de travail déplorables, j'attendais les premières séries produites par Amazon en 2013 en me réjouissant de les détester.

Sauf que je ne peux pas, Amazon Studios a réalisé depuis sa naissance (en 2010) plusieurs des meilleures séries du moment. A commencer par Transparent, récompensée aux Golden Globes cette semaine, et dont je vous en ai déjà parlé avec enthousiasme. La réalisatrice a clairement eu les mains totalement libres pour faire ce qu'elle voulait, ainsi que les moyens financiers nécessaire, qui se voient dans le casting fabuleux et à l'image, impeccable. Une des mes séries préférées, à voir absolument.


J'avais déjà été agréablement surprise par la très drôle Alpha House, sortie en 2013, la première d'Amazon Studios. Sa deuxième saison a été diffusée à l'automne 2014. Enfin "diffusée" n'est pas le bon mot du coup, "rendue disponible" serait plus juste. Comme Netflix, l'intégralité de chaque saison est proposée le même jour. On retrouvait la même liberté de ton (quoique le sujet, malgré son aspect politique, soit moins polémique que Transparent), et les mêmes moyens mis au casting et à l'image. Plaisant, rythmé, drôle, légèrement irrévérencieux, une jolie comédie à mon avis largement au-dessus de Veep dans le même registre.

vendredi 9 janvier 2015

Charlie


J'ai fait très, très, très attention de ne pas cliquer sur des images sanglantes, des vidéos violentes, comme à chaque occurrence de ce genre d'attentats. Ne surtout pas garder en tête ces images-là. Se souvenir de qui étaient ces personnes de leur vivant.

Depuis le 7 janvier, midi, des centaines, des milliers d'autres types d'images ont été produites, des photos des rassemblements spontanés qui ont eu lieu partout dans le monde, des images d'archives des auteurs abattus, et des dessins, des tonnes de dessins.

Je n'ai aucune analyse politique à apporter sur cet événement qui a abasourdi, choqué et attristé tant de monde, mais j'avais envie de garder une trace des images qui se sont gravées dans mes yeux et qui m'ont permis de surmonter l'abrutissement total.

Je vais, tant que je peux, me tenir éloignée des récupérations politiques, racistes et opportunistes, et continuer à admirer tous ces gens debout qui, fans ou non de Charlie Hebdo, se sont proclamés Charlie.





©Lucille Clerc (et non Banksy comme annoncé à tort)








samedi 3 janvier 2015

Instagram est-il un média ?

©AFP / Alex Ogle

On s'émouvait au printemps 2014 qu'Instagram ait été racheté par facebook. Mais facebook avait promis : rien ne changera, à part une meilleur intégration sur facebook des images, rien ne changera. Qu'en est-il aujourd'hui ? 

Le photographe de l'AFP Alex Ogle, que je suis depuis quelques semaines car il était l'un de ceux qui couvraient -avec talent- les récents événements à Hong Kong, a publié une photo il y a quelques jours, un grafiti "fucking chinese", un cri de protestation écrit au sol avec des jambes de passants, un témoignage de l'ambiance actuelle.


Cette photo a été retirée par Instagram pour "violating guidelines". Le photographe l'a publiée sur twitter. Il l'a également repostée sur Instagram photo en cachant le mot "chinese".



mardi 30 décembre 2014

La famille Bélier


Paula est la fille entendante d'un couple de sourds. Oui, sourds, pas malentendants, mot que l'on entend pas une seule fois dans le film, sourds. Handicapés, sourds-muets, c'est comme ça qu'ils sont appelés. Cette famille vit en campagne, ils sont agriculteurs et vendent leurs fromages sur les marchés, avec l'aide de leur fille aînée donc, qui les aide en appelant banquier et fournisseurs, parce que oui, en 2014, un couple d'agriculteurs sourds n'a pas pensé une seconde à organiser leur vie pour que leur fille ne prenne pas tout sur le dos en utilisant un truc incroyable appelé un email.

A ceci vous ajoutez un prof de musique fan de Sardou (si, si, parce qu'en campagne française voyez, pour motiver des adolescents, rien de mieux que Sardou) qui découvre que Paula a une jolie voix de soprano. Ce qu'elle cache à ses parents (sinon il n'y aurait pas de scénario). Ah oui, et puis il y a le père qui décide de se présenter aux éléctions (parce que sinon il n'y a pas de scénario, bis). Ah, pis le Parisien qui vient d'arriver dans le lycée de Paula (parce que sinon il n'y aurait pas de scénario, ter).

Ce film m'a fait l'impression d'un montage de pièces indispensables à un succès au box office français : un handicap (depuis les Intouchables), la campagne française avé l'accent (depuis Les Cht'is), un amour adolescent (depuis qu'ils ont de l'argent pour payer le ciné) et de la chanson (depuis les téléréalité-crochet). On colle tout ça ensemble avec une intrigue construite pour tirer des larmes, on ajoute des tentatives (ratées) d'humour ici et là (une allergie au latex, un bras dans le cul d'une vache, ...), des moments de paysages bien français et hop, on tient le succès des vacances d'hiver.

Sauf que ce film est une bouse. La direction d'acteur est tellement mauvaise qu'on dirait qu'ils n'ont gardé que les mauvaises prises et François Damiens et Karine Viard réussissent même à jouer faux (bon, il faut dire qu'on les oblige à singer un couple de "sourds muets", dommage, il y a d'excellents acteurs français qui maîtrisent parfaitement la langue des signes, qui est une langue à apprendre, par juste à singer). Le scénario est totalement cliché, la campagne fait office de décor et les agriculteurs montrés comme des abrutis et la musique est juste là pour tirer des larmes.

J'imagine que les malentendants doivent être furieux, non seulement le film se moque d'eux (alors qu'il esssaie de faire l'inverse, mais c'est raté), mais en plus le film ne leur est pas accessible vu que seuls les dialogues signés sont sous-titrés, c'est ballot. Je suis ressortie de la salle même pas déçue, mais furieuse. Je ne me fendrai pas d'un texte façon "les 5 raisons pour ne pas aller voir ce film", d'autres l'ont déjà fait et on a dit qu'en 2015 on arrêtait les "10 titres les plus utiles pour faire du trafic et écrire de la merde".

Si vous avez envie de voir un film sur le monde des sourds, choisissez plutôt l'extraordinaire "Le Pays des Sourds" de Nicolas Philibert, dont voici un extrait.


vendredi 26 décembre 2014

Feel Good Movies


C'est le morceau de sucre qui aide la médeciiiiiiine à couler, la médeciiiiine à couler, la médecine à couler. Qui parmi vous n'a pas encore cette chanson en tête ? Mary Poppins, comme Sissi l'impératrice, Le Miracle de la 34e rue ou encore toute la collection des vieux Walt Disney (Merlin l'enchanteur, Rox et Rouky, les Aristochats, Robin des Bois, Le Livre de la Jungle, La Belle et le Clochard, ...) étaient les films traditionnellement programmé le matin entre noël et nouvel an quand tous les trentenaires dont je fais partie regardaient la télé enfant. Le matin c'était idéal, les parents cuvaient des longs repas des fêtes, ils avaient la grasse matinée pour eux et pour nous ces magiques histoires dont on ne décollaient pas.

C'est cette période de fêtes de fin d'année qui nous a probablement tous donné goût aux feel good movies, ces films gourmandises, ces films qui réconfortent, ces films intemporels qui n'ont aucun besoin d'être réalistes, cohérents, philosphiques ou brillamment mis en scène pour nous plonger dans deux heures d'état béat-marshmallow. Exactement ce dont on a besoin dans ces jours gris de fin d'année, non ?

Je vous ai préparé une petite liste, non exhaustive évidemment, n'hésitez pas à ajouter vos films dans les commentaires. Merci à tous ceux qui m'ont listé les leurs sur facebook !

Tout d'abord, tentons une définition. Un feel good movie "de noël" ne doit pas être trop violent, ni sexuel, sa fin ne doit pas être trop triste, il doit être léger, facile, drôle. Si sa musique vous reste en tête pendant plusieurs jours pour pourrir vos followers twitter vous permettre de garder cette humeur béate-marshmallow c'est un plus indéniable. S'il vous raconte une histoire avec un narrateur aussi. Et enfin, surtout, c'est un film que vous avez envie de montrer aux enfants autour de vous, en leur racontant combien vous adoriez ça quand vous étiez plus petit (attention, certaines réactions du type "c'est nul" face aux joyaux cinématographiques de votre enfance peuvent douloureusement vous rappeler que vous êtes un vieux ringard totalement dépassé, il vous faudra alors revoir un feel good movie seul sous une couverture avec un pot de crème glacé ou un chocolat chaud avec crème chantilly pour faire passer ce douloureux constat).



Les films musicaux


Mon must à moi c'est Mary Poppins, je connais toutes les chansons en français ET en anglais par coeur. Si vous avez peur de ne plus aimer, vous avez grandement tord, regardez-le en VO, vous allez voir c'est toujours aussi magique qu'en 1964 (même si je n'étais pas née). Si vous voulez encore plus de Julie Andrews, il y a La Mélodie du Bonheur (déconseillé aux diabétiques) ou le merveilleux Victor/Victoria, un de mes films favoris, mais on sort un peu de l'exercice.
Sinon, tournez-vous vers le sublime Gene Kelly avec Singin in the Rain, parce qu'il n'a pas pris une ride (ni le film, ni Gene Kelly), mais vous pourriez aussi voir An American in Paris avec le même plaisir (en VO s'il-vous plaît !).
Et si les vieux films vous ennuient, il y a le top du top des années 80 pour la midinette au fond de vous, avec les mythiques GreaseDirty Dancing, Flashdance et Fame. Si vous ne les avez pas revu depuis votre adolescence, préparez-vous au choc de la VO : c'est beaucoup moins tarte qu'il n'y paraît, voire même plutôt excellent. Le montage et la lumière de Flashdance sont somptueux et Fame a un rythme incroyable. (Pour préparer cette liste, j'ai revu également Saturday Night Fever, j'avais oublié à quel point il est trash, glauque et déprimant, à éliminer des feel good movies à tout prix.)
Dans les films musicaux, il y a aussi les déjantés La Petite Boutique des Horreurs, Cry Baby et, évidemment The Rocky Horror Picture Show qui me mettent toujours dans un état de béatitude presque génant.



La Fantasy


S'il y a bien un moment où ce genre de film avec des créatures magiques et des morales à la guimauve où les méchantes sorcières perdent à la fin passent bien, c'est pendant les fêtes. Mon trio de tête est composé du mythique The Princess Bride, de L'histoire sans fin (dont malheureusement les effets spéciaux ont trèèèèès mal vieillis), et de Willow, que je pourrais voir, et revoir, et revoir encore sans me lasser.
Et maintenant l'anecdote façon "à la troisième minute de cette vidéo vous allez retrouver foi en l'humanité" (ce sera interdit en 2015, comme "les 10 plus belles photos de chats-trop-mignons-qui-dorment-sur-des-chiens-avec-des-hamsters-qui-utilisent-des-objets" d'ailleurs, IN-TER-DIT) : vous voyez Inigo Montoya (you killed my father, prepare to die) et Saul Berenson de Homeland, et bien c'est le même acteur. Oui. Bam.
Je profite de votre choc pour dire que oui, c'est aussi le bon moment pour revoir les 6 Star Wars dans l'ordre chronologique de l'histoire, les 4 Alien et pourquoi pas le Seigneur des Anneaux d'ailleurs.




Les films pour ados dans leur trentaine


Le mythique Ghost Busters (who you gonna call?), la quintescence de l'awsomeness de Bill Murray, bonheur total (mais pas le deux, trop mal vieilli). Pareil jouissance pour la série de Back to the Future, toujours aussi crétin, toujours aussi drôle. Le fameux The Goonies pour retomber en pré-adolescence (viens, on traverse une voie de train abandonnée) et, enfin, l'indispensable Gremlins  à commencer à regarder juste avant minuit (Gremlins 2 est moins bon, mais tout de même hilarant pour qui était ado durant les années 80).




Dark et doux


Pour certains la guimauve c'est rose et sucré, pour d'autre c'est écoeurant et le feel good passe plutôt par une mélancholie tirant sur le glauque. Si c'est votre humeur entre les fêtes, voyez et revoyez Delicatessen, La Cité des Enfants Perdusl'Etrange Noël de Mr JackEdward Scissorhands et, évidemment, La Famille Addams.




Les inclassables


Ces films auxquels on garde une place spéciale dans notre filmographie, dont on ne compte plus combien de fois on les a vu, qui fonctionnent à tous les coups. Pour ceux-ci, le choix est plus personnel, moins explicable. Pour moi, beaucoup de "films de femmes", pas forcément réalisé ou écrit par des femmes, mais qui racontent des histoires avec beaucoup de personnages féminins ou du point de vue féminin comme Le festin de Babette, Beignets de tomates vertes, Bagdad Café, Sur la route de Madison, malgré leurs fins qui ne sont pas toujours des plus joyeuses, ces films me font un bien fou, même au Xe visionnement.
Pour l'humour crétin et les histoires de familles boulversées mais drôles, La Vie est un long fleuve tranquille, toujours aussi grinçant et les Sorcières d'Eastwick où Nicholson est délicieux en démon lubrique, face à Cher, Susan Sarandon et Michelle Pfeiffer.

Et puis il y a quelques classiques français, qui me font un effet réconfort plus boeuf bourguignon que guimauve aérée, ça fonctionne aussi : La Chèvre (et de manière générale tous les films avec Pierre Richard), L'homme de Rio, Les morfalous ou L'Itinéraire d'un enfant gâté, pour une dose de Belmondo, L'Aile ou la Cuisse (plus pour Coluche que pour De Funès) et le Père Noël est une ordure, parce que c'est de saison.

Il y a aussi quelques feel good réalisateur, les univers de Michel Gondry, Wes Anderson et Hayao Miyazaki par exemple, me provoquent toujours une mélancholie légère tout à fait adaptée à un ciel neigeux.

Pfiou, on aura jamais assez de 10 jours de vacances pour tout ça !

Pour ceux qui sont déçus de ne pas voir un seul film qui parle vraiment de Noël ici, voici un petit extrait de Love Actually. Bisous Jim.



Et pour ceux qui ont vomi par trop de bons sentiments en lisant ce qui précède, je vous recommande Dead Snow, un film nordique avec des zombies nazis, dans la neige (c'est noël), que dire de plus, ah oui, il y a une tronçonneuse aussi, tout pour plaire. Voilà.

mardi 23 décembre 2014

Star Wars au point de croix


Je dois vous avouer un truc : j'ai à nouveau eu un problème de stockage de photos. Grâce à un être merveilleux et patient, j'ai pu en récupérer une bonne partie, mais ça me fait 16'000 photos à trier/classer, ce qui va me prendre un tout petit peu de temps, ahem. Du coup, mon article prévu sur quoi faire de vos ouvrages au point de croix, où trouver le matos, et tout ça, et bien il va me prendre un peu plus de temps que prévu. Ainsi que plein d'autres articles qui étaient prévus et documentés d'ailleurs. Ce qui ne m'empêche pas de continuer à faire des trucs de mes dix doigts. Dont ces "décorations de noël" (qui n'ont de noël que le ruban qui permet d'être accroché à un sapin) sur le thème Star Wars que je fabrique patiemment depuis le mois de septembre pour mes neveux et ma nièce.

Au lieu d'en faire des objets à accrocher, vous pouvez aussi les transformer en broches, en cartes de voeux, en patch pour des vêtements troués, en déco de vêtement, etc. Dans cet article, un mode d'emploi pour objets sur canevas en plastique, que vous pouvez également utiliser avec d'autres petits motifs.

Avant de vous lancer, n'hésitez pas à lire mon billet introductif au point de croix qui vous donnera tous les détails nécessaires pour bien commencer si vous n'avez jamais broder, je vous promets que c'est très facile, il faut juste un peu de patience.

Si la broderie vous fait peur mais que vous feriez bien un bricolage de noël sur la thémathique Star Wars, je vous propose les flocons de noël Star Wars en papier, succès garantis pour les après-midi en famille !

mercredi 10 décembre 2014

6 milliards de tweets et moi et moi et moi

Il y a quelques mois, je vous parlais de l'outil Mapbox qui permet de créer des cartes où l'on peut modifier tout ce que l'on veut et même jouer avec des big datas*. J'ai créé ainsi une carte de mes adresses et balades favorites à Lausanne, une carte des balades gourmandes de Pierre Corajoud organisées par Lausanne à Table et même une carte gag pour le #taloz. C'est un outil très facile à utiliser dès qu'on a compris les commandes de bases et qui permet de faire de jolies choses très pratiques.

Si je vous en reparle aujourd'hui, c'est qu'un grand malade data artist, Eric Fischer, a créé une carte en collectant les géolocalisations de plus de 6 milliards de tweets ces trois dernières années. 6'341'973'478 tweets pour être précise (enfin, les 9% de tweets géolocalisés parmi eux, évidemment). Voici la carte qui en résulte :



Au-delà du grand intérêt de son explication détaillée de l'outil et de son processus de création de cette carte, la carte elle-même est fascinante. Petite plongée.


Le monde : image flagrante de la fracture numérique. Alors que des villes de quelques centaines de milliers d'habitants s'illuminent en Europe, la Chine et ses nombreuses villes à plusieurs millions d'habitants reste sombre, l'Afrique émergent dans quelques centres urbains, le Brésil est en feu, etc.


L'Europe. La grande activité en Grande-Bretagne et aux Pays-Bas parait logique, mais je vois avec plaisir la Turquie très présente ! Erdogan a réussi, en tentant d'interdir, à inciter tout un peuple à twitter, bravo à lui...


La Suisse : on dirait qu'elle n'existe que par ses grands centres urbains, mais attention à cette lecture, ce sont aussi des lieux de concentration de population, donc il y a forcément plus de tweets dans une ville de plusieurs centaines de milliers d'habitants que dans un village.


Lausanne, forte concentration au centre, en particulier sur les quais de la gare. En zoomant sur l'UNIL et l'EPFL on remarque une activité similaire de part et d'autre. 
Et surtout beaucoup de tweet depuis des points de vue sur le lac : Ouchy, Montbenon, Hermitage, Esplanade de la Cathédrale... on géolocalise aussi pour montrer ce qu'on trouve beau !


Et enfin... mon immeuble. Je ne géolocalise pas mes tweets, mais mon mari le fait. On trouve ainsi notre appartement. Ce qui me donne l'impression d'être une cible, c'est assez flippant. 


D'autres que moi vont probablement en tirer des conclusions brillantes que je serai bien incapable de construire, je suis néanmoins fascinée par cette carte que je tenais à partager, et par cette outil, Mapbox, dont je vous recommmande l'utilisation, ainsi que la lecture de leur blog qui montre des possibilités originales possibles avec leur outil. Comme une carte façon super mario, ou une réflexion (et action) sur comment mettre sur la carte les zones défavorisées au niveau de la cartographie, ou encore comment ils ont réfléchi et amélioré leur outil pour les amateurs de cartes de terrain (Mapbox Outdoors).



* Tu les trouves grosses mes datas ? #pointDiane #privatejoke

jeudi 4 décembre 2014

Fed Up


Fed Up est un documentaire sorti cette année réalisé par Stephanie Soechtig, une documentariste qui se spécialise sur les sujets concernant l'alimentation et plus particulièrement l'industrie agro-alimentaire, aux Etats-Unis.

J'insiste sur le "aux Etats-Unis" car le film est entièrement pensé comme si les Etats-Unis et le monde étaient la même chose, comme dans les films d'actions ou d'horreur habituels aux Etats-Unis, gardons donc ça en tête pour apprécier le propos de ce pamphlet à charge.

Dès les années 70, l'obésité a été vue comme une épidémie, depuis le milieu de cette décénie-là, une conclusion toute simple en a été tirée : il faut équilibrer les calories absorbées avec les calories dépensées. De cette simple équation 1 calorie "in" = 1 calorie "out" = pas de prise de poids, sans aucune réflexion sur la qualité des calories, vient un énorme malentendu sur lequel s'est précipitée l'industrie agro-alimentaire pour promouvoir et créer des centaines de miliers de produits industriels soi-disant "équilibrés" et "sans gras". Seule problème : si vous enlevez le gras d'un produit, il a un goût de carton, vous devez donc rajouter quelque chose pour le rendre satisfaisant au palais... du sucre.

Or le sucre blanc, et toutes les autres sortes de sucre (aux Etats-Unis un des grand problème est le "corn sirup" que l'on trouve moins fréquemment en Europe), sont devenus une part non négligeable de TOUS les produits vendus. Pour l'auteure du documentaire, et de très nombreux scientifiques, il convient aujourd'hui, de traiter le sucre et l'industrie qui le promeut, comme l'ont été les vendeurs de tabac : il s'agit de diaboliser le sucre afin de faire prendre conscience au peuple américain à quel point il s'empoisonne au quotidien.

De nombreuses informations sont passionnantes dans ce documentaire, en particulier l'histoire du lobbyisme politique de l'agro-alimentaire face à toutes les tentatives de mettre des bâtons dans les roues à l'obésité galopante : de la liberté d'expression scandée à tout va quand il s'agissait d'interdire la publicité pour les produits sucrés pour les enfants, à l'accusation d'être un "nanny government" quand il s'agit de réguler ce qui est vendu dans les cantines scolaires (dont 80% ont des contrats avec Pepsi ou Coca et des chaînes de fast food), en passant par la pizza, les frites et les jus de fruits considérés comme des légumes acceptables dans les 5 portions quotidiennes recommandées.

Mais j'avoue avoir détesté la forme de ce film. D'abord la partie larmoyante des quatre adolescents obèses choisis en exemple pour mieux faire pleurer dans les chaumières, je n'ai pas besoin qu'on me manipule émotionnellement pour me faire comprendre à quel point la situation (aux Etats-Unis) est dramatique, je préfère quand on fait appel à mon cerveau (mais le film ne m'est pas adressé, il est adressé au public américain). Ensuite le fait que l'on n'offre qu'une seule opportunité de se sortir de cette crise : démoniser l'industrie agro-alimentaire (ce qui ne marchera JAMAIS dans un pays où le paysan en salopettes sur son tracteur John Dear dans son champ de maïs est un monument au patriotisme et subventionné comme tel). Aucune proposition d'éducation, ce qui devrait être une option indispensable. Et quand Jamie Oliver et sa brillante Food Revolution est évoquée, c'est du bout des doigts l'air de dire "cet anglais est bien mignon, mais il ne changera pas grand chose".

Un pamphlet à charge donc, néanmoins très intéressant au niveau des informations qu'il donne face aux dangers des "added sugar" cette plaie qui gangraine la santé américaine (et celle de toutes les sociétés ou couches de sociétés dans le monde qui mangent plus de "processed food" que de nourriture cuisinée). J'espère qu'il sera vu, à large échelle, par le public qu'il vise !

Une info pour finir, vous connaissez Kevin Smith ? Vous voyez à quoi il ressemble ? Et bien depuis cet été il a décidé de bannir les sucres ajoutés et communique à ce sujet sur différents canaux en incitant d'autres personnes à faire de même, pendant 10 jours. C'est le #FedUpChallenge proposé par le film, une excellente idée pour se rendre compte de la partie de sucres cachés se trouve dans notre alimentation !

(Le film est disponible en vod et dvd... et téléchargeable facilement.) 


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PS : J'hésite à transformer ma page films culinaires en les classant plutôt par genre que par ordre alphabétique : documentaires, comédies, films d'auteurs, etc. Qu'en pensez-vous ?