mardi 2 septembre 2014

La balade salée de Pierre Corajoud


Après la balade sucrée, Pierre Corajoud, Lausanne Estivale et Lausanne à Table ont concocté une balade salée. A la place de l'Ours, Pierre commence à nous raconter l'importance et l'histoire du sel, qui va nous accompagner pendant près de 3h, dans une balade pour le moins exotique, de l'Italie aux Balkans, avec escales en Inde et au Japon, sans compter les origines alpines et marines de notre sel national.


Premier arrêt quelques dizaines de mètre à peine plus bas, chez Mauro, qu'on ne présente plus. La boutique est une épicerie italienne, qui devient un service traiteur à emporter le midi, avec une longue, très longue file devant, pour déguster différentes spécialités de pastas chaque jour ou des foccacias croustillantes et fondantes, farcies de ce qui vous fera envie dans le sublime étalage de charcuterie, de fromages et de légumes confits de la boutique. (Ma recette doudou à moi pour les jours qui nécessitent du réconfort : mortadelle -la meilleure de Lausanne- et pecorino piccante, avec un canolo, à manger si possible allongée dans l'herbe du parc de MonRepos.)


Ce jour-là, c'est des planchettes géantes qui nous attendent, avec du chianti. Sur les planchette du lard de colonnata, du jambon culatello, deux types de salamis et un sublime Pecorino Senese à la truffe noire. Il n'a fallu que quelques minutes à la meute (certains ont trouvé le moyen de tricher et de s'inscrire à plusieurs balades, le groupe de 30 personnes débordait largement de la boutique) pour engloutir ces merveilles, mais les plateaux continuaient à apparaître par miracle : la magie Mauro. 


C'était également l'occasion de visiter le reste de la boutique, des pâtes, évidemment (toutes les tailles et formes de De Cecco et De Voiello), des conserves de tomates qui sentent le soleil, une très belle collection de vins italiens (venez dans un moment creux, ils sauront vous guider à travers les vignobles de la botte), des grappas, etc.


Et bien sûr, la bonne humeur et générosité de Mauro, qui avait ouvert ce jour-là alors qu'il était encore en vacances. Il nous a rappelé les dates importantes de la boutique (l'arrivée des pannetone mi-novembre par exemple), a séduit sa future clientèle et nous a laissé repartir vers notre prochaine destination bien que la plupart d'entre nous se seraient bien arrêtés ici pour y passer les deux heures qui restaient.


Le côté balade a enfin pu commencer, vous verrez sur la carte des balades gourmandes (sur laquelle il manque encore la balade potagère de septembre) que pour aller d'un point A à un point B, Pierre Corajoud n'est jamais avare d'un détour. C'est ainsi qu'on passe devant le Musée de la chaussure au quartier du Rôtillon (que je ne me lasse pas de traverser, vous avez vu les nouvelles oeuvres d'art qui  y sont installées ?), et que par hasard (un vrai hasard, pas un hasard de télé) son créateur-gérant-guide était là. Il nous a raconté durant quelques minutes l'importance du sel dans la tannerie (on est raccord avec le programme) et nous sommes repartis par les mille et uns escaliers de Pierre Corajoud Lausanne.



Prochaine étape aux pieds des fameux Escaliers du Marché : Laxmi. Restaurant qui propose de la gastronomie du Nord de l'Inde, en gros, au Sud c'est le riz, beaucoup de riz, au Nord c'est le pain, les fameux naans bien sûr, mais également d'autres types de pains plats aux diverses céréales.


Malheureusement vu notre nombre imposant ce jour-là et l'étroitesse du lieu, je ne propose à vos yeux que des miettes de leurs délicieux samossas aux légumes et qu'un reste du lassi à la mangue qui a pour vertu, en plus de rafraîchir et d'hydrater, de calmer la bouche du piment.

Après avoir couru sous la pluie, lors d'un arrêt à l'abri de la Place Pépinet, notre guide nous a raconté la fabuleuse histoire des eaux claires enterrées sous nos pieds. Vivement une balade thématique sur le sujet. Encore quelques minutes de course sous la pluie pour atteindre Sushi Zen à la gare du flon.


Notre groupe s'est pressé à l'intérieur de cette minuscule boutique où étaient dressés des plateaux avec plusieurs types de sushis, des basiques pour ceux qui découvraient ces plats pour la première fois (et j'étais étonnée à quel point ils étaient nombreux, ce n'était pas inutile, dorénavant, ils oseront goûter !), et d'autres spécialités de la maison.


J'avais testé la boutique quelques semaines après son ouverture, et mon avis n'étais pas tendre. J'avoue qu'après avoir goûté certaines de leurs spécialités (leurs makis au thon piquant avec des filaments de piment autour du riz par exemple), ce lieu est entré dans ma liste de possibilités agréables du midi. Chaque préparation étaient servie à la bonne température (toujours attendre un peu avant de manger des sushis qui sortent d'un frigo, le froid camoufle les goûts) et les assemblages de goûts étaient intéressants et bien maîtrisés.


Mon moment préféré a été la discussion avec le maître sushi à la sortie de la boutique. Se retrouver ainsi en pleine gare, avec près de 40 curieux qui l'interrogeaient sur la qualité du poisson, les types de riz, de couteaux, et toutes sortes d'autres détails était vraiment intéressant. En tant que grande curieuse, je goûte à toutes les nouveautés à portée de main et je lis énormément sur la gastronomie, mais j'oublie souvent que ce n'est pas le cas de tout le monde. Les sushis sont encore une découverte et une nouveauté pour beaucoup et il était intéressant de le redécouvrir et de revenir aux bases avec la patience et l'humour de notre hôte du jour.


C'est rassasiés que nous sommes repartis pour notre balade. Le soleil avait repris ses droits et nous avons donc pu flâner avec les détours de Corajoud, passer devant la vigne du Palace, découvrir d'autres escaliers qui amènent vers la gare, avec d'autres anecdotes architecturales, historiques ou salées de notre guide. La balade s'est terminée à notre dernier rendez-vous gourmand : le Café du Simplon.


Un des café emblématiques sous-gare, l'équipe du Simplon commence par nous expliquer son concept évolutif : plus il y a de monde... plus il y a de places. Générosité et convivialité garanties.


Puis on nous sert deux vins macédoniens excellents, une découverte pour ma part, j'ai adoré. Et avec ça, des toast avec du caviar de poivrons, de la fêta qu'on dirait de la crème et, la spécialité de la maison, des feuilles de vigne farcies, servies chaudes. Elles sont SU-BLIMES, c'est une dame qui vient les préparer pour le Café du Simplon, si le jour où vous y allez il n'y en a pas, c'est parce qu'elle n'est pas passée depuis quelques jours. Il faudra revenir, c'est ballot.


La balade s'arrête ici, certains resteront pour un verre de plus, d'autres repartent déjà après ce long voyage, de l'Italie aux Balkans, en passant par l'Inde et le Japon, dans les rues de Lausanne, à la découverte du sel.

Vivement la balade potagère !

mercredi 13 août 2014

Chronicle, le fabuleux outil du New York Times


Il y a quelques jours, le 23 juillet 2014 pour être précise, le New York Times a mis en ligne l'outil Chronicle. Il permet de chercher des mots, ou des phrases, et construit un graphique qui nous montre leurs usages à travers les articles du New York Times depuis sa création. Un graphique pour un mot, ou une série de mots, mais aussi des graphiques qui comparent les mots et permettent de se rendre compte de leur évolution ou de leurs liens.

La fabuleuse Alexis Lloyd explique sa passion pour les mots et pourquoi elle a décidé de partager cet outil avec le public alors qu'ils l'utilisent en interne depuis deux ans maintenant. (J'avais eu l'occasion de rencontrer Alexis Lloyd à Lift 2014, je vous recommande son talk.)

Le facetieux Yannick Rochat a tweeté un lien vers une de ses recherches ce matin, depuis j'en ai fait des dizaines, cet outil est vraiment passionnant, il nous parle de culture, de changements dans les mentalités, il nous parle des changements de goûts aussi... mais attention, ça nous parle surtout des New-Yorkais, pas du monde. Ça reste totalement fascinant. Quelques exemples de mes recherches de ces dernières heures :

de quel contient parle-t-on le plus ?
l'avènement du politiquement correct

Relation de cause à effet ? Attention toutefois à ne pas déduire trop vite...

mardi 12 août 2014

Descente en cuisine

©RTS / Descente en cuisine : épisode Zürich

Descente en cuisine est une émission de la RTS qui a été diffusée durant l'été 2014, tous les vendredis. Le concept : un chef saute en parachute au-dessus d'une ville et se fait guider par la production vers un plat du terroir. Il a ensuite 24h pour réinventer cette recette à sa sauce, trouver les ingrédients nécessaires en rencontrant les artisans locaux, trouver un cuisine pour l'accueillir et cuisiner cette recette à quatre personnes qu'il aura invitées durant son parcours. 

Évidemment, j'ai regardé avec gourmandise et attention. Il est temps de décerner les bons... et moins bons points. D'abord, je tiens à féliciter la RTS pour son choix : des émissions culinaires il y en a des dizaines aujourd'hui, choisir d'aller visiter les régions est une excellente idée, le terroir culinaire suisse est très morcelé et il serait dommage de ne pas en profiter. Ne pas se cantonner à la Suisse Romande en allant visiter Bâle, Zürich et Locarno est très bienvenu également ! Donner la part belle aux produits locaux et aux artisans, qui prennent souvent plus des deux tiers du temps de chaque émission fait vraiment plaisir. La partie cuisine et dégustation en deviennent presque secondaires. Je suppose que ça ne doit pas plaire aux aficionados de télé-réalité-culinaire, et j'avoue que ça manque de savoir-faire et d'images de nourriture, mais ça fonctionne très bien au niveau du rythme des émissions qui se regardent sans temps morts. Bravo au(x) monteur(s) d'ailleurs, super boulot. Même éloge pour les équipes son et images, avec le tourbillonnant Benjamin et la très bavarde Florence Flarion, ça ne doit pas toujours être facile à suivre.

©RTS / descente en cuisine
épisode Fribourg : le très cinématographique bar Elvis et moi
avec le blogueur Claude-Olivier Marti

J'aime beaucoup également la diversité proposée dans les artisans et invités rencontrés à chaque étape. Il y a toujours un/e cuisinier/ère, celui/celle qui montre la recette traditionnelle, c'est la caution terroir et légitimité, et ce sont à chaque fois de belles adresses et de jolies rencontres. Il y a aussi un artisan du goût qui a parfois fourni l'un des produits utilisé. Puis deux figures locales, soit liées à la gastronomie également, soit pas du tout, des artistes, architectes, designers, personnalités culturelles. C'est varié et ça présente le portrait d'une ville, vu que l'ambition est celle-ci : le terroir urbain. (Par contre, ça se retourne parfois contre le concept, certaines personnalités ne supportant pas d'être un invité parmi dautres.)

Après la section recette du terroir, Benjamin et Florence vont visiter des artisans locaux, pour chaque émission, il y a deux ou trois séquences différentes , parfois plus, pour présenter des produits typiques et/ou simplement le marché local. A chaque émission, les adresses visitées sont linkées en bas à gauche, j'ai fait de jolies découvertes, même pour les terroirs que je connais le mieux (Fribourg et Lausanne), et ça m'a donné envie d'aller tester des adresses (en particulier à Bâle où les Urbans Farmers, les brasseurs de Unser Bier, Das Schiff et le restaurant Schützenhaus me donnent vraiment envie d'aller passer un week-end découverte). Si le but est de mettre en valeur la richesse du terroir suisse et l'inventivité de nos artisans, le pari est réussi. Il y aura probablement des grincheux qui regretteront que leur artisans favoris n'ait pas été choisi, mais je trouve que la diversité proposée dans chaque émission est intéressante et que certaines adresses sont vraiment originales, pour un format de 50 minutes, il aurait été difficile d'en montrer plus. (Je regrette néanmoins que certaines adresses non-gourmandes prennent parfois trop de temps sur le reste.)

@RTS / descente en cuisine
épisode Fribourg : la pisciculture avec Hubert Audriaz

Des bémols sur la forme. Le saut en parachute est totalement anecdotique, et si le trajet en voiture de Sarah Wiener (émission où une cuisinière se déplace dans diverses régions en Europe avec sa jolie voiture rouge et découvre, à chaque émission, un plat de terroir différent qu'elle va reproduire en allant à la rencontre d'artisans du goût locaux qu'elle convie ensuite à son festin, toute ressemblance... non rien) permet de découvrir le caractère de la région grâce aux paysages traversés, la vision aérienne de quelques secondes des villes n'amène vraiment rien. Le jeu avec le drone pas grand chose non plus d'ailleurs, si ce n'est des points de vue parfois plus larges sur la ville, mais c'est tout à fait anecdotique.

Tout ce que j'aime chez Sarah Wiener, sa sympathie, sa fraîcheur, sa sincère curiosité pour les produits, les plats, les artisans, les ingrédients et l'histoire régionale, ainsi que son talent et son imagination en cuisine, se retrouvent chez Benjamin Luzuy. En moins exhubérant et plus concentré sur sa mission (et les sports extrèmes... wtf) que sur les rencontres. Mais il fait plaisir à voir, à chaque fois qu'il goût quelque chose, on voit qu'il commence déjà à penser à sa recette. Ce que Benjamin n'a pas de Sarah, c'est que c'est elle qui construit l'émission et qu'elle se retrouve seule parachutée (hinhinhin) dans ces terroirs. Benjamin est parachuté lui de manière très littérale, et c'est pour retrouver Florence Flarion au sol, la "présentatrice" (entre guillemets parce que je ne comprends pas à quoi une "présentatrice" sert quand on n'est pas dans une émission de plateau, mais que je ne sais pas comment nommer autrement) qui a préparé le terrain. Elle est là pour faire parler apparemment, elle pose des questions, interrompt (très souvent ^^) quand la personne qui répond ne va pas exactement au point voulu, fait (mal) semblant de découvrir des choses. Dommage, ça m'irrite plusieurs fois par épisodes. D'autant que, quand elle s'arrête de parler, une voix-over prend le relais en nous martelant que Benjamin ne sait rien, que le DÉFI est de plus en plus dur, que l'heure tourne, etc. sous la forme d'une voix-over de télé réalité, l'écueil que ce format aurait justement pu éviter. Dommage.

© RTS / Descente en cuisine
épisode Fribourg : préparation de la fondue au vacherin au Café du Gothard par Charles-André Torche

Sans cette voix-over et le "on fait pour la télé alors on ment en faisant croire qu'on découvre tout", l'émission serait un cran au-dessus, d'autant que la qualité technique est là, ça pêche juste au niveau de la forme qui est trop voulue comme un hybride pour contenter tout le monde et qui au final risque de frustrer tout le monde. Parce que c'est évident que le terrain est préparé, balisé, organisé, que tout le monde est d'accord et prévenu, que chacun connaît son rôle à jouer. Et les spectateurs savent qu'une émission de télé ça se produit, ça se conçoit à l'avance. Tenter de nous faire croire le contraire est absurde... et c'est malheureusement le cas, à chaque émission. Jouer à "on ne se connaît pas", à "on n'est pas au courant", à "quelques jours avant le festival" alors que c'est tourné plusieurs mois plus tôt, "oh, vous ici, mais quelle coïncidence incroyable", c'est prendre les spectateurs pour des cons... et une des raisons pour lesquelles je ne regarde plus la télé.

Mais je pinaille parce que j'aime vraiment ça la non-fiction, et je trouve dommage que la forme voix-over/présentatrice/fausse transparence casse le côté spontané de l'émission. D'autant que certaines séquences prennent le contre pied : Recrosio qui se moque du dispositif, une fausse sortie gardée au montage avec le son "on la refait", deux dames qui papotent papet dans le métro lausannois, etc... si on avait plus de séquences comme ça et moins de "faisons semblant on est à la télé" on oublierait le côté dînette pour être dans une vraie cuisine sincère, et ce serait meilleur.

Mais passons au plat principal : les émissions. Je les ai mises ici dans l'ordre de diffusion, en entier, avec le lien vers chaque émission où vous pourrez trouver des séquences plus courtes, des makings off, les recettes de Benjamin et surtout les liens vers tous les artisans présentés dans l'émission.

lundi 11 août 2014

Antica Trattoria by night


Je vous avais déjà parlé de ce qui est devenu, en deux visites, mon italien préféré à Lausanne : L'Antica Trattoria, sa carte originale, la qualité de ses produits et le professionnalisme des équipes en salle et en cuisine. Mais je n'avais eu l'occasion d'y aller qu'au service de midi, un peu pressée par le temps. Depuis, j'y suis retournée le soir, à plusieurs reprises, entre amis ou en amoureux. Et mon plaisir gourmand du midi s'est transformé en soirées dont on se souvient, ce qui méritait bien un deuxième article.


La salle élégante de jour devient confortable et pousse à s'attarder le soir. La carte est la même, mais on se laisse plus facilement tenter par un vrai menu à l'italienne (antipasti, pasta, secondi piatti, dolce), quoique je n'aie jamais assez faim pour les quatre assiettes d'affilée vu la générosité des portions, mais à partager c'est idéal ! Rappellons la carte (cliquez sur les images pour les voir en détails) :


Le premier soir, un repas entre amis totalement impromptu, avec entre autres le délicieux Guérilla Gourmande auquel je rêvais de faire découvrir cette adresse. On arrive tard (pour la Suisse), après 21h, pas de problème, on nous installe avec le sourire et on nous propose un apéritif sans aucun sentiment d'urgence, ce sera le cas pendant toute la soirée, très agréable. Comme tout bon compagnon de blogueurs gourmands, les quatre personnes à la table ont chacune commandé une entrée et un plat ou des pâtes différents. (Si vous ne supportez pas de voir votre plat décrypté, photographié et goûté, ne mangez jamais avec un blogueur.)

Avant
Après
En entrée, vu ma prédilection pour les produits de la mer -qui ne sont décidément pas une spécialité suisse et qui me manquent- j'ai choisi les moules. Elles sont servies à peine ouvertes, cuites avec un bouillon bien citronné, je me suis régalée. La portion sur assiette est tout à fait agréable, et le bouillon est tellement délicieux que tout le monde est venu le terminer dans mon assiette.


Les autres ont choisi le poulpe en sauce tomate, la salade de fruits de mer ou des légumes farcis, tous avec le même verdict : c'est vraiment, vraiment, très bon. L'assaissonnement et les cuissons sont précises, les produits sont frais et mis en valeur, l'équilibre est présent dans chaque assiette, sans pour autant faire de chichis. On apprécie. Le serveur nous a agréablement conseillé en vins pour l'entrée et le plat, à chaque fois selon les goûts et les plats de chacun. Malheureusement, je n'ai pas pris le soin de noter ce que nous avons bu, mais c'était tout à fait plaisant.

Le fameux Guerrilla Gourmande et ses linguine aux vongoles et poutarge. 
Les noix de saint-jacques sauce citron et leur riz noir, sublime
Taglioni à la truffe blanche, mamma mia
Pour les plats, mêmes sourires et regards alléchés quand les assiettes arrivent, mêmes commentaires élogieux sur nos propres plats et ceux des autres. On prend le temps, de savourer, de re-goûter avec le vin, de se mettre en mémoire les saveurs de ces produits si bien traités. Et le lieux se prête vraiment à échanger, discuter, se confier, quelles belles soirées !


Nous avons souvent sauté le dessert, ce qui est un tort vu la carte (dont je vous parle dans mon autre billet), mais je n'ai pas résisté au test de leurs grappas. Je savais qu'ils sont connus pour ça, leur collection magnifique à l'entrée donne le ton. Mais pour ma part, je suis totalement ignarde en la matière, et d'habitude je n'aime pas ça (c'est parce que je n'en avais bu que des mauvaises). Nous laissons donc au serveur le choix de notre breuvage. Après deux ou trois questions de base pour situer nos goûts, il nous a amené trois grappas différentes, une pour chacun. Chacune des grappas qu'il avait choisie était délicieuse, et chacun a préféré la sienne. Ce service ne cesse de me séduire.

Je n'en rajoute pas, vous aurez compris, l'Antica Trattoria est une très belle adresse qui mérite d'être connue. N'hésitez pas.

L'Antica Trattoria
Rue Marterey 9, 1005 Lausanne
021 312 19 33
Fermé le dimanche

dimanche 10 août 2014

Fratel e Napule, la meilleure pizza de Lausanne



L'autre soir, j'avais faim, et un frigo vide, et pas envie de cuisiner. Fratel e Napule, qui fait la meilleure pizza de Lausanne sur place, à emporter et en livraison, est malheureusement en vacances. Alors je suis retournée chez mes anciennes amours : le Baz-art café, à l'avenue de France, qui offre aussi un service de livraison. Je me suis loguée sur leur site (pour la première fois depuis 2011, année où j'ai découvert Fratel e Napule), et j'ai passé ma commande en ligne. J'ai reçu un mail de confirmation et j'ai attendu. Une longue heure.

C'est indiqué sur leur site que ça prend du temps parce que tout est fait maison etc etc etc. Mais au bout d'une heure et quart, je crevais la dale. J'ai donc appelé. Pas de réponse. J'ai appelé le restaurant qui est la porte à côté. Pas de réponse. J'ai appelé à nouveau, en laissant sonner très longtemps. Rien. J'ai fouillé leur site de fond en comble, leur page facebook, partout, pour tenter de voir des dates de vacances ou quelque chose dans le genre : rien.

J'ai finalement dégoté un site externe qui propose également les pizzas du Baz'art sur lequel il était indiqué qu'ils étaient fermés ce soir-là. Tout ceci plus d'une heure et demie après ma commande. Ils ne sont pas prêts de me revoir. Un tel je-m'en-foutisme total de leur clientèle n'est pas admissible. Je sais qu'ils ne comprennent pas l'intérêt des services Internet et d'une présence en ligne, mais là c'est carrément du foutage de gueule. Baz-art café & co*, vous venez de perdre une cliente énervée qui va parler de vous. Dommage, un message sur un répondeur aurait suffit à me calmer.

Mais finalement ce n'est pas si grave, car les meilleures pizzas à Lausanne restent celles de Fratel e Napule.

(* la même équipe tient également le Café du Pont, la Ruche et l'Hydromel.)


vendredi 8 août 2014

Binge Watching


Dans mon article précédent, je vous parlais des sorties séries de l'été 2014, mais malgré leur plus grand nombre que les années précédentes, pour certains spectateurs parmi mes lecteurs, ce n'est pas encore assez. C'est aussi que les type de consommation de séries changent, avant on regardait ce que les chaînes de télé nous proposaient, au rythme qu'elles définissaient. Aujourd'hui on regarde ce qu'on veut, partout dans le monde, au rythme que l'on désire, vu que les séries restent disponibles après leur diffusion et que certains canaux du type Netflix diffusent des saisons entières d'un coup. La pratique du binge watching est née. (L'expression est adaptée de "binge drinking" = boire beaucoup et très vite, là c'est pareil, mais avec les yeux et sans risque, à part le manque de sommeil.) (Ecrit la fille qui a dormi 4h cette nuit parce que la saison 4 de The Killing est impossible à arrêter.)

Certaines séries de type feuilleton se prêtent au binge watching alors que d'autres pas du tout. C'est une question de rythme de narration. Quand c'étaient les chaînes TV qui décidaient de la diffusion et que toutes les séries étaient diffusées au rythme d'un épisode par semaine, chaque épisode avait une construction interne, dans chaque épisode il était nécessaire d'avoir un récapitulatif des points importants, soit avant soit pendant l'épisode, pour que tout le monde puisse suivre. Ces séries très fortement découpées où les épisodes sont presque indépendants et où l'histoire globale n'a que peu d'intérêt (pensez à CSI -Les Experts- ou à Columbo par exemple), ne se prêtent pas au binge watching. 


Mais aujourd'hui les meilleures séries sont construites comme un tout cohérent, une longue narration de plusieurs heures, où le découpage entre les épisodes a moindre importance. Le but est de garder un rythme agréable tout au long de la saison. Il y a de plus en plus de séries à saisons courtes et puissantes, tournées comme des (très) longs métrages. Et c'est un bonheur total à binge watcher (verbe du premier groupe).

Un exemple récent : The Killing. Série US inspirée d'une série danoise, la première saison de The Killing a été diffusée en 2011 par AMC. La série se passe à Seattle, on suit deux policiers atypiques qui enquêtent sur le meurtre d'une adolescente. L'ambiance est sombre, grise, pluvieuse, intense... sublime. Gros succès, AMC relance donc la série pour deux saisons supplémentaires, toujours diffusées de manière sérielle, mais écrites comme un bloc. Malheureusement le succès baisse. La saison 3 termine de manière abrupte et trop rapide, on reste sur notre faim, mais AMC a effacé la série de sa grille. Netflix rentre dans le jeu et reprend la production pour une ultime saison de 6 épisodes, mis en ligne le 2 août 2014, qui permettent de clore cette saga avec l'élégance qu'elle méritait. Cette saison est beaucoup plus pêchue rythmiquement, encore plus torturée. Les images et la bande son sont toujours aussi belles, et les deux acteurs principaux rivalisent d'intensité pour ce film d'un peu plus de 5h à dévorer d'un coup pour saisir toute sa puissance.

Il y a plusieurs types de binge watching : le rattrapage d'une série entière que l'on avait ratée, le revisionnage d'une série entière que l'on avait aimée, le visionnage d'une saison entière qui vient de sortir (type Netflix), le rattrapage d'une saison ratée et les mini-séries. Ce que je vous propose ici, indépendamment des types de séries (origine, durée, date de diffusion), c'est une séparation thématique afin que vous trouviez de quoi plonger dans une ambiance/un sujet qui vous plait pendant une ou plusieurs saisons.

lundi 28 juillet 2014

Les séries de l'été 2014



Il fût un temps ancestral où l'été était un désert sériesque. Ce temps est révolu. Comme au cinéma où de plus en plus de films US choisissent de sortir en plein été, de très nombreuses séries sont diffusées entre juin et septembre. Il a donc dorénavant 3 périodes de sortie de séries par année : fin septembre-octobre-novembre, janvier-mars et juin-août. Mon précédent billet fin mai vous conseillait donc les séries du printemps 2014, passons aux séries de l'été.

Plusieurs composantes récurrentes dans les sorties de ces derniers mois :
  • Il n'y a jamais eu autant de personnages principaux de femmes, scientifiques, de pouvoir, fortes, complexes, ça fait plaisir. (par exemple : The Honourable Woman, Masters of Sex, Extant, ...)
  • Les séries portées par un réalisateur ou auteur connu continuent à pulluler, les années précédentes nous avions eu Jane Campion (Top of the Lake), David Fincher (House of Cards), Stephen King (Under The Dome), Scorsese (Boardwalk Empire) et tant d'autres, cet été ce sont Spielberg (Extant), Guillermo del Toro (The Strains) et Michael Bay (The Last Ship) qui s'y collent.
  • La fin du monde après une épidémie (j'englobe les zombies) ou une catastrophe naturelle est un genre qui ne se tarit pas, probablement grâce au succès continu de The Walking Dead, que j'avoue apprécier. Seul problème : ça met en avant de manière systématique le "modèle américain" du chacun sa voiture-chacun son gun, qui me pose un vrai soucis, d'autant que ces séries s'accumulent. (Pour en citer quelques'unes de ces deux dernières années : The Falling Skies, The Last Ship, Helix, Revolution, The 100, Under The Dome, The Leftovers, ...)
  • Un autre genre en vogue concerne l'espace, soit par des aventures liées à voyage dans l'espace ou à une station internationale (ExtantThe 100, The Astronaut Wifes Club), soit par des extraterrestres (The Falling Skies). Dans le côté futuriste, les robots humanoïdes est également un thème porteur (Extant, Real Humans).
  • Les séries historiques continuent à avoir du succès, on repeint des époques très proches ou plus lointaines, souvent avec un soin minutieux qui rend ces séries passionnantes, par exemple Halt and Catch Fire (années 80), Masters of Sex (début années 60), Vikings (moyen-âge), Crossbones (XVIIe), ...).
  • Le monde de l'informatique et des start up tech fascine avec deux séries dédiées ces derniers mois, l'hilarante et si bien observée Silicon Valley, et la sombre et géniale Halt and Catch Fire .

Je pourrais faire un billet par série, mais c'est un boulot de dingue. Je devrais attendre la fin d'une saison pour vous parler d'une série, mais avec certaines on sait dès le premier épisode que c'est très très mauvais, ou très très brillant. Et chaque saison peut amener des déconvenues violentes (comme Homeland dont j'ai adoré la saison 1 et détesté la saison 3, mais dont je vais tout de même regarder la saison 4, dès le 5 octobre). Mes articles séries naviguent donc au gré de mes coups de cœur du moment, de mon avancée de visionnement et j'assume ma totale subjectivité. On est parti, trois catégories comme d'hab : à voir absolument, mouais bof c'est rigolo mais pas top, ne perds pas ton temps.

vendredi 25 juillet 2014

Comment rouler un rouleau de printemps ?


La cantine favorite de ma copine Jo' c'est le Hoa Sen, restaurant vietnamien à la Rue Clos-de-Bulle 5 (téléphone : 021 323 55 40). La déco est aussi peu subtile que le service, ne cherchez pas des grands crus dans votre verre, mais l'ambiance est chaleureuse et le contenu des assiettes a clairement un goût de reviens-y. Le bo bun et les soupes guérissent n'importe quel soir de déprim, mais je finis toujours par craquer sur les rouleau de printemps. C'est la partie de la carte "à faire soi-même", on reçoit une énorme assiette avec des crudités, des vermicelles de riz, beaucoup d'herbes fraîche et les protéines choisies (je vous recommande le boeuf farci aux crevettes), à côté de cette assiette on reçoit un support en plastique très très moche mais pratique avec les feuilles de riz qui ont été imbibées d'eau qui vous permettront de rouler vos rouleaux de printemps tout seul comme un grand.

Sauf que, apparemment, ce n'est pas si évident que ça, j'ai vu des amis finir par faire un genre de boule de tout pour l'avaler, pas très agréable. Moi j'adore ça les repas où tu DOIS jouer avec la nourriture, du coup, j'en fais même chez moi. Le principe est le même : préparer tous tes ingrédients, puis rouler. On commence donc cet article par le mode d'emploi, qui vous servira aussi au restaurant, et je vous détaille les ingrédients pour faire des rouleaux de printemps à la maison ensuite.

How to roll a spring roll?


Chez vous, il faut commencer par imbiber vos feuilles de riz, attention, pas trop, juste le temps qu'elles soient détendues. Ce qui prend quelques secondes sur chaque face, ou environ 15 secondes en plongeant la feuille entière dans un récipient suffisamment grand. J'utilise ma vieille plaque à gâteau remplie d'eau. Si votre feuille est trop imbibée, elle perd en solidité et devient gluante et très difficile à manipuler. Si elle vous paraît encore légèrement solide à la sortie de l'eau, ce n'est pas grave, elle va terminer de s'assouplir par capillarité.


Si vous voulez de beaux rouleaux de printemps, commencez par trois feuilles aromatiques, menthe, basilic, coriandre, comme vous préférez, c'est ce qui se retrouvera au-dessus du rouleau. Puis ajouter UN PEU de vermicelle de riz. On a toujours tendance à vouloir en mettre trop dans chaque rouleau, ce qui les rend difficile à rouler (et étouffe bougre).


Disposez par dessus le poulet, les crevettes, le boeuf ou le tofu grillé, toujours selon la ligne des premières feuilles. Par dessus vous pouvez ajouter des petits morceaux de : salade verte, herbe aromatiques, pousses de soja, carottes râpés, lamelles de concombre, graines germées, etc. Votre imagination est reine, ce qui vous fais plaisir et peut être disposé en petite quantité fonctionnera, ce n'est plus très vietnamien, mais pour ça, vaut mieux allez chez Hoa Sen.


La seule et unique partie technique est ici (après le trempage de feuille). Il y a plusieurs méthodes, celle que je préfère, qui rend les rouleaux les plus solides et manipulables selon moi, est celle-ci. 
  1. Rabattre les deux petits côté en serrant un peu sur votre rectangle de garniture.
  2. Rabattre un des longs côté sur la farce en la serrant bien, c'est le moment où le "tube" se forme, n'hésitez pas à manipuler un peu pour que tous les ingrédients trouvent leur place et que ça soit solide.
  3. Rabattre le dernier pan en serrant un maximum.
Et voilà.