31/08/2016

Qui suivre sur instagram ? Sélection origami !



Non, la cuisine, les séries, la broderie, le vernis à ongle, le cinéma, le tape art, mon mari ce n'est pas assez comme passions, il manquait l'origami, dont je vous ai très rarement parlé. J'avoue le pratiquer peu souvent, c'est comme la broderie, au bout d'un moment il faut trouver quoi en faire. Mais je me régale les yeux et le cerveau sur instagram avec des comptes spécialisés. Petite sélection parmi les milliers de comptes de professionnels de l'origami (oui, il y a des professionnels de l'origami).




Mon chouchou, peut-être parce qu'il est Suisse, peut-être parce qu'il fait des rhinocéros extraordinaires, peut-être parce que son travail sur le dépliage me fascine. C'est aussi un des moins connu, à découvrir sur instagram, ou dans un musée où il produit parfois des pièces grandeurs natures impressionnantes. C'est également un des rares artistes dont j'ai une oeuvre à la maison.


Compte d'une artiste parisienne, qui a également une boutique Etsy où je dirais non à aucun des objet (n'y allez jamais, ou alors après avoir mangé votre carte de crédit et oublié votre code). J'aime la douceur et la légèreté qui se dégage de ses images, ses mises en scène simples et amusantes, et comment elle voyage parfois avec ses pièces.


18/08/2016

Lemonies ou comment faire de la pâtisserie américaine



Internet c'est la plus belle invention du monde pour les amateurs de cuisine, on peut aujourd'hui trouver des recettes de partout sur la planète. Une des blogosphère les plus active est la blogosphère culinaire, c'est une mine de recettes, parmi lesquelles il faut séparer les joyaux du charbon. Le plus intéressant pour moi, c'est découvrir des recettes venues d'ailleurs, Asie, Amérique du Nord et Latine, Afrique, Océanie ; en théorie, plus aucune cuisine n'est impossible à atteindre, même celles qu'on n'a jamais goûtées auparavant ! 

Mais ce serait oublier les différences culturelles que de dire qu'elles seront toutes faciles à reproduire. A la difficulté à trouver certains ingrédients, s'ajoute une des plus récurrente : le fait que certains pays résistent encore et toujours au système métrique.

En Europe, nous avons tendance à calculer la masse de nos aliments en les pesant, ce qui rend la pâtisserie un peu fastidieuse pour les néophytes. Dans les pays qui n'utilisent pas le système métrique, comme les Etats-Unis, les mesures sont faites en volume, c'est beaucoup plus rapide, et moins impressionnant pour un débutant, de remplir une tasse de farine que de peser 125gr de farine.

Ce qui implique également des cultures pâtissières très différentes des deux côtés de l'Atlantique. De notre côté on a toujours l'impression que la pâtisserie se doit d'être d'une précision grammesque infaillible, que le moindre petit changement va faire rater toute l'opération. C'est effectivement le cas pour certaines réalisations techniques (Esme, si tu me lis, bisous), mais pour la plupart des "gâteaux de ménagères" (bienvenue dans les années 50) on peut allègrement opérer des substitutions, ou décider de baisser la dose de sucre ou de gras dans certaines recettes (surtout celles qui viennent de l'autre côté de l'Atlantique).

Si vous trouvez une recette que vous avez envie d'essayer, mais qu'elle est rédigée avec des "cups", deux solutions : convertir les "cups" en grammes et litres, ou s'acheter un set de "cups" à l'américaine.

Je vous propose une troisième alternative : créer une "cup" avec ce que vous avez dans vos placards. Ce qui va vous prendre 10 minutes environ, et vous serez parés pour toutes vos prochaines envies de pâtisseries US trouvées sur pinterest.


17/08/2016

Saype, graffiti géant sur herbe



Saype est un jeune artiste jurassien (originaire du côté français, mais vivant et travaillant du côté suisse depuis plusieurs années). Il a commencé par le graffiti, puis fait des toiles, peint sur plexiglas, et son nouveau support, depuis un peu plus d'un an, c'est l'herbe. Il fait du graffiti sur herbe, avec de la peinture entièrement biodégradable, évidemment. Il a inauguré sa dernière oeuvre le 31 juillet, sur une pente de la Berneuse, au-dessus de Leysin. Elle y est encore visible pendant quelques jours, au gré de la météo, des bêtes qui la piétinent et des taupes. 


Pour y monter, se rendre à Leysin, prendre le télécabine de la Berneuse, et vous tombez dessus, pour la voir de plus près il est possible de descendre quelques centaines de mètres. Vous pouvez également y monter à pied, évidemment. Pour choisir votre jour, c'est simple : le plus vite possible avant que l'oeuvre ne disparaisse, la météo et l'état de l'oeuvre sont visibles sur cette webcam. Mais même avec quelques nuages, c'est tout à fait faisable, au pire, le restaurant et le bar-snack peuvent vous accueillir en attendant une accalmie.



Arrivée en haut
1h plus tard


Ce berger allongé dans l'herbe fait une superficie de 10'000 mètres carrés (ce qui équivaut à deux fois la place de la Riponne). C'est gigantesque. Je m'y suis rendue le 10 août, son oreille était un petit peu rongée, mais la peinture était toujours très en forme. Et le panorama est extraordinaire.


Je suis fascinée par le Land Art qui peut prendre toutes sortes de formes, dont celle-ci. La prouesse technique et l'intention de l'artiste me séduisent énormément ici. De manière purement esthétique, je ne suis pas passionnée par cette oeuvre précisément. Mais de la voir dans "son habitat naturel" est une très belle expérience et je suis ravie d'avoir fait le déplacement. 



Ce berger géant est allongé sur une pente qui est entourée de traces humaines, télésièges, mini-lacs artificiels, village abandonné, chemins tracés pour les randonneurs et les cyclistes, restaurant panoramique-tournant-qui-se-la-pète, mini-ménagerie pitoyable avec animaux mal en point. C'est la montagne pour les non-montagnards (dont je suis), la montagne paysage et fromage fondu. Le contraste entre le sujet et son emplacement provoque des dizaines de réflexions passionnantes et critiques. L'oeuvre touche donc son but !

La montagne, c'est souvent encore plus beau quand il y a des nuages. #cloudappreciationsociety

Merci copine pour cette chouette journée.


09/08/2016

Légumes rôtis au miso



J'adore les légumes rôtis au four. La plupart des pommes de terre que j'achète finissent de cette manière, j'avais d'ailleurs déjà écrit un article sur la facilité de ce procédé et sa déliciosité (j'invente des mots si je veux). Puis je suis tombée sur pinterest sur cette sublime image du blog A Spicy Perspective, des légumes rôtis avec un glaçage au miso blanc, je devais essayer, j'ai évidemment changé un peu la recette (je ne peux pas m'en empêcher).

Source : A Spicy Perspective

Le résultat est extraordinairement bon. Un délice absolu, et pour une fois sur ce blog, c'est même végétalien et sans gluten. Enfin personnellement, ce qui m'importe est que c'est surtout très très très bon. C'est aussi une recette extrêmement facile à réaliser, même par des débutants. La plus grande difficulté est, je crois, de bien laver les légumes, à la portée de tous.

05/08/2016

Falafels maison faciles


J'adore les pois chiches, ce n'est pas un secret, j'ai déjà écrit plusieurs articles à leur propos. Dans l'un d'eux j'explique combien il est facile et surtout bien meilleur de les cuire plutôt que de les acheter en boîte et je dis que "toutes les recettes de pois chiches commencent de la même façon : la cuisson". Oh combien j'avais tort.

Le secret que je viens d'apprendre grâce au merveilleux blog The Food Lab, c'est que pour faire des falafels qui soient croustillants dehors, mais moelleux dedans, et surtout hyper goûtus, c'est de les faire avec des pois-chiches crus !

Mais comment, pourquoi, combien ?
  • Une fois que le pois-chiche a trempé suffisamment, il n'absorbe plus d'eau à la cuisson, donc n'en a pas besoin pour cuire.
  • Cru et mixé il développe de l'amidon qui va faire "coller" les boulettes sans avoir besoin d'ajouter de liant (un liant ça colle, mais ça n'a pas de goût).

Voici la recette, testée et approuvée, et surtout hyper facile à réaliser, même si elle prend un peu de temps.

Ingrédients


  • 300 grammes de pois-chiches crus
  • 300 grammes d'herbes fraîches : persil, coriandre et menthe sont obligatoires, mais on peut ajouter de la ciboulette, de la livèche, du thym, du cerfeuil, de la verveine-citron, etc. 
  • une botte d'oignons nouveaux, les plus petits possible, n'utiliser que le blanc et vert très clair
  • 2 gousses d'ail frais
  • 1 cc de cumin
  • 1 cc de graines de coriandre
  • 1 cc de sel (il en faudra un peu plus à la fin de la cuisson)
  • de l'huile neutre pour frire


Ustensiles indispensables


  • un mixer puissant (non, un mixer plongeant n'est pas un mixer efficace, il ne sert qu'à mixer du liquides, ici il faut un mixer, un vrai)
  • une grande poêle à bords hauts
  • un grand saladier

04/08/2016

Stranger Things




Mais le plus délicieux, ce n'est pas cette érudition cinéphile, car en soit elle n'apporterait pas grand chose, mais le fait que le rythme, les dialogues, les lumières, les décors, les acteurs, tout pousse à ressentir exactement la même terreur bleue volontaire et jouissive que l'on ne pouvait ressentir qu'à 8 ans en regardant un des films cités ci-dessus. Cette série rend hommage en utilisant les mêmes travers, en nous remettant dans la position du spectateur de VHS : toutes lumières éteintes, les pieds bien relevés car on ne sait plus vraiment ce qu'il y a sous le canapé qui pourrait nous attraper les pieds.


21/07/2016

Qui suivre sur instagram ? La sélection crétine de l'été



Oboï, comme dirait mon mari, presque un an sans article dans cette série, je m'en veux beaucoup. J'avais un peu l'impression que tellement de monde s'est mis à instagram depuis 2015 que ce n'était plus la peine... mais finalement, ce genre de sélection m'amuse, surtout si on ne les prend pas trop au sérieux. Ce qui tombe à point, c'est l'été. Vous vous souvenez quand on lisait des magazines crétins sur la plage avec des section people et des tests ridicules ? Les tests se retrouvent sur facebook (Quel personnage de Game of Thrones es-tu ?), la section people aussi, sauf si facebook a décidé que la seule chose qui t'intéresse dans la vie c'est -dans cet ordre- la bouffe, les crétineries, instagram, les anniversaires des "amis" que tu n'as jamais rencontrés de ta vie. 

Bref, tout ça pour vous dire que j'ai décidé de vous faire une sélection des comptes instagram que je suis parce qu'ils m'apportent une bouffée de légèreté, de crétinerie et de peopleitude dans mon fil. Il me semble qu'en ce moment on en manque, de légèreté, alors en voici une petite dose.



D'abord, la moins stupide de tous, Simone Giertz, inventeuse de robots merdiques, comme le robot à applaudir, la casquette distributrice de popocorn directement dans votre bouche, le drone-coiffeur ou encore le robot à rouge à lèvre. Une femme qui met tous ses talents intellectuels et son expérience d'ingénieure au service de la crétinerie, ça s'applaudit.

09/07/2016

Le marché de Lausanne



En 2012, j'avais fait un article sur le marché de Lausanne. Il est temps de remettre à jour cette visite guidée. Vous trouverez dans ce trop très long article : 

  • les informations pratiques sur le marché de lausanne
  • mes stands préférés
  • mes produits préférés
  • des astuces pour bien faire le marché
  • un exemple de retour de marché d'été avec son budget

Il est évident que je ne connais pas par coeur tous les stands. D'abord parce que le marché est tentaculaire : il s'étend de la rue de Bourg, à la rue Saint-François, la rue du Pont, la place de la Palud, la rue Saint-Laurent, la rue de la Madeleine, la place de la Riponne et la rue de l'Ale. Ce qui selon google maps fait plus d'un kilomètre de long, sans compter les replis, les recoins, les zigzags entre les stands. 



Mon parcours à moi est plus court (google me dit un peu plus de 500m), je me "contente" de la rue Saint-Laurent (celle qui descend depuis la place St Laurent vers la Palud), de la place de la Palud, de la rue du Pont, puis je remonte et termine à la place de la Riponne en passant par la rue de la Madeleine. Pourquoi ce parcours-là ? Parce que j'arrive au centre-ville depuis l'Ouest, donc à Bel-Air, et que je tiens à commencer mon marché par les maraîchers. Je vous expliquerai les raisons plus bas.

Si je ne connais pas tous les stands, c'est aussi parce qu'il y en a deux catégories : les stands fixes, qui sont là toute l'année, depuis des années, le mercredi matin (8h-14h30) et le samedi matin (8h-14h30) et les "stands volants" qui ne sont là que certaines saisons ou parce qu'ils débutent leur activité et viennent se faire connaître des consommateurs, ou encore parce qu'ils ne viennent traditionnellement qu'une fois par mois.

Si je fais un marché "normal" sans trop papoter avec les gens qui tiennent les stands, j'en ai pour moins d'une heure pour remplir mon chariot. En général, vu que je commence à avoir mes habitudes et qu'ils adorent tous répondre à des questions, ça me prend plutôt 1h30-2h. Mais c'est parce que j'adore ça, à chaque visite je découvre quelque chose.

Que trouve-ton au marché de Lausanne ? De TOUT. Inventaire en vrac :

  • des fruits et légumes locaux
  • des fruits et légumes exotiques
  • des épices
  • des noix
  • des olives
  • de la volaille (dont du canard et des cailles), du boeuf, du porc sous toutes ses formes des oreilles au pied, de l'agneau, de la charcuterie suisse, espagnole, italienne et française
  • du poisson
  • des centaines de fromages suisses et de partout en Europe (Italie, France, Angleterre, Espagne, etc.)
  • du lait et de la crèmerie diverse et variée de vache, chèvre et brebis (mmmmh les yoghourts de brebis !)
  • des champignons sauvages ou d'élevages, locaux ou d'importation
  • des spécialités italiennes fraîches (il doit y avoir au moins 50 sortes de raviolis)
  • du nougat
  • de l'ail violet et plein de spécialités provençales importées ou préparées par un passionné
  • des fleurs locales ou importées
  • de l'huile artisanale, d'olive, de colza, de noix, de noisette, etc. 
  • de la bière artisanale locale
  • des empanadas chiliennes
  • des sauces piquantes
  • des pâtisseries japonaises
  • des pâtisseries libanaises
  • du jus de gingembre
  • du chocolat
  • du miel
  • du vin
  • des confitures et sirops artisanaux
  • du cidre

J'en oublie certainement. C'est d'une richesse inouïe, mais c'est aussi très difficile de s'y retrouver car il est impossible de tout goûter, ou alors ça prend plusieurs années. Ça tombe bien, ça fait plus de 10 ans que je vis à Lausanne et que je fais le marché de manière régulière, j'ai donc testé énormément de stands différents. Et plus ça va... plus je continue à fréquenter les mêmes.

Commençons par quelques conseils aux néophytes du marché et tordons le cou à quelques idées reçues.

Faire le marché ça coûte cher ? FAUX


Ou alors tu habites à New York et le "farmer market" de ton quartier fait payer ses micros asperges 25$ la mini-botte parce qu'il y a des crétins assez tordus pour acheter ça. En Europe, en général, faire le marché ne coûte pas plus cher qu'aller au supermarché. Au contraire !

Action permanente dans la bonne saison pour les salades chez Cuendet

Prix "migros" (sur leshop.ch le même jour que la photo du marché)

C'est surtout moins cher en ce qui concerne les fruits et légumes. A moins que tu n'achètes que des ananas et des pastèques. Mais le but du marché est de consommer des produits locaux !

D'abord parce que du coup ce sont des produits de saison, donc à pleine maturité, donc avec le meilleur goût possible. Ensuite parce que des fruits et légumes de saison et locaux ont un bilan CO2 minime (très peu de transports, pas de culture en serre, etc.), et ça c'est bon pour ton porte-monnaie et ta planète. Finalement parce qu'entre l'agriculteur qui cultive sa tomate et toi qui vas la manger, il n'y a aucun intermédiaire. La main qui a cueilli la tomate est celle qui te la donne, c'est pas magique ça ?

Bon, soyons réaliste, ce n'est pas le cas sur tous les stands, il y a beaucoup de stands d'importateurs/grossistes, beaucoup de stands tenus par des vendeurs saisonniers. Beaucoup de stands qui te bullshit à grand coup de "c'est tout bio madame regardez cet énorme bourgeon vert sur notre drapeau géant et venez acheter nos aubergines en février". Dans ces stands-là, oui, tu peux te faire avoir et payer plus cher. Mais si tu sais où aller, c'est-à-dire chez les meilleurs artisans locaux, tes fruits et légumes seront bien meilleurs et vraiment moins chers.

Pour le reste, à toi de faire attention, de ne pas craquer sur la totalité des stands, ce qui n'est pas facile. Prévoir un budget fixe est une bonne idée. Par exemple CHF 80.- pour une semaine pour deux, pour tout le frais (fruits, légumes, viande, poisson, produits laitiers) au début, pour découvrir le marché. Quoi ? CHF 80.- c'est énorme ? Non. Tu achèterais peut-être moins de frais à la Migros, mais tu vas avoir envie de cuisiner plus souvent. C'est pas donné, mais tu as acheté uniquement des produits artisanaux directement à leurs producteurs.

Ce qu'il y a de plus cher, ce sont évidemment les produits laitiers et la viande. Mais tu es sûr que tu as bien affaire à des productions paysannes, artisanales, de qualité. Et tu as des conseils personnalisés de cuisson ou d'assemblage. Et ça, c'est gratuit, cadeau, en plus, juste pour le plaisir.


Dans un monde idéal, il s'agirait d'acheter très régulièrement des produits frais. Juste la bonne quantité. Pour ne jamais rien jeter et toujours consommer ces produits au meilleur de leurs qualités gustatives et nourricières. Faire le marché deux fois par semaine, et acheter le peu qu'on n'y trouve pas au supermarché une fois par mois. Cet idéal, pas facile à atteindre, permet en plus de cuisiner plus souvent et d'éviter les tentations de malbouffe industrielle. Si on pousse cette réflexion, le marché c'est donc meilleur pour le budget, meilleur pour l'équilibre alimentaire, donc meilleur pour la santé. Et c'est aussi indéniablement meilleur pour le moral que de pousser un caddie sous des néons entouré de produits sous plastique.

06/07/2016

La pétanque inter-bistrots


Les amis de la Brasserie de Montbenon ont eu une riche idée : organiser un tournoi inter-bistrots. Ils ont eu l'autre excellentissime idée, inviter Lausanne à Table à faire une équipe. Alors avec Georges (notre trésorier), Alessandra (membre du Comité), Yann (+1 de celle qui vous écrit et néanmoins membre de l'assoc) on a mis nos plus beaux tshirts et on est venu s'amuser avec les bistrotiers lausannois. T'cheu c't'équipe.

28/06/2016

Agriculture urbaine en Suisse


L'agriculture urbaine, qu'est-ce que c'est ?



Des fermes en ville ? Des jardins potagers pour les citadins ? Des toits végétalisés et producteurs d'aliments ? Les balcons qui ont moins de géraniums mais plus de tomates ? Des ruches urbaines ? Des élevages de poissons ou autres animaux en ville ? De la production agricole gérée par des communes ? Des ronds-points ou contours d'arbres avec des choux au lieu de fleurs ? Des modes de productions extrêmement techniques pour nourrir les mégalopoles de la planète ? Des fermes verticales ? Des fermes dans des containers ? Des moutons qui tondent les pelouses ?

La High Line est un parc installé à New York le long d'une ancienne voie de train suspendue désaffectée.

Oui, sous l'appellation "agriculture urbaine" on retrouve tous ces concepts, et bien d'autres. Il y a des exemples d'une grande diversité sur toute la planète et ces "mouvements" (quoique ce soit souvent des initiatives individuelles qui se fédèrent ensuite en se rendant compte qu'elles peuvent apprendre les unes des autres plus que des mouvements organisés et fédérés a priori) partent d'idées et/ou de besoin très différents.

Singapour, une ville qui prend presque toute la place sur sur son île, des fermes verticales qui utilisent le moins de mètres carrés au sol pour le plus de production possible ont été créées.
En 2002, 90% des fruits et légumes frais de la Havane venaient de micro sites de production à l'intérieur même de la ville, et tout cela en bio, évidemment.
Les hipster ont envahi Brooklyn, des toits ont été transformés en champs où les hipsters se marient pieds nus sur la terre et où les tomates ont la vue sur la skyline de Manhattan (c'est la première photo de cet article), leur production est vendue aux chefs locaux et dans les "marchés fermiers" qui se multiplient à New York avec la volonté de la ville.
Une entreprise de Tokyo a décidé d'améliorer son image, le niveau de stress de ses employés et leur approvisionnement en produits frais en se transformant en un écosystème où chacun peut cueillir sa salade pour le lunch.
La ville de Detroit est économiquement sinistrée avec de très grands espaces vides partout dans la ville et une population de plus en plus pauvre dont l'accès à la nourriture saine est de plus en plus complexe et chère. Qu'à cela ne tienne, ils ont transformé anciens garages, usines, parkings, etc. en champs pour nourrir la population hyper locale et leur offrir de nouveaux postes de travail, il y a plus de 1400 initiatives différentes recensées et gérées par des habitants, des bénévoles, de nouvelles petites entreprises, des associations, etc., Il y en a tellement qu'en 2013 la ville a créé un règlement de l'agriculture urbaine.
Depuis le milieu des années 90, des éco-quartiers essaiment partout en Europe, puis dans la monde et la présence de jardins potagers et de production de nourriture est inscrite au sein même du concept-mère, dont l'emblématique Eva Lanxmeer aux Pays-Bas.
Dans la surpeuplée Bande de Gaza dont les habitants sont massivement sous-employés et n'ont pas accès à du terrain cultivable, des initiatives d'aquaponie se mettent en place sur les toits pour nourrir les habitants de poissons et légumes frais.
Au Royaume-Uni est né le mouvement de Guerrilla Gardening dont l'idée est de s'approprier des espaces verts urbains non utilisés (mini coin d'herbe, contours d'arbres, talus, etc.) pour y faire des plantations de plantes ornementales ou consommables.

Je m'arrête là, mais je pourrais citer des centaines, des milliers d'autre exemples, partout sur la planète, de concepts minuscules ou à la taille d'un pays, gérés par des bénévoles, des gouvernements locaux, des entreprises, des associations, des ministères, des ONG's, etc. Tous ces projets viennent parfois d'envies très différentes et répondent à des besoins d'une grande diversité :

  • baisser l'empreinte écologique du déplacement des aliments, 
  • un retour à une alimentation locale et de saison, 
  • la volonté de faire pousser des aliments soi-même pour des questions de plaisir ou de coûts, 
  • enseigner aux enfants qui grandissent en ville les cycles de vie des aliments, 
  • améliorer la mixité sociale dans des quartiers ou des villes, 
  • accroitre la disponibilité de produits frais dans des zones économiquement sinistrées, 
  • améliorer l'utilisation de l'espace urbain, 
  • améliorer les qualités de l'air et de l'eau de mégalopoles polluées, 
  • rendre des régions auto-suffisantes au niveau alimentaire,
  • etc.