lundi 24 octobre 2011

De la réalité de twitter


Certains de mes amis qui ne connaissent pas "funambuline" ont toujours du mal à comprendre quand m'échappe quelque chose du genre "non, ce week-end je ne peux pas, j'ai un(e) copain/copine qui vient me voir de Paris/Bruxelles/Toulouse/etc...". Surtout quand ils comprennent ensuite que non, effectivement, je ne l'ai jamais rencontré(e) "en vrai". Là, il y a deux camps, ceux qui se moquent et ceux qui tentent de comprendre, mais n'y arrivent pas et finissent par me donner d'invraisemblables conseils de prudence sur la dangerosité des rencontres sur Internet. Je répondrais bien #lault, mais ils ne comprendraient pas. Tentons donc une explication de ce que m'a apporté twitter ces deux dernières années. 

Tout d'abord, un énorme plaisir à flooder écrire, le fait que les messages soient limités à 140 caractères amène une obligation de contenu percutant et cet exercice m'amuse beaucoup. Certains utilisent twitter pour le côté information immédiate, d'autres juste pour le lol, d'autres pour des sujets spécifiques, d'autres encore pour rester en lien avec leur cercle restreint. Certains ne font que RT (retweeter = diffuser le tweet commis par quelqu'un d'autre), certains monologuent, d'autres ne font que dialoguer. Certains jouent du DM (message privé) comme s'il s'agissaient d'un forum meetic. Pour ma part, je suis (= je lis, je suis abonnée à des comptes qui parlent de) l'actualité, la politique, le cinéma, mes potes, mes auteurs/réalisateurs/artistes favoris, et des comptes au hasard, parce que je trouve qu'ils maîtrisent bien l'exercice et qu'ils égayent ma TL (time line = là où apparaissent les tweets des comptes dont je suis abonnée).

Ensuite, un grand plaisir à être lue et à dialoguer, de tout et de rien, de politique ou de mes seins de cuisine, à pouvoir interpeller certains directement, à découvrir des liens avant tout le monde -et à me foutre de la gueule de mes contacts FB (facebook, bien sûr, sur twitter on abrège dès que possible en restant lisible) quand ils découvrent un lien so last month et en sont tout excités- (mais ça c'est parce que je suis une mauvaise personne). La seule restriction de la plateforme étant la longueur des messages, chacun en fait ce qu'il en veut et donc l'utilisation de chacun est tout à fait illustrative des intérêts de cette personne-là (je fais évidemment ici abstraction des comptes pro ou des comptes d'entreprise/d'entités qui n'ont que des but de communication/publicité). 

Quand je vois une bio (courte description de l'usager d'un compte) telle que "Jeux vidéo, Cul et Boustiffaille, les trois mamelles de la vie." Je ne peux que m'intéresser à ce profil, quand en plus je lis ces tweets pendant des semaines ou des mois en ayant très régulièrement envie de lui répondre et de tailler le bout de gras, et bien on finit copine à papoter IRL au bord du Léman quand elle vient se laver de la grisaille parisienne. Quand je lis avec délectation une Toulousaine d'adoption avec laquelle nous inventons le hashtag (# qui précède un mot clé pouvant éclairer un tweet ou en rajouter une couche) #gravelax et qu'elle débarque quelques semaines plus tard, nous discutons comme si nous nous étions quittées la veille. Quand je trouve une fille passionnante dont je lis le blog depuis des années, twitter nous permet enfin de nous rencontrer. Quand je peux faire ma groupie IRL, ça peut finir en vraie amitié (et qu'il est doux d'être fan de ses amis !).

Certaines de ces rencontres sont liées à d'autres "activités internetiques" que j'ai développées sur d'autres structures (on m'a définie comme troll, remember), certaines sont liées uniquement à twitter et au #taloz (= Twitter Apéro de LOZanne, dont une session a lieu bon an mal an une fois par mois depuis bientôt deux ans -Edit : la date de naissance du 1er taloz est en janvier 2010-, d'ailleurs il faudrait fêter ça les gars). Mais, si je récapitule, en 30 mois d'utilisation, j'ai accueilli plus d'une dizaine de personnes à Lausanne, certain(e)s pour plusieurs jours, d'autre le temps d'un apéro, certaines sont d'excellents potes, d'autres sont même devenu(e)s des ami(e)s et l'un d'entre eux encore bien plus que ça. Ce ne sont que quelques exemples parmi d'autres, je pourrais aussi vous parler d'un aubergiste qui me fait baver quotidiennement devant mon écran alors que je n'ai jamais goûté sa cuisine mais avec qui j'ai partagé quelques verres de Calamin la semaine dernière, la veille du vernissage d'un photographe où je n'aurai jamais mis les pieds sans twitter. Ce qui en a fait une semaine twitter particulièrement riche où paradoxalement j'ai pas eu peu de temps pour twitter.


Ce photographe c'est le charmant Antoine Mottier, dont j'aime beaucoup le travail, sa poésie et sa sensibilité, et à qui, si j'avais les moyens, j'aurais volontiers acheté trois de ces tirages exposés. Genevois, Geneviennes, si vous passez à Plainpalais, allez découvrir ses images de ports, de bateaux, de jetées, il est fort le fiston. C'est exposé aux 3S (Av. du Mail 15), nouveau lieu dont le décor convient très bien à ces ambiances désaturées qui donnent envie de se promener le long de la mer pendant une tempête.


16 commentaires:

  1. Ou comment je trouvai enfin un support (les deuxième, troisième et quatrième paragraphes) pour expliquer à mes potes l'intérêt de Twitter.
    Merci.

    Par ailleurs, le début du deuxième paragraphe (aimer écrire, défier la contrainte de la brièveté) explique peut-être en partie la difficulté qu'ont les ôtres à franchir le pas.

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  2. #^___^#
    Twitter c'est le bien !
    Et allez voir l'expo de mon fiston !!!

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  3. Merci Benoît, ça fait un moment aussi que j'en ai marre de pas savoir expliquer twitter, maintenant j'ai plu qu'un lien à envoyer. La question est : ceux qui ne sont pas sur twitter comprendront-ils ?

    @ Invidiosa :-*

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  4. Hé bien moi, je ne suis pas près de m'y mettre! A eux deux, mon blog et FB me prennent déjà plus de temps que mon boulot... Par ailleurs, j'ai un mec, et plus d'amis que je n'arrive à voir à une fréquence raisonnable. Je passe mon tour.

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  5. @ Armalite : ben ça me prend moins de temps que FB au final... parce qu'il n'y a pas ces notifications sans fin... et surtout le choix de ce que tu lis est bien plus drastique... mais je comprends !

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  6. Twitter is good for you.

    Pour le reste merci. (et... t'es repartie au bout du quai quand même :) )

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  7. Moi je suis vexée que tu parles de #taloz (et de la visite de Nekko, merde, quoi) et pas de moi.

    Ça fait pas deux mois que je suis loin, j'existe déjà plus.

    Ingrate, vas!

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  8. @ Mott : j'espère que tu as rosi ?

    @ M'dame Jo : 1) je ne t'ai pas rencontré par twitter
    2) je prévois un billet sur le taloz et ses deux ans si j'arrive à trouver un mercredi de libre bientôt
    3) je t'aimeeeeuuuuuhhhh et tu me manqueeeeeeuuuuuh.

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  9. Sur les avantages par rapport à FB, je plussoie la réponse de funambuline à Armalite : en 140 caractères, même un tweet inintéressant, non pertinent, mal formulé et pas drôle ne prend que guère de temps à lire. Beauté (utilité, à tout le moins) de la contrainte.

    Autre plus non négligeable, on n'est pas forcé de suivre tous ses amis IRL – enfin, à moins que le présent billet ne les fasse tous arriver – et les relations sont non réciproques (je te suis, tu me fuis ; tu me suis, court-circuit).

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  10. @ Benoît : et l'autre gros avantage par rapport à FB, c'est l'absence de trucs du genre jeux débiles, "like", pokes, and so on. Donc le temps "bouffé" et moindre et beaucoup plus "profitable". En tout cas selon mon utilisation. Je reste sur FB parce que certains dont je veux des nouvelles ne sont pas sur twitter, sinon j'aurais annulé mon compte depuis longtemps.

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  11. Le rose n'existe pas ;) et toi tu es devenue pivoine? ;)

    Sinon, oui. Un peu.

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  12. J'arrive 24 siècles après la bataille parce que je ne voulais pas bâcler ma lecture, mais

    1 - je confirme que tu es une mauvaise personne
    2 - je reconnais forcément un paquet de réactions dans ton préambule
    3 - j'adhère à ton enthousiasme
    4 - quand est-ce qu'on boit ? :-*

    @MdameJo(je fayotte un peu) je n'oublie pas que c'est grâce à toi que j'ai fait la connaissance de Funambuline, finalement. Twitter est une bien jolie bulle :-)

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  13. 1- pffffff
    4- dès que possible très chère !

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  14. Ah, c'était donc ça, la signification du "Taloz" !!! Je me doutais bien que ça avait un rapport avec la boisson, mais je ne savais pas que c'était relié à Twitter ! Je fais aussi de super rencontres virtuelles qui passent parfois en mode réel, mais je me suis rendue compte dernièrement que j'avais trop tendance à négliger mes amis et mes proches (je prépare par exemple plus de colis pour des "inconnus" que pour des gens que je connais vraiment et ça, ça me fait tout bizarre) et j'essaie de rattraper le coup ! Mais ya bon réseaux sociaux, c'est sûr, d'ailleurs, tu m'as sauvé mes ongles (c'est ma manucure qui n'est pas contente mais mon porte-monnaie te dit merci) !!!

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