mercredi 23 novembre 2011

La Mer du Nord


Quand j'étais enfant, ma mère m'a souvent emmenée en vacances aux Pays-Bas, au bord de la Mer du Nord, cette mer que j'ai appris à aimer grise, avec un temps venteux et une légère bruine. J'étais donc absolument ravie ce jour-là, en arrivant à Ostende, car c'était le temps parfait pour apprécier ces superpositions de gris dont je rêvais. Bon, en même temps, parler de gris en parlant d'Ostende ce n'est pas très original, jusqu'à preuve du contraire, le béton, c'est gris. En plus, ils n'ont rien trouvé de mieux que de faire des travaux, sur TOUTE la longueur de la plage, ce qui est vraiment bien pensé, pour une ville touristique, un week-end prolongé, cette planification à la belge est vraiment, comment dire, surréaliste.

 
Sympa ces ciels changeants, non ?

Nous nous sommes promenés un moment et je me suis amusée à prendre pleins de photos à la con, puis nos ventres criaient famine et nous avons opté pour De Mangerie (Albert 1 Promenade 10, Ostende, 059/501827), que nous avions repéré en arrivant, et heureusement, parce que le reste des adresses devant lesquelles nous sommes passées, entre les énormes cartes fuchsia avec menu en Comic Sans jaune poussin et les odeurs de fritures qui paraissaient être apparues il y a 3 siècles, ben euh, comment dire, non. Mais, comme souvent, notre première idée était la bonne et je vous recommande vivement De Mangerie. 

La carte n'est pas très étoffée mais suffisamment variée pour combler les envies de mer et les carnivores. Les plats sont copieux et gourmands, les cuissons parfaites, les assaisonnements goûteux. On a choisi des croquettes aux crevettes (il FALLAIT que je goûte, c'était sublime... même la branche de persil frite #privatejoke) en entrée, puis des moules frites pour moi (il FALLAIT aussi) qui étaient juste parfaites (j'en aurais bu le bouillon si j'avais encore faim) et un filet mignon au brie pour Monsieur qui s'est régalé.


Par contre, les cafés, même si servis de manière trop-mi-gnonne (ami de la guimauve bonjour), étaient d'atroces cafés filtres (on avait commandé des expressos) inbuvables (enfin, pour moi, mais je suis chiante avec le café, je préfère ne pas en boire qu'en boire un mauvais), mais leurs accompagnements valaient la peine pour la touche sucrée. Nous étions donc rassasiés, certes, mais je n'avais toujours pas vu la mer, pas vraiment, et ce que j'avais vu d'Ostende me suffisait largement.


Nous avons donc pris le Kusstram pour De Haan (Le Coq) (environ 15 minutes, plusieurs fois par heure, départ juste à côté de la gare, hyper pratique). Charmante bourgade non bétonnée (oui, ça mérite apparemment d'être souligné sur la côte belge) que nous avons traversée avec plaisir, particulièrement charmés par certaines maisons qui nous ont fait penser tour à tour à des manoirs anglais ou à des trous de hobbit. J'y ai retrouvé, petit à petit, une ambiance, des détails familiers et ce sentiment de sérénité que m'apporte cette côte depuis gamine.


Et enfin la plage, la mer et le ciel qui se confondent, le vent qui emmêle les cheveux et rosit les joues, la bruine qui fait hésiter entre se couvrir ou non, exactement ce que j'espérais. Bonheur complet, surtout quand, après avoir arpenté la plage d'un côté à l'autre, j'ai pu frimer un peu, dans un café, en commandant en néerlandais mon warme schocolade met schlagroom auprès du serveur ravi (qui a très bien fait semblant de ne pas voir mon accent improbable mêlé de néerlandais du Nord Ouest et de français). (Pourquoi la crème fouettée est-elle TOUJOURS meilleure au bord de la Mer du Nord ?) (Vous avez deux heures.)


A peine le temps de s'asseoir que le ciel changeait encore, et là, je suis absolument navrée, mais l'arrivée du soleil couchant créant un sublime arc-en-ciel, je vous inflige ce coucher de soleil que je n'ai pu m'empêcher de mitrailler. Je sais, c'est kitch et guimauve, vous en avez déjà supportés mille, mais je vous jure que c'est un des plus beaux que j'ai vu de ma vie. De l'avantage des ciels gris et nuageux qui absorbent si bien les couleurs alentour.

 

Demain, on revient à Bruxelles pour manger dans un lieu qui m'a vraiment touché. Et ensuite, je continuerai avec mes délires de filles et mes critiques de films pleines de mauvaise foi, promis. Mais avant, je vous montre, encore une fois, la fameuse photo que j'ai si souvent publiée sur ce blog pour annoncer mon absence. (Même pas on voit que je l'ai tout photoshopée pour effacer promeneurs et containers afin qu'elle exprime réellement cet apaisement que j'aime tant dans ces paysages.)


8 commentaires:

  1. Aaaah, la mer du Nord, les gaufres à la crème fraiche, le kusttram... ça me manque en fait. Petite, j'allais toutes les vacances chez ma grand-mère à Middelkerke, et après, mes parents ont acheté une maison à Westende...

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  2. "warme schocolade met schlagroom"... aïe, que de souvenirs ! Elles sont magnifiques tes images, elles véhiculent vraiment bien toute la chaleur étonnante de ce froid gris et brumeux (j'espère que je suis claire :-))

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  3. @ Miss Sunalee : ça fait une parfaite sortie pour une demi-journée, ça ressource ! (et 3h aller-retour de lecture dans train c'est pas si long)

    @ Nekko jolie, merci !

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  4. Moi j'assume ma kitscherie, donc merci pour ce coucher de soleil pas banal.
    Note que ça fait des mois que ça dure, les travaux de la plage d'Ostende. Jamais essayé De Mangerie, je note. Les croquettes aux crevettes ont l'air bien bonnes et je suis une fan du persil frit.
    Un autre plan, c'est d'acheter des crevettes grises au petit marché aux poissons, le long du port, et d'aller les décortiquer et les dévorer dans un des bistrots en face, en buvant une Rodenbach. Une tradition. Les plus prévenants fournissent le rouleau d'essuie-tout.

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  5. @ mmarie : le marché aux poissons m'a fait très envie, j'ai surtout repéré les soupes aux fruits de mer qu'ils ont l'air de servir... mais nous avions déjà trop mangé... la prochaine fois :-)

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  6. magnifique!
    (Le marché aux poissons d'Ostende peut nous faire faire de drôles de choses...comme dépecer à main nue et sans aucune expérience une dizaine de soles crues...)

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  7. @ Anaïs : tu vas rire, mais j'ai jamais fait ça... je sais faire, en théorie, donc j'aurais probablement acheté... d'ailleurs rien qu'en y passant, si on rentrait à Bruxelles immédiatement, j'aurais bien acheté du poisson, et des crevettes, et des coquillages, et de la soupe et et et... Tonton Y. m'a un peu prise pour une folle.

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