31/12/2025

Bilan des bonnes résolutions de janvier

En janvier 2025, je vous disais que j'écrivais ici mes bonnes résolutions surtout pour moi, c'était aussi très égoïstement pour pouvoir me rendre compte de ce que j'ai fait ou non, mais surtout ce que j'ai accompli pour en être fière, ou de prendre conscience des rythmes qui ne me conviennent pas pour trouver un meilleur fonctionnement avec ce que j'ai envie d'avoir dans ma vie. 

2025 a été une année imprévisible, la perte d'un job et un nouveau job, des questionnements de santé imprévus, un mois de septembre joker, un contexte politique révoltant au niveau local, national et international, pfiou. Je me suis autorisée à abandonner certains objectifs, mais d'autres m'ont bien aidée à prendre soin de ma santé physique et mentale et je ressors de cette année épuisante pleine d'énergie, d'inspiration et d'envies.

Voici la liste des objectifs réussis ou ratés avec quelques images pour me souvenir.

Et demain vous pourrez lire mes bonnes résolutions 2026 si vous avez besoin d'inspiration !

10/09/2025

Chouettes events de septembre à Lausanne

Après un printemps et un été complexes et studieux, la rentrée intensifie le rythme. Quand mon job était d’organiser des événements, je pestais contre la pléthore de concurrence. Aujourd’hui, je me réjouis de la richesse et diversité de la vie lausannoise. Je ne résiste pas à vous partager une petite sélection où vous risquez de me croiser avec des orgas supers qui méritent de la lumière !



©Dimitri Brooks / Murs à Dessins

Dès demain, et tout le week-end, c’est la fête à Mix ! 

Grâce à la super Fondation Murs à dessins, la station de M2 Bessière a entièrement été relookée avec les fameux personnages du regretté dessinateur lausannois Mix&Remix. 

Inauguration jeudi 11 dès 20h30 aux Grandes-Roches ce sera la fiesta. Avec mini-expo en bonus jusqu’à dimanche 14.

Il y aura aussi une visite de la cathé (le fait que Mix&Remix faisait partie de l’équipe des guets n’est un secret pour personne), expo, projections, atelier et apéro au Pyxis, et deux soirées au Bourg (avec certaines de mes Lausannoises préférées de l’univers).

Le programme complet

31/05/2025

Dead Drop

 


Lausanne, 2022, énième semi-confinement weird, on entre dans la routine précise de l’héroïne, volontairement en marge du système. Mais à peine le temps de la prendre en tendresse que le rythme s’accélère. Puis se complique et s’accélère encore, jusqu’à ce qu’on arrive au point final. Et merde, il va falloir attendre la suite.

L’autrice c’est La Gale, je pourrais la décrire comme elle décrit son héroïne, petite femme lausannoise qu’on rate facilement tellement son vélo passe vite. Mais ô combien elle ne passe pas inaperçue par contre, surtout quand on est fan.

C’est son premier roman et je trépigne d’impatience de lire la suite alors que je l’ai commencé et terminé cet après-midi. Courrez l’acheter.

Lausanne: certes. Le suspense: haletant. Le rythme: à dévorer. Mes surprises: j’ai tellement ri. Mais ce qui me reste c’est le nombre de thèmes abordés avec une érudition dingue et sans un faux pli. De la géographie humaine et physique romande, au commerce des matières premières, à l’immigration, la gentrification, la paupérisation, la police, le dark web, la drogue, le système social… et j’en passe pour ne rien spoiler. L’autrice a clairement recherchés ses sujets et nous donne l’air de rien des avis tranchés avec brio. 

Je n’ai pas toutefois pas été vérifier si une clé USB sort de la chaussure de la statue du Major Davel.

Lisez-le et motivez-la dans son écriture de la suite!

19/05/2025

Ascendant Beauf

 


Lu en 3h sur une terrasse sans pouvoir le lâcher des mains, le troisième livre de Rose Lamy provoque en moi des réflexions profondes qui vont me prendre du temps.

Après avoir été une de ses très nombreuses lectrices sur son compte instagram Préparez-vous pour la bagarre, j’avais dévoré son premier livre Défaire le discours sexiste dans les médias (2021) dans lequel, avec son style simple et percutant, elle m’a donné des armes très pratiques pour faire exactement ce que son titre promettait. Couplé à l’indispensable Génie lesbien de Alice Coffin qui parle elle de l’intérieur des médias, j’avais deux manuels pour m’aider à déconstruire ces discours que je subissais depuis longtemps sans les voir aussi clairement qu’après cette « formation ».

En bons pères de famille (2023) m’a permis d’affiner mes armes rhétoriques face à celleux qui osent encore des « le féminisme va trop loin ». Toujours aussi facile à lire, il m’a provoqué de nombreux moments Eurêka jouissifs. J’ai aussi été surprise par la manière dont Rose Lamy intégrait son cheminement intellectuel et personnel dans sa réflexion. Cette transparence courageuse donne encore plus de force à cet essai pourtant universel. 

La construction d’un esprit en lutte est un chemin. Le féministe en est un, l’anti-racisme, les luttes pour les droits LGBTIQA+, contre le validisme sont liés et doivent se construire en parallèle. Tout en comprenant nos propres biais profondément ancrés. Mais quand on se pense de gauche, et donc du « bon côté », nos oeillères sur le classisme sont opaques et puissantes.

Dans Ascendant Beauf (2025), Rose Lamy nous parle d’elle, de la diagonale du vide, de gentrification culturelle, et donc de nous.

« Je n’ai pas été convaincue du bien-fondé du féminisme grâce à mes connaissances intellectuelles, mais quand la lutte a débuté sous mes yeux, sur les réseaux sociaux. »

Ne lui en déplaise, son livre sera un excellent point de départ de réflexion du classisme culturel -mais pas que- pour moi. Pour déconstruire mes (nombreux) biais bien sûr. Mais aussi pour penser et panser mes traumas d’auto-dépreciation culturelle. 

Merci Rose.


Je le recommande à toute personne qui s’estime de gauche, qui a des goûts irréprochables, qui parle de terroir et fréquente des épiceries bio, qui pense que les études permettent de réussir ou qui a le privilège de s’autoproclamer décroissante. 

11/02/2025

Les meilleures séries 2023 - 2024


Le plein de séries pour tous les goûts avec pas moins de 30 propositions! 

J'avais promis cet article série en 2023... oups. Pour me faire pardonner, j'ai ajouté 2024, bien mélangé et voici the best of the best et des bonus de mes séries préférées, avec le subjectivité assumée que vous me connaissez.

En attendant l'année prochaine, si vous avez déjà tout vu (je ne vous crois pas), il y a ma page série, qui est une compilation gigantesque mais classée par thématique et ordre alphabétique. Promis, il y en aura au moins une (voire vingt) que vous n'avez pas vue!

Pour les séries sorties début 2023, c'est ici avec The Last of Us, Poker Face, Swarm, The Power, Grease: Rise of the Pink Ladies et 1923.

Et dernière info avant de commencer: je ne donne pas les plateformes sur lesquelles existent ces séries, d'abord parce que l'info est au bout du premier clic, ensuite parce que la guerre des plateformes m'énerve, enfin parce qu'il est facile de les trouver par d'autres moyens. Les torrents c'est la vie, arrrrrrr.

10/02/2025

Comment baisser le sel sans perdre le goût? Conseils

 

Plusieurs personnes autour de moi doivent limiter leur consommation de sel pour des raisons de santé. Mais limiter ne veut pas dire éliminer. (Si votre condition de santé dit d'éliminer le sel, seul mon 5e conseil vous sera utile.) 

Comment faire pour drastiquement baisser le sel dans notre quotidien sans perdre goût à la vie?

5 conseils pratiques que j'ai développé en cuisine pour baisser sans quantité de sel sans déprimer.

31/01/2025

Mes films préférés en 2024

 


Je n'ai pas souvent mis les pieds dans les salles obscures cette année, mais les quelques films que j'y ai vu méritaient l'écran le plus grand possible. D'autres films listés ici ne datent pas de 2024 mais je les ai découverts cette année. Faire cette liste ne m'a pas donné l'impression d'une année flamboyante, mais je suis très enthousiaste de ces films là, 2 ne sont là que pour le charme de leur histoire. Les autres ont tous des formes qui m'ont ravie et inspirée.
(Promis, je travaille dur sur ma liste de séries 2023-2024.)

22/01/2025

Nouveaux formats instagram 2025

Depuis sa création, instagram* change ses paramètres et fonctionnalités, mais c'est la première fois qu'ils changent l'éternel carré qui les a rendu reconnaissables au moment de leur croissance. Depuis plusieurs années, ils tentent si fort de ressembler aux applications de courtes vidéos sans y arriver que leur caractéristique reconnaissable disparait ces prochaines semaines. Vous avez peut-être vu avec horreur votre grille de profil être modifiée. 

Dans cet article, je vous explique: comment modifier votre grille de profil actuelle, comment créer des publications avec le nouveau format graphique instagram 2025 pour que les abonnés avec ou sans l'update puisse lire votre contenu, comment mettre en place canva pour la création de contenu instagram.

15/01/2025

Bonnes résolutions 2025

Baignade du 1er janvier à la plage de Paudex.


Les bonnes résolutions irréalistes ne fonctionnent jamais. L’idée d’une bonne résolution est de prendre une habitude au long cours. Celles des autres peuvent être culpabilisantes, ou au contraire inspirantes. Ou juste chiantes, mais c’est mon blog, alors si j'écris certains articles surtout pour les autres, j’écris celui-là surtout pour moi. 

En 2012, une de mes bonnes résolutions était de tester un nouvel ingrédient ou une nouvelle recette par mois, c’est super facile une fois par mois, surtout l’ingrédient. Je n’ai jamais arrêté. Ma culture culinaire s’est agrandie depuis de 144 nouvelles recettes et/ou ingrédients. (En vrai beaucoup plus parce qu’il y a des familles d’ingrédients et de recettes.)

Depuis cette bonne résolutions réussie qui m’a amené tant de plaisir, j’en fais chaque année. Ces dernières semaines j’en ai lues des inspirantes et j’ai décidé d’en prendre plusieurs dans différents domaines. Mes bonnes résolutions sont toujours très réalisables, car je suis du genre à culpabiliser et tout abandonner si je rate, mais à adorer dépasser un objectif…


Créativité

- Créer 1 objet par mois. (Peinture, broderie, sculpture, collage, modelage, raccomodage visible, déco, peu importe, mais je dois utiliser mes mains.)

- Publier 1 texte par mois sur ce blog. (Quand j’aurai publié celui-ci j’aurai pris de l’avance, je bosse aussi sur mes top ciné/séries 2024.)

- Aller voir 6 expositions.

- Apprendre une nouvelle technique créative.


Santé mentale/physique

- Me baigner 3x par mois.

- Marcher vite 15 minutes 3x par semaine. 

- Ne pas boire 3 mois dans l’année: dry january, mai sans picoler, octobre sobre. 

- Maximum 1 soda par semaine.

- Faire ENFIN mes $%#€&%*£# d’ourlets de rideaux.


Job/admin

- Organiser mon déménagement de google (donc créer un site pour déménager ce blog).

- Héberger toutes mes recettes et astuces instagram sur mon blog (pour ne plus dépendre de meta).

- Relancer ma newsletter. 

- Tenir ma compta pro 1x par mois.

- Synchroniser mon téléphone et trier mes photos 1x par mois. 


Tout ceci me parait largement tenable, j’ai déjà commencé certaines de ces habitudes il y a quelques mois. Je me réjouis d’en faire le bilan en 2026 pour voir celles qui se seront durablement inscrites dans ma vie. (Et si mes rideaux auront des ourlets.) 

28/04/2024

Mes films préférés en 2023

2023 est une année étrange pour le cinéma et les séries car elle a vu 6 mois de grèves de scénaristes et acteurices aux USA. Iels réclamaient des paiements pour les projets à succès en streaming, ce qui a été obtenu. Symptomatique d'un nouveau paradigme de diffusion et production qu'on voit ces dernières années. Passionnant, mais ce n'est pas le sujet du jour. Cette grève a provoqué une petite baisse dans la quantité de productions, ce qui a permis de se tenir plus ou moins à jour de ce qui sortait de mieux. J'ai donc vu de très nombreux films de 2023 avant la fin de l'année (en faisant un petit rattrapage fin décembre et début janvier) et je n'ai pour une fois pas l'impression d'avoir raté 99% de ce qui est sorti.

En 2023, j'ai vu 156 films ou séries (sans compter mes doudoux que j'ai revus mais pas renotés). Comment je fais mon tri? Chaque fois que je vois quelque chose, je le note sur mon profil IMDB. A la fin de l'année, je reprends mes ratings pour faire un top de mes préférences (les films ou séries qui ont obtenu au moins 8/10). 

Voici mes 11 films de 2023 préférés. Et quelques films notés 7/10 qui pourraient vous plaire.
J'essaierai de publier la même chose pour les séries 2023.

Barbie (G. Gerwig, USA, 2023) 10/10

Je ne mets jamais 10 à des films, mais celui-ci, parce qu'il est fait par des femmes, avec des femmes, pour des femmes, a évidemment subit des attaques de masculinistes sur toutes les plateformes pour faire baisser sa note: j'ai donc adapté la mienne. Mon sentiment réel est que ce film mérite un très bon 8/10. Pourquoi? Scénario original, casting incroyable, décors et costumes fabuleux, musique parfaite, joie en le regardant 28/10. Tout a été dit sur ce film, des gens ne l'ont pas vu juste par snobisme. C'est un tort, il est formidable, c'est devenu mon doudou. Je l'ai déjà vu 4 fois (sauf la chanson de Ken que j'ai déjà vue environ 10'000 fois) et je vais continuer. 

Détail bonus: meilleure bataille sur la plage de l'Histoire du Cinéma.


Past Lives (C. Song, USA & South Korea, 2023) 9/10

Je vole un mot de Marika Galman: ce film est doudouloureux. Terriblement doux, terriblement douloureux. Les émotions pourtant contenues et retenues percutent en plein coeur. Je vais dorénavant voir tout ce que fais la réalisatrice, Céline Song. Ce film est un chef d'oeuvre de subtilité d'une grande beauté. Rien que de revoir cette image pour créer cet article me met presque les larmes aux yeux.


Nyad (J. Chin & E. Chai Vasarhelyi, USA, 2023) 9/10

L'eau est mon élément favori. J'ai nagé et plongé en mer. J'ai navigué. Je l'aime, je la respecte et elle me fait peur. Ce biopic raconte l'histoire d'une nageuse, Diana Nyad, qui veut rejoindre à la nage Cuba à la Floride, record raté dans sa vingtaine, elle décide de le retenter dans sa soixantaine. La réalisation nous plonge dans l'eau avec elle et nous fait vivre tous les doutes de son équipe et toutes ses souffrances physiques extrêmes. (J'en ai fait de cauchemars de mauvais souvenirs personnels dans l'eau, entre plongées et requins, brrrrr.) Les deux protagonistes sont fabuleusement incarnées par Annette Bening et Jodie Foster.

Détail bonus: au-delà de la maestria de la réalisation et du jeu des actrices, voir des histoires de femmes de 60 ans, incarnées par des femmes de 60 ans, ça fait du bien aux yeux. 


La passion de Dodin Bouffant (Anh Huong Tran, France-Belgique, 2023) 8/10

Si c'est Benoît Magimel qui incarne le rôle titre, c'est Juliette Binoche qui nous envoûte. Elle est la cuisinière de ce bourgeois gastronome, que dis-je passionné de gastronomie, avec une volonté claire: profiter des saveurs que lui offrent sa campagne française. Je connais l'histoire de Dodin Bouffant depuis longtemps, j'aime beaucoup que ce personnage de la littérature gastronomique, j'ai adoré la BD du même titre sortie il y a quelques années. Mais ici, la magicienne de la cuisine, Eugénie Chatagne, on en tombe amoureux aussi vite et aussi fort que Dodin Bouffant. Je crois que 75% du film se passe en cuisine, c'est réaliste pour l'époque, les gestes sont parfaits, Juliette est parfaite, la lumière est parfaite et je suis amoureuse de Benoit Magimel depuis que j'ai 12 ans. Ma note est peut-être un peu plus haute que ce que sera la vôtre, mais j'ai adoré ce film.


Poor Things (Y. Lanthimos, Ireland-UK-US, 2023) 8/10

Il y a tant de références dans ce film, propulsées les unes contre les autres et éclatées au sol que je ne le comprends pas, mais que je l'ai adoré. Bella (Emma Stone) est la créature d'un savant fou (Willem Defoe) qui l'observe depuis sa "naissance". Mais Bella grandit et Bella ne veut plus tourner en rond (en tricycle) dans la maison "familiale" (aux dimensions complètement chtarbées). Le film change de focale, littéralement j'entends, il change d'objectif sur la caméra et de dimension d'image, à plein de moments. Il change de style aussi. Et de colorimétrie. Et je n'ai toujours pas compris ce que j'ai vu. Mais j'ai adoré.

Si vous avez vu The Lobster et que vous vous souvenez de ce sentiment étrange et indescriptible qui vous a assailli, Poor Things (dont je n'ai toujours pas compris le titre non plus) est du même réalisateur, qui a pris de l'assurance et nous embarque dans les circonvolutions de son imagination. Dingue.

Bonus: l'univers visuel est juste sublime, chaque décor est une oeuvre d'art.


Anatomie d’une chute (J. Triet, FR, 2023) 8/10

Peut-être en avez-vous entendu parler sans comprendre pourquoi il fait autant de bruit, il a en effet été de toutes les remises de prix internationale jusqu'aux Oscars. C'est l'histoire banale d'un couple avec un enfant et un chien qui vivent dans une petite ville de montagne. Un jour le père chute du 3e étage de la maison et meurt au sol. Il est retrouvé par leur fils, aveugle et leur chien. La police arrive et la mère est soupçonnée de l'avoir poussé. Elle se dit innocente. On les suit jusqu'à la fin du procès.

Encore une réalisatrice qui nous force à nous gratter là où ça grince avec une subtilité dérangeante. Les scènes de couples sont désagréablement réalistes. L'actrice principale, Sandra Hüller, arrive à montrer 5 émotions contradictoires tout en se retenant de montrer quoi que ce soit. Elle est dingue. Et j'ai été époustouflée de la retrouver dans un autre film extraordinaire de 2023: The Zone of Interest.

Ce film a l'air banal, calme, lent. Et pourtant il est d'une justesse rare et reste ancré en nous sans possibilité de s'en défaire. J'y repense très souvent.


The Zone of Interest (J. Glazer, US/UK/Pologne, 2023) 8/10

Une goutte d'eau glacée qui vous descend le long de la colonne vertébrale un soir glacé de novembre, voilà ce que fait ressentir ce film. Lui aussi présent de toutes les cérémonies de prix, vous en avez forcément entendu parler. La famille d'un officier SS vit à côté d'un camp d'extermination dont on ne voit que les murs. Son épouse a créé un magnifique jardin et une maison idéale, ou tout est propre et à sa place, avec des tons pastels et des motifs fleuris. Pour elle l'opportunité est unique: grâce à ce poste, leur famille a enfin les moyens d'avoir une telle propriété, ils grimpent de classe sociale, elle ne le laissera pas abandonner cette chance.

Au-dessus du mur, la fumée des fours. Et le bruit, très atténué mais constant, du génocide qui se passe de l'autre côté du mur. Impossible de ne pas voir ce reflet de la situation actuelle où un gouvernement extermine un peuple qu'il considère comme inférieur et problématique et où la majorité d'entre-nous, même si nous percevons ce bruit et ces horreurs, continuons notre vie quotidienne.

Un film très dur à voir et indispensable. Et Sandra Hüller y est à nouveau extraordinaire. Je ne connaissais pas du tout cette actrice il y a un an, je ne l'oublierai plus.


Asteroid City (W. Anderson, USA, 2023) 8/10

Personne n'est insensible à l'univers visuel de Wes Anderson, je fais partie de ceux qui aiment. Que deux films parlent de bombes atomiques dans le désert en 2023 est peut-être un signe. Pour ma part j'ai préféré la version technicolor-poétique d'Anderson à la version désaturée-torturée de Nolan. Il y a tout: Steve Carrel, Scarlett Johansson, le désert avec des fonds peints à la main comme dans Barbie, du surréalisme, des extra-terrestres, des enfants qui font des bêtises, la parodie du rêve américain, et des cadrages que j'aimerais encadrer pour décorer mon appartement. Une vraie friandise, dans mon top 5 des Wes.


Killers of the Flower Moon (M. Scorsese, USA, 2023) 8/10

Scorsese continue son exploration de la personnalité de l'Amérique en s'intéressant aux Grandes Plaines. C'est avec beaucoup de méfiance que j'ai vu ce film sur l'histoire vraie d'un peuple autochtone racontée par un homme blanc, et j'en suis sortie avec une admiration renouvelée pour ce monstre du cinéma qu'est Martine Scorsese. Non seulement l'histoire est passionnante et ses multiples personnages fascinants, mais ça on savait déjà qu'il savait le faire, mais en plus son respect pour les Osages est présent dans toute les étapes de construction de son film (donc avec eux et pas malgré eux).

La séquence finale du film, documentaire, m'a envoûtée et je suis restée béate devant mon écran après plus de 3h30 de film. Je l'ai revu. Quelle oeuvre incroyable au service d'une actrice, Lily Gladstone, qui impose sa présence avec un calme et une force sereine. Grande année pour les actrices. Leonardo di Caprio disparait presque dès qu'elle est à l'écran.

Je sais qu'il est long, et lent, mais si vous avez un après-midi pluvieux de flemme à passer, offrez-vous ce plaisir.


Nimona (N. Bruno & T. Quane, USA, 2023) 8/10

Un monde médiévalo-futuristique: yes please. Un duo avec un très renfrogné et une toute excitée et donc insupportable: yes. Des couleurs dans tous les sens et des émotions non niaises: take my money. La voix de Riz Ahmed: râh lovely.

Nimona est une explosion chaotique pleine d'action qui n'oublie pas de parler de sentiments profonds et de thèmes ardus et abordés de manière subtile. De l'acceptation de soi,  de la richesse de la différence, de la force de l'amitié. Je le recommande très très très vivement en feel good movie. (Ce qui peut être indispensable après certains des films présentés plus haut...).


The Holdovers (A. Payne, USA, 2023) 8/10

Je n'y croyais pas trop malgré les critiques dithyrambiques, et j'ai été séduite comme chaque personne qui a vu ce film. Un internat mais pas trop bourge, un ado fâché mais surtout triste de se sentir abandonné, un prof tellement de mauvaise humeur qu'on croirait que c'est sa personnalité (Paul Giammati est un trésor), une cuisinière en deuil, ces quatre ingrédients ne respirent pas la fraicheur et la tendresse. Et pourtant sous la réalisation d'Alexander Payne c'est exactement ce qui nous est servi. Et non, ce n'est pas un film sur la solitude. C'est un film sur l'écoute, sur le fait que chaque humain a quelque chose de précieux à nous apporter, et sur le potentiel de la gentillesse. Parfait film de Noël.


Quelques autres pépites de 2023:


  • Saltburn (E. Fennell, USA & G-B, 2023) 7/10
Je ne sais pas si je m'en suis remise. En tout cas Sophie Ellis-Bextor ne s'en remet pas, un film et sa carrière est relancée pour toute une génération. Ce n'est pas anodin, le moment où elle retentit dans le film est le moment précis où on prend conscience de ce qu'on vient de voir. Il y en a eu des meurtres sur ce dance-floor, le héros nous a entraîné avec lui dans sa quête psychopathe alors qu'on pensait observer une critique de la bourgeoisie anglaise. Vicieux, malsain, brillant. Mais si beaucoup retiennent l'acteur principal (Barry Keoghan, impressionnant mais malaisant), moi je continue à tomber amoureuse de Rosamund Pike qui excelle dans les rôles de femmes froides.

De la science-fiction avec des visuels façon Rogue One et Andor, je suis preneuse. Un soldat un peu samouraï, un peu Aragorn, qui a une mission pour empêcher la guerre totale entre les humains et les robots, vendu. Et si en plus l'action est top, le rythme presque essoufflant et les effets spéciaux sont uniques et tellement bien faits qu'on les oublie, ça donne The Creator. Je l'ai revu, je le reverrai.
Je vous recommande d'ailleurs tous les films de ce réalisateur, Gareth Edwards, c'est justement lui Rogue One, mais aussi Monsters qui est dingue et presque inconnu.

Une famille partie en week-end se retrouve coincée dans la maison de location avec les propriétaires qui reviennent en urgence alors que c'est l'apocalypse. Une cyberattaque a paralysé tout le pays et personne ne comprend ce qui se passe. Mais il y a Julia Roberts, Mahershala Ali et Ethan Hawke qui tentent très très fort de ne pas paniquer, et c'est tout à fait jouissif.



Dites-moi en commentaire si un film sorti en 2023 est exceptionnel et m'a échappé !
(Mais attention, il est possible que je l'ai vu et que je le trouve juste meh, genre Oppenheimer: meh, 7/10)