vendredi 11 novembre 2011

The Ides of March


The Ides of March (Georges Clooney, usa, 2011)


Avant de vous parler de Bruxelles, ma semaine ciné sur le thème : découvrons Ryan Gosling. Aujourd’hui je vous parle de la Cloonade et demain du trop-fameux-Drive-qui-n’en-méritait-pas-tant, et je vous ferai une conclusion sur Gosling en tentant de laisser ma culotte en dehors du débat, ce qui ne sera PAS facile. Bref.

The Ides of March (que je croyais absurdement traduit par « Les marches du pouvoir » en français, mais au final ce n’est pas si absurde que ça) nous parle d’un responsable de campagne politique des primaires démocrates aux Etats-Unis, rôle tenu par Ryan Gosling. Clooney  interprète le candidat et je suppose qu’il s’est octroyé ce rôle afin de pouvoir déclamer quelques propositions politiques tout à fait délicieuses et provocatrices qu’il a dû se régaler à jouer, ça se sent à l’écran.



Vous aurez pu lire partout que ce film est lisse et hollywoodien, je souscris également à ces analyses, mais sous couvert de son classicisme, il fonctionne. Clooney, le réalisateur, grandit, la narration est sobre mais enlevée, pas de bla-bla en trop, ni de scènes-inutiles-pour-être-sûr-que-tout-le-monde-comprenne-les-enjeux -trop souvent présentes dans la plupart des thrillers politiques classiques du genre-. Visuellement son œil s’aiguise ou il a appris à très bien s’entourer, ses cadrages sont impeccables, voire même carrément intéressants, il joue beaucoup avec les couleurs et les hors-champs, les lumières sont vraiment plaisantes (en particulier ses contre-jours qui appuient brillamment son propos). Comme beaucoup d’acteurs qui passent à la réalisation, sa direction d’acteur est brillante et son casting exceptionnel, Ryan Gosling est certes beau gosse, mais il prend une vraie profondeur et noirceur au fil du récit, je vous épargne mon admiration béate pour Philip Seymour Hoffman et Paul Giamatti, ce serait gênant. Les autres rôles sont plutôt bien incarnés, même si j’avoue mon désintérêt total pour Evan Rachel Wood (que j’ai pourtant apprécié dans Mildred Pierce).


Jusqu’ici on pourrait croire que j’ai adoré ce film, sauf que non. La musique est redondante et peu utile. Le scénario bien que correctement ficelé et offrant quelques surprises devient vraiment trop évident dès la moitié du film et je me suis un peu ennuyée sur la fin, malgré les rebondissements intéressants des 10 dernières minutes. Je suis sortie de la salle avec l’impression d’un film agréable mais trop lisse, un film où l’on passe un bon moment mais qui s’oublie vite. Malgré mon intérêt pour le discours politique sous-jacent de Clooney qui réussit à faire passer son profond engagement politique démocrate, tout en les taclant sur leurs faiblesses, sans jamais faire allusion aux Républicains.


Quelques jours plus tard (de l’avantage de ne pas écrire mes critiques dans la précipitation finalement) (ou comment s’excuser d’avoir aussi peu écrit durant ce mois de novembre) (mais j’ai des excuses) (et des bonnes) (enfin, surtout une) (je suis tombée amoureuse) (de Bruxelles) (what did you expect?) (je vous ai dit que j’aimais les parenthèses ?), je dois avouer que finalement ce film m’est resté intact en tête et que j’en ai reparlé plusieurs fois en m’interrogeant sur la manière dont sont traitées les motivations finales du personnage principal. Donc pas si lisse que ça au final… comme Ryan Gosling, dont je vous reparle demain, pour en dire encore du bien (mais pas sur le film).


Georges, je reviendrai et je me réjouis qu’il te reste une marge de progression, tu vas être un grand, chaton ! (J’appelle tout le monde chaton, ne t’inquiètes pas, mais pour toi, si tu veux, je trouverai un petit nom personnalisé, il suffit de m’envoyer un mail, ou m’appeler, promis, je suis discrète et j’adore les cochons. What else?)

Ce film ne passe pas le test Bechdel.

9 commentaires:

  1. t'appelles tout le monde chaton.... c'est marrant moi aussi... chouette analyse, merci! me réjouis d'aller voir de mes propres yeux.

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  2. et c'est qui qui se foutait de ma gueule quand j'appelais mes fils chatons?

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  3. Ah, she's back ! (moi ça serait plutôt minou, quoique non lapin enfin ça dépend)
    Tu me rappelles que je suis en manque de cinéma, c'est terrible.

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  4. Tu aurais mieux fait de parler de Bruxelles d'abord...

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  5. @ Tania : merci.

    @ Anaïs : certes.

    @ Nekko : en manque de cinéma, c'est pas bon, surtout que ça, on peut y remédier facilement...

    @ Mateusz : il est plus simple de coucher 2h de salle obscure en quelques lignes que 10 jours... je ne sais pas par quel bout aborder cette ville... mais je ferai un billet, promis.

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  6. J'ai été un peu déçue, je trouve les films précédents de Clooney meilleurs ; et m'y connaissant un peu en énergie, je ne suis pas sûre que son programme serait si bien accueilli de dans de "vraies" primaires démocrates. mais ça se laisse regarder; le rapport avec les ides de mars me paraît tiré par les cheveux, je trouve le titre français meileur même s'il manque d'originalité....

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  7. Vu à l'instant, j'abonde dans ton sens (Ryan a un très joli nez). Moi c'est le traitement de la "romance" que j'ai trouvé convenu. En revanche la noirceur a bien imprimé. Et oui, les directeurs de campagne sont géniaux ! Contente que tu m'aies titillée :-)

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  8. Mouaif... film super classique, bien interprété mais franchement pas mal de déjà vu qui font qu'à mes yeux, le film est dispensable.
    Le thème de la primaire où "on tire sur l'autre camp mais après il faudra soutenir le vainqueur quel qu'il soit" me parait pourtant super propice à faire un grand film.
    En film politique de la fin 2011, je préfère "L'Exercice de l’État" (j'ai aussi un plaisir coupable pour "La Conquête" en revanche je n'ai rien capté à "Pater")

    Le titre en anglais est un poil exagéré, y a pas de mort (fut elle symbolique)

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    1. Le "déjà vu" est le sens de mon classique hollywoodien ;-)

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