mardi 28 juin 2016

Agriculture urbaine en Suisse


L'agriculture urbaine, qu'est-ce que c'est ?



Des fermes en ville ? Des jardins potagers pour les citadins ? Des toits végétalisés et producteurs d'aliments ? Les balcons qui ont moins de géraniums mais plus de tomates ? Des ruches urbaines ? Des élevages de poissons ou autres animaux en ville ? De la production agricole gérée par des communes ? Des ronds-points ou contours d'arbres avec des choux au lieu de fleurs ? Des modes de productions extrêmement techniques pour nourrir les mégalopoles de la planète ? Des fermes verticales ? Des fermes dans des containers ? Des moutons qui tondent les pelouses ?

La High Line est un parc installé à New York le long d'une ancienne voie de train suspendue désaffectée.

Oui, sous l'appellation "agriculture urbaine" on retrouve tous ces concepts, et bien d'autres. Il y a des exemples d'une grande diversité sur toute la planète et ces "mouvements" (quoique ce soit souvent des initiatives individuelles qui se fédèrent ensuite en se rendant compte qu'elles peuvent apprendre les unes des autres plus que des mouvements organisés et fédérés a priori) partent d'idées et/ou de besoin très différents.

Singapour, une ville qui prend presque toute la place sur sur son île, des fermes verticales qui utilisent le moins de mètres carrés au sol pour le plus de production possible ont été créées.
En 2002, 90% des fruits et légumes frais de la Havane venaient de micro sites de production à l'intérieur même de la ville, et tout cela en bio, évidemment.
Les hipster ont envahi Brooklyn, des toits ont été transformés en champs où les hipsters se marient pieds nus sur la terre et où les tomates ont la vue sur la skyline de Manhattan (c'est la première photo de cet article), leur production est vendue aux chefs locaux et dans les "marchés fermiers" qui se multiplient à New York avec la volonté de la ville.
Une entreprise de Tokyo a décidé d'améliorer son image, le niveau de stress de ses employés et leur approvisionnement en produits frais en se transformant en un écosystème où chacun peut cueillir sa salade pour le lunch.
La ville de Detroit est économiquement sinistrée avec de très grands espaces vides partout dans la ville et une population de plus en plus pauvre dont l'accès à la nourriture saine est de plus en plus complexe et chère. Qu'à cela ne tienne, ils ont transformé anciens garages, usines, parkings, etc. en champs pour nourrir la population hyper locale et leur offrir de nouveaux postes de travail, il y a plus de 1400 initiatives différentes recensées et gérées par des habitants, des bénévoles, de nouvelles petites entreprises, des associations, etc., Il y en a tellement qu'en 2013 la ville a créé un règlement de l'agriculture urbaine.
Depuis le milieu des années 90, des éco-quartiers essaiment partout en Europe, puis dans la monde et la présence de jardins potagers et de production de nourriture est inscrite au sein même du concept-mère, dont l'emblématique Eva Lanxmeer aux Pays-Bas.
Dans la surpeuplée Bande de Gaza dont les habitants sont massivement sous-employés et n'ont pas accès à du terrain cultivable, des initiatives d'aquaponie se mettent en place sur les toits pour nourrir les habitants de poissons et légumes frais.
Au Royaume-Uni est né le mouvement de Guerrilla Gardening dont l'idée est de s'approprier des espaces verts urbains non utilisés (mini coin d'herbe, contours d'arbres, talus, etc.) pour y faire des plantations de plantes ornementales ou consommables.

Je m'arrête là, mais je pourrais citer des centaines, des milliers d'autre exemples, partout sur la planète, de concepts minuscules ou à la taille d'un pays, gérés par des bénévoles, des gouvernements locaux, des entreprises, des associations, des ministères, des ONG's, etc. Tous ces projets viennent parfois d'envies très différentes et répondent à des besoins d'une grande diversité :

  • baisser l'empreinte écologique du déplacement des aliments, 
  • un retour à une alimentation locale et de saison, 
  • la volonté de faire pousser des aliments soi-même pour des questions de plaisir ou de coûts, 
  • enseigner aux enfants qui grandissent en ville les cycles de vie des aliments, 
  • améliorer la mixité sociale dans des quartiers ou des villes, 
  • accroitre la disponibilité de produits frais dans des zones économiquement sinistrées, 
  • améliorer l'utilisation de l'espace urbain, 
  • améliorer les qualités de l'air et de l'eau de mégalopoles polluées, 
  • rendre des régions auto-suffisantes au niveau alimentaire,
  • etc.


dimanche 26 juin 2016

Séries culinaires

Dernièrement, on m'a posé la même question de très nombreuses fois : quelles sont les séries culinaires que tu recommandes ? Et ma réponse est vague, il y en a plein, très peu de fictions intéressantes (un bon créneau à prendre à mon avis, l'Europe a une bonne carte à jouer), mais des dizaines de séries type documentaire. Dans cette période où chacun paraît obsédé par son alimentation et où les télé-réalités autour de la cuisine (que j'exècre) paraissent sans fin, la pauvreté de l'offre en séries paraît étrange.
C'est oublier que les séries ne sont pas cantonnées à la télévision et qu'elles sont très nombreuses sur youtube. Je commence néanmoins cet article par les médias traditionnels, avant une sélection de chaînes youtube auxquelles je suis abonnée.

Commençons par les maigres fictions existantes.



Kitchen Confidential (Fox, 2005, une saison)


Adapté du premier roman de Anthony Bourdain, Kitchen Confidential raconte l'histoire d'un chef qui, après avoir raté son ascension vers les étoiles, se voit offrir une deuxième chance. Bradley Cooper, acteur passionné de cuisine qui a fait un entrainement spécial de plusieurs mois pour ce rôle, est plutôt bien, le reste du casting également, vous y reconnaîtrez plein d'acteurs vus ailleurs, mais la série elle-même est un amoncellement de clichés sur la vie des restaurants étoilés sans le rock and roll de Bourdain pour faire passer la pilule. Elle reste regardable, mais ne vous attendez pas à être époustouflés. Le film Burnt était le remake de cette série et le film est vraiment nul, la série est un peu mieux, mais plus cheap visuellement. Ces 13 épisodes de 22 minutes peuvent vous faire passer une agréable soirée vite oubliée.
Ma note sur imdb : 5/10 ; test Bechdel raté.





Chefs (France 2, 2015-...)


Clovis Cornillac incarne un chef pompé sur le très médiatique Thierry Marx, il utilise baguettes et pinces et accueille chaque année un délinquant dans sa cuisine pour le former. L'univers est beaucoup plus intéressant que dans les bluettes américaines qui n'osent pas mettre la main à la pâte, mais les travers de la fiction française (molesse des dialogues et rythme peu réaliste) se font sentir. Une belle réussite d'audience qui va peut-être donner des envies à d'autres scénaristes de se plonger dans ce monde passionnant, je l'espère. Pour ma part je me réjouis de voir la deuxième saison qui est en tournage.
Ma note sur imdb : 6/10 ; test Bechdel : raté (selon mes souvenirs, je n'ai pas revu la série pour écrire cet article).





Feed the Beast (AMC, 2016-...)


Deux frères rêvaient d'ouvrir un restaurant avec la femme de l'un d'eux. Elle est décédée, l'un des frères a fini en prison pour trafic de drogue. Quelques années plus tard, ils tentent à nouveau leur chance. Encore une fois le milieu de la cuisine est mêlé à des affaires de grand banditisme et de drogue, encore une fois les discours sur les vins (un des frère est sommelier) et la carte sont peu intéressants (voire à côté de la plaque), encore une fois c'est un univers uniquement masculin. Mais c'est étonnamment attachant, pour des raisons totalement différentes à ce pourquoi je m'y suis intéressée : les rapports humains réussissent à émouvoir malgré des personnages monolithiques. Je me réjouis de voir la fin de cette première saison pour savoir si elle mérite d'être conservée ou oubliée. En milieu de saison, je noterais un prometteur 6/10 sur imdb, en espérant qu'elle remonte un peu dans mon estime. Test Bechdel : raté pour l'instant.


mercredi 22 juin 2016

Vivre dans une chambre d'hôtel : mode d'emploi



Quand on est en vacances, aucun stress, tout va bien, ces conseils ne vous seront d'aucune utilité.
Quand on a les moyens de fréquenter des hôtels multi étoilés, tout est organisé ou disponible, ces conseils ne seront d'aucune utilité.
Quand on ne passe qu'une nuit dans un hôtel avant de repartir, ces conseils ne seront d'aucune utilité non plus, pas le temps de s'éterniser.

Mais nombreux sont les séjours de plusieurs jours, dans des hôtels de chaîne de catégorie moyenne, qui se ressemblent tous, et qu'on ne choisit pas. C'est le sort des gens en tournée, des représentants, des participants à des séminaires, des invités à des festivals ou des conférences, etc. Le problème : les chambres d'hôtels ne sont pas conçues pour des séjours de plus de 2-3 nuits. Je viens de passer 11 jours dans un hôtel générique comme il en existe tant, l'occasion de rédiger ces quelques conseils pour rendre vos séjours plus agréables.


Rangement



Si vous n'avez pas de porte-valise dans votre chambre, demandez-en un à la réception. La plupart des hôtels en sont munis, même s'ils ne les mettent pas forcément à disposition dans toutes les chambres. Ce porte-valise vous permettra de laisser l'éventuelle table libre pour pouvoir l'utiliser pour travailler. Parfois ils sont en location pour un prix modique que j'accepte toujours.




jeudi 2 juin 2016

Linguine al limone



Parfois, j'ai l'impression d'inventer une recette. Je finis en général par me rendre compte qu'elle existe déjà, ou de manière très similaire, mais qu'importe, ce moment "d'invention" est toujours assez réjouissant (quel que soit son résultat final). Chez moi il commence souvent de manière purement mentale et presque toujours par un trio d'ingrédients. La logique est la suivante : si A va bien avec B, et que B va bien avec C, et que je suppose que C ira bien avec A, le combo ABC devrait être parfait. Par vous pouvez remplacer A, B et C par "poulet-avocat-grenade", "laitue-oeuf-parmesan" (vous ajoutez un anchois et hop, vous venez "d'inventer" la salade César), etc.

Ensuite, il y a des ingrédients de prédilections, ceux que j'ai toujours dans mes placards ou sur ma liste de courses, comme le citron (toujours bio), les linguine De Cecco (les meilleurs pâtes longues du monde), les oeufs, le parmesan. Mais si le citron va très bien avec l'oeuf (pensez tarte au citron !), et l'oeuf très bien avec le parmesan, est-ce que le citron se mariera bien avec le parmesan ? Oui, indéniablement, il suffit de penser au trait de jus de citron ajouté sur un carpaccio de boeuf. Alors tentons une expérience, me suis-je dit il y a 3 mois.

Depuis, je mange ces "carbonara au citron" environ une fois par semaine. Mamma mia que c'est bon. Je n'ai pas trouvé cette recette ailleurs. Elle doit certainement exister. Mais entre temps, j'en suis extrêmement plus que fière. Bon, évidemment, je ne vais pas l'appeler "carbonara", on sait à quel point c'est dangereux dans ces temps troublés. Mais "Linguine al limone" (à chantonner façon Paolo Conte) me paraît plutôt pas mal.

Vous êtes prêts ? A vos casseroles !

dimanche 29 mai 2016

Velouté (aux épluchures) d'asperge



On arrive déjà presque à la fin de la saison des asperges qui dure de fin mars à mi-juin en Suisse, selon la météo. Pourquoi en fait-on tout un foin de cette saison des asperges ? Parce que c'est le légume de saison par excellence ! Il n'est au mieux de sa forme qu'au maximum 4 jours après sa cueillette, ce qui implique que l'acheter très frais, et donc local, est toujours la meilleur solution. Si certains ne jurent que par l'asperge valaisanne, on en trouve d'excellentes dans les cantons de Vaud, de Fribourg, de Zürich, de St-Gall, de Bâle, etc. Mais chacun dira que la sienne est la meilleure, laissons-les dire, ce qui importe vraiment, c'est de la croquer le moins de temps possible après sa cueillette !

Les blanches ne sont jamais sorties de terre, ce sont les plus douces, certains ne jurent que par elles. Les vertes ont poussé hors terre (d'où leur couleur vert chlorophylle, car la photosynthèse a pu se produire) et les violettes ont a peine vu le soleil avant qu'on ne les coupe. Les asperges sont en fait les bourgeons de rhizomes. Les champs sont assez impressionnants à observer avec leurs énormes buttes de terre qui cachent ces trésors qui poussent jusqu'à 10 cm par jour. Bon, d'accord, j'arrête de jouer à wikipédia, mais j'avoue que ce légume me fascine complètement, il est vraiment unique.

par CSvBibra — Domaine public

Et surtout, j'adore ça les asperges. Longtemps, je n'étais fascinée que par les vertes, peut-être aussi par flemme car bien fraîches, il n'est pas nécessaire de les éplucher, il suffit de bien les laver et d'en casser la queue, préparation bien plus rapide que pour les blanches. Mais depuis deux trois ans, depuis que j'ai enfin osé me lancer dans la sauce hollandaise maison, j'avoue que les blanches apparaissent plus fréquemment sur ma liste de courses. Plus subtiles, mais plus fragiles, si elles demandent plus de préparation, elles offrent une indéniable satisfaction à être dévorées simplement trempées dans de la sauce hollandaise.

jeudi 26 mai 2016

L'algorithme Instagram, qu'est ce que ça change ?


Dans mon précédent article sur le nouveau design d'instagram, je vous disais qu'ils avaient changé de look mais rien d'autre. Mais ça y est, instagram a aussi changé sa timeline. On est passé d'une timeline chronologique, à une timeline "algorithmique". Qu'est ce que ça veut dire ?
  • L'ordre des images que vous voyiez sur votre timeline n'est plus chronologique.
  • Un algorithme étudie vos interactions avec différents comptes et types de contenu afin de vous montrer en priorité ce qui vous intéresse le plus... selon ses calculs.


Conséquences pour les utilisateurs


  • Il va falloir "enseigner" vos préférences à l'algorithme, et donc interagir face au contenu que vous appréciez, afin qu'il décide de vous le montrer. 
    Il ne faut donc pas hésiter à liker les images des personnes que vous appréciez suivre, même celles qui parfois vous plaisent un peu moins. Il va falloir vous restreindre de liker tout ce que vous trouvez "joli" mais moyennement intéressant, sinon vous ne distinguerez plus ce qui vous intéresse du reste.

    C'est le plus gros problème de ce système, comme pour facebook, le "like" ne veut plus dire "j'apprécie" mais "ça m'intéresse, tu as compris petit robot ? Ce contenu m'intéresse et j'aimerais que tu continues à me montrer des contenus similaires." Chaque interaction devient donc un moment où l'on interagit avec une ligne de code (enfin, de très nombreuses lignes) mais plus vraiment avec le créateur du contenu proposé.
    C'est problématique et effrayant pour énormément de gens qui n'y ont jamais réfléchi, mais en fait on est déjà tous habitués à le subir sur facebook, avec plus ou moins de plaisir. Nos interactions (et nos non-interactions) sont là pour renseigner constamment sur nos centres d'intérêt. Je ne vous fais pas le couplet du "si c'est gratuit, c'est que c'est toi le produit", vous avez tous compris. Et en fait, si on n'y pense pas... ça marche aussi !


    mardi 24 mai 2016

    Horace and Pete


    Il sort tellement de séries, qu'il est devenu impossible de voir le pilote de tout ce qui sort, même si on se contente des séries US ou anglaises. Il faut donc trier, sélectionner, s'informer, lire des avis éclairés et tester. En ce début d'année 2016, j'ai vu beaucoup de pilotes, mais gardé très peu de séries plus de 2 ou 3 épisodes. Et dans celles que j'ai gardées, il y en a une bonne partie que j'ai éliminé avant la fin de la première saison. La récolte est maigre. Mon coup de coeur absolu dans les nouveautés, c'est Horace and Pete, sortie sans aucune publicité d'aucune sorte, à part un lien sur une newsletter, sur le site de son créateur, Louis C.K.

    C'est ce qui a été fait de plus original, de plus vrai, de plus poignant, de mieux écrit, de moins formaté, de plus étonnant, drôle, dramatique, de mieux joué, de moins conformiste, depuis de très nombreuses années. Mais c'est aussi lent, théâtral, exigeant, intello, politisé. Et pour toutes ces raisons, j'ai adoré Horace and Pete, mais cette série n'est pas destinée à un grand public.

    mercredi 11 mai 2016

    Instagram change de look, mais rien d'autre



    Voici la nouvelle icône d'Instagram, l'application devenue incontournable et qui continue de monter. Je n'ai pas de commentaire critique pertinent à faire, mais ce gif est irrésistible.



    Au secours, on ne s'y retrouve plus ? Non, pas de panique, cette version 8.0 n'est qu'un changement de branding (= logo, design interne de l'application, etc.), mais rien d'autre, nous promet-on. (La timeline "algorithmique" est repoussée à une date non déterminée face au front de mécontentement populaire que son annonce a provoqué.)

    Les autres applications soeurs d'Instagram : Hyperlapse, Layout et Boomerang, suivent la même évolution.


    En ce qui concerne l'utilisation, la place des boutons habituels, etc. effectivement presque tout est identique. 



    A part les nouveaux logos de traitement d'image (que l'on trouve sous "modifier"), que je trouve très réussis dans leur simplicité et presque plus faciles à comprendre qu'avant (en particulier "ajuster" et "tilt shift").